Juwa

Dr Sounhadj a remporté son procès contre Juwa

SounhadjLe conseiller Santé et cohésion sociale du Président Azali, Dr Sounhadj, récemment exclu du parti Juwa a remporté une première bataille dans la guerre qui l’oppose au Président d’honneur Ahmed Sambi et certains cadres qu’il avait attaqués dans des termes assez durs.

En effet, le Tribunal de Première Instance de Moroni a ordonné la réintégration et le rétablissement du Dr Sounhadj dans ses fonctions de Secrétaire Général Adjoint du parti Juwa et de président de la Commission d’organisation du Congrès prévu les 16 et 17 septembre 2017.

Sounhadj Attoumane avait saisi le Tribunal après son exclusion et celui-ci avait convoqué le Secrétaire Général, Ibrahim Mohamed Soulé pour avoir des explications. L’argumentation du parti semblait simple : Dr Sounhadj n’avait pas été élu, mais désigné par le Secrétaire Général. Il était donc simple de le destituer.

Mais, voilà ! Son exclusion n’avait pas été faite conformément aux statuts mais par la seule volonté du Président d’honneur et cela fait un moment qu’il est reconnu comme Secrétaire Général Adjoint du parti.

Ce jugement place Sounhadj comme une épine au talon d’un parti qui veut devenir central dans l’opposition au président Azali. Mais, une question se pose : puisque le président Azali a rompu avec Juwa et ses ministres, pourra-t-il laisser en place Dr Sounhadj comme conseiller ? Le Dr Sounhadj pourra-t-il lui-même  être à la fois conseiller du président et Secrétaire Général Adjoint d’un parti résolument dans l’opposition ? Curieuse situation qui explique, en partie, cette assertion du Directeur de Cabinet du président de la République, rapporté par La Gazette des Comores, au lendemain de l’exclusion des Ministres Juwa du gouvernement :  » c’est une rupture temporaire ».

MI.

La plateforme de gouvernement Azali-Fahmi a été rendue publique

C’est le Coordinateur du parti Juwa à Anjouan, Mahamoud Elarif, qui a rendu public ce jour la plateforme de gouvernement qui a été signée entre les candidats du parti Juwa et le candidat Azali le 27 mars 2016, entre les deux tours de l’élection présidentielle.

Cette plateforme était demeurée secrète jusqu’à ce que le Président Azali décide de renvoyer du gouvernement les Ministres du parti Juwa, y compris Fahmi Saïd Ibrahim, le principal signataire.

Cette plateforme intitulée « Plateforme pour la renaissance des Comores » est composée de 9 axes. Le premier intitulé « Du cadre institutionnel et politique  » devait en réalité régler à l’avantage du parti Juwa un certain nombre de points sur lesquels le parti se battait : laisser la tournante faire un tour complet, remettre en cause l’élection du président de l’Assemblée de l’Union, remettre en cause la participation des chefs de villages et de quartiers à l’élection des maires… Dans ce premier axe, il est étonnant de voir que les deux parties promettent de se soutenir pendant les élections de 2020 et de 2021 ou même de constituer une majorité à l’Assemblée alors qu’il ne s’agit que de l’engagement de cinq personnalités, en dehors de leurs partis respectifs comme il a été rappelé par les uns et les autres ces derniers temps.

Certaines dispositions de l’Axe 2 prêtent à sourire quand on sait ce qui s’est passé dans le gouvernement issu de cette Plateforme : lutte contre la corruption, réduction du train de vie de l’Etat (réduction des voyages notamment), « Respecter les procédures légales d’appel d’offre des marchés publics »… on dirait que le gouvernement s’est attaché à ne pas respecter cette plateforme ! Et l’on se demande comment certains membres ont pu garder le silence.

Dans l’Axe 7 consacré à « la diaspora comorienne » était prévu le vote de la diaspora qui avait été planifié par le gouvernement précédent avant les présidentielles.

Le dernier axe (De la question de l’île comorienne de Mayotte) prévoyait la création d’une Commission Nationale sur la question de Mayotte. Pourtant depuis la mise en place de ce gouvernement, la question de Mayotte n’a jamais été sérieusement abordée. Comme les gouvernements précédents depuis 1995, le gouvernement Azali 1 a fait retirer la question de l’ordre du jour provisoire de l’Assemblée Générale de l’ONU en 2016 et le gouvernement Azali 2 devrait faire la même chose d’ici quelques jours.

Il est probable que dès la signature de cette Plateforme d’accord, le camp du candidat Azali Assoumani savait qu’elle était inapplicable d’autant qu’elle n’engageait que la personnalité du candidat. Quant aux candidats du parti Juwa (non soutenus par leur parti en ce qui concerne cette alliance), conscients que le candidat Azali Assoumani n’avait pas trop le choix s’il voulait gagner, il lui ont imposé des mesures visant à leur donner un avantage certain dans le gouvernement, mais de fait inapplicables pour la plupart si le parti du Président et les autres partis et personnalités avec lesquels Azali s’était engagé n’approuvaient pas.

 


PLATEFORME D’ACCORD
ENTRE LES CANDIDATS SIGNATAIRES POUR UNE ALTERNANCE
DEMOCRATIQUE EN 2016 ET LE RENFORCEMENT DE L’ETAT DE DROIT 
AUX COMORES

Considérations générales 
La victoire du prochain Président de la République sera le fruit de la combinaison de réflexions et d’engagements par des personnalités politiques nationales, des hommes et des femmes, convaincus de la nécessaire alliance politique pour faire triompher le candidat. Cette alliance doit d’une part, mettre immédiatement en œuvre une politique de consolidation de notre souveraineté et de notre intégrité territoriale et d’autre part engager des réformes hardies, audacieuses par l’exécution de projets de développement socioéconomiques. 
Gouverner ensemble ce n’est pas seulement partager des responsabilités gouvernementales, c’est aussi et surtout partager un projet de société, avoir une vision d’ensemble commune, harmonieuse et engageante pour les parties qui s’allient et sont prêtes à les réaliser. Tel doit être l’esprit principal, le point de focalisation, de ralliement et de convergence de toutes les forces à verser dans cette bataille. 
Et c’est parce que les partis politiques en ont assez de se faire reprocher de division, d’immobilisme et d’absence de souci pour l’intérêt général de notre population qu’il est urgent et impératif de se doter d’une plateforme politique pour mieux se positionner, se faire entendre et agir ensemble demain pour le redressement rapide de notre pays.
Aussi, face à l’urgence d’un redressement économique et social de notre pays, un autre modèle de gouvernance dans lequel chaque comorien trouvera sa place, s’impose.
Considérant la conjoncture sociopolitique issue du scrutin électoral, caractérisée de fraudes et d’irrégularités prouvées ;
Considérant qu’un seul parti et encore moins un seul homme ne peut à lui tout seul ou avec ses seuls partisans gagner cette élection et relever les nombreux défis auxquels le pays est confronté ;
Considérant que le climat lourd et délétère actuel dans le pays, conduit les responsables politiques à la nécessité absolue d’apaiser et de rassembler notre peuple autour d’un projet commun de bonne gouvernance pour assurer une paix réelle, une stabilité et une cohésion sociales propices au développement multisectoriel de notre nation ;
Considérant que le temps est venu d’unir par un élan de sursaut national toutes les forces vives de la nation pour opérer dans la sagesse ces réformes ;
Conscients de la nécessité d’avoir, à l’issue du prochain scrutin présidentiel un gouvernement cohérent, stable, dynamique, populaire et solidaire autour du chef de l’Etat pour s’atteler rapidement à la tâche ;

Convaincus que les forces vives de la nation ont le devoir de s’engager dans la recherche de solutions aux problèmes d’énergie, d’eau, de santé, de justice, de formation, de travail, d’éducation, de transport, et d’infrastructures diverses ;
Contexte Général
Quarante ans après notre accession à l’indépendance, le bilan économique, social et politique du pays demeure faible. Les Comores sont toujours dans le peloton de queue des Pays les Moins Avancés (PMA) avec un PNB par habitant d’environ 790 dollars et la pauvreté frappe durement près de 40 % de la population. Le chômage, qui atteint 14 %, laisse la jeunesse et les forces vives du pays dans un désœuvrement désespérant. Au cours de ces dernières années le taux de croissance du PIB a chuté d’environ 4 % en 2002 à environ 1 % actuellement. 
Après ces quarante années d’indépendance, l’économie comorienne reste dominée par un secteur agricole toujours au stade artisanal et par le commerce. L’administration publique hypertrophiée est toujours le principal pourvoyeur d’emplois, le secteur privé restant marginal. L’industrie est quasi-inexistante. Ni la pêche, ni le tourisme, les deux secteurs qui recèlent des potentialités de croissance de l’économie et d’emplois, ne sont soutenus par les pouvoirs publics. 
Dans le classement en 2015, de la perception de la corruption par Transparency international, les Comores sont classés 161ème sur 174 pays, loin derrière les Seychelles 67ème et Maurice 69ème. 
Les comoriens perçoivent la justice de leur pays comme profondément inéquitable. Faits gravissimes et révélateurs, ces dernières années, de ce manque de confiance en la justice, des citoyens se sont « rendus justice » eux mêmes. 
Les projets exécutés ces dernières dans les secteurs sociaux Santé et Education n’ont pas été capables de répondre aux besoins d’une population en croissance (2,7% par an). 
Dans le secteur de la santé, les soins de base sont assurés difficilement dans les zones périphériques et rurales tandis que les hôpitaux de référence sont en état de délabrement avancé et l’accueil des malades y est déplorable. Cette situation pousse de nombreux comoriens à se rendre dans les pays voisins pour s’y faire soigner.
L’éducation, malgré des progrès significatifs au niveau du primaire, n’est pas en adéquation avec le marché de l’emploi. De très nombreux jeunes diplômés se retrouvent au chômage à l’issue de leurs études.
Les Comores vivent en quasi permanence une crise de l’énergie qui ralentit l’économie et détériore la santé et le bien-être des ménages. De même, de nombreuses coupures rendent aléatoire et incertain l’accès à l’eau en milieu urbain, tandis que de nombreuses zones en milieu rural sont dépourvues de tout système d’adduction d’eau. 
Sur le plan politique, les quarante ans d’indépendance des Comores ont été marqués par une instabilité institutionnelle qui a atteint son paroxysme avec la crise séparatiste d’Anjouan. Celle-ci a failli conduire à la dislocation du pays.

Cependant, le passage du monopartisme au multipartisme a fait progresser la démocratie et la liberté d’expression malgré la limitation de certaines libertés dont le droit de se réunir dans les espaces publics et de manifester pacifiquement.
Globalement, il existe un immense désarroi au sein de la population, notamment au sein de la jeunesse. Les comoriens n’ont plus confiance aux élites et nombre de comoriens n’aspirent qu’à l’émigration. 
Les anciens hommes politiques réunis au sein du mouvement du 11 août 2014 ont lancé un appel pour des assises en vue d’un sursaut national. Cet appel n’a eu aucun écho favorable auprès du régime en place malgré un accueil favorable d’une grande partie de la classe politique et de la société civile.
Dans cet esprit de renouveau national, des hommes politiques, au-delà des disparités de parcours et des clivages du passé, ont décidé d’unir leurs forces autour d’une plateforme pour la renaissance des Comores.
Ces hommes politiques signataires de cette plateforme ont décidé d’unir leur force pour gagner ensemble les élections générales du Président de l’Union et les seconds tours des élections des Gouverneurs des îles afin d’offrir au peuple comorien de nouvelles perspectives d’avenir et faire renaître l’espoir au sein des forces vives et de la jeunesse.
De part cette analyse, les parties signataires conviennent de :
Axe 1er : Du cadre institutionnel et politique 
1. Conserver le cadre institutionnel actuel, basé sur l’autonomie des îles et une présidence tournante entre les îles, jusqu’en 2031 après le mandat issu de la primaire organisée à Mohéli. 
2. Lutter contre le séparatisme et renforcer la cohésion nationale.
3. Modifier le découpage des circonscriptions électorales afin d’instaurer une représentation équitable des électeurs sur la base d’un nombre standard d’électeurs par député et par conseiller. 
4. Engager une procédure auprès de la Cour Suprême sur la question de l’élection controversée du Président de l’Assemblée de l’Union. 
5. Soutenir la réforme du règlement intérieur de l’Assemblée afin de permettre notamment le renouvellement annuel du bureau.
6. Poursuivre le processus d’adoption de la loi relative au Statut Particulier de Moroni, Capitale de l’Union des Comores. 
7. Modifier les dispositions légales qui permettent aux chefs de villages et de quartiers de prendre part au vote des maires. 
8. Constituer une majorité présidentielle des partis et à l’Assemblée en vue de soutenir l’action du président et du Gouvernement. 
9. Se soutenir mutuellement, à travers des accords électoraux, lors des prochaines échéances électorales, notamment celles de 2020 et de 2021.

Axe 2 : De la Bonne Gouvernance 
1. Promouvoir une justice équitable en parachevant le processus d’indépendance de la justice et de mise en place du Haut Conseil de la Magistrature. 
2. Renforcer les capacités techniques, professionnelles ainsi que la probité de la justice en faisant appel à un appui technique extérieur des pays francophones ayant des systèmes juridiques similaires à celui des Comores.
3. Modifier la loi afin de permettre l’assistance d’un avocat dès la mise en état d’arrestation du citoyen.
4. Promouvoir les principes de mérite et de dévouement à la nation au sein de l’armée.
5. Réorganiser l’administration publique pour renforcer son efficacité et ramener progressivement la masse salariale à un niveau compatible avec les ressources financières de l’Etat.
6. Mettre en place un système de contrôle et validation des diplômes et respecter scrupuleusement le recrutement par voie de concours à la fonction publique.
7. Développer l’intranet gouvernemental.
8. Lutter résolument contre la corruption en introduisant le principe de l’inversion des preuves dans les cas de soupçon de corruption (Cas des patrimoines et des trains de vie incompatibles avec les revenus déclarés des personnes mises en examen). 
9. Réduire le train de vie de l’Etat (réduction des voyages d’Etat onéreux et inutiles ainsi que des trop nombreux avantages accordés aux autorités).
10. Veiller à la sauvegarde du patrimoine national, notamment le patrimoine mobilier et immobilier de l’Etat ainsi que les ressources naturelles, par la création d’un Ministère en charge du Patrimoine.
11. Rendre public régulièrement l’état des finances de l’Etat.
12. Respecter les procédures légales d’appel d’offre des marchés publics.

Axe 3 : Du renforcement de l’Etat de droit
1. Mettre en place un système de maillage de sécurité du territoire national par le renforcement des capacités des polices municipales.
2. Créer des postes de médiateurs de la République, pour les recours des citoyens qui s’estimeraient lésés par l’Etat.
3. Mettre gratuitement à disposition des citoyens insolvables des avocats salariés par l’Etat pour les défendre devant la justice.

Axe 4 : Du renforcement de la démocratie
1. Créer un poste de chef de l’opposition rémunéré par la République qui sera occupé par le Président du plus grand parti de l’opposition (Parti d’opposition le mieux représenté à l’Assemblée et dans les conseils des îles). Le chef de l’opposition sera consulté lors de la prise des grandes décisions qui engagent l’avenir de l’Etat. 
2. Permettre l’accès aux médias d’Etat à toutes les sensibilités politiques, l’expression de la diversité des opinions et encourager les débats contradictoires.
3. Respecter le droit de manifester pacifiquement dans les lieux publics.
Axe 5 : De la réforme des secteurs sociaux
1. Généraliser l’éducation primaire par un effort particulier de construction de nouvelles salles de classe, la formation et le recyclage des maîtres, la création de postes de professeurs des écoles (pour encourager les bacheliers à embrasser la carrière d’instituteurs).
2. Faire un état des lieux des collèges et lycées publics et privés (locaux, niveau de formation du personnel enseignant, encadrement pédagogique…) et élaborer un cahier des charges.
3. Réorganiser et renforcer l’inspection pédagogique.
4. Promouvoir l’enseignement technique et professionnel, encourager l’apprentissage les matières scientifiques et de l’anglais.
5. Accorder une attention particulière à l’Université des Comores : Elaboration d’un plan de développement de l’Université comorienne.
6. Poursuivre la construction du stade olympique de Malouzini.
7. Revoir et renforcer les conseils d’administration des hôpitaux de référence et la gestion financière notamment recourir à des systèmes intégrés de gestion pour le paiement des prestations, la collecte des recettes et le suivi des dépenses des hôpitaux. Recourir à une assistance technique extérieure ou à une gestion privée externe pour les hôpitaux jusqu’à l’émergence d’une capacité de gestion nationale des établissements hospitaliers. 
8. Instaurer un quota horaire mensuel obligatoire en service public pour tous les médecins rémunérés par l’Etat dont les états de salaires seront préparés par les hôpitaux qui les emploie.
9. Créer des cabinets publics de consultation dans les quartiers pour rapprocher la médecine des citoyens et privilégier la prévention. 
10. Créer un fonds de solidarité médicale et renforcer la mutualisation des citoyens.
11. Revenir à un système public d’approvisionnement en médicaments essentiels.
12. Ouvrir l’hôpital de Bambao ainsi que le dispensaire de Djoezi (Mohéli) et accorder une attention particulière (nomination d’un chargé de mission assurant le suivi au jour le jour) à la construction de l’hôpital de Hombo.
13. Faire un état des lieux des cliniques privées (locaux, niveau de formation du personnel soignant, inspection sanitaire…) et élaborer un cahier des charges.
14. Mettre en œuvre un plan d’action sur l’eau comportant des solutions de forages, dotation en pompes des puits existants, construction de barrages collinaires, impluviums etc… afin de résoudre la crise de l’eau.

Axe 6 : Du Décollage économique 
1. Mettre fin à la crise énergétique : A court terme : Remettre à niveau les capacités de production par la révision et le dépannage des centrales électriques, la généralisation des compteurs à cartes y compris dans les administrations et la révision des réseaux. A moyen terme : Développer les centrales à fuel lourd et les centrales hydro-électriques. A long terme : Développer l’énergie géothermique.
2. Augmenter les capacités de stockage des hydrocarbures à 6 mois. 
3. Poursuivre la réhabilitation du réseau routier sur l’ensemble du territoire national.
4. Redémarrer l’usine de pêche de Voidjou.
5. Rechercher des partenariats pour développer l’exploitation des ressources halieutiques.
6. Développer le concept de villages éco touristiques.
7. Promouvoir la destination Comores et négocier la desserte des Comores avec les grandes compagnies aériennes.
8. Mettre en place un cadre formel de concertation public-privé.
9. Interdire l’exercice du commerce de détail aux étrangers. 
10. Créer des zones franches. 
11. Réorganiser le service du cadastre
12. Relancer et faire un suivi de la conférence de Doha

Axe 7 : De la diaspora comorienne
1. Accorder le droit de vote aux comoriens résidants à l’étranger par le biais d’une législation appropriée.
2. Faciliter le retour et l’insertion des comoriens de l’étranger désireux de se réinstaller aux Comores.
3. Négocier avec les compagnies aériennes les conditions de la réduction du coût trop élevé du billet d’avion pour les Comores.

Axe 8 : De la Diplomatie 
1. Adhérer à l’East Africain Community et renforcer les liens d’amitié et de coopération avec les pays voisins de la côte Est africaine. 
2. Poursuivre une politique d’ouverture et de rapprochement avec les pays arabes.
3. Initier une politique d’ouverture diplomatique avec l’Amérique du Sud et l’Asie du Sud Est.
4. Réorganiser et rationnaliser les missions diplomatiques.

Axe 9 : De la question de l’île comorienne de Mayotte
1. Créer une Commission Nationale sur la question de l’île comorienne de Mayotte dont le Secrétariat sera assuré par un département chargé de cette question au Ministère des Affaires Etrangères.
2. Faire chaque année un état de lieux de l’état des progrès de la question devant le congrès (députés et conseillers des îles) 

Sur la base de cette plateforme, les responsables politiques désignés ci-dessous, représentant l’intérêt général du pays et de leurs adhérents, signataires de cette plateforme politique de gouvernance, s’engagent :
Article 1 : A gouverner ensemble en cas de victoire de leur candidat et que cette plateforme qui lie les parties signataires par son esprit, son contenu et sa forme constitue le principal document référentiel de leur pacte de bonne gouvernance ; 
Article 2 : Une plateforme additionnelle de partage de pouvoir sera négociée et conclue à la discrétion des deux signataires.
Article 3 : En cas de désaccord important constaté par une ou par l’ensemble des parties signataires et portant sur les termes référentiels, les principes fondateurs et les objectifs fondamentaux de la plateforme dans son application, la partie signataire plaignante est libre de rompre l’accord et de se désolidariser du pouvoir gouvernemental après que toutes les recherches sincères de solutions et de consensus par chacune des parties n’auraient abouties à aucun compromis ;
Article 4 : la partie signataire plaignante avise par écrit l’autre ou les autres parties composantes deux semaines avant l’exécution de sa décision ;

Mutsamudu, le 27 mars 2016
Le candidat Azali ASSOUMANI

Le candidat Fahmi SAID IBRAHIM

Le candidat Abdou Salami ABDOU

Le candidat Ahmed ABDALLAH SALIM

Le candidat Vice – Président Mohamed ELHAD

Juwa dénonce un gouvernement « clanique »


ComJuwa180717

Le parti Juwa n’a pas tardé à réagir après son éviction du gouvernement du président Azali. Dans un communiqué publié le 18 juillet, soit un jour après l’annonce du nouveau gouvernement, le parti d’Abdallah Mohamed Ahmed Sambi se place résolument et sans tergiversation dans l’opposition et se pose en rassembleur de « toutes les forces vives patriotiques » (partis et société civile), « au-delà des clivages partisans ou insulaires ».

Le nouveau gouvernement du président Azali est qualifié de « gouvernement clanique » dans ce communiqué. Le parti Juwa fait ainsi expressément référence aux critiques qui ont suivi après l’annonce de ce gouvernement dans lequel, le président a imposé son ancien Ministre des Affaires étrangères, Souef El-Amine qui est également un co-villageois. Il y avait déjà le puissant Secrétaire Général, Idaroussi, son neveu qui est aujourd’hui, pour la première fois de l’histoire de l’Union des Comores, l’équivalent d’un Premier Ministre qui donne des directives aux Ministres et même aux Vice-Présidents. Du coup, les internautes font des décomptes des postes de direction (Douanes, Plan…) qui sont occupés par des proches du Président ou du village de Mitsudje dont le président est originaire.

Le communiqué du Parti Juwa marque la rupture avec le Président Azali, mais il dénonce également la mise en danger de la stabilité et des valeurs démocratiques du pays. Juwa appelle donc à la formation d’un « front républicain ». Reste à savoir si les nombreux partis de l’opposition qui sont depuis six mois dans l’expectative vont suivre ou se maintenir dans une position d’attente qu’Azali veuille bien discuter avec eux, ou encore renforcer celui-ci dans dans sa volonté de réformer la Constitution en utilisant les prochaines Assises Nationales.

Mahmoud Ibrahime

Du serment en politique. La fin de l’idylle entre Azali et Sambi

Éditorial

Du serment en politique

La fin de l’idylle entre Azali et Sambi

 

Au cours de la courte histoire parlementaire des Comores (elle n’a commencé qu’en 1945), il y a eu de nombreux serments sur le Coran, souvent en cachette et souvent trahis.

Le plus célèbre fut le Serment de Sada en 1967 par lequel cinq élus maorais (et derrière eux tout le Mouvement Populaire Mahorais) ont juré de ne jamais se séparer avant d’obtenir la départementalisation. Et chose curieuse, on vit un chrétien, Marcel Henri, à qui le cadi apprenait sur l’instant comment faire les ablutions avant d’entrer dans la Mosquée de Sada et jurer sur le Coran de tenir sa promesse, lui aussi. Et bien sûr, le serment a été rompu puisque le MPM s’est divisé en plusieurs partis avant la départementalisation.

AccordMissiriCes derniers mois, face au spectacle des humiliations subies par les membres du parti Juwa dans le gouvernement du président Azali et leur persistance à demeurer dans une alliance dans laquelle on leur signifiait qu’ils n’avaient rien à y faire, il m’est arrivé de me demander s’il n’y avait pas eu un serment sur le Coran entre le candidat Azali Assoumani et les candidats du parti Juwa, avec le soutien d’Ahmed Sambi. Ma conviction a été confortée après la fameuse interview du Ministre de la Justice, Fahmi Saïd Ibrahim qui déclarait : « Un ministre la boucle ou il part, j’ai décidé de la boucler. » (Al-Watwan n°3073 du 16/12/2016). Ces quelques mots disaient clairement l’impossibilité pour FSI de quitter le gouvernement et donc sa résolution à tout accepter sans broncher.

La confirmation de notre pressentiment est venue d’une interview du journaliste Ortega sur Facebook. Le Coordinateur du parti Juwa à Anjouan, Mahamoud Elarif lui a révélé qu’effectivement l’alliance entre Azali et les candidats de Juwa a été scellée par une lecture du Coran. Cette hésitation, des deux côtés, à assumer l’initiative de rompre prenait enfin un sens. Pourtant chacun sait qu’Azali et FSI (vrai aussi pour Sambi) ont toujours eu des idées diamétralement opposées, la CRC et Juwa n’ont rien en commun, et il faut se rappeler qu’il y a au Palais de Justice une plainte de la CRC contre Sambi et Juwa à propos de la « citoyenneté économique ».

Tout indiquait bien qu’il y avait d’autres raisons que la politique qui faisaient que les ministres Juwa acceptaient de « la boucler ». Fahmi Said Ibrahim qui promettait pendant sa campagne de replacer la justice au centre des préoccupations de l’Etat et de la rendre indépendante a non seulement fermé la bouche, mais aussi les yeux et les oreilles sur des arrestations arbitraires, des libérations sans jugement, des appels d’offre irréguliers et des nominations complaisantes. Le Ministre Dossar a accepté, entre autres, d’assumer la rupture diplomatique avec le Qatar alors que tout le monde sait qu’il est fermement opposé à cette décision, comme son mentor, Sambi.

Sambi, c’est peut-être le seul soutien de l’alliance qui a gardé sa dignité en refusant et en disant à haute voix qu’il n’était pas de l’intérêt des Comores de rompre ses relations diplomatiques si rapidement et si facilement, à la demande d’un pays ami certes, comme s’il s’agissait d’un jeu pour la deuxième fois en une année. Mais, cette franchise a été la goutte de trop dans l’alliance entre Sambi et Azali.

Le discours du président de la République le 6 juillet dernier semble avoir marqué la fin de cette alliance. Dans un paragraphe clef Azali a dit qu’il tirait les conséquences de la sortie médiatique de son allié. Cela indique deux choses, la première c’est qu’après son élection, Azali ne considérait l’alliance avec Juwa ou Sambi que comme la soumission de ceux-ci à sa politique et à sa volonté. Et donc les ministres Juwa n’auraient jamais dû accepter de la boucler et subir des humiliations. La deuxième c’est qu’il considère que si les « partenaires » ne suivent pas ses décisions unilatérales c’est qu’ils rompent l’alliance.

Le Président Azali cherchait l’occasion de bouter les ministres Juwa hors du gouvernement, avec la déclaration de Sambi sur le Qatar, il s’est senti libéré du serment fait sur le Coran.

Tout serment en politique, même sur le Coran, même sur la tombe des ancêtres (qu’on devrait laisser en paix, au lieu de les mêler aux combinazione politiques) est voué à être rompu par les aléas et les stratégies.

Mahmoud Ibrahime

Assemblée Générale du Parti Juwa : une alliance avec Azali insatisfaisante

Le Parti Juwa a réuni ses cadres dans une Assemblée Générale extraordinaire à Mutsamudu ce 14 juillet 2017 pour un travail en ateliers. Les objectifs de cette AG semblent être l’organisation du parti et les questions nationales, notamment les relations avec le parti CRC et le président Azali.

ComJuwa140717Au niveau interne, les cadres ont fixé aux 16 et 17 septembre 2017 le prochain Congrès du Parti qui devra élire les nouveaux dirigeants et sans doute mettre fin aux ambiguïtés créées par la fronde du Dr Sounhadj (et de certains cadres qui lui sont proches). Celui-ci ayant assigné son parti en justice après avoir été démis de ses fonctions de Secrétaire Général adjoint et de chargé de l’organisation du Congrès.

Sur le plan national, dans le communiqué issu de cette AG extraordinaire, le parti Juwa réaffirme son « association avec le pouvoir dirigé par le Président de la République, Azali Assoumani sur la base de la plateforme d’alliance politique signée le 26 mars 2016 ». Ainsi les cadres de Juwa précisent ce qu’ils affirment depuis un moment : il n’y a aucune alliance entre Juwa et CRC, c’est une alliance avec le Président Azali. Mais, la formulation reste encore ambigue dans le sens où ils disaient jusqu’ici que le parti ne s’est jamais engagé dans cette alliance, qu’il s’agissait d’une alliance entre leurs candidats (essentiellement l’actuel Ministre de la Justice Fahmi Said Ibrahim et le Gouverneur Abdou Salami Abdou) et le candidat Azali. Le Secrétaire Général, Ibrahim Soulé l’a encore confirmé pendant la conférence de presse qui a suivi l’AG, indiquant que le parti qu’il représentait n’avait jamais signé d’accord ni avec Azali ni avec la CRC. On se rappelle d’ailleurs qu’au moment de la signature de cette alliance au stade Missiri, Ibrahim Soulé et des cadres du parti avaient sorti un communiqué disant explicitement que cette alliance n’engageait pas leur parti. Le Secrétaire Général lui-même avait appelé à voter pour Mouigni Baraka.

Pourtant, le communiqué issu de cette AG extraordinaire indique que « le parti Juwa regrette le non respect de cette plateforme d’alliance par notre partenaire ». Il semble que le parti ne sait plus sur quel pied danser à propos de cette alliance dans laquelle il n’a plus aucune prise. Ou alors, il y a deux thèses à la tête du parti Juwa : ceux qui considèrent que l’alliance faite par les candidats les engagent et ceux qui pensent que l’alliance n’a rien à voir avec le parti.

L’autre préoccupation nationale du parti Juwa est la tenue des Assises proposées par le Mouvement du 11 août depuis 2015. Le parti indique qu’il est prêt à prendre part au bilan qui doit être fait sur la gestion de l’indépendance depuis 42 ans, mais, il dénonce toute tentative de récupération du mouvement. Juwa fait-il ici allusion au soutien que le Président Azali vient d’accorder à ce mouvement ? Le parti Juwa met également en garde contre toute tentative de remise en cause de deux points qui ont été à la base de l’Union des Comores : l’autonomie des îles et la tournante.

Il est à noter que les Ministres et Secrétaires d’État du parti Juwa n’étaient pas présents à l’AG, ainsi que le Dr Sounhadj, conseiller du président Azali, exclu du parti et qui n’a toujours pas encore eu recours aux modalités prévues pour contester cette exclusion.

Mahmoud Ibrahime

 

Que reste-t-il du parti Juwa ?

Depuis l’alliance entre les candidats de Juwa (Mohamed Dossar au nom de Fahmi Saïd Ibrahim et Abdou Salam, candidat Juwa au gouvernorat d’Anjouan) et le candidat CRC à la présidence (Azali Assoumani), le processus de décomposition du parti d’Ahmed Sambi s’est accéléré.

Avant même cette signature, vingt coordinateurs communaux avaient annoncé leur ralliement à la candidature de Mouigni Baraka. L’ancien Ministre des Affaires étrangères, Ahmed Jaffar lui aussi avait annoncé qu’il quittait le parti pour rejoindre l’équipe de Mohamed Ali Soilihi (Mamadou).

Quelques heures après cette signature, une partie du Bureau National, conduit par le Secrétaire Général du parti, le député de Moroni Ibrahim Mohamed Soulé et Ahmed Barwane (tête de liste Juwa à Moroni aux dernières élections) rejoignaient le candidat Mouigni Baraka.

Après l’annonce de Sambi de son alliance avec Azali, le processus a pris la vitesse supérieure, passant des états majors à la rue. Dans des réunions spontanées à Moroni, la communauté anjouanaise, qui est la base de l’électorat sambiste dans la capitale, a annoncé que cette fois elle ne suivrait pas Sambi dans l’alliance avec Azali, après l’avoir suivi dans l’intronisation sans discussion de Fahmi Saïd Ibrahim comme candidat du parti Juwa. Pour cette communauté, Azali est l’homme qui a provoqué les exactions contre les Anjouanais de Moroni en 1999 pour justifier sa prise du pouvoir par un coup d’Etat.

Ce dimanche 3 avril, deux autres ténors du parti ont officialisé leur ralliement à la candidature de Mamadou : Ibrahima Sidi, membre du Bureau National, qui était le Vice-Président de Sambi dans sa tentative malheureuse de se présenter aux présidentielles de 2016 et Mohamed Djaffar, ancien Ministre de la Justice de Sambi et ancien député de la région Mbude-Mitsamihuli.

Que reste-t-il encore du Juwa ? Face à cette décomposition, les fidèles de Sambi (comme les proches d’Azali) ont deux explications toutes faites qu’ils répètent sur les réseaux sociaux depuis une semaine, tels les disciples de Coué ou des personnages de Kassovitz (« Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l’important n’est pas la chute, c’est l’atterrissage »). L’une c’est que tous ces gens ne valent rien dans le parti, il n’y a que Sambi qui est important. L’autre, résumé par un des fidèles de Sambi, Paul-Charles Delapeyre, qui n’est arrivé auprès de Sambi qu’il y a un an, après l’avoir vilipendé pendant des années, c’est qu’il faut couper les branches « pourries » pour que l’arbre pousse mieux et donne de plus beaux fruits. Les intéressés apprécieront, mais il faut tout de même comprendre que d’une part, ce n’est pas Sambi qui fait le ménage dans son arbre mais ses lieutenants qui le quittent et d’autre part, si Barwane, Sidi ou même Ibrahim Soulé, comme Paul-Charles Delapeyre, ne sont que des branches, dans le sens où ils ont tous rejoint l’arbre sambiste bien après sa plantation, Ahmed Jaffar (Mutsamudu) ou Mohamed Djaffar (Mitsamihuli), tous deux cousins de Sambi, ne sont pas des branches, ce sont des racines du sambisme. Ils étaient avec lui avant sa candidature en 2006, ils ont préparé cette candidature, ont fait campagne et ont gagné avec le chef. Ils ont été récompensés par des postes prestigieux (MIREX et Justice).

Au rythme où vont les choses, il se pourrait que le candidat Azali Assoumani se réveille le 11 avril en s’aperçevant qu’on lui a vendu un arbre qui ne pouvait plus donner de fruits car il n’avait plus ni ses racines ni ses branches les plus solides. Juste un tronc vide.

Certains membres de la CRC avaient donné le parti Juwa comme mort après les dernières législatives et les dissensions qui commençaient à apparaître. La désignation, de par le bon vouloir du chef, d’un candidat en dehors du parti, Fahmi Saïd Ibrahim avait accéléré la crise, l’alliance avec Azali pourrait bien achever Juwa.

Mais, la CRC elle-même n’est pas épargnée par un début de décomposition. Il se murmure que le Secrétaire Général, Karihila, qui a parcouru de nombreux pays arabes pour chercher des fonds pour la campagne d’Azali en disant qu’il était le seul à pouvoir combattre le shi’isme, voit d’un mauvais oeil l’alliance entre Sambi et Azali. Il se pourrait qu’il quitte le bateau avant la fin de la campagne, d’autant que Azali n’a pas soutenu comme il fallait sa candidature au gouvernorat de Ngazidja, acceptant la concurrence d’un autre membre du parti, Maoulana, qui l’a privé de l’accès au deuxième tour.

Mahmoud Ibrahime

L’alliance Sambi-CRC : un coup d’épée dans l’eau

Houmed010416L’alliance autour de Mohamed Ali Soilihi a tenu à rassurer l’opinion et ses partisans mais aussi à analyser le rapprochement entre Sambi et la Crc au cours d’un point de presse organisé en début de soirée au quartier général de Houmed Msaidié.

« Cette alliance est pour nous une victoire déclare Houmed Msaidié, vice-président de Mohamed Ali Soilihi. Une victoire dans le sens où ceux qui refusaient les résultats du scrutin ont fini par se rendre compte qu’il n’y a eu aucune fraude et que tout a été transparent. Aujourd’hui ils ont enfin décidé de mettre de côté le Mouvement Narawazé et nous les remercions d’avoir reconnu leur défaite. Sambi et les siens veulent mettre en place une guerre psychologique surtout dans les médias et cela ne nous fait pas peur. »

Pour Houmed Msaidié, cette alliance n’est pas synonyme de victoire « nous connaissons le poids de Sambi » mais il a parcouru les îles avec ses candidats or aujourd’hui Fahmi n’est plus dans la course et Salami n’a eu que 36% à Anjouan. Aujourd’hui, le président Sambi, a parlé en son nom car « conscient de la dislocation du Juwa. Beaucoup de cadors ayant un poids électoral ont rejoint notre camp ». En plus de cela, beaucoup de partisans sont déçus de la tournure des événements et ils n’ont pas apprécié cette initiative de Sambi de se détourner du mouvement Narawaze. Tout cela montre encore une fois que cette alliance Sambi-Crc est un coup d’épée dans l’eau. Et pour ceux qui disent que si la victoire leur échappe c’est parce que les votes sont truqués, « je tiens à leur rappeler qu’en acceptant de signer la convention relative à ce deuxième tour avec toutes les dispositions prises pour sécuriser les élections, ils devront accepter la défaite le moment venu ».

Présent au point de presse comme Saïd Larifou, Bourhane Hamidou ou encore Dia, Mohamed Abdoulwahab ancien gouverneur de l’île de Ngazidja, en parlant de la cérémonie d’alliance Juwa-Crc, a insisté sur le fait que « ce qu’ils voulaient être un grand événement n’en est pas un. C’est un petit événement ». Pour lui, tous les préparatifs et les dispositions pris pour célébrer cet « événement » ont échoué car bien en deçà de leurs attentes. « Nous sommes sereins car c’est Sambi qui s’est allié avec la Crc. Le Juwa lui, ne l’a pas suivi d’où son refus de parler au nom du Juwa tout au long de son discours ». Quant au fait, que l’ex président critique le score de 17% de Mohamed Ali Soilihi, Mohamed Abdoulwahab a tenu à lui rappeler qu’à son « époque, Sambi n’avait eu que 23% sur 9 candidats lors des primaires à Anjouan, donc les 17% de Mamadou sur 25 candidats représentent un très bon score ». En plus de cela, ce score reflète le jeu démocratique et le respect de la valeur de ces élections « si Mamadou avait eu 51% sur 25 candidats, là ça aurait voulu dire qu’il y a eu de la triche ».

Pour lui, la démagogie de Sambi n’a plus aucun effet car le peuple ne vote plus des paroles mais des actions. Et l’alliance des deux ex présidents ne représente pas grand-chose, « aussi, ces deux là ambitionnent de prendre le pouvoir et non l’intérêt de la Nation comme ils le disent, sinon comment comprendre qu’hier ils ne voulaient pas se croiser et qu’aujourd’hui ils deviennent alliés ? C’est pour simplement pouvoir se passer tranquillement le pouvoir en 2021 mais malheureusement pour eux, le peuple n’est pas dupe » affirme l’ancien gouverneur. Arguant que Sambi et Azali sont des adeptes de N. Machiavel et que pour eux « tous les moyens sont bons pour atteindre le pouvoir ». Et ils veulent créer un précédent dans ce pays « revenir au pouvoir après avoir anéanti et fait sombrer le pays ».

Ali Ahmed Papa (Moroni)