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LA GREVE DES ETUDIANTS DE L’UNIVERSITE DES COMORES CONTINUE

LA GREVE DES ETUDIANTS DE L’UNIVERSITE DES COMORES CONTINUE

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Face à l’armée

Malgré le terrain d’entente trouvé hier entre les responsables de l’université des Comores et les étudiants, les cours n’ont pas pu reprendre ce matin sur le campus de Nvouni. Les étudiants et les professeurs qui se sont présentés en classe ont été jetés dehors par un groupe d’étudiants décidés à empêcher la reprise des cours. Ils contestaient la représentativité des étudiants ayant participé à la rencontre avec l’administration universitaire tout en exigeant l’exécution illico des revendications.

Ces étudiants récalcitrants attendaient la résolution immédiate du problème lié à la délivrance des relevés de notes et des attestations de réussite et se disaient déçus du début timide de l’exécution de leurs revendications.

Il faut noter que plusieurs factions d’étudiants se disputent le leadership de la grève et leur mouvement est miné par des divisions internes. Ce qui ne facilite pas les discussions avec l’administration de l’université. On a d’un coté les responsables de la coopérative et de l’autre les instigateurs de la grève réunis au sein de l’Union des étudiants de l’université des Comores, un groupement hétéroclite et inconnu de l’administration universitaire.

Après un remue-ménage, les étudiants ont finalement été reçus par les doyens des facultés de droit et de lettres, en présence du chef du site, des chefs de départements et du directeur de l’enseignement supérieur. Les discussions ont porté essentiellement sur l’exécution effective des engagements pris par l’administration de l’université pour satisfaire la plate-forme revendicative des étudiants. Ces derniers réclament, entre autres revendications, la délivrance des relevés de notes, les attestations de réussite, ainsi que les diplômes dans des délais raisonnables, de l’électricité sur le site, le raccordement du site à l’internet et des moyens de transport et des sanitaires dignes. Il a été décidé de la mise en place, dans un bref délai, d’un Comité de Suivi composé des représentants des étudiants et des représentants de l’administration afin de s’assurer de la réalisation des revendications et surtout de la reprise des cours dés demain jeudi 27 mars.

Mais au moment même où une entente était trouvée, des étudiants, mécontents de ne pas avoir été conviés à la rencontre, ont envahi le bureau qui abritait la réunion pour verrouiller la porte et confisquer le trousseau de clefs des bureaux de la faculté de droit. Cet incident malheureux a conduit les enseignants à prendre la décision de ne reprendre les cours qu’une fois que ces clés seront rendues.

Toujours est-il que rien ne garantit la reprise des cours. L’éventualité que la grève continue encore demain n’est pas exclue. Cette menace plane comme une épée de Damoclès au dessus des têtes des responsables universitaires. Affaire à suivre…

MLIMENGU

https://mlimengu.wordpress.com/

Des grève des collégiens et lycéens aux Comores

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Elèves manifestant à Moroni en mars 2014

Depuis 1968 on assiste à des grèves de collégiens et lycéens dans notre pays. Certes, les raisons de toutes ces grèves ne sont plus les mêmes. En 1968, les élèves ont manifesté contre les mauvaises conditions liées à leur hébergements et nourriture à l’internat du Lycée Moroni. Cette grève a très rapidement pris une dimension politique car, après le crash d’un avion près du lycée, les élèves avaient été qualifié de pilleurs par un journaliste français de l’ORTF alors que certains avaient risqué leur vie pour sauver des passagers. Cela avait agacé les élèves qui envahirent les rues de Moroni, dès le lendemain, avec des pancartes pour manifester leur colère et demander le départ de ce journaliste.

Au temps d’AHMED ABDALLAH ABDEREMANE, il y a eu peu de grèves contre le gouvernement et pour améliorer l’enseignement sous peine d’être arrêté par les mercenaires de BOB DENARD qui avaient le contrôle de notre pays pendant 12 ans.

Mais à partir de 1990, l’arrivée de DJOHAR et l’avènement de la démocratie dans notre pays bouleverse le système. De 1990 à 2009, c’est-à-dire durant 19 ans, les Comores ont connu 19 grèves des enseignants car chaque année à l’approche des examens nationaux (BAC, BEPC et concours d’entrée en 6e) ils se mettaient toujours en grève.

Ils arrêtaient brusquement les cours et menaçaient de ne pas proposer des sujets ni participer à la surveillance ou à la correction des examens. Cela a permis à des fonctionnaires non enseignants de proposer et corriger des sujets lors du BAC de 1998, tout de suite qualifié de Titanique, faisant allusion au bateaux britannique Titanique qui a fait beaucoup de victimes sauf que ici, 95% des candidats ont obtenu leur baccalauréat. Ces enseignants avaient certes raison car ils accusaient plus de 18 mois d’arriérés de salaires. Mais pourquoi ces enseignants attendent toujours l’approche des examens pour grever ? La réponse est simple. C’est pour se servir de leurs élèves comme bouclier. Une méthode qui fait beaucoup de victimes chez les élèves, souvent tabassés et même blessés à balle réelle. Beaucoup gardent en eux des séquelles de ces grèves. Ce qui est triste, c’est que les dirigeants politiques au pouvoir n’acceptent pas leurs erreurs. Ils accusent toujours les élèves d’être manipulés par leurs opposants. Ces dirigeants refusent toujours de faire leur autocritique.

A partir de 2009, les grèves contre les arriérés de salaires étaient finies. Le Qatar est venu en aide au gouvernement comorien avec une somme considérable qui a permis à ce dernier de payer ses fonctionnaires six mois de salaires d’un coup. Bravo ! Un bon geste louable. Depuis, les enseignants reçoivent leurs payes à chaque fin du mois. Mais au prix de quoi ? Tout le monde le sait très bien qu’il a fallu pour nos dirigeants politiques, précisément SAMBI et les siens, vendre notre nationalités à des étrangers que personne ne connaît.

Aujourd’hui encore, les grèves continuent mais cette fois-ci pour réclamer des avancements. Les enseignants ont encore raison car cela fait plus de 20 ans qu’il n’y a pas eu d’avancement. Là encore, les enseignants ont profité des élèves. Les cours ont repris après une semaine de souffrance infligée aux élèves. Mais quand est-ce que ces enseignants vont-ils grever pour un programme cohérant pour l’ensemble des écoles publiques et privés aux Comores ?

Les enseignants ne doivent pas se limiter aux grèves pour leurs salaires. Ils doivent travailler main dans la main avec leur ministre en proposant une feuille de route vu que le ministère de l’éducation nationale est souvent géré par des personnes qui n’ont aucune expérience ou vision de ce que doit être l’enseignement aux Comores. Jusqu’à maintenant, chaque enseignant a son programme, choisi ses manuel pour assurer ses cours. Un système qui conduit nos élèves à l’échec. Nous le constatons lors des résultats des BAC et BEPC dans lesquels plus de 70% de nos enfants échouent.

   Abdourahim Bacari