Moroni

Mort de la compagnie Int’Air Iles

InterAIRIlesC’est par un simple communiqué aux allures de faire-part de décès, en date du 28 juillet 2017, que le Directeur de la compagnie Int’Air Iles a annoncé « la fin de toutes ses activités » à partir du 30 juillet 2017. Le courage et la volonté de Seffoudine Inzoudine n’ont donc pas suffi face aux volontés de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie (ANACM).

Si les autorités comoriennes et en particulier le puissant directeur de l’ANACM, Jean-Marc Heinz voulaient en finir avec Int’Air Iles, après avoir provoqué l’arrêt de la compagnie AB Aviation, ils ne s’en seraient pas pris autrement.

Ce sont deux règlements qui ont été exhumés par l’ANACM en quelques jours pour faire mordre la poussière à la compagnie de droit comorien. Le premier visait à stopper l’exploitation de l’Airbus affrété par Int’Air Iles avec lequel la compagnie avait fait récemment un vol inaugural vers Dubai avec des offres alléchantes pour les voyageurs. L’ANACM exigeait qu’après six mois d’exploitation l’avion, loué à une compagnie sud-africaine, soit immédiatement immatriculé aux Comores. Le deuxième interdisait aux avions mono-moteurs d’Int’Air Iles les vols de nuit, mais surtout rallongeait considérablement le temps de trajet entre la Grande-Comore et Anjouan, faisant ainsi exploser les coûts d’exploitation.

L’ANACM et son directeur ne pouvaient ignorer qu’avec de telles mesures ils allaient tuer la deuxième et dernière compagnie comorienne de transport de la région. Le Directeur annonçait récemment pouvoir résister encore, mais ce 28 juillet, il en est venu à l’évidence : Int’Air Iles est mort « des conséquences de la volonté de l’ANACM d’écarter notre société des îles de la lune ». Les faits lui donnent raison puisque dès hier une autre compagnie est arrivée pour exploiter quasiment les mêmes segments.

Int’Air Iles a du subir pendant plusieurs semaines les blocages de l’Aviation civile française pour pouvoir se poser à Mayotte, il avait gagné son bras de fer car il était évident que les autorités françaises cherchaient à protéger Air Austral et Ewa. La compagnie subissait encore des « coups » à Madagascar qui cherchait également à soutenir Air Madagascar. Mais, Seffoudine Inzoudine et sa compagnie ne s’attendaient sans doute pas à ce coup de poignard dans le dos, de la part de leur propre gouvernement. Pourtant, la manière dont AB Aviation a été liquidée il y a quelques mois aurait dû les rendre plus méfiants.

A moins d’un miracle et d’un ressaisissement du gouvernement comorien, cent trente salariés rejoindront le 30 juillet prochain, au chômage, ceux d’AB Aviation et les plus de 7000 Comoriens virés de la fonction publique par simples décrets.

Dans ces conditions, quels Comoriens sont prêts à faire de grands investissements dans ce pays, en sachant qu’ils sont les plus visés et qu’ils peuvent tout perdre en quelques jours, s’ils ne sont pas proches du pouvoir ?

MI

 

Coopération décentralisée franco-comorienne

COOPERATION

Au centre de l’image: Abdillah Ibrahim

Interview d’Abdillah Ibrahim, président de la PFAC de Seine-Saint-Denis : «C’était une bonne occasion pour renforcer le processus de mise en place des collectivités territoriales aux Comores».

 

Des assises sur la coopération décentralisée franco-comorienne se sont tenues à Moroni du 28 au 29 juin dernier. Pour en savoir plus, Mlimengu s’est entretenu avec Abdillah Ibrahim, président de la plate-forme des associations comoriennes de la Seine Saint-Denis qui a été dépêché aux Comores pour y prendre part. Interview.

Mlimengu : quels sont les objectifs de votre mission aux Comores ? Quel est le but à atteindre ?

Abdillah Ibrahim : Je suis venu représenter le maire de Sevran en tant que conseiller municipal et la PFAC 93 (Plate-forme des associations comoriennes de la Seine-Saint-Denis) en tant que coordinateur général, à l’invitation de l’ambassade de France et de l’association des maires des Comores, aux assises de la coopération décentralisée franco-comorienne, tenues à Moroni les 28 et 29 juin derniers.

Ces assises rassemblaient les collectivités françaises ayant des partenariats de coopération avec les collectivités comoriennes. La municipalité de Sevran et la PFAC 93 que je représentais, sont impliquées comme beaucoup d’autres structures, dans cette dynamique. C’était une bonne occasion pour renforcer le processus de mise en place des collectivités territoriales aux Comores. A ce stade de la mise en place des institutions territoriales comoriennes, ces rencontres sont productives.

M.L : comment se sont déroulées les assises ? Et combien de temps ont –elles duré ?

A.I: Sur le plan technique, les assises se sont bien déroulées. Elles ont permis aux collectivités françaises engagées dans le cadre de la coopération décentralisée avec les Comores, de faire le déplacement et manifester leur volonté de coopérer avec l’archipel pour des intérêts mutuels.

Les travaux se sont réalisés en ateliers techniques durant les deux jours. Des échanges et des informations très pertinents ont bordé le menu des différentes rencontres.

La coopération décentralisée est un dispositif volontaire de solidarité autorisée par la loi. C’est un aspect qui doit être bien compris par la diaspora et les autorités locales comoriennes.

 C’est en ce sens qu’on doit mesurer le rôle d’une structure comme la PFFAC 93 dans les relations entre Ngazidja et le département de la Seine-Saint-Denis, par exemple. Les partenaires ne peuvent pas mettre en place des dispositifs si nous, originaires de Comores ne sommes pas demandeurs. Ils tiennent compte des préoccupations qui sont les nôtres et des intérêts de chacun.

Je précise que la Seine-Saint-Denis était bien représentée avec l’île de la Réunion, par rapport aux autres collectivités françaises présentes à ces assises. Cela prouve bien que la dynamique nourrie par l’implication de la communauté résidente sur les territoires dont certains d’entre nous avons des responsabilités, a une influence positive.

M.L : quels sont les résultats obtenus ?

A.I : Les résultats attendus de ces assises sont constitués ainsi : d’abord, il y a l’engagement des collectivités françaises présentes à agir pour le renforcement et la consolidation du processus de structuration. Ensuite, vient s’ajouter l’appui à l’administration et la gouvernance locale à travers l’accompagnement des communes et des gouvernorats dans la gestion locale. Enfin, il y a également, l’appui et la valorisation des territoires et l’émergence des dynamiques de développement.

Personnellement, je suis persuadé que si les partenaires comoriens s’en saisissent de l’opportunité, l’impact serait positif.

M.L : Les autorités comoriennes ont refusé la participation des maires de Mayotte à la demande de la France. Le gouvernement a-t-il justifié ce refus ? Pourquoi avez vous accepté de continuer le travail sans les élus Mahorais ?

A.I : Le refus de l’Etat comorien à une délégation française de Mayotte relève de sa souveraineté. Il ne m’importe pas d’en chercher des justificatifs. Il est bien vrai que la partie officielle de la programmation de l’événement est reportée ultérieurement, selon l’expression du président de la République, lors d’une réception qu’il a accordée à notre délégation. Toutefois, je conçois que la poursuite des travaux constitue l’essentiel mais les autres enjeux ne sont pas non plus négligeables.

Il était très utile de remplir notre mission et envisager des mesures qui permettront aux deux parties de continuer à œuvrer ensemble dans la voie de la pérennisation des efforts pouvant rapprocher les territoires et les habitants de nos deux pays pour les intérêts réciproques.

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU

Les Coelacanthes restent sur la route du CHAN

Coelacanthes

L’équipe nationale des Comores disputait aujourd’hui au Lesotho un match retour qualificatif pour le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) qui aura lieu en janvier 2018 au Kenya.

Les Coelacanthes ont été défait 1-0 au stade Maseru. Ils ont pris un but dès la 10e minutes, mais ont su se regrouper et ne pas prendre d’autres buts. Ce résultat de 1-0 leur permet de se qualifier pour le 3e et dernier tour qualificatif à la CHAN 2018. En effet, au match aller à Moroni, le 15 juillet dernier, l’équipe s’était montrée entreprenante en battant pour la première fois le Lesotho 2-0.

Au prochain tour, les 13 et 20 août 2017, les Coelacanthes affronteront la Namibie qui a battu le Mozambique.

Il est à noter que les Comores et le Lesotho s’étaient rencontrés en octobre 2015 dans le cadre des qualifications pour la coupe du monde Russie-2018. Après un match nul aux Comores, les Coelacanthes avaient pu se qualifier pour le tour suivant après avoir tenu en échec le Lesotho dans le même stade Maseru 1-1.

Le ralliement d’Ahmed Jaffar à la candidature de Mohamed Ali Soilihi (Mamadou)

L’apparition sur une tribune lors de la rencontre entre Mamadou/Msaidié et les étudiants du centre universitaire de Patsy était un message subliminal adressé aux militants du parti Juwa.

Ahmed Ben Saïd Jaffar, ancien Ministre des Relations Extérieures des Comores a annoncé son ralliement à Mohamed Ali Soilihi (Mamadou) ce samedi 26 mars dans sa ville natale de Mutsamudu. Auparavant, il avait loué les qualités de la candidature de Mamadou et affirmé que pour l’intérêt d’Anjouan et des Comores, il rejoignait Anissi Chamsidine (qui a quitté Juwa avant les législatives de 2015) et Mamadou.

Ahmed Jaffar, ce n’est pas seulement une des branches du sambisme, c’est une des racines les plus profondes. Il était dans la campagne de Sambi en 2006 et dès la victoire, celui-ci lui a offert le poste prestigieux de Ministre des Relations Extérieures des Comores.

Ce matin, Ahmed Jaffar a expliqué l’état calamiteux du parti Juwa et il a annoncé sa démission de ce parti. Il ne part pas seul puisqu’il amène avec lui le groupe de réflexion du parti. Ces derniers temps, il était mal à l’aise au sein du parti Juwa qui lui a préféré Abdou Salami comme candidat au gouvernorat. Il n’avait d’ailleurs quasiment pas fait de campagne ni pour Abdou Salami à Anjouan ni pour Fahmi Saïd Ibrahim à la Grande-Comore.

La satisfaction est grande pour Houmed Msaidié, vice-président de Mohamed Ali Soilihi (Mamadou) qui fait campagne dans l’île d’Anjouan depuis une semaine.

Ahmed Jaffar qui a longtemps vécu à Moroni, devrait être un des leviers du dispositif de Mamadou à Anjouan et particulièrement dans sa ville de Mutsamudu.

Mahmoud Ibrahime

Elections aux Comores : La Cour Constitutionnelle a parlé

MamadAnjLa plus haute juridiction du pays a parlé. Aucun recours n’est possible. La Cour Constitutionnelle des Comores a confirmé l’ordre des candidats arrivés en tête des primaires des élections présidentielles aux Comores : Mohamed Ali Soilihi (Mamadou), Mouigni Baraka et Azali Assoumani. Elle a également confirmé les deux candidats arrivés en tête du premier tour des élections des gouverneurs  dans chaque île : Ahamada Moussa (Aby) et Hassani Ahamada à la Grande-Comore, Abdou Salami Abdou et Anissi Chamsidine à Anjouan et Mohamed Said Fazul et Mme Hadidja Aboubacar à Mwali.

Les partisans du candidat arrivé en quatrième position, Fahmi Saïd Ibrahim, demeurent donc dans la déception et l’expectative depuis l’annonce des résultats provisoires par la CENI.

La question qui reste maintenant pour eux est celle-ci : vont-ils continuer à défier l’autorité de l’Etat dans les rues ou après que toutes les instances électorales (CEI, CENI, Cour Constitutionnelle) se soient prononcées, ils vont se rallier à l’un des trois candidats encore en lice ?

La tentation est grande pour la mouvance du parti Juwa et les soutiens de dernière heure de l’ex-leader du PEC de prolonger le combat électoral par un combat dans la rue d’autant qu’il a réussi à rallier un nombre important de petits candidats dont l’honneur a été bafouillée par leurs résultats. Mais malheureusement pour lui, le mouvement qui se dit populaire n’arrive pas à prendre forme : une centaine de manifestants au lendemain de l’annonce des résultats provisoires, un appel à un « archipel mort » qui n’a pas rencontré d’écho significatif, y compris dans le fief de Sambi à Moroni, une occupation de la Place Badjanani qui n’a réuni que quelques dizaines de personnes, et même une manifestation au Trocadero qui selon certains témoins n’a réuni au plus qu’une centaine de personnes. Il est donc difficile pour Fahmi Said Ibrahim et ses partisans de mettre la pression sur le gouvernement.

Il se pourrait donc que le parti Juwa prenne conscience d’une possibilité de disparition ou d’éclatement et engage des discussions avec ses adversaires d’hier d’autant que les trois qualifiés pour l’élection présidentielle ont déjà commencé à lorgner sur l’électorat sambiste à Moroni et à Anjouan.

On n’a donc vu les candidats arrivés en seconde et en troisième place suivre le mouvement des candidats contestataires sans vraiment le suivre. Ainsi, il y a quelques jours le candidat Azali Assoumani (arrivé 3e) a suivi la réunion des candidats contestataires au domicile de Saïd Ali Kemal, puis a disparu lors de la manifestation. Il était avec la contestation quelques heures avant l’annonce des résultats par la Cour Constitutionnelle, mais il s’est démarqué des propos belliqueux du candidat de Juwa (« ye sukari yika iheya mbapvi » dit-il de Fahmi Said Ibrahim).

Quant à Mouigni Baraka (arrivé 2e), il a soufflé le chaud et le froid, acceptant les résultats provisoires puis définitifs, mais envoyant quand même son VP, Ibrahim Mzimba dans les réunions des contestataires.

Il est certain que le mouvement de contestation n’a pas pris de l’importance, car outre la fermeté du gouvernement, Mouigni Baraka et Azali Assoumani n’ont pas appelé leurs militants à descendre dans les rues pour contester les résultats des élections.

Qui des deux candidats arrivés second et troisième gagnera dans ce jeu à vouloir ménager le choux et la chèvre pour capter l’électorat sambiste ? Peut-être celui qui est arrivé premier.

En effet, Mohamed Ali Soilihi (Mamadou) qui une différence de deux points avec le deuxième, a refusé d’entrer dans les polémiques, attendant tranquillement les résultats de la Cour Constitutionnelle. Il a profité de ce temps pour négocier surtout avec ceux qui, parmi les perdants, ont montré une capacité à capter les suffrages de leur région (Said Larifou et Hamidou Bourhane, arrivés 5e et 6e). Son allié à Anjouan, Anissi Chamsidine (UPDC), challenger du candidat de Juwa arrivé en tête du premier tour des élections au gouvernorat, est également entré dans les négociations avec ceux qui ont été éliminés. Son objectif étant de profiter du fait que le parti Juwa a toujours des difficultés à rassembler les partis et les candidats au deuxième tour, pour conserver son fauteuil de gouverneur le 10 avril prochain.

Mahmoud Ibrahime

 

Fin de campagne aux Comores. Une foule immense pour soutenir Mamadou à Moroni

C’est un message fort qui a été envoyé cet après-midi par les 18 000 personnes venues entendre les discours de fermeture de campagne des candidats du pouvoir. C’est également une réponse à ceux qui prétendaient que l’effectif pléthorique du meeting d’ouverture à Mbeni, la foule du grand meeting de Mitsamihuli ou le monde qui a rempli le stade Zikoumbini d’Iconi n’étaient rien d’autre qu’une balade des militants d’autres candidats qui n’organisaient pas des meeting le même jour.

Cette fois, plusieurs candidats organisaient leurs meetings de fermeture en même temps que le grand Mamadou et ses partenaires. Y’a-t-il eu une différence avec les autres rassemblements ? La vérité c’est que ni ces meeting en parallèle, ni la pluie qui s’est invitée subitement n’ont eu raison de la volonté et de la détermination des fans de Mamadou, Msaidié et leurs partenaires.

Dans son discours, l’homme politique préféré du Nord de Ngazidja, le très expérimenté Houmed Msaidié a appelé tout le monde à rejoindre sa cause. « Nous ne rejetterons personne », a-t-il dit avant de finir par mettre en garde ceux qui se disent craindre les fraudes alors qu’ils ont recours à des petites manoeuvres visant à fausser les résultats des bureaux de vote.

Dhouria Abdou

Interview Hassani Hamadi. « La révision de la constitution n’est pas nécessairement obligatoire si la vie de chaque île est réellement meilleure ».

Les Candidat aux élections présidentielles de 2016 aux Comores et de gouverneur de Ngazidja respectivement Mze Abdou Soule Elbak et Hassani Hamadi, ont tenu un meeting l’après midi du samedi 30 janvier à Pierrefitte sur seine en région parisienne devant la diaspora comorienne de France. Mlimengu s’est entretenu avec Hassani Hamadi pour en savoir davantage sur leurs projets. 

HassaneHamadiMlimengu : Pourquoi tenir un meeting en France tout en sachant que la diaspora comorienne ne votera pas le mois prochain ?

Hassani Hamadi : Malheureusement la diaspora comorienne n’a pas le droit de voter. Mais ce sont des Comoriens qui contribuent au développement des Comores. Ils ont une influence significative au développement national. J’ai été élevé en France, ce sont mes parents, mes amis, il est normal que je vienne les informer, leur demander leur appui, afin que demain les élections se passent dans de bonnes conditions, et que je sois élu. Après, j’aurai besoin de leur appui pour gouverner et développer le pays mais aussi les aider. Je voudrai les aider à voyager convenablement avec des conditions significatives et réellement accessible à tous, et enfin de pouvoir contribuer comme ils le font tous les jours à la croissance économique du pays en envoyant des devises mais aussi au développement national en venant chaque année organiser des activités sociales, culturelles, etc.

ML : Pourquoi une alliance de votre parti et celui de Mze Abdou Soule Elbak ?

H.H : Pour moi Mze Soule Elbak est une référence. Il a pu créer ce qu’on appelle « Mdjidjengo ». C’est une institution de l’île insulaire de Ngazidja qui a pu réellement vivre malgré les difficultés qu’il a connues durant cinq ans. Il est un candidat crédible puisqu’il se met toujours à la disposition de la population et il est toujours à l’écoute de la population. Il a contribué énergiquement à réaliser pas mal d’œuvres aux Comores notamment des routes, des écoles, des postes de santé, et même des hôpitaux. Quand on a besoin de lui, il est toujours là. Et il respecte tout ce qu’il dit et le réalise contre vents et marées. C’est un homme crédible. J’ai confiance en lui et j’espère construire le pays avec lui.

ML : quelles sont vos priorités pour l’île de Ngazidja pendant le quinquennat si vous êtes élus ?

H.H : J’ai cinq priorités. La première est de pouvoir assurer la survie des Comoriens de la Grande-Comores. La survie, cela veut dire les aider à se nourrir convenablement, les aider à se soigner, pouvoir éduquer et insérer les jeunes qui seront réellement natifs de cette population. J’espère pouvoir également créer les conditions significatives et suffisantes pour qu’il y ait des communes compétitives complémentaires, et solidaires, pour qu’ensemble ces communes puissent assurer le bien être de la population locale. Dans chaque village je vais essayer de faire en sorte que la commune puisse être représentée et leur donner l’autonomie, notamment la ville de Moroni avec un statut spécial. Essayer de faire en sorte que les régions, villes et villages puissent être gérés avec un représentant de l’île autonome de Ngazidja qui sera élu sous la base de condition légale et qui s’appellera maire de la municipalité ou maire de la commune.

ML : L’opinion pense que Ngazidja est privé de ses droits au profit des deux autres îles, est ce le cas ?

H.H : En général chaque île est autonome suivant la loi. Chaque île est autorisée à négocier suivant la coopération décentralisée. Chaque île peut créer une structure économique ou sociale qui n’existe pas au niveau de l’Etat. Donc je ne vois pas comment on peut m’empêcher d’aider la population, les représentants des Comores ayant les possibilités de créer des conditions pour leur propre avenir notamment dans le domaine de l’emploi, la qualification, l’accès aux technologies et au crédit. J’espère mettre des structures économiques, des entreprises publiques ou semi-publiques qui accompagneront chaque citoyen dans la prise en main de son avenir. C’est-à-dire créer des conditions pour que chaque enfant des Comores puisse accéder à une école spécialisée, une école normale mais qui intègre l’arabe, l’anglais, l’informatique et le français comme matières obligatoires pour l’enseignement primaire et secondaire.

ML : la population estime que la constitution est séparatiste, selon vous, faut-il la réviser ?

H.H : La révision de la constitution n’est pas nécessairement obligatoire si la vie de chaque île est réellement meilleure. Si chaque île vivait convenablement et que les habitants ont de meilleures conditions pour vivre sereinement et en sécurité, je pense que la révision de la constitution n’est pas obligatoire. Réellement le problème n’est pas la constitution, le problème ce sont les hommes qui ne veulent pas appliquer la constitution. Au lieu de changer la constitution, il faut changer les hommes, raison pour laquelle je me porte candidat au poste de gouverneur et j’appuie Mze Soule Elbak au poste de président de la République. Et ensemble, noud espérons rassembler tous les Comoriens pour que nous agissions dans le bon sens afin d’aider les Comores.

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU