Jaffar

RADHI-FRANCE opposé à une suppression de la tournante

Par un communiqué daté de ce 21 août, la fédération du parti RADHI en France s’est prononcée sur l’organisation des Assises Nationales en disant qu’elles constituent un risque pour la stabilité du pays. Cette fédération demande, toutefois, si ces Assises sont maintenues, que le pays conserve pour le moment la tournante et l’autonomie des îles et ne pas risquer de « réveiller de vieux démons ».

Rien de nouveau, puisque c’est la position du parti RADHI depuis toujours et que comme le rappelle ce communiqué signé par le Secrétaire Fédéral, Jaffar Abdellahi, le leader du parti RADHI Houmed Msaidié s’est battu en tant que Ministre de l’Intérieur pour ne pas que l’ancien président Sambi ne supprime la tournante par sa candidature lorsque c’était le tour de Ngazidja. Cela a permis l’élection du président Azali.

MI

Communique-du-200817

Que reste-t-il du parti Juwa ?

Depuis l’alliance entre les candidats de Juwa (Mohamed Dossar au nom de Fahmi Saïd Ibrahim et Abdou Salam, candidat Juwa au gouvernorat d’Anjouan) et le candidat CRC à la présidence (Azali Assoumani), le processus de décomposition du parti d’Ahmed Sambi s’est accéléré.

Avant même cette signature, vingt coordinateurs communaux avaient annoncé leur ralliement à la candidature de Mouigni Baraka. L’ancien Ministre des Affaires étrangères, Ahmed Jaffar lui aussi avait annoncé qu’il quittait le parti pour rejoindre l’équipe de Mohamed Ali Soilihi (Mamadou).

Quelques heures après cette signature, une partie du Bureau National, conduit par le Secrétaire Général du parti, le député de Moroni Ibrahim Mohamed Soulé et Ahmed Barwane (tête de liste Juwa à Moroni aux dernières élections) rejoignaient le candidat Mouigni Baraka.

Après l’annonce de Sambi de son alliance avec Azali, le processus a pris la vitesse supérieure, passant des états majors à la rue. Dans des réunions spontanées à Moroni, la communauté anjouanaise, qui est la base de l’électorat sambiste dans la capitale, a annoncé que cette fois elle ne suivrait pas Sambi dans l’alliance avec Azali, après l’avoir suivi dans l’intronisation sans discussion de Fahmi Saïd Ibrahim comme candidat du parti Juwa. Pour cette communauté, Azali est l’homme qui a provoqué les exactions contre les Anjouanais de Moroni en 1999 pour justifier sa prise du pouvoir par un coup d’Etat.

Ce dimanche 3 avril, deux autres ténors du parti ont officialisé leur ralliement à la candidature de Mamadou : Ibrahima Sidi, membre du Bureau National, qui était le Vice-Président de Sambi dans sa tentative malheureuse de se présenter aux présidentielles de 2016 et Mohamed Djaffar, ancien Ministre de la Justice de Sambi et ancien député de la région Mbude-Mitsamihuli.

Que reste-t-il encore du Juwa ? Face à cette décomposition, les fidèles de Sambi (comme les proches d’Azali) ont deux explications toutes faites qu’ils répètent sur les réseaux sociaux depuis une semaine, tels les disciples de Coué ou des personnages de Kassovitz (« Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l’important n’est pas la chute, c’est l’atterrissage »). L’une c’est que tous ces gens ne valent rien dans le parti, il n’y a que Sambi qui est important. L’autre, résumé par un des fidèles de Sambi, Paul-Charles Delapeyre, qui n’est arrivé auprès de Sambi qu’il y a un an, après l’avoir vilipendé pendant des années, c’est qu’il faut couper les branches « pourries » pour que l’arbre pousse mieux et donne de plus beaux fruits. Les intéressés apprécieront, mais il faut tout de même comprendre que d’une part, ce n’est pas Sambi qui fait le ménage dans son arbre mais ses lieutenants qui le quittent et d’autre part, si Barwane, Sidi ou même Ibrahim Soulé, comme Paul-Charles Delapeyre, ne sont que des branches, dans le sens où ils ont tous rejoint l’arbre sambiste bien après sa plantation, Ahmed Jaffar (Mutsamudu) ou Mohamed Djaffar (Mitsamihuli), tous deux cousins de Sambi, ne sont pas des branches, ce sont des racines du sambisme. Ils étaient avec lui avant sa candidature en 2006, ils ont préparé cette candidature, ont fait campagne et ont gagné avec le chef. Ils ont été récompensés par des postes prestigieux (MIREX et Justice).

Au rythme où vont les choses, il se pourrait que le candidat Azali Assoumani se réveille le 11 avril en s’aperçevant qu’on lui a vendu un arbre qui ne pouvait plus donner de fruits car il n’avait plus ni ses racines ni ses branches les plus solides. Juste un tronc vide.

Certains membres de la CRC avaient donné le parti Juwa comme mort après les dernières législatives et les dissensions qui commençaient à apparaître. La désignation, de par le bon vouloir du chef, d’un candidat en dehors du parti, Fahmi Saïd Ibrahim avait accéléré la crise, l’alliance avec Azali pourrait bien achever Juwa.

Mais, la CRC elle-même n’est pas épargnée par un début de décomposition. Il se murmure que le Secrétaire Général, Karihila, qui a parcouru de nombreux pays arabes pour chercher des fonds pour la campagne d’Azali en disant qu’il était le seul à pouvoir combattre le shi’isme, voit d’un mauvais oeil l’alliance entre Sambi et Azali. Il se pourrait qu’il quitte le bateau avant la fin de la campagne, d’autant que Azali n’a pas soutenu comme il fallait sa candidature au gouvernorat de Ngazidja, acceptant la concurrence d’un autre membre du parti, Maoulana, qui l’a privé de l’accès au deuxième tour.

Mahmoud Ibrahime

Le ralliement d’Ahmed Jaffar à la candidature de Mohamed Ali Soilihi (Mamadou)

L’apparition sur une tribune lors de la rencontre entre Mamadou/Msaidié et les étudiants du centre universitaire de Patsy était un message subliminal adressé aux militants du parti Juwa.

Ahmed Ben Saïd Jaffar, ancien Ministre des Relations Extérieures des Comores a annoncé son ralliement à Mohamed Ali Soilihi (Mamadou) ce samedi 26 mars dans sa ville natale de Mutsamudu. Auparavant, il avait loué les qualités de la candidature de Mamadou et affirmé que pour l’intérêt d’Anjouan et des Comores, il rejoignait Anissi Chamsidine (qui a quitté Juwa avant les législatives de 2015) et Mamadou.

Ahmed Jaffar, ce n’est pas seulement une des branches du sambisme, c’est une des racines les plus profondes. Il était dans la campagne de Sambi en 2006 et dès la victoire, celui-ci lui a offert le poste prestigieux de Ministre des Relations Extérieures des Comores.

Ce matin, Ahmed Jaffar a expliqué l’état calamiteux du parti Juwa et il a annoncé sa démission de ce parti. Il ne part pas seul puisqu’il amène avec lui le groupe de réflexion du parti. Ces derniers temps, il était mal à l’aise au sein du parti Juwa qui lui a préféré Abdou Salami comme candidat au gouvernorat. Il n’avait d’ailleurs quasiment pas fait de campagne ni pour Abdou Salami à Anjouan ni pour Fahmi Saïd Ibrahim à la Grande-Comore.

La satisfaction est grande pour Houmed Msaidié, vice-président de Mohamed Ali Soilihi (Mamadou) qui fait campagne dans l’île d’Anjouan depuis une semaine.

Ahmed Jaffar qui a longtemps vécu à Moroni, devrait être un des leviers du dispositif de Mamadou à Anjouan et particulièrement dans sa ville de Mutsamudu.

Mahmoud Ibrahime

Remaniement de l’Executif d’Anjouan

Le Gouverneur Anissi Chamsidine a procédé à un remaniement de son gouvernement jeudi 27 février 2014.

Anissi Chamsidine

Anissi Chamsidine, gouverneur d’Anjouan

En effet, trois nouveaux commissaires sont entrés dans son exécutif, en remplacement de trois autres.le premier est un homme originaire de Domoni, appartenant à la diaspora comorienne du Mans (France), Loukman Saïd El Hadi, qui était conseiller municipal (UMP) dans cette ville et sans emploi connu jusqu’à son retour au pays en 2013. Il est chargé des collectivités locales, de l’urbanisme et de l’habitat, des transports, de la diaspora et des élections. Il faut sans doute mettre cela en parallèle avec la coopération engagée entre la Mairie du Mans (Parti Socialiste) et l’Ile Autonome d’Anjouan.

Daoud Houmadi est, quant à lui, chargé de la promotion de la production, de l’économie et du développement durable, de l’eau, de l’énergie et de l’environnement. Il a du travail puisqu’avant même l’annonce de ce nouvel Executif une manifestation a abouti au saccage du bureau d’Electricité d’Anjouan (EDA), après 19 heures de coupure de courant dans certains quartiers de Mutsamudu.

La nouvelle femme qui entre dans l’exécutif d’Anissi, Ell-Wardat bint Issouf est originaire de Mremani dans le Nyumakele. Après des études de sciences à Madagascar, elle enseignait les sciences naturelles. Elle est chargée de la formation professionnelle et de la promotion de l’employabilité. Le Gouvernorat fait remarquer qu’avec cette entrée dans l’exécutif, Anissi introduit la parité dans le gouvernorat.

Trois autres commissaires sont maintenus à leurs postes. Il s’agit de trois piliers de ce gouvernement qui ont fait leurs preuves : Dhoihir Dhoulkamal chargé des finances, de l’aménagement du territoire et du tourisme, entre autres, de Zaitoune Mounir, chargée de l’Education; et d’Assiati Abdallah, chargée de la santé, entre autres.

Le Gouverneur Anissi Chamsidine a profité de ce remaniement pour changer son très énergétique directeur de Cabinet, Mahamoud Mohamed El Arif. Il est remplacé par l’ancien Ministre des Relations Extérieures de l’ex-président Sambi, Ahmed Jaffar, qui depuis la fin du régime Sambi n’avait pas encore été placé quelque part. Il avait aidé son mentor à monter le parti Juwa et l’avait accompagné lors de sa tournée en France. C’est sans doute à cause de ce changement que certains observateurs pensent que Sambi et le parti Juwa, dont le Gouverneur est membre, verrouillent le gouvernorat en vue des prochaines élections.

Il est également à remarquer que le fils de Mohamed Abdou Madi, Husni, d’abord annoncé comme « démissionné », occupe à présent le poste de secrétaire Général Adjoint au gouvernorat.

Mahmoud Ibrahime