Mamadou

À Domoni, le député Mohamed Rachadi (Juwa) a rejoint l’équipe de Mamadou

Domoni290316-

L’équipe de Mohamed Ali Soilihi a encore fait le plein dans un meeting aujourd’hui. C’était à Domoni. Plus de 5000 personnes, toutes catégories confondues, sont venues écouter Mamadou, ses colistiers et le Gouverneur Anissi.

Ahmed Jaffar était présent dans le meeting pour confirmer qu’il a bel et bien quitté Juwa et qu’il se sent à l’aise dans l’équipe de Mamadou et Anissi Chamsidine.

Le feuilleton du partage du parti Juwa n’est toutefois pas terminé et l’épisode d’aujourd’hui confirme que la CRC a tenté de faire croire aux Comoriens qu’il y a eu un accord avec le parti Juwa mais qu’il n’en est rien. Le député Mohamed Rachadi alias Gadjo (Juwa) de Domoni était également de la partie. Il a annoncé en plein meeting qu’il fait désormais campagne pour Mohamed Ali Soilihi (Mamadou). Il a aussi rappelé ce que disait le communiqué du Secrétaire Général du parti Juwa, Ibrahim Soulé : le parti Juwa n’a donné aucune consigne de vote.

Après une tournée d’une semaine à Anjouan, l’équipe de Mamadou devrait regagner Moroni demain où d’autres négociations restent en suspens, notamment avec des barons du parti Juwa. Des surprises en perspective.

Mahmoud Ibrahime

Le président Ikililou Dhoinine est à Anjouan pour soutenir Mamadou et Anisse

IkililouDCes derniers temps les amis du colonel Azali font semblant de se demander si Mohamed Ali Soilihi (Mamadou) est encore le candidat du président Ikililou Dhoinine.
La question procède en fait d’une stratégie plus large : les conseillers du président Ikililou qui font campagne pour Azali avaient réussi à le convaincre de reculer la date de l’ouverture de la campagne électorale du lundi au jeudi. Jusqu’à aujourd’hui personne ne sait ce que cela a apporté au processus démocratique. Mais, cela mettait à mal le meeting prévu à Anjouan le lundi de l’ouverture de la campagne par l’équipe de Mamadou. Par ce report, l’opinion publique devait comprendre que le Président Ikililou avait lâché son candidat et du même coup son parti (l’UPDC). A cela s’ajoutait la zizanie créée entre la candidate Mme Hadidja Aboubakar (femme du président Ikililou) et le VP de Mamadou à Mwali, Mahamoud Abiamri. Heureusement Mme Hadidja Aboubacar a fini par comprendre dans quel piège on a voulu la plonger.
Quant au Président Ikililou Dhoinine, il est en train de répondre aux Azalistes qui ont voulu le tromper. A sa manière : tranquillement mais sûrement. Il est actuellement à Anjouan pour apporter son soutien aux deux candidats du parti UPDC : Mohamed Ali Soilihi (Mamadou) et Anissi Chamsidine.
Il a personnellement chargé le VP de Mamadou, Houmed Msaidie d’entrer en discussions avec tous les candidats. Le leader du parti RADHI va donc pouvoir user de toute son expérience et sa connaissance des hommes politiques comoriens pour faire en sorte que le candidat Mamadou l’emporte le 10 avril.
Mahmoud Ibrahime

Mohamed Ali Soilihi. Un pari réussi à Mohéli

20290_188004004912890_7982435546952094803_nAprès Anjouan, Mohéli se bat becs et ongles afin que Mohamed Ali Soilihi soit le prochain président à Beit-Salam dès le 10 avril et l’actuelle première dame Hadidja Aboubacar,  le successeur de Mohamed Ali Saïd à Dar-Nadjah. C’est ce qui a été démontré à la place de l’indépendance de Fomboni de  Mohéli ce samedi.
 
Mohamed Ali Soilihi vers Beit-Salam et Hadidja Aboubacar à Dar Nadjah
Bien que le grand meeting du camp au pouvoir devait commencer à partir de 18 heures ce samedi, les partisans, les militants et les sympathisants de Mamadou à Mohéli n’ont pas hésité à se  déployer  à la place de l’indépendance, lieu du meeting, à partir de midi. C’est la preuve de l’engouement et de l’effervescence populaire autour  des candidatures de Mohamed Ali Soilih et de Madame Hadidja Aboubacar.
Le point commun entre ces deux personnalités c’est que ceux qui s’opposaient  hier à leur politique partagent aujourd’hui les mêmes idées et la même politique et ce dans une volonté de construire l’avenir  de notre nation. C’est le cas de l’actuel gouverneur de l’île Mohamed Ali Saïd et de son équipe. Ce dernier qui était  le directeur  de campagne régional de Mouigni Baraka Saïd Soilih, son candidat à l’élection des  gouverneurs à Mwali  s’est désisté il y a une semaine et s’est rallié au camp de Mamadou.
Houmed Msaïdié, l’incontournable
Cela constitue d’une part un véritable camouflet pour le candidat Mouigni et d’autre part, un triomphe de grande envergure pour le camp de Mamadou. Dans les discours des candidats,  bien qu’ils tournaient autour des bonnes actions réalisées pendant la période de Docteur Ikililou Dhoinine dans l’île de Mohéli en particulier et pour la nation en général. Houmed Msaïdié l’incontournable de la politique à Ngazidja et plus précisément  dans la région de Mbude-Mitsamihuli, reste convaincu que ces bonnes actions sont les fruits de la bonnes ententes entre le gouvernement et le gouvernorat de l’île de Mohéli. Et pour lui, même si à un moment donné un malentendu s’était invité entre eux, mais cela n’a pas affecté la réalisation de certaines choses que l’île n’a jamais pu bénéficier avant le régime d’Ikililou Dhoinine. Et lui de montrer que ce malentendu n’était que purement politique mais qu’une autre atmosphère s’est invitée après la prise de conscience que rien ne peut marcher dans notre pays sans qu’il y ait une bonne entente entre le gouvernement central et les gouvernorats des îles.
C’est dans cette optique que Mohamed Ali Soilihi et Abiamri Mahmoud, l’enfant chéri de l’île de Moheli, ont fait appel à tous les Comoriens et Mohéliens à ne pas rater une telle belle occasion de construction de notre nation.
Dhouria Abdou

Ouverture de la campagne du 2e tour. Le camp de Mamadou a fait une démonstration de force

Les campagnes du deuxième tour pour le double scrutin du 10 avril  ont été ouvertes ce jeudi 17. Pour l’occasion l’UPDC,  les candidats et  les partis alliés se trouvaient à Anjouan pour leur premier grand meeting. Organisé à Mutsamudu au Gymnase de Misiri,  ce meeting a été un réconfort pour Mohamed Ali Soilihi et ses colistiers et sans conteste un moment de désespoir pour leurs adversaires.

C’es dans une atmosphère très chaleureuse que le camp au pouvoir a été reçu à Mutsamudu à l’occasion de l’organisation de son premier grand meeting. Avec un stade plein de monde,  les organisateurs estiment à 5000 personnes les participants. Mamadou et ses colistiers ont découvert leur popularité dans l’île. On trouvait entre autres les jeunes, les mamans, les grands notables et en  grande partie, les cadres et les candidats malheureux anjouanais ou autres,  tous mobilisés derrière Mamadou, ses colistiers et Anissi Chamsidine, candidat de l’UPDC au gouvernorat d’Anjouan.

Le message a été clairement reçu : le camp de Mamadou a aussi sa grande place auprès des Anjouanais. Il faut savoir que cette accueil chaleureux n’était qu’une suite de la journée du mercredi qui était le jour d’arrivée des délégations spéciales sur l’Ile d’Anjouan.
Cette atmosphère  n’a pas plu aux deux autres candidats en concurrence avec Mamadou.  La preuve en  est que lorsque les gens ont commencé à se rendre sur le lieu du meeting, ils ont trouvé des arbres coupés et des cailloux jetés dans les rues, en particulier près de Sima ville.

Ces actes barbares sont aussi des actes de désespoir et de faiblesse. Et ce parce qu’un accord protocolaire a été signé le 15 mars par les candidats eux-mêmes
visant à assurer la sécurisation du processus électoral. Ce qui a permis l’ouverture des campagnes. On parle de désespoir  car au lieu de se contenter d’ouvrir eux aussi leurs meetings, ils tentent de saboter celui de leur adversaire. Mais, ils n’ont pas réussi à nuire parce que ces actes de nuisance ne se sont produits que dans la circonscription des vices présidents Moustadrane et Mohamed Djaffar, respectivement  VP d’Azali Assoumani et de Mouigni Baraka Saïd Soilih.

Après le meeting, une conférence de presse entre les candidats  et les étudiants d’Anjouan a été organisée dans le centre universitaire de Patsy. Bien qu’elle soit politique, par cette conférence le candidat Mamadou voulait encore une fois faire une démonstration envers les étudiants après celle qu’il a faite en 2013 dans ce même endroit, sachant que la jeunesse demeure son souci numéro un.

Dhouria Abdou

 

Elections aux Comores : La Cour Constitutionnelle a parlé

MamadAnjLa plus haute juridiction du pays a parlé. Aucun recours n’est possible. La Cour Constitutionnelle des Comores a confirmé l’ordre des candidats arrivés en tête des primaires des élections présidentielles aux Comores : Mohamed Ali Soilihi (Mamadou), Mouigni Baraka et Azali Assoumani. Elle a également confirmé les deux candidats arrivés en tête du premier tour des élections des gouverneurs  dans chaque île : Ahamada Moussa (Aby) et Hassani Ahamada à la Grande-Comore, Abdou Salami Abdou et Anissi Chamsidine à Anjouan et Mohamed Said Fazul et Mme Hadidja Aboubacar à Mwali.

Les partisans du candidat arrivé en quatrième position, Fahmi Saïd Ibrahim, demeurent donc dans la déception et l’expectative depuis l’annonce des résultats provisoires par la CENI.

La question qui reste maintenant pour eux est celle-ci : vont-ils continuer à défier l’autorité de l’Etat dans les rues ou après que toutes les instances électorales (CEI, CENI, Cour Constitutionnelle) se soient prononcées, ils vont se rallier à l’un des trois candidats encore en lice ?

La tentation est grande pour la mouvance du parti Juwa et les soutiens de dernière heure de l’ex-leader du PEC de prolonger le combat électoral par un combat dans la rue d’autant qu’il a réussi à rallier un nombre important de petits candidats dont l’honneur a été bafouillée par leurs résultats. Mais malheureusement pour lui, le mouvement qui se dit populaire n’arrive pas à prendre forme : une centaine de manifestants au lendemain de l’annonce des résultats provisoires, un appel à un « archipel mort » qui n’a pas rencontré d’écho significatif, y compris dans le fief de Sambi à Moroni, une occupation de la Place Badjanani qui n’a réuni que quelques dizaines de personnes, et même une manifestation au Trocadero qui selon certains témoins n’a réuni au plus qu’une centaine de personnes. Il est donc difficile pour Fahmi Said Ibrahim et ses partisans de mettre la pression sur le gouvernement.

Il se pourrait donc que le parti Juwa prenne conscience d’une possibilité de disparition ou d’éclatement et engage des discussions avec ses adversaires d’hier d’autant que les trois qualifiés pour l’élection présidentielle ont déjà commencé à lorgner sur l’électorat sambiste à Moroni et à Anjouan.

On n’a donc vu les candidats arrivés en seconde et en troisième place suivre le mouvement des candidats contestataires sans vraiment le suivre. Ainsi, il y a quelques jours le candidat Azali Assoumani (arrivé 3e) a suivi la réunion des candidats contestataires au domicile de Saïd Ali Kemal, puis a disparu lors de la manifestation. Il était avec la contestation quelques heures avant l’annonce des résultats par la Cour Constitutionnelle, mais il s’est démarqué des propos belliqueux du candidat de Juwa (« ye sukari yika iheya mbapvi » dit-il de Fahmi Said Ibrahim).

Quant à Mouigni Baraka (arrivé 2e), il a soufflé le chaud et le froid, acceptant les résultats provisoires puis définitifs, mais envoyant quand même son VP, Ibrahim Mzimba dans les réunions des contestataires.

Il est certain que le mouvement de contestation n’a pas pris de l’importance, car outre la fermeté du gouvernement, Mouigni Baraka et Azali Assoumani n’ont pas appelé leurs militants à descendre dans les rues pour contester les résultats des élections.

Qui des deux candidats arrivés second et troisième gagnera dans ce jeu à vouloir ménager le choux et la chèvre pour capter l’électorat sambiste ? Peut-être celui qui est arrivé premier.

En effet, Mohamed Ali Soilihi (Mamadou) qui une différence de deux points avec le deuxième, a refusé d’entrer dans les polémiques, attendant tranquillement les résultats de la Cour Constitutionnelle. Il a profité de ce temps pour négocier surtout avec ceux qui, parmi les perdants, ont montré une capacité à capter les suffrages de leur région (Said Larifou et Hamidou Bourhane, arrivés 5e et 6e). Son allié à Anjouan, Anissi Chamsidine (UPDC), challenger du candidat de Juwa arrivé en tête du premier tour des élections au gouvernorat, est également entré dans les négociations avec ceux qui ont été éliminés. Son objectif étant de profiter du fait que le parti Juwa a toujours des difficultés à rassembler les partis et les candidats au deuxième tour, pour conserver son fauteuil de gouverneur le 10 avril prochain.

Mahmoud Ibrahime

 

Les mystères de la politique comorienne

logoRadhinouveauLes mystères de la politique comorienne. Cela fait plusieurs semaines que je m’interroge sur le fait que le parti gouvernemental (UPDC) n’a aucune représentation en France. Avec tous les moyens dont dispose ce parti, il n’a jamais pensé à se structurer. Comment un homme aussi intelligent que Youssouf Boina, son secrétaire Général, a-t-il pu autant minimiser la force de la diaspora pour un parti politique, surtout à l’approche d’élections majeures.

En regardant de plus près, je me suis aperçu qu’aucun des grands partis comoriens n’est vraiment structuré en France, mise à part le parti RADHI de Houmed Msaidie​. Juwa qui était bien parti n’a pas de véritable direction en France (si je ne m’abuse).

Mais, cela n’a pas toujours été ainsi. Je me souviens que dans les années 1990 et au début des années 2000, lorsque nous combattions le séparatisme, nous, associatifs, nous savions que nous pouvions compter sur des responsables de certains partis comme le FD (le mieux organisé et comptant le plus de militants, aguerris), Shuma, PCDP, MDP-NGDC…

L’absence de partis dans la diaspora en France a des conséquences, au moment où nous allons vers la campagne électorale. L’UPDC n’ayant aucune représentation en France, les Comités de soutien à Mamadou se multiplient et s’inventent des liens plus ou moins imaginaires avec le futur président de la République ou la future Première Dame. Chacun de ces comités se prétend être le seul représentatif et celui qui aurait l’aval des quatre candidats, même si, on le sait, aucun n’a vraiment désigné un responsable de la campagne de Mohamed Ali Soilihi en France. Malgré cela, des groupements de gens sérieux se réunissent dans des appartements tous les week-ends pour préparer la campagne de Mamadou. C’est une chance pour ce candidat, mais chacun a pu constater la cacophonie qui existe et qui n’aurait pu s’installer si l’UPDC avait une direction en France.

Au sein de ma propre formation politique (RADHI, au cas où certains l’aurait oublié), j’ai même entendu des militants nous dire : « Laissons le parti pour le moment, faisons la campagne de Mamadou car c’est lui qui sera président et le parti on verra plus tard. » Il y a quelques semaines, les mêmes militants affirmaient, sous les applaudissements de dizaines d’autres, dans les réunions du parti, qu’ils étaient prêts à faire des crédits pour la campagne de leur leader, Houmed Msaidié.

Malgré les gesticulations des uns et des autres, malgré les coups de certains dirigeants d’un certain Comité de soutien qui voudrait soumettre à leurs volontés le parti RADHI, le seul parti comorien structuré en France sera bien présent en tant que parti dans la campagne qui s’annonce. Ses dirigeants et ses cadres n’ont jamais pensé à se fondre dans des comités de soutien alors qu’ils savent pouvoir compter sur une force et une expérience dans la communication : le parti RADHI.

Mahmoud Ibrahime

Le Collectif de soutien à la candidature de Mohamed Ali Soilihi

Le Collectif de soutien à la candidature de Mohamed Ali Soilihi

Mamadou

Mohamed Ali Soilihi (détail de l’affiche des présidentielles de 2010)

Depuis une semaine, le parti RADHI et les proches de Mamadou et Nourdine Bourhane ont entrepris un marathon pour mettre sur pied un collectif regroupant toutes les organisations qui soutiennent la candidature de Mohamed Ali Soilihi en France.

Après une semaine de consultations et de discussions, le collectif compte aujourd’hui 10 organisations, à l’image de la coalition mise en place à Moroni.

Un seul comité n’a pas encore rejoint le collectif, mais l’on ne désespère pas de le voir enfin intégrer le groupe avant l’élection du coordinateur et la désignation du Bureau de campagne en France.

Parti RADHI-France (Mahmoud Ibrahime)

Parti MOUROUA (Salim Ali Soilihi)

Comité de soutien de Mamadou à Lyon (Elanrif Chanfi)

Comité de soutien de Mamadou à Rennes (Younoussa Oumouri)

Comité de soutien de Mamadou à Marseille (Radjabou)

Génération Nourdine Bourhane (Patrice Ahmed Abdallah)

Les Notables pour Mamadou (Saïd Djaouhar Charifou)

Les Amis de Mamadou (Mohamed Siradji)

Jeunesse Mamadou (Said Mouhammad dit Ydyidy

Les Amis de Msaidié (Mohamed Selemani)

 

Pour le Collectif

Omar Ahamada (RADHI)

Elections 2016. La candidature de Mamadou en mauvaise posture

Les déclarations de candidatures à la présidentielle et au gouvernorat de 2016 se précisent dans l’opposition alors que la coalition UPDC/RADHI/ORANGE a du mal à désigner les siennes.

Mohamed Ali Soilihi (détail de l'affiche des présidentielles de 2010)

Mohamed Ali Soilihi (détail de l’affiche des présidentielles de 2010)

L’UPDC qui incarne le leadership de cette coalition n’arrive pas, à ce jour, à se mettre d’accord sur la candidature naturelle et unique de l’actuel vice-président Mamadou à la présidentielle. Sa candidature ne fait pas l’unanimité au sein même du parti comme cela était le cas il y a un an. Le fait de se rallier à d’autres partis politiques pour former une coalition et un groupe parlementaire est vu aujourd’hui pour certains comme une force et une opportunité pour gagner les élections de 2016. Mais, pour d’autres, c’est un cadeau empoisonné, un couteau à double tranchant.

La dégradation de la situation économique du pays ne favorise pas la candidature de Mohamed Ali Soilih alias Mamadou qui est accusé à tort ou à raison par l’opinion de ne pas vouloir payer les salaires des fonctionnaires de l’Etat. Ses liens avec la Banque mondiale ne constituent pas une force pour être élu à la magistrature suprême. Les fonctionnaires ont 6 mois d’arriérés de salaires. En période de vacances et des festivités où la consommation ménagère est de plus en plus importante, les fonctionnaires n’ont pas de revenu pour affronter ces dépenses et la crise est observée dans toute l’économie nationale. Une seule personne est accusée d’être le seul responsable de cette situation« Mamadou », certains oubliant même qu’il fait partie d’une équipe gouvernementale.

Au sein du parti UPDC, cette menace est prise au sérieux par les responsables du parti. Des hommes et des femmes qui sont prêts à jouer toutes les cartes pour ne pas perdre les prochaines élections. Plusieurs d’entre eux se posent des questions sur cette candidature qu’ils jugent déjà comme un échec. « Mamadou n’est plus le candidat idéal pour nous faire gagner en 2016. Sa côte de popularité est de plus en plus en baisse au niveau de l’opinion nationale. Il est la cible de tout le monde même de son propre camp. Je pense que les Comoriens ne lui font plus confiance. Il revient à la coalition de voir quels autres potentiels candidats en son sein peuvent nous faire gagner les élections. On n’a pas droit à l’échec», nous a confié un responsable du parti qui a demandé à garder l’anonymat. Ces militants et responsables du parti sont à la recherche d’une autre solution, d’une personne qui sera capable de rassembler et combattre les autres candidats. L’essentiel c’est de gagner, de conserver le pouvoir qui est très convoité par les deux anciens présidents et d’autres grandes personnalités.

Toutefois du côté des proches collaborateurs de Mamadou, on se veut rassurant. Cette situation n’est que conjoncturelle et peut changer rapidement. « Mamadou est un bon candidat qui a fait ses preuves et nous sommes confiants quant à sa chance de gagner » a déclaré un de ses collaborateurs, rencontré lors de la fête de l’Indépendance, pendant laquelle Mamadou a été hué par la foule à son arrivée.

Cette situation ne laisse pas indifférent les militants des partis RADHI et Orange qui estiment que des primaires doivent être organisées pour désigner les candidats de la coalition. Il ne revient pas à Ikililou ou à un autre de trancher car c’est la responsabilité de nous tous et non d’un seul individu. « Il n’y a pas de candidature naturelle, nous avons au sein de nos partis de la coalition des hommes et des femmes présidentiables. Nous défendons partout ce principe de démocratie. Si nous voulons gagner ces élections, il ne faut pas nous imposer des candidatures. Nous voulons bien rester dans cette dynamique mais dans le respect mutuel tout en préservant notre liberté » a prévenu Charfia Ahmada une militante du RADHI dans le Oichili. « Le scénario officieux qui voyait Mamadou titulaire et Msaidié son colistier à Nagzidja ne tient pas la route aujourd’hui, nous voulons gagner ces élections, nous devons faire table rase de nos préjugés et organiser des primaires » a-t-elle ajouté.

L’UPDC a fait de l’argentier de l’Etat son candidat naturel, sans concurrent apparent au sein du parti, arguant qu’il leur fera gagner 2016 car il a les finances. Mais, cet argument a déjà produit l’effet inverse dans le passé. Combien de candidats, bourrés d’argent, l’ont dépensé dans des élections qu’ils n’ont jamais gagnées ? L’argent n’est pas le seul critère pour gagner des élections. La question est de savoir qui sera le bon candidat de la coalition ? Un responsable de l’UPDC répond en voix off « tout sauf Mamadou, la question mérite d’être examiné ».

Mbaraka Djoumbe

Sacré Iki !

ikililouUn ami poche de Hamada Madi Boléro décrivait récemment le Directeur de Cabinet du Président de la République comme un fusible pour le président Ikililou Dhoinine. Il n’avait pas tort. Mais, depuis un certain temps, tous les groupes concurrents au sein du pouvoir actuel, servent ou ont servi de rempart au chef de l’État. En a-t-il vraiment besoin ?

On peut ainsi distinguer autour d’Ikililou Dhoinine quatre murs, constitués d’hommes et femmes aux intérêts divergents.

Le premier est celui du tout puissant Vice-Président, chargé des Finances Mohamed Ali Soilihi dit Mamadou. Dans ce groupe, les personnalités les plus en vue sont un autre Vice-Président, Nourdine Bourhane et le Directeur du Port, Mohamed Djaanfari. Tous deux sont en concurrence soit pour devenir Vice-Président de Mamadou, s’il est candidat en 2016, soit pour être candidat eux-mêmes au gouvernorat d’Anjouan.

Le deuxième mur est celui de Mouigni Baraka, Gouverneur de Ngazidja et les ténors du Rassemblement Démocratique des Comores (RDC) dont le Secrétaire Général, Djaé Ahamada, vice-président de l’Assemblée de l’Union sortante.

Le troisième mur a souvent été évoqué par les médias et l’opinion publique, c’est celui formé par Mme Ikililou et le directeur de Cabinet du président, Hamada Madi Boléro. Comme souvent, l’opinion publique aime à croire que les erreurs politiques d’un président sont imputables à la domination de sa femme. Mme Ikililou n’a pas dérogé à la règle, ce qui ne semble pas trop gêner son président de mari.

La quatrième façade protectrice du président est constituée par le Ministre de l’Education Nationale, celui des Relations Extérieures, El-Anrif Saïd Hassane, ceux qu’on appelle les « Guinéens », les « Pharmaciens » et une frange du parti islamiste, Front National pour la Justice, autour de Madi Ali, conseiller privé du Président.

La préparation des élections législatives a révélé les luttes intestines entre ces quatre groupes. Le Présidet Ikililou s’est mis clairement du côté du quatrième groupe au détriment des trois autres. Dans ce choix, les premiers vainqueurs sont les « bébés ministres », Abdoulkarim et El-Anrif. Tous les deux seront les candidats du président, dotés de tous les moyens possibles pour espérer l’emporter, le premier dans le Mitsamihuli-Mboudé où il aura en face de lui, Fundi Hadji, le candidat du parti RADHI, et le second dans le Mbadjini où il est en passe de conclure une alliance avec Abdou Soefo et le même parti RADHI.

Le président Ikililou ne s’est pas contenté d’appuyer ce groupe, il lui a offert la quasi totalité des candidatures du pouvoir aux prochaines législatives. Mamadou et Mougni Baraka se retrouvent marri. L’un et l’autre doivent revoir leurs ambitions. Mamadou doit se contenter d’un candidat dans le Hamahame, Mouigni n’aura sans doute que la candidature de Djaé Ahamada dans le Washili-Dimani.

Il semble que dans le camp du pouvoir, l’entente soit devenu un marché de dupe, dans lequel le président Ikililou a imposé tous ses candidats aux dépens de ses alliés. Dans l’Itsandra, ce sera le « Guinéen » Idarous, à Moroni, ce sera le directeur de l’Aéroport, Omar Mohamed.

A Mwali, il a trouvé un terrain d’entente avec le Gouverneur Mohamed Ali Said.

A Anjouan, il a profité de la rupture entre le Parti Juwa et le Gouverneur Anissi pour se rapprocher de ce dernier.

Ainsi, ce président souvent décrit comme naïf, débonnaire et présenté comme étant sous la coupe de sa femme, se révèle sous les traits du Prince de Machiavel, habile et tacticien deux ans avant la fin de son mandat. Une de ses dernières trouvailles est de chercher à donner une épaisseur au transparent ministre des Affaires Etrangères pour espérer l’imposer comme candidat aux présidentielles de 2016.

Ahmed Ali Bacar