Mayotte

LE CONTENTIEUX TERRITORIAL FRANCO-COMORIEN S’EST INVITE AU SOMMET DE LA COI

LE CONTENTIEUX TERRITORIAL FRANCO-COMORIEN S’EST INVITE AU SOMMET DE LA COI

MayotteLe contentieux territorial franco-comorien sur l’île de Mayotte s’est invité au quatrième sommet de la Commission de l’Océan Indien(COI).

De passage à Mayotte, le Président Hollande a annoncé les couleurs en déclarant que les Comores ne peuvent plus revendiquer Mayotte et que la question n’est plus négociable. Le président Ikililou Dhoinine a répondu à cette déclaration en prononçant un discours très offensif où il a d’emblée fait le vœu que les discussions entamées pour la résolution du différend qui oppose les Comores à la France, sur la question de Mayotte, permettent de parvenir à un dénouement heureux conformément aux résolutions des Nations Unies. Il a, dans la foulée, invité ses hôtes de la COI à engager l’organisation dans une démarche commune dans le but de mettre fin à un drame humain qui détruit quotidiennement des familles entières. Il a fait remarquer que nombreuses sont les victimes du visa instauré depuis 19994 entre les trois îles et Mayotte, la quatrième île des Comores. Des personnes à qui l’on refuse l’exercice des droits humain le plus élémentaires, à savoir la libre circulation des personnes dans les respects des traités et conventions internationaux.

A Moroni, le président français affirme que l’enjeu de sa présence sur la terre des Comores c’est de faire tomber les barrières qui séparent les deux pays et retisser le fil d’une histoire commune, trouver des formes d’unité différentes du passé et envisager des relations apaisées et constructives. Il a cependant esquivé la question du différend territorial qui oppose les deux pays. Reconnaissant qu’un drame se joue dans nos eaux territoriales, M Hollande a réduit le différend franco-comorien à une lutte contre l’immigration clandestine. En annonçant l’annulation par la France de la dette des Comores et en axant son discours sur l’engagement d’une politique de développement, on a l’impression que le chéquier peut tout résoudre.

Visiblement le véritable enjeu est ailleurs puisque le président français parle des ressources naturelles à puiser dans l’océan indien et d’espoirs sur des gisements à exploiter non loin des côtes comoriennes.

Abdou elwahab Msa Bacar

Mes 4 Questions à IDRISS MOHAMED

Moi: Bonjour Idriss

M. Idriss Mohamed: Bonjour Irchad.

1- Moi : Aujourd’hui se tient le 4ème sommet des chefs d’Etats et de gouvernement de la COI. Quelle en est votre lecture ainsi que celle du Comité Maoré qui appelle par le biais d’un communiqué la population comorienne à manifester « sa rage » à l’occasion de la visite du président français M. François Hollande.

Ne pensez-vous pas que la question du VISA BALLADUR relève plutôt de la négociation bilatérale d’autant que les autres membres de la COI semblent s’en désintéresser ?

 

1- M. Idriss Mohamed : Je pense que ce qui est important de souligner dans le déplacement de François Hollande, c’est sa position intransigeante sur la question de l’ile comorienne de Mayotte. Il n’a aucun respect pour ses partenaires comoriens. Même sur un plan diplomatique lorsqu’on a des divergences, on essaie de les exprimer d’une certaine façon. Lui non ! Les gens ont entendu les déclarations qu’il a faites à Mayotte. Donc connaissant nos autorités malgré la résistance dont ils font preuve ces derniers temps en particulier lors de la dernière conférence des ministres, on ne peut qu’appeler à une RIPOSTE ENERGIQUE pour qu’au moins la dignité de notre peuple ne soit pas piétinée et bafouée comme si nous étions des moins que rien par des gens arrogants, qui n’ont aucun sens de l’amitié entre les peuples et qui croient que les grands pays peuvent malmener les petits pays sans aucun respect des principes.

Je crois que le général De Gaulle avait dit que les pays n’ont que des intérêts à défendre et c’est vrai, mais il faut les compléter avec autre chose. Il y’a des principes ! Si on n’applique pas un minimum de principe dans la défense de ses intérêts, le monde devient une jungle. Et c’est ce que font les français aux Comores. Donc c’est normal que nous demandions une réaction vigoureuse pour montrer aux dirigeants français et au monde que nous n’avons pas renoncé et que nous ne renoncerons pas !

S’agissant des négociations entre les Comores et la France,il faut savoir que tout conflit se règle en dernière analyse par la négociation. Nous, nous avons toujours demandé à ce que la France reconnaisse la vocation de Mayotte à réintégrer l’Etat comorien et qu’à partir de ce moment là, tout peut être mis sur la table. Mais, si la France veut négocier avec les Comores pour accorder des visas à ceux-ci et pas à ceux-là etcétéra, mais dequel type de négociation s’agit-il ? C’est de la moquerie !

Nous, nous avions avancé une idée : 1 pays, 2 administrations !

Je voudrais saisir cette occasion pour dire quelque chose. Les maorais disent que nous ne tenons pas compte d’eux lorsqu’on s’exprime sur cette question. Mais en fait ce sont eux qui ne tiennent pas compte de nous. Parce qu’ils considèrent que toutes ces questions qui concernent Mayotte, ça ne leur regarde qu’à eux seuls. Mais Mayotte est une ile comorienne, donc j’ai autant de droit qu’un maorais sur Mayotte de la même façon qu’un maorais a autant de droit que moi sur la Grande-Comore qu’un grand-comorien. C’est comme ça ! Donc, lorsque nous revendiquons Mayotte ça ne veut pas du tout dire   que nous ne tenons pas compte de leurs aspirations. C’est plutôt eux qui ne veulent tenir compte des nôtres parce qu’ils considèrent qu’ils ne sont pas comoriens. Il faut bien que les choses soient remises à leurs places. Nous savons aussi qu’à Mayotte il y’a des gens se battent pour l’indépendance et l’unité, mais jamais on ne les entend. D’ailleurs même ceux qui crient … quand on gratte un peu on se rend compte que finalement leur comorianité est là.

2-Moi : Vous venez de publier aux Editions Coelacanthes un livre sur votre parcours politique et militant. En quelques mots, pourriez-vous nous dire ses principaux jalons et les faits saillants qui vous ont marqué ? Et, votre livre constitue-t-il une forme aggiornamento ?

2-Idriss Mohamed : (rire) Je ne sais pas ce que veut dire aggiornamento !

Moi : Une forme de mise à jour!

M. Idriss Mohamed : Non. Moi ce qui m’a poussé à écrire ce livre, c’est parceque beaucoup de camarades n’arrêtaient pas de me solliciter pour que je le fasse.. Pour que j’écrive. Et même temps, plusieurs personnes ont écrit, et puis plusieurs expressions ont été faites dans les blogs. Et finalement ce sontdes personnes qui ont le droit d’écrire ce qu’ils veulent sur ce que nous avons vécu mais qui ne l’ont pas vécu de près. Et en même temps j’estime que nous avons incarné un grand espoir dans le pays et nous l’avons déçu ! Là, il y a des enseignements à tirer.

Donc le principal objet de mon livre est raconter comment j’ai vécu cette expérience de l’intérieur. Comment moi j’ai vécu les problèmes qui se sont posés à la révolution comorienne, quelles sont les réponses que nous avons apportées et pourquoi ça a échoué. Et en même temps lancer une idée d’un nouveau patriotisme qui pourrait rassembler les rescapés de tous les mouvements passés comme les nouveaux, un patriotisme qui allierait comme disait Hessel, le local à l’international. Un patriotisme internationaliste. Un patriotisme qui est fondé sur la solidarité aussi bien locale, régionale, nationale et internationale. Mon livre est une invitation à la réflexion pour la création d’un nouveau parti politique.

Je crois que parmi les nombreux problèmes que traverse aujourd’hui notre pays, je considère que depuis la fin du FD il n’y a plus de parti révolutionnaire qui incarne les aspirations profondes du pays. À partirde ce moment là tout va à vau l’eau..

Je vais vous donner un exemple pour que les gens puissent comprendre ce que je vais dire. Lorsque nous étions là, si quelqu’un vole l’argent du pays il devait se cacher. Et ceux qui étaient contre ces vols cherchaient tous les moyens pour débusquer l’infraction et nous donnaient l’information et nous on le disait ou on le publiait. Rien que cela faisait que ceux qui volaient n’avaient le front haut dans le pays, dans les madjiliss et autres, ils avaient honte parce qu’on les attaquait. Il y avait une certaine dynamique dans la jeunesse qui faisait que celle-ci s’intéressait à ces choses la.

3- Moi : Depuis la chute du régime du président Ahmed Abdallah il y’a ¼ de siècle, la plupart de vos anciens « camarades » ont participé d’une façon ou d’une autre à la gestion du pays, avec les résultats que l’on sait.  Est-ce que selon vous le désenchantement actuel de la jeunesse, jusqu’à l’absence de mobilisation en faveur des sujets et combats importants comme la journée du 12-Novembre appelée aussi« journée-maoré » par exemple, ne trouvent pas leur source dans les errements des anciens du FD ou de leurs avatars ?  

3-M. Idriss Mohamed : Je comprends bien la question. Mais ce qu’il faut bien retenir, c’est que si quelqu’un qui a été avec nous, qui s’est battu avec nous et qui à moment donné à décidé de rompre avec nous et d’aller de l’autre côté n’est plus représentatif de nous. Bien sûr que ce n’est pas aussi simple que ça car on voit des gens aujourd’hui auxquels on peut se demander s’ils pensaient vraiment une parcelle de ce qu’ils disaient il y’a quelques années. Quand on les voit piller le pays comme ils font et qui plus est, avec arrogance!

Souefou, .. Abodo Souefou, il s’est prêté je crois, des centaines de millions et il a affronté son Conseil d’administration pour lui dire.. « mais je me suis prêté !!! ». Ce sont des gens qui ont l’audace de ce qu’ils font. Pour moi, ils sont beaucoup plus venimeux, ils font beaucoup plus de tort car c’est des gens qui ont une culture, une façon de faire et qui osent. À partir du moment où ils ont choisi de rompre et qu’ilsont changé de camps ils ne nous représentent plus.

Maintenant il faut se dire que tous les mouvements révolutionnaires dans le monde ont eu leurs transfuges. C’est un peu ce qui s’est passé chez nous. Il y a des gens qui sont partis après 1985 avec la répression, d’autres après 1989, d’autres quand il y’avait le président Azaly parce qu’ils y ont vu une porte ouverte, d’autres sont partis pour ceci ou pour cela. Ce n’est pas un bloc monolithique, d’ailleurs si c’était le cas on aurait pu penser qu’ils allaient créer quelque chose pour aller encore plus loin maisnon, rien de tout ça ! C’est des gens qui sont descendu du train mais ça n’empêche que le train devait continuer..

Mais l’interprétation que les gens font de ces errements et de ces reniements est que la politique est une mauvaise chose, c’est vraiment pourri, c’est sale.. Et le résultat fait qu’aujourd’hui on a que des larrons enfoire sur la scène politique comorienne.

Moi c’est un combat que j’ai voulu mener à un moment donnépour inciter la jeunesse à s’engager en politique. Par exemple dans Habari, pour pousser les jeunes les plus sains, les plus déterminés à servir le pays à s’intéresser à la politique car c’est là où tout se passe. Toutes les décisions se mènent là et non sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui on voit par exemple Kiki,  qui se prétend candidat et qui ambitionne d’être président de la république. On ne sait même pas d’où il vient, enfin je n’en sais rien. Mais je crois que c’est un bon symbole pour montrer que la jeunesse doit s’intéresser à la politique et doit aussi s’impliquer.

Notre problème aujourd’hui c’est que les idées révolutionnaires dans le monde ont baissé, le libéralisme l’a emporté avec beaucoup d’arrogance et de force même si la crise qu’il a engendrée crée des situations extrêmement tendues y compris dans les grandes métropoles capitalistes mais il n’y a pas encore l’émergence d’un mouvement ou d’une riposte internationale malgré les quelques tentatives incarnées par les mouvements altermondialistes. Le monde manque de boussole mais je suis convaincu que ça viendra et que cette situation ne pourra pas perdurer.

4-Moi : Le Comité Maoré milite pour l’organisation de la prochaine tournante au profit de l’ile comorienne de Mayotte jusqu’à soutenir un candidat déclaré, alors que la Constitution vise l’île à laquelle échoit la tournante (Art.13), et non « une citoyenneté insulaire ». Ne faites-vous pas une lecture erronnée de la Constitution du 23-12-2001 sachant que tout comorien peut être candidat partout où il le souhaite ?

 

4- M. Idriss Mohamed :Tout d’abord une mise au point. Nous ne soutenons aucun candidat que ce soit clair et net. Aucun candidat !

En fait, la tournante dans la Constitution indique que l’île à laquelle échoit la présidence, il doit y avoir une primaire sur cette île. Et c’est ça l’obstacle car on ne peut pas organiser à Mayotte dans la situation actuelle pour sélectionner les 3 candidats finaux. C’est celle là la vraie question. Comment régler ce problème ? Certains vous répondent, de toutes façons on ne peut pas organiser les élections à Mayotte donc on arrête et ça retourne à Ngazidja. Les Kiki et consorts, qui sont bien évidemment des idées derrière la tête et qui soutiennent de toutes les façons possibles les positions de la France avec leur machin de France-Comores-Echanges.. Et il y’a nous qui disons qu’en fait c’est une disposition qui a été prise et qui peut être modulée. On peut penser une loi organique qui permet de sélectionner les candidats afin de pouvoir organiser des élections nationales avec eux. Mais en réalité, la vraie question est que ceux qui sont au pouvoir ne se prononcent pas.

Nous avions intenté une action auprès de la Cour constitutionnelle pour montrer que Maoré a droit à son Vice-président. Nous avons obtenu gain de cause mais ça n’a jamais été suivi d’effets. Donc on peut déduire que la vraie question est politique. Est-ce que oui ou non les Comores vont sauter le tour de la tournante maoraise sans même poser la question, sans même discuter ? Ensuite, on peut aussi pointer cette contradiction dans notre Constitution. On parle d’île mais il n’y a pas de citoyens d’île !

Nous, nous voulons que formellement l’Etat se prononce pour la tournante à Mayotte et qu’on cherche les moyens pour le faire. Certainsavaient avancé l’idée d’un scrutin numérique que tout comorien de Mayotte disposant d’une carte nationale d’identité puisse voter par internet. Lespistes existent à condition de s’y mettre. Mais la question reste politique. Il faut d’abord faire ce 1er pas. Ce sera un signal fort envoyé à la France et au monde entier. Un signal pour dire que nous n’avons pas renoncé et que nous ne renoncerons jamais..

Moi: Je vous remercie

M. Idriss Mohamed: C’est moi

Propos recueillis par Irchad ABDALLAH

Le 3 août 1975 : un coup d’Etat pour l’unité et la démocratie

 

Le 3 août 1975 : un coup d’État pour l’unité et la démocratie

 

Ali Soilihi Mtsachiwa, révolutionnaire comorien

Ali Soilihi Mtsachiwa (1937-1978), révolutionnaire comorien, chef d’État de 1976 à 1978.

Le 3 août 1975, moins d’un mois après la déclaration unilatérale d’indépendance des Comores, les leaders de l’opposition comorienne, regroupés au sein du Front National Uni (FNU) s’emparent du pouvoir par les armes et mettent fin à la présidence d’Ahmed Abdallah qui était alors à Anjouan.

Si l’on en croit les principaux acteurs, Ali Soilihi, à la tête d’une dizaine ou d’une vingtaine de militants a pris le contrôle de la caserne de la Garde des Comores à Moroni avec l’accord de son commandant. Le coup d’État aurait été accompli avec « deux voitures R4, quatre fusils de chasse et cinq pistolets » selon Ali Soilihi. La prise de pouvoir se poursuit les jours suivants par le ralliement de l’île de Mohéli le 7 août. Mais des négociations directes à Mayotte n’aboutissent pas au retour de l’île dans le giron comorien. À la Grande-Comore, c’est Ali Soilihi lui-même qui se rend dans le Hamahame avec 12 hommes pour mettre fin à la rébellion takiste, le 2 septembre. Bob Denard arrive dans le pays en septembre et il est chargé, le 21 septembre, d’aller à Anjouan pour capturer Ahmed Abdallah. Après cela, l’île d’Anjouan se rallie au nouveau régime.

Le coup d’État du 3 août 1975 est la conséquence directe de la manière dont l’indépendance des Comores a été préparée depuis 1972 et du mode opératoire qui a finalement prévalu : la déclaration unilatérale.

Il faut d’abord noter que jusqu’à aujourd’hui, aucune étude sérieuse n’a été menée par les historiens sur ce putsch et qu’on se contente souvent soit des explications des acteurs (particulièrement Ali Soilihi) ou des opposants (essentiellement l’ASEC et les chefs du parti Udzima qui avaient besoin de justifier le coup d’État qu’ils ont eux-mêmes commis en 1978).

« Le 3 août » est souvent perçu comme le coup d’État d’Ali Soilihi car c’est lui qui a incarné par la suite la révolution comorienne, par ses actions sur le terrain et ses discours à la radio. Mais, il s’agit d’un raccourci qui n’est pas conforme à la vérité historique. Ce coup d’État a été mené par l’ensemble de l’opposition au pouvoir d’Ahmed Abdallah. En grande majorité, ce sont de jeunes des grandes villes, souvent issus de la notabilité qui est alors au pouvoir depuis le début de l’autonomie interne et mieux formés que leurs prédécesseurs. Ils se sont opposés aux « Accords du 15 juin 1973 », conclus entre l’exécutif français (représenté par B. Stasi, secrétaire d’État aux DOM-TOM) et Ahmed Abdallah (président du Conseil de Gouvernement). Ces accords prévoyaient qu’après l’indépendance tous les pouvoirs seraient entre les mains d’Ahmed Abdallah et du parti vert. Or, l’opposition avait subi les excès de pouvoir des dirigeants du « parti vert » depuis le début de l’autonomie interne (1961) et savait que dans le cadre d’un État indépendant, ces excès qui étaient encore contrôlés par l’État colonial pouvaient se transformer en dictature. A ce propos, elle avait vu juste puisqu’après la restauration, le « parti vert » a mis en place une dictature soutenue par les mercenaires de Bob Denard, payés par le régime de l’Apartheid, de 1978 à 1989.

L’autre danger, soulevé depuis 1958 avec la décision de procéder au transfert du chef lieu de Dzaoudzi (Mayotte) à Moroni (Grande-Comore) était la possible sécession de l’île de Mayotte, dont les habitants avaient subi des vexations pendant toute l’autonomie interne et dont les dirigeants politiques avaient clairement exprimé, pour le moins, leur méfiance envers Ahmed Abdallah. Le Mouvement populaire Mahorais (MPM) avait d’ailleurs rejoint l’opposition pour trouver une « solution comorienne » et éviter la dictature et la sécession.

C’est donc toute l’opposition à Ahmed Abdallah, regroupée au sein du Front National Uni (FNU) qui prépare et  accomplit le putsch du 3 août 1975. Il est probable qu’Ali Soilihi n’a pas eu le rôle le plus important pendant ce putsch, au cours duquel des personnalités comme Abbas Djoussouf, Saïd Bakar Tourqui ou Naçr-Eddine Saïd Ibrahim… se sont illustrées. Malgré ce qu’on peut lire ici et là, souvent repris des slogans de l’ASEC, ce putsch n’a pas pour objectif de donner le pouvoir à Ali Soilihi. Au lendemain du coup d’État, le pouvoir est donné provisoirement au prince Saïd Mohamed Djaffar et de Paris, le prince Saïd Ibrahim se déclare solidaire des putschistes et prêt à assumer le pouvoir.

Prince Saïd Ibrahim (1911-1975), président du Conseil de Gouvernement de 1972 à 1975.

Prince Saïd Ibrahim (1911-1975), président du Conseil de Gouvernement de 1972 à 1975.

Saïd Ibrahim est en fait attendu par la grande majorité de l’opposition pour incarner le nouveau pouvoir. Depuis qu’il a été évincé par une motion de censure menée par Ahmed Abdallah et le parti vert, il cherche les moyens de revenir aux affaires et il travaille ses réseaux en France (c’est un gaulliste véritable et il a été député des Comores à l’Assemblée nationale française). C’est sans doute lui qui met en relation Ali Soilihi, Saïd Bakar Tourqui et Marcel Henry avec certains réseaux français qui vont appuyer ce coup d’État. Il symbolise alors l’unité du pays. Il est soutenu par un parti (UMMA), il peut compter sur le soutien de toute la nébuleuse autour d’Ali Soilihi et son parti (MRANDA) car le révolutionnaire comorien a un profond respect pour cet homme. Mais l’avantage du Prince sur Ahmed Abdallah, c’est qu’il a toujours eu des relations très cordiales avec les Maorais et leurs dirigeants. Après la mort de Saïd Mohamed Cheikh (1970), il a su leur parler et leur faire oublier, pour un moment, les vexations subies. Le MPM, intégré dans l’opposition à Ahmed Abdallah se dit prêt à travailler pour un État comorien dans l’indépendance si Saïd Ibrahim est au pouvoir.

Or, n’en déplaise à ceux qui disent que le coup d’État du 3 août 1975 a provoqué le départ de Mayotte, dès le 9 juillet 1975, trois jours après l’indépendance, Mayotte ne fait plus partie de l’Etat comorien. Le gouvernement français a accepté l’indépendance des Comores formé de trois îles, mais a affirmé que Mayotte restait française. Du coup, le MPM refuse de participer à l’élaboration d’une nouvelle constitution et confirme que Mayotte demeure française. La rupture est faite entre Mayotte et « l’Etat Abdallah » dès ce 9 juillet.

Donc, que l’on croit ou non à la sincérité des putschistes, les objectifs du coup d’État sont clairement affichés : empêcher Ahmed Abdallah de s’emparer de tous les pouvoirs et rétablir l’unité de l’État comorien, en permettant aux Maorais de retrouver leur place dans un État fédéral avec une autonomie large accordée aux îles.

Malheureusement, Saïd Ibrahim décéda sur le chemin du retour en décembre 1975 et le MPM avait ressérré les liens entre Mayotte et la France, contrairement aux engagements pris avant le putsch. Sans parler du fait que les jeunes notables et bourgeois qui avaient fait le coup d’État pensaient pouvoir user des honneurs et des prérogatives de l’État exactement comme ceux qu’ils venaient de renverser. Or, à la sortie de la colonisation, les changements étaient nécessaires, ne serait-ce que du point de vue économique. Ali Soilihi et quelques leaders l’avaient compris, ce sont ceux-là qui allaient transformer « le 3 août » en un geste révolutionnaire, en prenant le pouvoir en janvier 1976, cette fois par une élection régulière.

Mahmoud Ibrahime

Houmed Msaidié : la COI doit passer à un autre palier

Houmed Msaidié : la COI doit passer à un autre palier

Houmed Msaïdié, Secrétaire Général du parti RADHI

Houmed Msaïdié, Secrétaire Général du parti RADHI

Le Secrétaire Général du Parti RADHI, Houmed Msaidié est intervenu dans les journaux de RFI ce matin du 25 juillet 2014.

À l’occasion du sommet de la COI, dont l’ouverture devait avoir lieu aujourd’hui, Houmed Msaidié s’est exprimé sur la nécessaire libre circulation au sein de l’espace indiocéanique (« l’existence d’une identité commune, d’une communauté de destin ») et sur la circulation au sein des quatre iles des Comores.

Sur la question de la libre-circulation au sein de la COI, le secrétaire Général du parti RADHI estime que la Commission devrait suivre le chemin de l’Union Européenne et que cela pourrait régler certains problèmes économiques.

« Vous étiez comme ça aussi, en Europe. Les gens circulaient avec des visas, vous etes passés à un autre palier. Justement, nous demandons à ce qu’on passe à un autre palier, qu’il y ait la libre circulation des personnes et des biens entre les pays composant la COI. Beaucoup de problèmes seraient réglés y compris les problèmes de pauvreté que connaissent un certain nombre de pays de la sous-région ».

Sur la question de Mayotte, l’ancien Ministre, qui est persuadé depuis longtemps qu’il faut multiplier les échanges avec ses compatriotes de Mayotte malgré la situation actuelle, dénonce les entraves mises par le visa Balladur aux déplacements des Comoriens entre les quatre iles.

« Tout comorien qui veut se rendre à Mayotte, qui est comme tout le monde le sait un territoire comorien, est obligé d’obtenir un visa pour aller à Mayotte. Comme les autorités préfectorales sont très dures en matière d’octroi de visas, des Comoriens empruntent des pirogues pour se rendre à Mayotte et la plupart du temps ils se perdent en mer. Les 50 km qui séparent Anjouan de Mayotte sont devenus un véritable cimetière et ça c’est connu de tout le monde. »

Intervention que vous pouvez retrouver dans les journaux du matin de RFI du 25 juillet 2014.

A lire aussi…

dans Alwatwan :  « La COI ne peut pas être simple spectateur dans la question de l’ile comorienne de Mayotte »

dans lemohelien.com : Houmed Msaidie peaufine sa stratégie et ancre son parti sur la scène politique

Mahmoud Ibrahime

Zoubert Adinani est décédé

Zoubert Adinani est décédé

Zoubert Adinani (photo©Mayotte 1ere)

Zoubert Adinani (photo©Mayotte 1ere)

Après l’enterrement en avril dernier de Zena Meresse, avec Zoubert Adinane, c’est une autre grande figure de l’histoire comorienne en général et de l’histoire de Mayotte en particulier, qui a disparu ce 21 juillet 2014, à la Réunion, des suites d’une longue maladie. Il a été de ceux qui se sont opposés à l’indépendance comorienne et ont lutté avec le Mouvement Populaire Mahorais (MPM) pour le rattachement de Mayotte à la France.

Zoubert Adinani était à la fois huissier, homme politique et dignitaire religieux. Il était né en juin 1939 à Tsingoni. Son père, le shayh Adinani dont les ancêtres venaient d’Anjouan, était cadi et paysan.

Le fils avait suivi la voie du père et était devenu huissier de justice. En 1962, le pouvoir local l’affecte à Anjouan et l’année suivante, il rejoint le MPM, contre le gouvernement de Saïd Mohamed Cheikh et pour s’opposer à une indépendance comorienne qui paraissait inéluctable.

Il a été élu pour la première fois à la Chambre des Députés des Comores en août 1967 sur la liste du MPM, en compagnie de Marcel Henry, Younoussa Bamana et Abdallah Houmadi. Il sera régulièrement réélu (en 1971 et en décembre 1972) jusqu’à l’indépendance des Comores. Comme les autres élus de Mayotte, il sera absent de la Chambre des Députés le 6 juillet 1975, lors de la proclamation unilatérale d’indépendance.

En 1977, il est élu Maire de Tsingoni, poste qu’il occupa jusqu’en 1995. Après l’explosion du MPM, il devient le président du Mouvement Départementaliste Mahorais (MDM) qui se rapproche du Nouveau Centre en France. 

Exerçant son pouvoir de notable, c’est lui qui après les élections de 2008, sans être élu, négocie avec tous les partis présents au Conseil Général de Mayotte et trouve une majorité (la fameuse majorité « macédoine » allant du PS à l’UMP) à Ahamed Attoumani Douchina (UMP), majorité qui tint, au détriment du PS, jusqu’en 2011.

C’est pendant cette période qu’il fut désigné président du Conseil Régional du Culte Musulman. Mais, candidat aux sénatoriales de septembre 2004, il n’obtint que 16 voix (4,75% des suffrages).

C’est donc un homme qui reflète l’histoire récente des Comores qui est parti hier vers sa dernière demeure.

Mahmoud Ibrahime

Boléro au séminaire de l’institut Prospective et Sécurité en Europe

Boléro au séminaire de l’institut Prospective et Sécurité en Europe

Hamada Madi Bolero, Directeur de cabinet du Président Ikililou, Chargé de la Défense

Hamada Madi Boléro, Directeur de cabinet du Président Ikililou, Chargé de la Défense

Le Directeur de Cabinet du Président Ikililou Dhoinine, chargé de la Défense, Hamada Madi Boléro était jeudi soir invité par l’Institut Prospective et Sécurité en Europe, en séminaire restreint à l’Assemblée Nationale française.

Le Ministre de la Défense des Comores est à Paris depuis quelques jours, à l’occasion de la fête du 14 juillet, à l’invitation de l’État français.

Après une présentation succincte de la carrière du Dircab, les questions ont fusé dans tous les sens, sans véritable ordre. Mais, avec son flegme habituel, Hamada Madi Boléro y a répondu le plus précisément possible, en évitant de compromettre son rôle et sa loyauté envers le président de l’Union des Comores.

La crise ukrainienne

Pour donner une idée sur la crise qui sévit en Ukraine, Hamada Madi Boléro a raconté qu’il a vécu pendant sept ans à Kiev (Ukraine) et qu’il ne sait parler que russe. Il a commencé par émettre des doutes quant à la possibilité pour l’Ukraine d’intégrer l’Union Européenne dans les conditions actuelles.

Sur les similitudes évoquées, notamment par le Ministre russe des Affaires étrangères, entre la question de Mayotte et la Crimée, Boléro a dit clairement que le contexte n’est pas le même. Il a appris à l’Assemblée que les Soviétiques s’étaient abstenus sur la question de l’unité des Comores à l’ONU. Et il a affirmé que les Comores, comme l’ensemble des pays du monde,ont condamné l’intervention de la Russie en Ukraine.

La question de Mayotte

De nombreuses questions sont arrivées à propos de la situation de l’île de Mayotte, elles ont permis à Boléro de préciser sa pensée et sa vision sur cette question. Il s’est d’abord étonné des nombreuses questions sur ce sujet et a rappelé que d’une part la question de Mayotte est simple (dans sa compréhension) et que d’autre part, c’est la France qui a un problème et non l’Etat comorien. Il a rappelé qu’avant même l’indépendance des Comores, la France, en tant que membre permanent de l’ONU, a voté le principe de l’intangibilité des frontières d’un territoire qui prend son indépendance. Pour lui, l’ancienne puissance coloniale doit se conformer au droit international et aux résolutions de l’ONU dont par ailleurs, elle exige l’application sur d’autres théâtres dans le monde.

Pour lui, Mayotte est comorienne et le restera. Pendant ce séminaire, il a souvent fait le parallèle avec la situation qui était celle de l’Allemagne coupée en deux (RFA et RDA) et où les Allemands avaient besoin de visa pour se rendre dans l’une ou l’autre partie, pour constater qu’aujourd’hui l’Allemagne est unifiée.

Il a réaffirmé son optimisme en disant que les lignes bougent et qu’à terme la situation se normalisera en faveur de l’unité des Comores.

Il a toutefois rappelé à ses détracteurs, qui a chaque fois qu’il vient en France disent qu’il vient vendre Mayotte à la France, qu’il aime autant qu’eux son pays et qu’il est un patriote. Seulement, il se dit plus réaliste et souhaite par conséquent pouvoir négocier avec celui qui le contraint de demander un visa pour aller voir sa grand-mère à Mayotte. C’est pour lui le seul moyen de faire cesser cette injustice un jour. Il a même ajouté qu’il aurait souhaité qu’on donne le pouvoir ne serait-ce qu’une journée à ses adversaires qui crient partout qu’il n’y a pas de négociations à mener avec la France ou avec les Maorais, pour voir s’ils ne seraient pas obligés de négocier. Pour lui, ces négociations ne peuvent se faire que dans le respect des Maorais, qu’on doit aussi écouter.

La question économique

Certains intervenants l’ont interrogé sur les améliorations économiques et sur les perspectives aux Comores, surtout quand on parle de découverte de pétrole et de gaz dans les eaux comoriennes. Le Dircab a souligné la nécessité de consolider les acquis et persévérer dans les réformes.

Sur la question du pétrole, il a affirmé que les Comores discutent dans un premier temps avec leurs voisins sur ces perspectives. Puis, l’État essaie de conscientiser les Comoriens pour éviter que certains n’en viennent à croire que les découvertes éventuelles sont la propriété de telle ou telle île.

Hamada Madi Boléro

Hamada Madi Boléro

Durant deux heures de temps, le Directeur de cabinet du président comorien a passé en revue plusieurs sujets, aussi bien ceux qui concernent son ministère (la mise en place d’une garde maritime avec l’aide d’Oman) que ceux qui ne sont pas dans le champ de ses compétences (francophonie, coopération judiciaire…). Il a même eu à répondre sur son avenir politique (candidature en 2016, soutien éventuel…), tout cela au gré des questions et de l’intérêt du public.

La diversité des questions était un piège, mais Hamada Madi Boléro est rompu à cet exercice depuis longtemps, aussi bien dans les rues de Moroni que sur les plateaux de télévision. Et l’on doit, honnêtement, dire que dans ce séminaire à l’Assemblée Nationale, il s’en est très bien tiré, donnant satisfaction aux journalistes et chercheurs tout en gardant une certaine réserve sur des questions délicates.

Hamada Madi Boléro est aussi invité par la Fondation Jaurès (une organisation proche du Parti Socialiste français), jeudi prochain, pour parler de son pays.

Mais auparavant, il participera à la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale lors des fêtes du 14 juillet, en compagnie de trois militaires et quatre jeunes comoriens (un par île) à l’invitation du gouvernement français.

Il devrait enfin participer à la cérémonie qui mettra à l’honneur les anciens combattants comoriens de la Première Guerre mondiale le 19 juillet.

Compte rendu de Mahmoud Ibrahime

 

L’indépendance des Comores

L’indépendance des Comores

Ahmed Abdallah, père de la déclaration unilatérale d'indépendance le 6 juillet 1975

Ahmed Abdallah, père de la déclaration unilatérale d’indépendance le 6 juillet 1975

Le 6 juillet 1975, par une déclaration unilatérale, le Président de la Chambre des Députés, Ahmed Dahalani, puis le président du Conseil de Gouvernement, Ahmed Abdallah proclament l’indépendance des Comores, après un vote solennel des députés.

Cette indépendance arrivait 15 ans après la majorité des pays africains qui ont pris l’indépendance en 1960. Aux Comores, elle est négociée depuis 1972, et la notabilité politique de l’époque, autour d’Ahmed Abdallah et du parti UDZIMA avait obtenu du président Giscard d’Estaing de conserver tous les pouvoirs après l’indépendance, malgré les protestations de l’opposition autour du discret Saïd Ibrahim et du FNU qui réclamaient des élections générales.

Pourtant, après une tentative de reculade de l’État colonial, la notabilité au pouvoir se sent trahie et humiliée. Elle décide de prendre l’indépendance non plus « dans la coopération et l’amitié avec la France » comme prévu, mais brusquement par une déclaration unilatérale. Les Comores doivent être avec les Etats-Unis, les deux seuls pays au monde à avoir eu recours à ce mode de prise d’indépendance. Il faut noter que la Guinée de Sékou Touré avait profité de la possibilité offerte par le Général de Gaulle pour quitter le giron français en votant « non » à la Constitution de la Ve République en 1958.

Le processus de colonisation des Comores par la France s’est faite en plusieurs étapes.

L’île de Mayotte est colonisée officiellement en 1843, après avoir été achetée d’une manière frauduleuse à Andriantsoly, un prince malgache qui avait réussi à s’emparer de l’île quelques années auparavant. Les trois autres îles sont colonisées en 1912, après être passées par le statut de protectorats à partir de 1886.

Les historiens ont déterminé trois phases de la colonisation française aux Comores.

La première va de 1912 à 1946, il s’agit d’une période pendant laquelle l’archipel est rattaché à Madagascar et géré comme une province de la Grande Ile.

Pendant la deuxième période (1946-1961), les Comores acquièrent une autonomie politique et financière en devenant un Territoire d’Outre-mer.

Enfin la dernière période (1961-1975) est celle de l’autonomie interne, pendant laquelle l’archipel possède un président et un Conseil de gouvernement qui, en théorie, gère les affaires internes du pays.

En 1958, l’élite politique comorienne, qui compte quelques individus, tous issus de la notabilité, décide de faire voter massivement pour la nouvelle constitution française et donc de maintenir les Comores au sein de la Communauté française. En 1960, lorsque la plupart des pays africains francophones décident de prendre leur indépendance, la même élite opte pour le maintien de la colonisation sous la forme de l’autonomie interne. Mais c’est précisément à ce moment là que certains commencent à parler d’indépendance. La notabilité au pouvoir, allié aux autorités coloniales empêche cette expression de la jeunesse. Elle n’aura donc la possibilité de s’exprimer que de l’extérieur.

C’est ainsi que de la Tanzanie naît, au début des années 1960, le MOLINACO, Mouvement de Libération Nationale des Comores, dirigé par Abdou Bacar Boina, un instituteur travaillant à l’école française. Ce mouvement envoie dans l’archipel des tracts et conscientise le peuple grâce à une radio dont les ondes arrivent jusqu’aux Comores. Il crée des antennes au Kenya et à Madagascar. Il réussit dans les années suivantes à exprimer la volonté d’indépendance du pays au sein de l’OUA, l’organisation de l’Unité Africaine et même au sein du comité de décolonisation de l’ONU. Abdou Bacar Boina établit aussi une représentation légale au pays : le Parti Socialiste des Comores (PASOCO). Mais, la notabilité au pouvoir réussit à maintenir le statu quo et surtout à faire en sorte que personne ne puisse parler d’indépendance pour ne pas indisposer les autorités coloniales. Tout parti qui exprime cette idée d’indépendance dans ses statuts est immédiatement dissout et ses dirigeants poursuivis. Ce fut le cas pour le Parti Socialiste pour la Libération des Comores dissous par Saïd Mohamed Cheikh en 1964.

Toutefois, des partis jeunes comme le Rassemblement démocratique du Peuple comorien (RDPC) de Mouzaoir Abdallah ou le Parti-social démocrate vont faire sauter les verrous, après 1970.

Le processus de décolonisation est marqué par trois dates clefs :

Le 29 janvier 1972 : Le Ministre français des Départements d’Outre-mer, Pierre Messmer est à Moroni. Le président du Conseil de Gouvernement, Saïd Ibrahim a obtenu un consensus de l’élite dirigeante pour ne pas évoquer la question de l’indépendance. Mais le Premier Ministre est tout de même accueilli à Moroni avec des cris de « Mkolo Nalawe » (« Dehors le colon ! ») lancés par les jeunes militants du PASOCO. Cette visite a des conséquences importantes car les menaces de procéder à la partition des Comores, menaces proférées par Pierre Messmer amènent, pour la première fois, le 2 mars 1972, un parti représenté à la Chambre des Députés, le RDPC, à publier une motion demandant l’indépendance. Il est suivi le 19 mars par le Parti Social-démocrate des Comores. Le Prince Saïd Ibrahim qui s’arc-boute sur l’idée de ne pas rompre avec l’Etat colonial est renversé en juin de la même année et les jeunes du RDPC s’associent avec le parti conservateur, UDC, d’Ahmed Abdallah pour former l’UDZIMA qui remporte les élections et prend le pouvoir avec la promesse de négocier l’indépendance.

Le 15 juin 1973, après des Accords entre les exécutifs français et comorien, une déclaration est rendue publique. Les deux parties s’entendent pour dire qu’un référendum sera organisé avant cinq ans et que si les Comoriens le souhaitent ils pourront accéder à la souveraineté nationale.

Le 22 décembre 1974, ce n’est pas un référendum qui est organisé mais une consultation. L’ensemble des Comoriens se prononce à 94,65% en faveur de l’indépendance. Mais, tandis que l’exécutif français, le président Giscard et le Premier Ministre J. Chirac sont favorables à cette indépendance, le Parlement et notamment le Sénat s’y oppose et souhaite faire un cas à part de l’île de Mayotte, qui a voté différemment, alors que la loi électorale prévoyait une prise en compte globale du vote.

Une nouvelle loi votée le 3 juillet 1975, exige qu’une Constitution soit votée île par île avant que la France n’accepte l’indépendance des Comores. Ahmed Abdallah qui avait jusque là eu des assurances fermes du Président et du Premier Ministre français se sent trahi. Il revient rapidement aux Comores et organise le vote d’une déclaration unilatérale qui sera adoptée à l’unanimité des députés présents à la Chambre le 6 juillet 1975. Cette déclaration unilatérale provoque la colère de l’Etat français, qui dans un premier temps, décide l’état d’urgence avant de le lever. Mais, à Mayotte, il est trop tard : les dirigeants du Mouvement populaire Mahorais déclarent que l’île reste sous administration française et l’UDZIMA préoccupé par le fait d’avoir tous les pouvoirs après l’indépendance n’avait pas prévu ce cas de figure. Dès le Conseil des Ministres du 9 juillet 1975, le gouvernement français accepte l’indépendance des trois îles de la Grande-Comore, d’Anjouan et de Mwali, mais affirme que Mayotte reste française. La partition devenait une réalité. Malgré, l’admission des Comores au sein de l’ONU, le 12 novembre 1975, sous ses frontières d’avant l’indépendance, c’est-à-dire les quatre îles, la France décide de se maintenir à Mayotte, hypothéquant ainsi l’avenir du nouvel Etat.

Mahmoud Ibrahime*

Docteur en Histoire

  * Sur la colonisation et l’indépendance des Comores vous pouvez lire du même auteur :

État français et colons aux Comores (1912-1946), L’Harmattan, 1997, 160p.

La naissance de l’élite politique comorienne (1945-1975), L’Harmattan, 2000, 204p.

– « Quelques aspects de la colonisation française aux Comores (1912-1975) » in Ya Mkobe n°6-7, CNDRS, août 2000.

– « Les Comores. La marche vers l’indépendance (1972-1975) » in Ya Mkobe n°8-9, CNDRS, février 2002, pp.23-33.

– « La grève de 1968 aux Comores à travers le roman Et la graine… d’Aboubacar Saïd Salim » in Tarehi n°5, mars 2002.

– « La dissolution du Parti Socialiste pour la Libération des Comores (1964) » in Tarehi n°7, janvier 2003, pp. 19-25.

– « La consultation du 22 décembre 1974. Les Comoriens votent pour l’indépendance » in Tarehi n°11, janvier 2005, pp.6-11.

– « Comores : de l’indépendance à la révolution » in Y. Combeau (dir.), La Réunion et l’océan Indien. De la décolonisation au XXIe siècle. Rivages des Xantons, 2007, pp. 39-47.

Saïd Mohamed Cheikh (1904-1970). Parcours d’un conservateur. Une histoire des Comores au XXe siècle. KomEdit, 2008, 332p.

– « Il y a 40 ans, Saïd Mohamed Cheikh… » in Al-Watwan, 22 mars 2010.

Le voyage du Président Hollande aux Comores fait parler les politiques maorais

Le voyage du Président Hollande aux Comores fait parler les politiques maorais

Le président Ikililou sur le perron de l'Elysée

Le président Ikililou sur le perron de l’Elysée

Après son voyage officiel en France le 21 juin 2013, le Président de l’Union des Comores, IKILILOU Dhoinine recevra officiellement son homologue français FRANCOIS Hollande, le 27 juillet 2014 à Moroni.

Ce voyage du Président français aux Comores indépendantes fait parler toute la classe politique maoraise, sans exception aucune. Un voyage que F. Hollande effectue après le Conseil des Ministres de la COI du 10 au 11 avril 2014 à Moroni, conseil dont Ahmed Athoumani Douchina, désigné par le président du Conseil Général de Mayotte s’est vu interdire de participer. La raison qui a été évoquée : « Mayotte faisant partie des Comores est déjà représentée par le gouvernement comorien, alors pas question qu’il y ait deux représentants pour les Comores ». Une réaction qui n’a pas plus aux Maorais en général et aux politiques de l’île en particulier. Ce qui a choqué le plus les Comoriens de Mayotte c’est le silence de la France face à une telle situation qu’eux même jugent « inadmissible ». Ils en viennent à demander des réparations.

Cette fois-ci, ils veulent que réparation soit faite lors du prochain voyage du Président de la République française aux Comores. Aujourd’hui, 25 juin 2014, vers 12 heures, le président du Conseil Général Daniel Zaidani a fait savoir, sur les antennes de Mayotte Première que « s’il y a des commissions qui doivent accompagner le président Hollande à Moroni, Mayotte ne doit pas être oubliée pour marquer l’histoire ».

Selon le Président du Conseil Général, depuis 1975 Mayotte a choisi de rester française, il est donc utopique d’envisager son retour dans le giron comorien comme le veulent les dirigeants politiques et le peuple comoriens. Il poursuit en disant que Mayotte est Département français, donc il est impossible de revenir indépendante encore moins dans l’ensemble comorien. Ce qui montre visiblement que le Président du Conseil Général ignore encore l’histoire de France.

Ce n’est pas impossible pour un Département de devenir indépendant quelles que soient les années passées sous la colonisation. On peut lui citer le cas de l’Algérie française, Département depuis 1830, mais qui a pris son indépendance le 5 juillet 1962. Un geste fort, loyal et légitime. Alors Monsieur le Président du Conseil Général, il n’est jamais tard.

Rédaction Mlemingu.com  

Une association de Mayotte suggère de porter plainte contre l’Etat comorien

Une association de Mayotte suggère de porter plainte contre l’Etat comorien

 

Archipel des Comores

Archipel des Comores

Il y avait TAMA qui s’occupait de ramener quelques enfants des rues « chez eux » à Anjouan. Une autre association est apparue sur le marché très convoité de la prise en charge des migrants et des enfants de la rue, dans lequel agissent déjà, depuis de nombreuses années, des associations nationales comme la CIMADE ou RESF.

La nouvelle porte le nom de « Village d’EVA ». On pourrait croire que c’est le diminutif d' »évacuation » (l’objectif annoncé étant de ramener chez eux ces enfants dont un grand nombre vient d’Anjouan). On pouvait aussi imaginer qu’EVA est le prénom de la fille d’un des fondateurs (l’association étant portée surtout par ceux qu’on appelle à Mayotte les « Métropolitains »). Mais non ! il s’agit selon le responsable du « Village d’Echelle Visuelle Analogique ». Va comprendre. Certains n’ont jamais peur du ridicule quand ils sont en Afrique.

L’association a été créée en janvier 2014, mais ce n’est que maintenant qu’elle lance une offensive médiatique pour se faire connaître, à quelques semaines de la fin de l’année scolaire et du début des expulsions massives, surtout des mineurs scolarisés. Il faut croire que l’offensive a été une réussite puisque même nous, nous en parlons.

L’association est présidée par deux Métropolitains (Aurélie Arribat, médecin urgentiste et Ferdinand Beyene, chef d’entreprise). Son Porte-parole est un Maorais (Salim Ahamada).

Le 14 juin dernier, le Village d’EVA a fait son AG, en invitant les médias. Durant la réunion furent évoqués, selon divers médias locaux, pèle-mêle, les lieux communs répandus à Mayotte au sujet des migrations dans l’archipel et sur les enfants des rues évalués à près de 6000 mineurs qui font craindre une explosion des chiffres de la délinquance dans l’île. Comme d’habitude dans ce genre de réunion à Mayotte, chacun y est allé de sa solution miracle, tout en faisant attention à ne pas froisser le gouvernement français (l’employeur de la grande majorité des « métropolitains ») en évoquant la situation de l’île vis-à-vis du droit international.

A ce propos, la palme des « bonnes idées miracles » est revenue au Porte-Parole de l’association, puisque selon le journal de Mayotte, il a suggéré de « déposer plainte au Tribunal Pénal International pour non assistance à personne en danger » contre l’État comorien.

Les membres des associations de la société civile comorienne doivent rire, eux qui ont, maintes fois, demandé aux divers gouvernements comoriens depuis une quinzaine d’années de porter plainte contre l’Etat français auprès de ce même tribunal pour l’obliger à respecter les résolutions de l’ONU. La situation pourrait donc se retourner contre le gouvernement comorien ?

Pourtant, dans le même temps, l’association s’est fendue d’un communiqué dans lequel elle félicite le président comorien « d’avoir fait procéder à la destruction de kwassas ». Une première dans les trois autres îles de l’archipel. En effet, cette procédure est régulièrement mise en oeuvre dans l’île de Mayotte, où ceux qu’on appelle « les passeurs » sont systématiquement condamnés à de la prison ferme. Pour la première fois, le 4 juin dernier, le Procureur de la République de Mutsamudu a ordonné la destruction de 15 vedettes prêtes à prendre la direction de Mayotte. L’association EVA indique avoir écrit une lettre au Président Ikililou « pour le féliciter de cette intervention qui contribuera à sauver des vies ».

Dans les trois îles, il n’y a eu aucune réaction, ni pour féliciter le gouvernement, ni pour le blamer. Pourtant, cet événement semble montrer qu’à l’approche de la visite du président Hollande aux Comores en juillet prochain, il y a un rapprochement quant aux pratiques judiciaires s’agissant de la répression sur les candidats aux déplacements entre la Grande-Comore, Mohéli et Anjouan d’une part et Mayotte de l’autre. La justice comorienne empruntant les procédures de la justice française en la matière.

Mais, même si les juristes comoriens sont restés silencieux face à cette décision de la justice comorienne, il convient de se demander, d’une part, si la loi comorienne prévoit la destruction de vedettes avant même que le délit ne soit commis, et d’autre part, si la libre circulation entre les quatre îles des Comores n’est plus garantie par la Constitution.

Bien sûr, on nous opposera la sécurité et le nombre de morts chaque année entre Mayotte et Anjouan. Mais alors, pourquoi la gendarmerie et la justice comorienne ne pourraient pas jouer le jeu de la sécurisation de ce genre d’embarcations, en exigeant qu’elles soient aux normes, que les passagers soient moins nombreux, qu’ils aient des gilets de sauvetage… Pourquoi reproduire ce qui se passe à Mayotte ?

Il parait évident que le gouvernement comorien cherche à satisfaire des exigences de l’Etat français, même si cela va à l’encontre des droits fondamentaux des Comoriens, et cela sans rien obtenir en contre-partie, puisqu’il continue à demander à la France, au moins un assouplissement significatif des conditions de délivrance des visas entre Mayotte et ses trois îles soeurs. En vain.

Mahmoud Ibrahime

Houmed Msaïdié : « il faut regrouper un maximum de partis autour d’impératifs de développement »

Houmed Msaidie : « il faut regrouper un maximum de partis autour d’impératifs de développement »

Houmed Msaïdié, ancien député, ancien Ministre

Houmed Msaïdié, ancien Ministre

Les anciens ministres Houmed Msaidié, Kamar Ezzamane et leurs amis ont lancé ce samedi 24 mai un nouveau parti : le RADHI (Rassemblement pour une Alternative de Développement Harmonieux et Intégré). Les organisateurs affirment avoir réuni près de 5000 personnes au foyer des femmes de Moroni, trop petit pour accueillir tout le monde. Du coup, selon certains témoignages, il y avait autant de monde dedans qu’à l’extérieur. Le Secrétaire Général du nouveau parti, Houmed Msaidié, a accepté de répondre aux questions de la rédaction de Mlimengu.

Mlimengu – Vous avez mobilisé un grand nombre de Comoriens au Foyer des Femmes samedi dernier pour l’AG constitutive de votre nouveau parti, vous attendiez-vous à un tel succès ? Comment l’expliquez-vous ? 

Houmed Msaïdié – Cela fait des années que nous sommes sur le terrain et que nous nous battons pour tout ce qui touche la vie quotidienne de nos concitoyens, c’est pour cela que nous avons pu mobiliser autant. Nous sommes donc satisfaits. Ce fut un plaisir de voir autant de monde, plus de 5000 personnes venues assister à notre Assemblée Générale constitutive.

Mlimengu – Certains ont dit que c’étaient essentiellement des gens du Mbude et ont donné à ce rassemblement un caractère régionaliste…

Houmed Msaïdié – Qu’ils sachent que j’en suis fier ! Un homme politique qui n’a pas un fief ne peut pas s’imposer sur la scène politique. Que des citoyens qui m’ont élu à trois reprises député pour les représenter à l’Assemblée Nationale (les habitants du Mbude, et ceux du Mitsamihuli en plus pour la troisième fois) soient avec moi pour un tel événement, je ne peux qu’en être fier. Je vous avoue que cela m’a fait plaisir. Ils représentaient environ un tiers des présents. Et s’ils n’avaient pas été là ? Les mauvaises langues auraient alors dit : « Il n’est même pas capable de mobiliser dans son fief ». Et bien, ils étaient présents et j’en suis heureux !

 

AG du Parti RADHI (Ph. Oustadh Padré)

AG du Parti RADHI (Ph. Oustadh Padré)

Mlimengu – Pourquoi un nouveau parti au lieu de recomposer le paysage et ainsi réduire le nombre de partis qui est encore trop élevé ?

Houmed Msaïdié – Il faut avoir en tête que les leaders qui étaient dans cette Assemblée Générale représentaient quatre mouvements ou partis politiques. Et nous avons discuté, au total avec huit partis politiques, mais seulement quatre ont répondu à notre appel. Donc, nous n’avons pas ajouté un parti, nous avons diminué le nombre ! Mais, nous n’allons pas nous arrêter là. Nous pensons qu’il faut regrouper un maximum de partis autour d’impératifs de développement. RADHI regroupe quatre partis existant et vise à en regrouper d’autres.

Mlimengu – Quelles sont les grandes lignes des idées de ce parti ? En quoi diffère-t-il des autres partis ?

Houmed Msaïdié – Nous voulons un parti pragmatique, avec des idées qu’on peut mettre en pratique rapidement.

Par exemple nous pensons qu’il faut réduire le train de vie de l’État et le rendre crédible auprès des citoyens. Il y a un train de vie inacceptable. On ne peut pas comprendre que le Président ou les ministres restent si longtemps à l’extérieur, à tel point que dans les conseils des ministres on n’a parfois que quatre ou cinq ministres parce que les autres sont en voyage. Le président ne devrait faire que trois voyages obligatoires : à l’Assemblée Générale de l’ONU et aux deux sommets de  l’Union Africaine que nous voulons renforcer pour en faire une fédération de type Union européenne. Le président pourrait également se rendre à l’extérieur pour signer des contrats importants qui apportent des bénéfices au pays. Il n’y a pas de raison que le président se déplace plus de huit fois dans l’année.

Nous voulons donner une importance particulière à la Justice. Cela passe par la désignation de magistrats conscients de leur rôle et décidés à travailler correctement. C’est pourquoi nous proposons de rendre plus libres ces magistrats en associant les élus de l’Assemblée de l’Union à leur désignation. Le Président de la République pourrait ainsi soumettre une liste à l’Assemblée qui la validerait ou non. Les deux instances pourraient aussi, sous le contrôle du Conseil de la Magistrature, engager une procédure pour démettre un magistrat qui a failli à sa mission.

L’éducation doit aussi être parmi nos priorités. Nous voulons qu’au niveau de l’enseignement secondaire, on puisse initier les jeunes à des métiers afin que s’ils sortent du système scolaire trop tôt, ils puissent exercer un métier. Au niveau universitaire, nous devons privilégier la recherche fondamentale basée sur notre environnement et arrêter de fonctionner comme une université d’un grand pays développé tout en mettant sur les places publiques de plus en plus de chômeurs.

On pourrait par exemple développer le tourisme, en comptant sur nos propres potentialités. Cela pourrait résoudre en partie le problème du chômage des jeunes.

 

Mlimengu – Quelle est votre position sur la question de l’île comorienne de Mayotte ?

Houmed Msaïdié – Nous espérons fortement que lorsqu’il sera ici cet été, François Hollande engagera les trois parties dans un véritable processus de réconciliation et de règlement du conflit franco-comorien. Et cela passe nécessairement par la suppression du « visa Balladur ».

 

Foyer des Femmes plein (source facebook Radhi)

Foyer des Femmes plein (source facebook Radhi)

Mlimengu – Pensez-vous pouvoir participer aux prochaines élections ? Pour les présidentielles, quel sera le processus de désignation de votre candidat ?

 

Houmed Msaïdié – Nous comptons participer aux prochaines élections et cela à tous les échelons. En ce qui concerne le mode de désignation de notre candidat aux prochaines élections présidentielles, nous allons instituer  un système de primaires, un système démocratique qui puisse permettre aux militants de désigner leur candidat, s’il y a plus d’un candidat à la candidature.

 

Mlimengu – Votre parti est-il représenté dans la diaspora ?

Houmed Msaïdié – Oui, nous sommes représentés en France. Tous ceux qui veulent nous rejoindre doivent contacter Mme Aniami Mchangama, en région parisienne. C’est une femme volontaire, une femme de conviction, militante du Parti socialiste en France et qui est chargée de mettre en place les structures du parti RADHI en France.

Non seulement nous sommes représentés dans la diaspora, mais nous avons également intégré dans nos statuts la représentation de celle-ci et nous allons soutenir d’une manière claire et avec force les revendications de la diaspora dans les questions cruciales comme celles de son droit de vote ou de ses déplacements vers la mère-patrie.

Nous allons aussi engager un dialogue avec la diaspora pour qu’elle diversifie son investissement au pays dans des secteurs porteurs comme le tourisme et ne pas mettre toutes ses capacités d’investissement uniquement dans les produits de consommation liés au grand-mariage.

propos recueillis par Mahmoud Ibrahime et Idjabou Bakar