Mohamed

L’affaire Boléro ou l’histoire comorienne dévoyée

L’affaire Boléro ou l’Histoire comorienne dévoyée

Hamada Madi Bolero,           Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Hamada Madi Bolero, Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Les propos tenus par Hamada Madi Boléro considérés comme vérité historique ont réussi à faire du tapage médiatique dans l’opinion publique comorienne alors qu’ils sont loin d’être une vérité historique. Ils constituent une instrumentalisation de l’histoire à des fins politiques.

Pour Boléro, Ali Soilihi est le premier putschiste comorien et il est originaire de la Grande-Comores; et Saïd Mohamed Cheikh est le grand cerveau du transfert de la capitale de l’archipel de Dzaoudzi (Mayotte) vers Moroni, et c’est encore un originaire de Ngazidja. Ces deux éléments d’information sont une vérité historique pour le journaliste intervieweur, ainsi que le Comorien lambda.

Pour le lecteur ou l’auditeur de cette interview, une seule question lui taraude la tête qu’est-ce qu’une vérité historique ? Qu’est-ce qui différencie l’historien, le juge et le journaliste dans l’investigation des faits ? La question du régime de vérité de l’histoire déborde cependant très largement celle de l’impartialité du chercheur et du désintéressement de la recherche. C’est aussi une question de méthode : La vérité en histoire, c’est ce qui est prouvé. Or Boléro n’apporte pas des preuves à l’appui de ces allégations, il fait des déclarations auprès d’un journaliste, il n’est pas un historien spécialiste de l’ histoire politique comorienne. C’est un homme politique comorien comme tant d’autres qui fait son show pour exister politiquement et répondre aux détracteurs qui veulent rabaisser les Mohéliens.

L’investigation, au sens où l’on parle d’investigation d’un juge d’instruction ou d’un journaliste, est la méthode utilisée pour établir des faits, les enchainements, les causes et les responsabilités. Dans sa recherche de la vérité, le juge procède comme l’historien ; il relève toute une gamme de faits, le mobile, les indices et les preuves formelles. La différence entre le juge et l’historien ne réside pas dans l’investigation, mais dans la sentence. Le juge doit trancher, au terme de l’enquête et le doute bénéficie à l’ accusé. L’ historien est plus libre ; il peut suspendre le jugement, et dresser la balance des présomptions et des doutes, car la connaissance échappe aux contraintes de l’action. En   revanche, il y a eu des moments où le journaliste pris dans le vif de l’actualité écrit ou dit des choses avec exactitude et parfois, il diffuse des informations de manière partielle sans vérifier minutieusement ses sources. Pour l’homme politique, l’objectif est de séduire un électorat ou appâter un auditoire, il n’hésite pas à user de la démagogie.

Comme disait Thucydide il faut séparer nettement le merveilleux mythique de la réalité historique, vérifier avec soin ses sources (écrites ou orales) pour démêler le vrai du faux, et de ne pas s’embarrasser d’anecdotes. A force de répéter aux quatre coins des journaux qu’il n’y a pas de vérité en histoire mais seulement des interprétations subjectives et relatives, le public va finir par le croire.

 Mohamed IBRAHIM MIHIDJAY

Comores. Les élections présidentielles de 2016. Première partie : des appétits de pouvoir du président Sambi

Présidentielles 2016. Première partie. Des appétits de pouvoir du président Sambi

 

Photo officielle du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (2006-2011)

Photo officielle du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (2006-2011)

Au fil des ans, la Constitution de 2001, comme toutes les constitutions depuis l’avènement de la démocratie en 1990 continue à poser des problèmes. Pourtant, il apparaît que ce ne sont pas les textes qui sont mal rédigés, mais les hommes qui crient « Démocratie ! Démocratie ! » mais qui ne veulent pas les appliquer dès qu’ils ne satisfont pas leur soif de pouvoir.

A cela il faut ajouter le fait que nos textes fondamentaux sont rédigés dans une langue que peu de nos juristes et hommes politiques manient correctement, ce qui rajoute des incompréhensions et des contradictions inutiles.

Donc, après le débat pour savoir quand devaient se tenir les élections législatives, débat conclu assez rapidement par un arrêt de la Cour Constitutionnelle, mais qui a continué à se répandre, comme si cette Haute Cour n’avait pas parlé, nous en sommes maintenant à nous demander si la loi autorise ou non le Président Sambi à se présenter aux prochaines élections présidentielles qui doivent se tenir à Ngazidja, après Anjouan et Mohéli.

Les Sambistes, les meilleurs juristes que nous avons depuis une dizaine d’années (ce sont eux qui ont pensé qu’une Assemblée pouvait prolonger le mandat d’un président élu par exemple) ont déjà tranché. Pour eux, la Constitution ne se prononce pas et donc tout comorien peut se présenter au premier tour des élections présidentielles, et encore plus celui qui a déjà été président : Ahmed Sambi.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le premier à avoir développé cette idée est leur ennemi le plus intime : Hamada Madi Boléro, actuel directeur de cabinet du président Ikililou. Il en avait parlé il y a de cela quelques années, donc bien avant le débat actuel. Ce juriste, qui était dans les négociations avec les séparatistes au moment de la rédaction de cette constitution, était clair lui aussi : tout comorien, quelle que soit son île d’origine peut participer au premier tour des élections présidentielles. Il s’appuie pour cela sur l’article 13 de la Constitution. Soit.

C’est sur ce genre de déclarations que se sont appuyés les Sambistes pour fonder leur volonté d’un retour en politique de l’ancien président, après ce qu’il considère comme une trahison. Mais, en réalité, le président Sambi reste un amoureux du pouvoir, il ne peut plus s’en passer et (cela n’arrange pas les choses) il est imbu de lui même, persuadé que personne dans l’archipel ne le vaut.

On se rappelle qu’à la fin de son mandat en 2010, il a refusé de quitter la présidence, a réclamé 18 mois supplémentaires, a fait changer la constitution pour pouvoir se maintenir et a reçu un désaveu cinglant de la Cour Constitutionnelle qui lui a rappelé qu’il était élu pour quatre ans et qu’il devait partir au bout de ces quatre années. Qu’à cela ne tienne ! Il a trouvé les mécanismes notabilaires, hors de tout processus légal donc, pour prolonger quand même son mandat d’un an.

Ses partisans n’avaient à cette époque aucune honte à dire à qui voulait bien les entendre que dans l’île de Mwali, il n’y avait personne qui était capable de diriger les Comores. C’est avec le même mépris qu’il pensait qu’en faisant campagne pour le candidat Ikililou Dhoinine, il pourrait par la suite en faire une marionnette et continuer à diriger le pays en attendant d’être réélu. Après avoir fait patienter le président élu pendant un an, avant de lui transmettre le pouvoir, l’ex-président Sambi ne s’en remet toujours pas du fait que le Président Ikililou a décidé d’exercer véritablement, en son nom propre, le mandat que lui a confié le peuple comorien.

Cette fois les partisans de l’ex président n’iront pas jusqu’à dire qu’il n’y a personne à Ngazidja qui soit capable de diriger le pays, mais c’est avec la même avidité et le même mépris qu’ils pensent qu’au sein du parti Juwa, aucun Comorien de Ngazidja ne peut être un représentant valable face au « chef ».

Mahmoud Ibrahime

Le retour de Soimadou à Alwatwan

Le retour de Soimadou à Alwatwan

 

Par le décret n°14-55 du président de la République, Mohamed Abdou Soimadou, actuel maire de Gnoumassirou-Mbeni, et président des Maires de Ngazidja, a été nommé Directeur Général d’Alwatwan en remplacement de Hassane Moindjié, qui avait pris ses fonctions en avril 2012.

Soimadou

Mohamed Abdou Soimadou, nouveau DG d’Alwatwan

Lundi 21 avril, en milieu d’après-midi l’ex-Directeur a annoncé son départ et c’est dans un silence de mort que le nouveau Directeur a dit quelques mots sans entendre une seule voix lui souhaiter la bienvenue.

La nouvelle a créé un certain émoi dans le milieu des facebookers comoriens qui a toujours tendance à refuser ou à se méfier de toute nomination venant du pouvoir actuel. La nouveauté, c’est que cette fois l’inquiétude a atteint la rédaction du journal de l’État, à l’image du jeune journaliste Toyb Ahmed qui a annoncé dès le début un « lundi noir ».

Mohamed Abdou Soimadou n’est pas un inconnu dans la maison puisqu’il l’a dirigée en tant que Ministre de l’information, puis en tant que DG sous la présidence du colonel Azali Assoumani.

Mais pour les jeunes journalistes d’Alwatwan, le nom de Soimadou est synonyme d’attaques en règle contre eux. C’est en tant que Conseiller du Vice-Président chargé des Finances, Mohamed Soilihi alias Mamadou, originaire de Mbeni comme lui, que dans Alwatwan-mag n°15 (mai 2012), il mène l’attaque contre les journalistes qui ont osé remettre en cause certaines pratiques de l’administration financière depuis des années et connues de tous. Le Ministère des Finances fait un droit de réponse sur cinq pages. Mohamed Abdou Soimadou n’y va pas de main morte avec les journalistes d’Al-Watwan qu’il accuse de vouloir nuire à son patron direct et au Président de la République. Il les accuse aussi d’« abus de confiance » (les mots veulent dire ce qu’ils veulent dire, surtout pour l’ancien professeur de français qu’est Soimadou), de « perfidie », de « propagande », de « désinformation », l’intention de « porter une si grave atteinte aux intérêts du pays », de « malhonnêteté », « de mauvaise foi ». Avec autant et d’aussi gentils qualificatifs, on comprend l’inquiétude des journalistes, mais surtout on se demande comment l’auteur de cette missive peut travailler avec de tels journalistes.

Mohamed Abdou Soimadou c’est, pour les anciens journalistes, le théoricien du journalisme d’État. C’est lui qui la première fois, en tant que Ministre de l’information du colonel Azali, a dit ce que devait être un journaliste travaillant pour un organe de l’État : un serviteur, non pas du peuple, ni de l’État, mais du gouvernement, étant entendu que pour lui, ce n’est pas le peuple qui par ses impôts paye les fonctionnaires, mais le gouvernement. Visant notamment Ahmed Ali Amir, il avait déclaré qu’un journaliste d’Alwatwan devait uniquement véhiculer les idées du gouvernement et qu’autrement, il devait aller chercher du travail dans un journal privé. Cette thèse a été remarquablement reprise par le Ministre de l’intérieur et de l’Information Hamada Abdallah récemment, dans une phrase qui restera longtemps dans les Annales du journalisme aux Comores : « Tout journaliste d’un média d’Etat qui veut avoir la liberté d’écrire ou de parler, a l’obligation de se mettre dans le moule du gouvernement, ou bien il doit avoir l’honnêteté intellectuelle d’aller travailler dans un organe privé ».

Contrairement à ce qu’on peut penser Mohamed Abdou Soimadou a eu une longue expérience de journaliste, au sein de l’ASEC. Il a même été Directeur de publication de l’organe de cette association marxiste, Usoni en 1977. C’était le temps des articles glorifiant le camarade Mao et attaquant avec virulence la révolution soilihiste. Le temps où il était de bon ton de chérir le centralisme démocratique et où les militants étaient « cordialement invités » à l’autocritique permanente. Un autre monde.

Depuis, Mohamed Abdou Soimadou a fait du chemin, passant entre les gouvernements et les partis politiques, presque toujours au premier plan. Du Front Démocratique au parti du président Ikililou, en passant par l’UNDC du président Taki. On le croyait Secrétaire Général du RIDJA, il est un des fondateurs de l’UPDC ! À donner le tournis.

Cette nomination est d’autant plus inquiétante qu’elle intervient à l’approche d’élections législatives et municipales que le pouvoir en place craint fortement de perdre. De plus, le parti du président a déclaré récemment sa volonté de devenir le relais de la communication du gouvernement.

Mais, c’est ici que le gouvernement du président Ikililou montre ses faiblesses, il n’a pas pris en compte les changements intervenus dans les médias. Si la télévision et la radio sont encore suivies par beaucoup de Comoriens, la diffusion d’Alwatwan reste symbolique. La censure d’un tel journal ne rapporte qu’une mauvaise image au gouvernement et n’a aucune efficacité. On l’a vu récemment lorsque le Ministre Hamada Abdallah a fait retirer Alwatwan-mag n° 14 des kiosques, il a été lu au delà des lecteurs habituels par la diffusion sur internet. Mais, il est facile de comprendre que les journalistes sont dans la blogosphère et qu’ils peuvent publier ce qu’ils veulent sous des pseudonymes ou par des intermédiaires qui sont de véritables leaders d’opinion. C’est ce qui manque au gouvernement actuel, obligé d’aller chercher dans le passé des médias comoriens Mohamed Abdou Soimadou.

Mahmoud Ibrahime

 

Rencontre entre le Ministre de la Production et les étudiants de l’AECR (La Réunion)

Rencontre entre le ministre de la production et les étudiants de l’AECR (la Réunion).

De passage à la Réunion le Ministre de la Production, de l’Energie et de l’Environnement du gouvernement du président Ikililou Doinine a souhaité rencontrer les étudiants qui s’y trouvent. Abdou Nassur Madi a donc échangé avec les membres de l’Association des Étudiants comoriens à la Réunion au Campus universitaire le 4 avril dernier.

Le Ministre comorien a mis en évidence sa principale mission qui n’est autre que de « chercher appuis et assistance pour les perspectives mises en place par le président Ikililou Dhoinine ».

Après avoir brièvement passé en revue le bilan politique du régime en place (le maintien du payement des salaires, la mise en place d’une cellule anti-corruption,…), Abdou Nassur Madi s’est lancé dans le dossier du pétrole en affirmant qu’il y a une forte probabilité qu’il aboutisse. Il y voit d’ailleurs le résultat d’une politique qui tend vers un changement radical par rapport au mode de gouvernement des régimes précédents.

Le ministre a rappelé aux étudiants que  son ministère est « le ministère de la vie ». Il a précisé qu’en l’état actuel des choses il n’y aura pas de solution aux problèmes d’énergie vues les difficultés qui ankylosent la société d’Etat, la Mamwe. Les études faites sur la géothermie, l’énergie solaire et celle dite éolienne sont des projets coûteux dont le financement nécessite plusieurs milliards.

AECR

Le Ministre Abdou Nassur Madi au centre

Dans le domaine de la production agricole, l’idée de mettre en place une Chambre d’agriculture permettrait d’encadrer les agriculteurs, de contrôler le prix d’achat et avoir recours à des commandes en cas de pénurie. La Chambre d’agriculture pourrait aussi aider à l’établissement des données statistiques dans le domaine agricole. Le ministre a enfin appris aux étudiants qu’une société de pêche est déjà mise en place par le gouvernement. Les pêcheurs seront des fonctionnaires de l’Etat. La société devrait débuter ses activités, officiellement, au plus tard en juillet 2014, selon le ministre.

Avant de clôturer cette rencontre, le Secrétaire Général de l’AECR, AMIR Mohamed, au nom de l’Association, a confié un message au ministre pour son homologue de l’éducation, de la jeunesse et des sports, ainsi que pour le gouvernement entier. Il s’agit de mettre en place un processus d’aide aux étudiants voulant poursuivre leurs études supérieures en intégrant, par exemple, les jeunes candidats en M2 et ou en thèse dans le programme du financement de bourses de la coopération française ; ou en revoyant les anciens accords de bourse qui étaient signés entre les Comores et la Réunion. Ce rapporteur a mis en évidence que les visites des autorités comoriennes devaient être officialisées pour qu’il y ait des échanges et une planification cohérents entre les autorités d’aujourd’hui et les étudiants.

 AMIR Mohamed  

Mohamed Itrisso : MILITANT UN JOUR, MILITANT POUR TOUJOURS !

Itw Mohamed Itrisso :

MILITANT UN JOUR, MILITANT POUR TOUJOURS !

Mohamed Itrisso a 38 ans et déjà une longue vie de militant derrière lui. Il est responsable associatif et dirigeant départemental du PCF13. Il a été désigné par le PCF comme candidat aux prochaines élections municipales sur la liste du Front de Gauche dans le 13e et le 14e arrondissements de Marseille (secteur 7). 

DrapItrisso

Mohamed Itrisso, candidat du 7e secteur à Marseille

Mlimengu. Mohamed Itrisso, vous êtes candidat du Front de Gauche dans le 7e secteur de Marseille, qu’est-ce qui vous motive dans ces élections ?

J’ai fais le choix de m’engager car ceux qui sont actuellement en poste, ont tendance à nous oublier au lendemain des élections et cela ne peut pas durer éternellement. J’aspire à ce que les choses changent vraiment et que nos mots et maux soient pris en compte, mais pour cela nous nous devons d’être au cœur des instances décisionnaires pour que les oubliés d’hier ne le soient plus.

Mlimengu. Comment avez-vous été désigné ?

J’ai été désigné chef de file par mes camarades de la section PCF du 14e arrondissement pour être candidat sur la liste Front de Gauche conduite par Samy Joshua, une grande responsabilité que j’ai accepté d’assumer en me rendant sur le terrain chaque jour.

Mlimengu. Depuis quand militez-vous dans le PCF ? Pourquoi avoir adhéré à ce parti ?

Je milite depuis plus de 20 ans au sein de structures humanistes et des droits de l’homme, contre les inégalités et injustices sociales. Mon adhésion a ce parti s’est fait très naturellement par rapport aux luttes, les valeurs de solidarité et surtout pour la proximité avec des personnes en difficulté.

Mlimengu. On ne vous a pas vu sur la scène des Docks lors de la Grande Messe de certains candidats d’origine comorienne. Pourquoi ?

Je n’ai pas adhéré au projet du collectif qui en réalité n’existe pas.  J’ai participé à quelques réunions ou aucune projection sur l’avenir n’était proposée malgré mes relances à ce sujet. Seule réponse :  » Nous voulons des élus d’origine comorienne pour défendre les intérêts de la communauté, pour dénoncer et combattre ceux qui la dénigre ».

Je n’ai pas attendu ce collectif pour militer, dénoncer et lutter contre tous ceux qui stigmatisent la communauté  comorienne et toutes les autres.

Mlimengu. Que pensez-vous des candidats sans parti qui se baladent entre la gauche et la droite selon leurs intérêts ? ou ceux qui changent de parti parce qu’ils n’ont pas eu des satisfactions personnelles ?Pour moi c’est un vrai problème de convictions et de légitimité. Cela va à l’encontre des vrais militants, qui œuvrent pour l’intérêt générale et non pour une place ou des intérêts carriéristes.

Je ne conçois pas la politique comme un métier ou une source de revenu mais un devoir citoyen au service du bien commun.

Mlimengu. Que pensez-vous pouvoir apporter à votre ville Marseille et au 13e et 14e arrondissement ?

J’espère répondre à la confiance de celles et ceux qui feront que demain je sois élu, pour porter la voix des invisibles, ceux qui vivent au quotidien la précarité, la misère sociale et qui subissent toutes les formes de discriminations de tous genres au plus haut niveau de la municipalité. Faire bouger les lignes au sein des instances décisionnaires pour que les citoyens soient consultés et décident aussi de leur devenir. Car nous sommes riches de femmes et d’hommes compétents dans nos quartiers mais certains, comme le maire sortant au pouvoir depuis 18 ans, ont fait le choix de nous oublier, en nous sacrifiant pour satisfaire leurs amis du privé et de la finance.

Je veux et serai un élu de terrain  pour que le peuple se réapproprie la politique et le pouvoir qui doit être le sien, afin que le vivre ensemble soit le fondement du nouveau Marseille. Il faut que l’on mette en lumière la richesse multiculturelle de Marseille, cette belle mosaïque qui n’existe nulle part ailleurs.

Propos recueillis par Mahmoud Ibrahime

Manifestations des lycéens à Moroni

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Un millier de manifestants

 Au troisième jour des manifestations des élèves des lycées et collèges de Ngazidja, un événement exceptionnel est arrivé puisque le Ministre de l’Education, Mohamed Abdoulkarim a été retenu en otage dans le lycée par les élèves pendant près de 5 heures de temps avant d’être relâché après signature par un Secrétaire Général d’un engagement à résoudre les problèmes actuels.

Il semble que ce soit à la suite d’une demande des élèves que le Ministre s’est rendu au Lycée pour discuter avec eux. Suite à un malentendu, cet acte de courage de la part de ce jeune ministre a été suivi par une prise d’aotage.

On rappelle que lundi, alors que les enseignants avaient décidé de mettre fin à leur sit-in commencé devant le lycée depuis vendredi, ce sont les élèves qui ont soudainement pris la relève pour demander que le gouvernement et les enseignants trouvent une solution pour mettre fin aux arrêts de cours trop fréquents. Les élèves étaient très nombreux dans les rues de Moroni, appelant à la démission du Ministre des Finances, Mohamed Ali Saïd alias Mamadou.

La manifestation, au départ pacifique, s’est poursuivie en fin de matinée par des affrontements avec les gendarmes. Selon de nombreux témoignages, les militaires ont fait un usage disproportionné de la force. Les images diffusées aussitôt sur les réseaux sociaux montraient des gendarmes coursant des enfants dans les rues de Moroni, et obligeant certains d’entre eux à sauter dans la mer. Cela a failli coûter la vie à une jeune fille actuellement hospitalisée à l’hôpital Al-Maaruf.

 

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Un gendarme poursuivant un enfant ©Oustadh Padre

Selon, le commandant de la gendarmerie, Abdallah Rafick, cité par l’agence HZK, il y aurait eu une trentaine d’élèves interpellés et près de 120 qui se sont rendus spontanément à la gendarmerie en signe de solidarité avec leurs camarades. Aujourd’hui, seulement sept élèves seraient susceptibles de passer devant un juge, mais sans que la police n’explique pourquoi ces sept là sont plus coupables que le millier qui manifestait.

C’est véritablement un coup de semonce que le gouvernement vient de recevoir, mais le comprendra-t-il ? Au-delà de la prise d’otage que personne ne peut valider comme moyen de négociation, nous avons le sentiment que le gouvernement est dans une bulle et pense que la paix dans la société comorienne est un acquis inébranlable. Or il existe trop de motifs de révolte et certains adultes opportunistes et embusqués sont prêts à faire feu de tout bois.

Mahmoud Ibrahime

Le retour du Général Salimou

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Les partisans du Général Salimou se préparent à aller l’accueillir à l’aéroport de Hahaya aujourd’hui.

Après un exil en France, essentiellement pour des contrôles médicaux, le Général aurait-il obtenu un accord avec le gouvernement ?

Dans un entretien récent, il annonçait que si le gouvernement ne lui redonnait pas toutes les prérogatives qu’il avait avant sa dégradation par le président Sambi, suite aux accusations d’assassinat dont la justice l’a lavé, il allait entrer en politique.

Après son retour à Moroni, il pourrait donc soit retourner à Kandani. Mais c’est une hypothèse très improbable dans la mesure où il est le militaire le plus gradé de l’armée et que cela pourrait créer des problèmes de hiérarchie dans le commandement. De plus, il faut se rappeler que lorsque les militaires aux ordres du président Sambi le pourchassaient, une partie des officiers lui a fermé les portes du camp de Kandani.

Le Général pourrait aussi se lancer en politique. Son enfermement pendant deux ans par les hommes du président Sambi et sa dégradation jugé comme injustifiée lui valent une certaine aura dans les milieux populaires et auprès de certains cadres et intellectuels et par conséquent de certains hommes politiques. Cela d’autant qu’il est d’une région (le Hambuu) où les appétits politiques sont grands puisque plusieurs leaders s’y disputeront prochainement les suffrages des électeurs : le président de l’Assemblée Bourhane, l’ancien gouverneur de Ngazidja, Abdouloihabi et l’ancien président de la République, Azali. Pour ne citer que ceux-là.

Enfin, le Général a peut-être déjà obtenu l’accord du gouvernement pour partir prendre le commandement de la brigade est-africaine de la Force Africaine en Attente (FAA) que les Comores devraient diriger à partir de 2014. En effet, parmi tous les noms cités comme possibles candidats (Mohamed Said Abdallah Mchangama, Houmed Msaidié, Mohamed Dossar), il n’y a que lui qui semble intéressé. Il n’y a que lui aussi qui a la carrière nécessaire… Le Général Salimou et l’enquête (viciée dès le départ) sur l’assassinat du colonel Combo sont un des nombreux fardeaux que l’ex-Président Sambi a laissé sur le dos de son « relais qui rassure » et il est certain que le Président Ikililou éloignerait ainsi un problème grave pour quelques années.

Encore faut-il que les partisans du Général ne réussissent à lui faire croire qu’il peut gagner les élections présidentielles de 2016 et que pour cela il doit s’investir sur place dès maintenant.