Intérieur

La réponse du Ministre de l’Intérieur a été claire : la paix et la stabilité du pays seront préservées

La réponse du Ministre de l’Intérieur a été claire : la paix et la stabilité du pays seront préservées

Le Ministre de l’Intérieur, en charge des élections et Porte-parole du Gouvernement, Houmed Msaidie a tenu une conférence de presse pour répondre à l’ultimatum lancé par le parti JUWA dans une conférence organisée plus tôt ce vendredi matin.

Houmed Msaïdié, ancien Ministre

Houmed Msaïdié, ancien Ministre

Le Ministre de l’Intérieure a réaffirmé la position du Gouvernement : les prochaines élections présidentielles se dérouleront dans le respect de la tournante et des principes appliqués en 2002, en 2006 et en 2010.

Le parti JUWA évoque l’organisation d’un référendum comme en 2009 et affirme que c’est le seul moyen d’éviter une « guerre civile », en d’autres termes il se dit prêt, par tous les moyens, à imposer la candidature de l’ancien président de l’Union des Comores, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Le Parti Juwa et ses alliés font semblant d’ignorer les limites financières du pays mais aussi les multiples problèmes d’ordre social auxquels le peuple comorien doit faire face.

De son côté, le Gouvernement prendra toutes les dispositions nécessaires afin de garantir la stabilité et la sécurité des citoyens. Il ne s’agit pas d’influencer la Cour Constitutionnelle, mais plutôt de prendre des mesures préventives, sachant que c’est aussi le rôle de l’Etat de préserver la paix et la stabilité du pays.

Le porte parole du Gouvernement a révélé aux partis politiques que la tournante revient à l’île de Ngazidja. Il a ajouté que l’Etat prendra toutes les dispositions nécessaires pour maintenir la stabilité du pays.

Moroni, le 3 juillet 2015

Yasmina Mohamed Chaihane

Service Presse du Ministère de l’Intérieur

Les Comoriens ne peuvent plus manifester

Le gouvernement comorien a décidé d’interdire toute manifestation politique jusqu’aux élections qui devraient avoir lieu (à moins d’un nouveau changement de dates) en février 2015.

C’est par un curieux document, portant l’entête de « Note circulaire » signé par le Ministre de l’Intérieur Houssen Hassan Ibrahim que le Gouvernement comorien a appris à la population « que toute manifestation à caractère politique est interdite jusqu’à l’ouverture de la campagne électorale ».

"Note circulaire" du Ministre de l'Intérieur Houssen Hassan Ibrahim

« Note circulaire » du Ministre de l’Intérieur Houssen Hassan Ibrahim

Il est difficile de comprendre les intentions véritables du gouvernement comorien. Toutefois, il est probable qu’une peur irrationnelle s’est emparée de l’exécutif, après une journée « île morte » à la Grande-Comore, initiée par la Fédération des Consommateurs comoriens et son président Mohamed Said Abdallah Mchangama. Cette action très suivie dans l’île a bloqué la circulation et les commerces toute la journée du 29 octobre.

Les événements qui se sont déroulés au Burkina Faso, pendant lesquels le président Blaise Compaoré a été contraint à la démission par des manifestations de la société civile appuyée par les partis d’opposition ont pu faire craindre à l’exécutif comorien des débordements.

Cette note circulaire a eu à s’appliquer dès ce 1er novembre, alors que le parti Juwa de l’ancien Président Ahmed Sambi organisait un meeting à l’occasion du premier anniversaire de sa création à Moroni. Certains militants ont dû faire face à la gendarmerie qui leur interdisait l’accès au lieu prévu pour cette manifestation « politique ».

Ce parti se plaint d’ailleurs depuis plusieurs mois de faire les frais de tracasseries administratives aussi bien à Anjouan qu’à la Grande-Comore, à chaque fois qu’il veut organiser un meeting. Il y a quelques jours, il a dû se replier dans le domicile de son président d’honneur pour débuter les festivités de l’anniversaire de sa création.

Ahmed Barwanne, ancien Ministre de l'Intérieur du Président Sambi

Ahmed Barwanne, ancien Ministre de l’Intérieur du Président Sambi

Certains observateurs de la vie politique, tout en condamnant ces restrictions aux libertés publiques reconnues par la Constitution comorienne, n’ont pas manqué de rappeler que c’est le gouvernement d’Ahmed Sambi qui a commencé à restreindre les droits civiques en interdisant par un arrêté du Ministre de l’Intérieur Ahmed Barwane, aujourd’hui un des leaders du parti Juwa, toute manifestation en dehors des campagnes électorales. Ce matin, le même Ahmed Barwane s’est retrouvé en face des militaires chargés d’interdire l’accès au domicile de la famille Said Ibrahim où avait lieu le meeting. Il n’a sans doute plus la même vision de la liberté d’expression, maintenant qu’il est dans l’opposition.

Cette « Note circulaire » présage-t-elle de la manière dont le pays va être dirigé jusqu’à la fin du mandat du président Ikillilou Dhoinine ? En effet, l’exécutif pourrait être tenté de conduire le pays par des décrets et ordonnances, alors que les élections législatives ont été reportées à plusieurs reprise et que, selon un arrêt de la Cour Constitutionnelle, les députés n’ont plus aucune légitimité, leur mandat étant arrivés à terme. Une circulaire est souvent un texte explicitant pour les fonctionnaires une loi adoptée par le parlement. Or, la « note circulaire » du Ministère de l’Intérieur n’explicite aucune loi votée mais informe simplement la population d’une décision prise par l’exécutif, en dehors de tout cadre légal et en foulant aux pieds la Constitution du pays.

Mahmoud Ibrahime