Misiri

La CRC a-t-elle vraiment signé un accord avec le parti Juwa ?

Depuis quelques jours, le parti CRC dont le candidat à la présidence Azali Assoumani est à Anjouan, annonce qu’il va signer un accord avec le parti Juwa lors d’un meeting au stade de Misiri (Mutsamudu). Les militants de ce parti annonçaient dans les réseaux également la présence de Fahmi Said Ibrahim et Ahmed Abdallah Mohamed Sambi à ce meeting. Le premier est resté à Moroni, le second est encore à l’extérieur.

12524235_10154003057197380_5945090856679810231_nA l’issue du meeting de la CRC à Mutsamudu ce dimanche, ses militants ont annoncé un pacte de gouvernement entre la CRC et le parti Juwa. En réalité, en regardant de plus près les signatures, on s’aperçoit qu’aucun des chefs officiels du parti Juwa n’a signé. Ni le président Sambi ni le secrétaire Général, Ibrahim Mohamed Soulé. Il s’agit d’un accord entre des individus, des candidats et non entre deux structures politiques. On y retrouve donc la signature d’Azali Assoumani, candidat à la présidence et celle de Mohamed Dossar représentant Fahmi Saïd Ibrahim candidat malheureux des primaires.

On peut s’étonner de l’absence de Fahmi Said Ibrahim à cette cérémonie alors qu’il est à Moroni. On peut aussi s’étonner du fait que la veille de cette signature, l’ancien leader du PEC qui a fusionné son parti avec Juwa réclamait encore une fois un décompte des voix (« Narawaze ») avant le deuxième tour et affirmait que sans cela il ne pourrait s’allier avec aucun des trois candidats en lice qu’il a qualifiés de « trois voleurs ». Comment a-t-il pu changer d’avis en quelques heures ?

La réponse du parti Juwa par l’intermédiaire de ses représentants officiels ne s’est pas fait attendre. Le Secrétaire Général et d’autres cadres ont rendu public un communiqué quelques heures plus tard, pour réaffirmer le soutien du parti Juwa à son candidat Abdou Salami au gouvernorat d’Anjouan et affirmer qu’en ce qui concerne l’élection présidentielle « aucune 10153757_10204823520226377_3947417811554373741_ndécision d’alliance n’est encore prise et conclue par le parti avec aucun des trois candidats en lice « .

Ce communiqué sonne comme un cinglant désaveu des signatures des candidats Fahmi Said Ibrahim, Ahmed Abdallah Salim et Abdou Salami Abdou et de l’action secrète du coordinateur à Anjouan, Mahamoud El Arif.

D’ailleurs, il semble que depuis quelques jour, le Secrétaire Général, Ibrahim Mohamed Soulé, met en garde les cadres sur les négociations secrètes de Mahamoud El Arif et l’équipe d’Azali Assoumani.

La signature de ce pacte de gouvernement et la réaction de la direction du parti finit de démontrer que le parti Juwa est à la dérive et qu’aucun dirigeant ne peut encore le relever sinon son président d’honneur Ahmed Sambi dont chacun guette la parole et qui devrait arriver au pays mercredi prochain.

Mahmoud Ibrahime

Ouverture de la campagne du 2e tour. Le camp de Mamadou a fait une démonstration de force

Les campagnes du deuxième tour pour le double scrutin du 10 avril  ont été ouvertes ce jeudi 17. Pour l’occasion l’UPDC,  les candidats et  les partis alliés se trouvaient à Anjouan pour leur premier grand meeting. Organisé à Mutsamudu au Gymnase de Misiri,  ce meeting a été un réconfort pour Mohamed Ali Soilihi et ses colistiers et sans conteste un moment de désespoir pour leurs adversaires.

C’es dans une atmosphère très chaleureuse que le camp au pouvoir a été reçu à Mutsamudu à l’occasion de l’organisation de son premier grand meeting. Avec un stade plein de monde,  les organisateurs estiment à 5000 personnes les participants. Mamadou et ses colistiers ont découvert leur popularité dans l’île. On trouvait entre autres les jeunes, les mamans, les grands notables et en  grande partie, les cadres et les candidats malheureux anjouanais ou autres,  tous mobilisés derrière Mamadou, ses colistiers et Anissi Chamsidine, candidat de l’UPDC au gouvernorat d’Anjouan.

Le message a été clairement reçu : le camp de Mamadou a aussi sa grande place auprès des Anjouanais. Il faut savoir que cette accueil chaleureux n’était qu’une suite de la journée du mercredi qui était le jour d’arrivée des délégations spéciales sur l’Ile d’Anjouan.
Cette atmosphère  n’a pas plu aux deux autres candidats en concurrence avec Mamadou.  La preuve en  est que lorsque les gens ont commencé à se rendre sur le lieu du meeting, ils ont trouvé des arbres coupés et des cailloux jetés dans les rues, en particulier près de Sima ville.

Ces actes barbares sont aussi des actes de désespoir et de faiblesse. Et ce parce qu’un accord protocolaire a été signé le 15 mars par les candidats eux-mêmes
visant à assurer la sécurisation du processus électoral. Ce qui a permis l’ouverture des campagnes. On parle de désespoir  car au lieu de se contenter d’ouvrir eux aussi leurs meetings, ils tentent de saboter celui de leur adversaire. Mais, ils n’ont pas réussi à nuire parce que ces actes de nuisance ne se sont produits que dans la circonscription des vices présidents Moustadrane et Mohamed Djaffar, respectivement  VP d’Azali Assoumani et de Mouigni Baraka Saïd Soilih.

Après le meeting, une conférence de presse entre les candidats  et les étudiants d’Anjouan a été organisée dans le centre universitaire de Patsy. Bien qu’elle soit politique, par cette conférence le candidat Mamadou voulait encore une fois faire une démonstration envers les étudiants après celle qu’il a faite en 2013 dans ce même endroit, sachant que la jeunesse demeure son souci numéro un.

Dhouria Abdou