Moroni

De la commission de l’océan indien (COI) à la communauté de l’océan indien. Quels enjeux ?

De la Commission de l’océan indien (COI) à la communauté de l’océan indien. Quels enjeux ?

 

COILe sommet des Chefs d’États qui devait se tenir à Moroni à partir de demain devait aborder la question du changement de nom. La Commission de l’Océan Indien (COI) peut-elle devenir la Communauté de l’Océan Indien ? Quelles en seraient les conséquences ?

« En cette année du 30e anniversaire de l’Accord de Victoria, je ne vois pas de plus beau cadeau que nous pourrions faire à nous-mêmes que de passer l’idée technique de Commission à l’ardente ambition de Communauté ». Ces propos sont du secrétaire général de la COI, M. Jean Claude de l’Estrac. Celui-ci affiche d’emblée cette ambition de changer la Commission en Communauté.

Il faut noter que cette volonté de changement de nom n’est pas, comme on veut le faire croire, dépourvu de conséquences, notamment juridiques.

 

Coopération ou Intégration ?

M. de l’Estrac le dit lui-même que la commission recouvre une « idée technique ». Il est vrai qu’avec la Commission, l’on est dans le domaine de la Coopération. L’idée centrale ici est de renforcer les liens d’amitié qui unissent les iles de l’Océan Indien dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité de chaque Etat. On vise à promouvoir une coopération diplomatique, économique et commerciale, ainsi qu’une coopération dans le domaine de l’agriculture, de la pêche maritime et de la conservation des ressources et des écosystèmes et la coopération dans le domaine culturel, scientifique, technique, de l’éducation et de la justice.

L’objectif principal de la COI est de rapprocher les diplomaties des pays membres. Cette organisation se donnent pour objectif de coordonner l’activité, les politiques des entités membres dans les domaines conjoints dans le respect constant de la souveraineté de ces dernières.

Cette institution se distingue aujourd’hui par la souplesse de son organisation et de son fonctionnement : présidence tournante dans l’ordre alphabétique, session ministérielle annuelle, secrétariat général, organisme permanent de liaison (OPL), et décisions qui se prennent en commun accord des parties contractantes (consensus).

Plusieurs organisations internationales se rattachent à l’objectif de coopération : OCDE, Conseil de l’Europe… En principe, les décisions se prennent ici à l’unanimité

 

Commission et communauté ne recouvrent pas les mêmes réalités

Bien que la COI jouisse de la personnalité juridique en tant qu’organisation internationale, les membres n’ont voulu renoncer à aucune compétence au profit de celle-ci. Ce qui nous éloigne de l’idée d’intégration qui caractérise la Communauté.

En effet, plusieurs organisations internationales, instituées sous forme de communauté, affichent une ambition d’intégration : Communauté économique européenne(CEE), Communauté des Etats indépendants(CEI), Communautés économique des Etats de l’Afrique de Ouest (CDEAO), Communauté économique de l’Afrique Centrale (CEMAC)

Le concept de « communauté » renvoie habituellement à l’objectif d’intégration.

L’Intégration qu’on peut, selon les circonstances, opposer à la Coopération est définie comme une fusion de certaines compétences étatiques dans un organe super étatique ou supranational. Il s’agit ici d’accepter, d’avoir même la volonté de transférer d’une manière ou d’une autre des compétences relevant de la souveraineté des Etats à des instances administratives ou électives internationales. De telles organisations mettront en place des instances décisionnelles indépendantes (Commission, Parlement, Cour de justice…) des Etats membres ou des organes à composition intergouvernementale (Conseil…) mais délibèreront, du moins en principe, à la majorité.

Un droit communautaire (droit primaire issus des traités et droit dérivé qui résulte des directives, avis ou recommandations des instances administratives ou électives) nait. Il s’applique directement aux particuliers et il a une valeur supérieure à la loi nationale.

 

Commission ou Communauté ?

Il est normal qu’après trois décennies d’existence, la COI évolue. L’ambition affichée par le secrétariat de l’organisation de changer la Commission en communauté s’inscrit certainement dans cette logique. Mais cela n’est pas, comme on veut le faire croire, qu’une question de changement de nom. Il s’agira en réalité d’un bouleversement institutionnel aux conséquences multiples et diverses : transfert de compétences, accroissement institutionnel et budgétaire, changement de mode de prise de décisions, superposition d’un nouvel ordre juridique…

Pour ne pas porter un coup d’arrêt à l’évolution de l’organisation, on peut consentir au passage de la Commission à la Communauté tout en étant très vigilant à la méthode et au contenu. Le problème ne se posera pas sur la notion de « Communauté » mais sur le contenu dévolu à celle-ci.

ABDOU ELWAHAB MSA BACAR

Le voyage du Président Hollande aux Comores fait parler les politiques maorais

Le voyage du Président Hollande aux Comores fait parler les politiques maorais

Le président Ikililou sur le perron de l'Elysée

Le président Ikililou sur le perron de l’Elysée

Après son voyage officiel en France le 21 juin 2013, le Président de l’Union des Comores, IKILILOU Dhoinine recevra officiellement son homologue français FRANCOIS Hollande, le 27 juillet 2014 à Moroni.

Ce voyage du Président français aux Comores indépendantes fait parler toute la classe politique maoraise, sans exception aucune. Un voyage que F. Hollande effectue après le Conseil des Ministres de la COI du 10 au 11 avril 2014 à Moroni, conseil dont Ahmed Athoumani Douchina, désigné par le président du Conseil Général de Mayotte s’est vu interdire de participer. La raison qui a été évoquée : « Mayotte faisant partie des Comores est déjà représentée par le gouvernement comorien, alors pas question qu’il y ait deux représentants pour les Comores ». Une réaction qui n’a pas plus aux Maorais en général et aux politiques de l’île en particulier. Ce qui a choqué le plus les Comoriens de Mayotte c’est le silence de la France face à une telle situation qu’eux même jugent « inadmissible ». Ils en viennent à demander des réparations.

Cette fois-ci, ils veulent que réparation soit faite lors du prochain voyage du Président de la République française aux Comores. Aujourd’hui, 25 juin 2014, vers 12 heures, le président du Conseil Général Daniel Zaidani a fait savoir, sur les antennes de Mayotte Première que « s’il y a des commissions qui doivent accompagner le président Hollande à Moroni, Mayotte ne doit pas être oubliée pour marquer l’histoire ».

Selon le Président du Conseil Général, depuis 1975 Mayotte a choisi de rester française, il est donc utopique d’envisager son retour dans le giron comorien comme le veulent les dirigeants politiques et le peuple comoriens. Il poursuit en disant que Mayotte est Département français, donc il est impossible de revenir indépendante encore moins dans l’ensemble comorien. Ce qui montre visiblement que le Président du Conseil Général ignore encore l’histoire de France.

Ce n’est pas impossible pour un Département de devenir indépendant quelles que soient les années passées sous la colonisation. On peut lui citer le cas de l’Algérie française, Département depuis 1830, mais qui a pris son indépendance le 5 juillet 1962. Un geste fort, loyal et légitime. Alors Monsieur le Président du Conseil Général, il n’est jamais tard.

Rédaction Mlemingu.com  

Le Gouvernement comorien veut-il renoncer aux élections de 2014 ?

Le Gouvernement comorien veut-il renoncer aux élections de 2014 ?

Palais du peuple, siège de l'Assemblée de l'Union

Palais du peuple, siège de l’Assemblée de l’Union

S’il y a un sujet sur lequel l’Assemblée de l’Union et le gouvernement comorien pourraient parvenir rapidement à une entente, c’est bien celui du report des élections législatives et communales prévues à la fin de cette année.

Pourtant, la Cour constitutionnelle a été claire. Elle a dit que le mandat des députés de l’Union se terminait au mois d’avril 2014 et celui des conseillers des îles en décembre 2014. Dans son arrêt, la Cour ajoutait : « il appartient au Président de l’Union et aux organes en charge des élections, chacun en qui le concerne de prendre les mesures propres à garantir l’organisation des élections des Députes de l’Union des Comores, des Conseillers des Iles, du Président de l’Union et des Gouverneurs des iles autonome dans les délais requis et suivant les conditions prévues par la constitution et la loi électorale » (article 5).

A la suite de cet arrêt de la Cour constitutionnelle le président Ikililou Dhoinine avait réuni, le 12 février 2014, une conférence des grands élus composée du Président de l’Union, des Vice-Présidents, des gouverneurs et des présidents des Assemblées. Cette conférence avait conclu que les élections législatives et communales pouvaient être organisées en novembre et décembre 2014.

La prolongation des mandats et le précédent Sambi

Or, il semble qu’au sein du parlement, comme au sein du gouvernement certains se satisfont de la situation actuelle. Sans vraiment avoir une majorité à l’Assemblée de l’Union, le gouvernement est plutôt préservé et aimerait certainement conserver ce consensus mou jusqu’à la fin du mandat du président Ikililou Dhoinine.

Cela présente plusieurs avantages pour le gouvernement. Le premier est de ne pas créer une effervescence dans une société déjà bousculée par plusieurs mouvements de contestation menés par des catégories diverses dont les jeunes qui ont manifesté trois fois en quelques mois (les lycéens contre la grèves des professeurs, les étudiants de l’université pour dénoncer leurs conditions, et dernièrement plusieurs jeunes ont suivi la manifestation pour réclamer de l’eau et de l’électricité).

Le deuxième avantage qui pourrait pousser le gouvernement à remettre à plus tard les élections législatives et communales c’est la possibilité d’éviter de renforcer l’opposition en se créant une majorité véritablement hostile à l’Assemblée, une majorité qui pourrait imposer au Président de mettre en place un gouvernement avec l’opposition. Une sorte de cohabitation à la française. Les deux dernières années du président Ikililou risqueraient ainsi d’être difficiles pour lui.

La situation actuelle semble également arranger les gouverneurs, y compris Mouigni Baraka qui n’a pas vraiment de majorité au Conseil de Ngazidja et qui a dû faire face à deux motions de censure dirigées contre ses commissaires en l’espace de quelques mois. Il se console en se disant qu’au moins il contrôle l’ensemble des communes puisque c’est lui qui a désigné les maires, sans aucune forme d’élection.

Il est d’ailleurs difficile de prévoir des élections municipales alors qu’après la loi électorale, les députés ont bloqué la loi sur la commune de Moroni sous la pression de groupes de notables. La multiplication des gestes qui peuvent retarder les élections montrent que les députés ne veulent pas quitter leurs fauteuils et les nombreux avantages, et cela ils le prévoient depuis plus d’un an, si l’on en croit les confidences de certains d’entre eux, qui n’hésitent pas à mettre en avant une entente avec l’exécutif pour regrouper toutes les élections en 2016. Mais, les députés pourraient déchanter puisque la Constitution ne prévoit pas un mandat de sept ans pour eux. Donc, à moins de s’inspirer du « cas Sambi » qui a réussi, malgré un arrêt de la Cour constitutionnelle, à faire passer son mandat de 4 à 5 ans en 2010, ils devront quitter leurs postes si les élections ne sont plus programmées en novembre et décembre 2014. Il est d’ailleurs remarquable que malgré l’arrêt de la Cour disant que leur mandat est terminé en avril, l’opposition les laisse encore siéger. Sans doute que celle-ci juge que tout le monde peut attendre les élections prévues à la fin de l’année.

Les bonnes vieilles recettes

Si l’on en croit le compte rendu fait par Beit-Salam.km après la rencontre du président avec une partie de l’opposition ce 9 juin, le président leur a indiqué qu’il fait tout pour que les élections aient lieu aux dates prévues par la conférence des grands élus. Mais, il n’a pas vraiment rassuré ces leaders de l’opposition lorsqu’il a tenu à leur apprendre d’une part que le recensement n’a pas encore atteint 80% des électeurs et d’autre part que les habituels bailleurs de fonds ne se précipitent pas.

On peut être étonné et se demander quand l’Etat comorien pourra intégrer dans son budget le coût des élections prévues des années à l’avance. Mais, on peut aussi craindre que cet argument ne soit utilisé dans quelques mois pour repousser les élections à plus tard et peut-être à 2016. Le financement reste l’argument le plus utilisé ces derniers temps quand un gouvernement veut repousser des élections.

On voit donc que tous les éléments sont réunis pour faire accepter à l’opinion publique un éventuel report des élections prévues en 2014, malgré l’arrêt de la Cour constitutionnelle et malgré le consensus établi par le président de la République lui-même. Mais, c’est un risque que prendrait le président.

D’abord parce qu’à partir de la fin de cette année, le pays s’enfoncerait un peu plus dans l’illégalité, les députés ne pouvant plus prétendre représenter les Comoriens. Les partis de l’opposition pourraient ainsi se radicaliser. Dans cette situation toute forme d’action des partis politiques ou de la société civile afin de mettre fin à cette illégalité serait légitime.

Ensuite, le pays ne pourrait pas vivre deux ans sans parlement national et sans conseil des Iles. C’est une situation qui compromettrait le fonctionnement démocratique, l’équilibre et la séparation des pouvoirs.

Enfin, il serait inconcevable de regrouper cinq élections majeurs en une seule fois en 2016. On court alors le risque de déboussoler l’électeur comorien, qui pourrait être sollicité pour des meetings pour sa commune, des meetings pour l’élection de son conseiller et de son député, des meetings pour l’élection de son gouverneur et enfin pour les deux tours de l’élection du Président de l’Union. Et l’on ne parle pas des erreurs qui pourraient survenir le jour des élections, notamment en ce qui concerne l’élaboration et la compréhension du ou des bulletins de vote.

Il serait tellement plus simple pour le gouvernement actuel de mettre tous les moyens de son côté pour respecter et faire respecter les échéances, tout en se préparant à mener le combat sur le terrain pour remporter les élections, au lieu de prendre le risque de plonger le pays dans l’incertitude et dans une nouvelle crise électorale. Mais pourquoi faire simple quand on peut faire plus compliqué ?

Mahmoud Ibrahime

Ainoudine Sidi a quitté le CNDRS

Ainoudine Sidi a quitté le CNDRS

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Mme Lacoste, chercheuse affectée à l’UDC et femme de l’Ambassadeur de France et Ainoudine Sidi ex-Directeur du CNDRS

Ils étaient nombreux au Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS) samedi 17 mai pour rendre hommage au Docteur Ainoudine Sidi, remplacé à la tête de cette institution par  Nourdine Abdallah par un décret du Président de la République.

Les personnels du CNDRS étaient présents à la cérémonie. Les différentes personnalités de l’institution ont rappelé à tour de rôle les travaux réalisés par le directeur sortant. Ainsi, Toiwilou a prononcé un grand discours en français pour honorer Ainoudine en rappelant toutes les bonnes choses qu’il a réalisées pendant ses quinze ans de directions du CNDRS. Il a indiqué, entre autres, qu’Ainoudine n’a jamais renvoyé un employé du CNDRS durant sa période de direction. Au contraire, il a tissé des liens avec tous les personnels. C’est pourquoi, à la fin de son propos, il a conseillé à Ainoudine de rester pour toujours un enfant du CNDRS car l’institution aura toujours besoin de lui.

Ensuite madame Lacoste, chercheuse affectée à l’Université des Comores et femme de l’Ambassadeur de France aux Comores, a pris la parole pour parler largement de l’oeuvre de Ainoudine sur le plan national et international, ainsi que ses multiples occupations. Elle a aussi souligné que Ainoudine était la première personne qu’elle a rencontrée à son arrivée aux Comores grâce à ses écrits précieux et parfois sévères. Elle a ajouté la réalisation de la revue scientifique Ya mkobé.

Après Mme Lacoste, la parole est passée à Ainoudine Sidi. Il a longuement remercié tous les gens avec lesquels il a travaillé pendant ces quinze ans de fonction. « Vous étiez mes collègues, aujourd’hui vous êtes tous mes amis, wanama, wadzani » a-t-il souligné,  » et maintenant, je m’engage à l’université et sur les travaux de terrain avec mes étudiants ». A la fin de la cérémonie, Damir Ben Ali, est revenu sur la publication de la revue scientifique Ya mkobé en précisant qu’Ainoudine ne cessait de le consulter avant chaque publication. Enfin, il a souhaité la bienvenue à Nourdine Abdallah, nouveau directeur général, présent dans la salle, mais qui n’a pas pris la parole.

Abdillah Ali

Grande-Comore. Pourquoi une centrale au fioul lourd ?

Pourquoi une centrale au fioul lourd

 

Société comorienne d'Eau et d'Électricité

Société comorienne d’Eau et d’Électricité

Les solutions faciles sont rarement les bonnes. Des solutions à des fins électorales surtout, mais pas pour résoudre véritablement le problème une fois pour toutes. La MA MWE a été assommée par nos politiques depuis la privatisation de la fameuse CEE (Comorienne de l’eau et de l’électricité). On ne voit que les délestages répétitifs, mais on oublie aussi l’incapacité de celle-ci à alimenter l’ensemble du territoire en eau. A Moroni même, beaucoup de quartiers sont privés d’eau et d’électricité, ne parlons pas des régions reculées.

Il y a presque 15 ans maintenant, rappelons-nous, depuis 1995, nos politiques nous parlaient de moteurs capables d’alimenter en électricité dans l’ensemble du pays. Au temps du régime de MOHAMED TAKI ABDOULKARIM, paix à son âme, on nous disait que Chardja nous avait promis des moteurs capables d’alimenter tout le pays. Au temps d’AZALI ASSOUMANI, c’est l’Inde qui était prête à nous venir en aide. Avec AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI, les solutions pour résoudre ce problème ont été multiples. La lutte contre les délestages était d’ailleurs son cheval de bataille. Cela n’a pas empêché le pays d’être plongé dans l’obscurité à plusieurs reprises.

Des factures aux sommes exorbitantes sont imposées aux usagers alors qu’ils ne voient jamais la lumière de la MA MWE. Les élections législatives s’approchent, après ce sera les présidentielles, il faut mentir une énième fois aux citoyens. Mais cette fois-ci, on nous parle d’électricité produit avec du fioul lourd. Et bien sûr, par naïveté, les gens vont croire que c’est la meilleure solution sans se poser de questions. L’argument avancé c’est que la MA MWE n’arrive toujours pas à s’acquitter de ses dettes auprès de la Société Comorienne des Hydrocarbures. Le gazole est cher. Mais où part l’argent des usagers de l’électricité de la MA MWE ?

Quelle étude a été faite par nos techniciens pour nous proposer le fioul lourd ? Souvent ce sont des décisions politiques mais pas techniques, après études. Nous ne sommes ni mécaniciens ni électriciens mais nous pensons que le problème véritable de l’électricité aux Comores relève de beaucoup de facteurs d’abord mécaniques et d’installations ensuite. On parle de vieille installations qui favorisent une forte perdition de courant. Donc, quelle que soit la capacité des moteurs, jamais ils ne seront en mesure de fonctionner au maximum avec des vieilles installations qui ont besoin d’être renouvelées.

il faut aussi noter que partout sur l’étendue du territoire y compris à Moroni même, le trafic d’électricité échappe à la MA MWE. Une raison de plus pour l’insuffisance d’alimentation. Tant que cette histoire de trafic ne trouve pas de solution, jamais aucun moteur quelle que soit sa capacité ne comblera les insuffisances.

Revenons sur le fioul lourd proposé en premier par l’ex-vice-président IDI NADHOIM quand il a répondu aux 4 questions de notre frère IRCHAD ABDALLAH. Voici sa réponse :
« C’est exact j’ai énormément travaillé pour trouver une solution aux problèmes liées aux pénuries d’électricité aux Comores. Des problèmes qui durent depuis l’élection du « feu » président Taki Abdulkarim, ça ne date donc pas d’hier.

     Les gouvernements qui se sont succédé d’Azali à Sambi, ont cru pouvoir résoudre le problème en changeant de directeurs généraux. Il y’a eu au moins une douzaine de nominations sans qu’un début de solution ne soit trouvé. Exim Bank Inde, une banque d’Etat, avait accepté de nous prêter 15 milliards kmf auxquels s’ajoutaient 35 millions de dollars, à condition que le gouvernement comorien présente des projets viables pour Mohéli et Anjouan. Ces 15 milliards étaient destinés à la construction d’une centrale au fioul lourd.

     Hormis le vol, le coût de production d’électricité aux Comores reste trop élevé à cause du gasoil. Nous avons donc pensé au fioul lourd, avant cela j’avais même pensé au charbon qui coûte beaucoup moins chère. Pour info, la tonne tourne autour de100 dollars alors que le fioul lourd est entre 400 et 600 dollars et le gasoil 1200 dollars la tonne métrique. Le gouvernement actuel a perdu deux ans pour enfin se rendre compte qu’il n’avait pas d’autre choix.

   Le contrat a été signé avec le gouvernement indien, un bureau d’études indien a été choisi suite à un appel d’offres, 3 mois après des entreprises indiennes ont été sélectionnées pour la construction de la centrale et la fourniture des groupes. Ce prêt était assorti d’un taux préférentiel de 1% sur 23 ans. Certains détracteurs qui ne proposent jamais rien, ont dit que le fioul lourd polluait. Mais qu’est ce qui ne pollue pas ? L’absence d’électricité dans le pays pollue beaucoup plus. Nous n’avons besoin que de 20 MW aux Comores ».

Toutefois, nos politiques ignorent le risque que le fioul pose pour la santé des utilisateurs. Comparant celui-ci au gaz et à l’électricité, il reste l’énergie qui dégage le plus de CO2. La combustion du fioul génère également de l’oxyde d’azote. Rien qu’au regard de ces éléments, la construction d’une centrale au fioul lourd serait le pire choix que nos politiques pourraient faire actuellement. Aujourd’hui beaucoup de pays se tournent vers d’autres systèmes plus économiques et plus propres pour le futur de notre planète. Même l’Inde veut se débarrasser de ces installations à haut risque.

Abdourahim Bacari

L’affaire Boléro ou l’histoire comorienne dévoyée

L’affaire Boléro ou l’Histoire comorienne dévoyée

Hamada Madi Bolero,           Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Hamada Madi Bolero, Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Les propos tenus par Hamada Madi Boléro considérés comme vérité historique ont réussi à faire du tapage médiatique dans l’opinion publique comorienne alors qu’ils sont loin d’être une vérité historique. Ils constituent une instrumentalisation de l’histoire à des fins politiques.

Pour Boléro, Ali Soilihi est le premier putschiste comorien et il est originaire de la Grande-Comores; et Saïd Mohamed Cheikh est le grand cerveau du transfert de la capitale de l’archipel de Dzaoudzi (Mayotte) vers Moroni, et c’est encore un originaire de Ngazidja. Ces deux éléments d’information sont une vérité historique pour le journaliste intervieweur, ainsi que le Comorien lambda.

Pour le lecteur ou l’auditeur de cette interview, une seule question lui taraude la tête qu’est-ce qu’une vérité historique ? Qu’est-ce qui différencie l’historien, le juge et le journaliste dans l’investigation des faits ? La question du régime de vérité de l’histoire déborde cependant très largement celle de l’impartialité du chercheur et du désintéressement de la recherche. C’est aussi une question de méthode : La vérité en histoire, c’est ce qui est prouvé. Or Boléro n’apporte pas des preuves à l’appui de ces allégations, il fait des déclarations auprès d’un journaliste, il n’est pas un historien spécialiste de l’ histoire politique comorienne. C’est un homme politique comorien comme tant d’autres qui fait son show pour exister politiquement et répondre aux détracteurs qui veulent rabaisser les Mohéliens.

L’investigation, au sens où l’on parle d’investigation d’un juge d’instruction ou d’un journaliste, est la méthode utilisée pour établir des faits, les enchainements, les causes et les responsabilités. Dans sa recherche de la vérité, le juge procède comme l’historien ; il relève toute une gamme de faits, le mobile, les indices et les preuves formelles. La différence entre le juge et l’historien ne réside pas dans l’investigation, mais dans la sentence. Le juge doit trancher, au terme de l’enquête et le doute bénéficie à l’ accusé. L’ historien est plus libre ; il peut suspendre le jugement, et dresser la balance des présomptions et des doutes, car la connaissance échappe aux contraintes de l’action. En   revanche, il y a eu des moments où le journaliste pris dans le vif de l’actualité écrit ou dit des choses avec exactitude et parfois, il diffuse des informations de manière partielle sans vérifier minutieusement ses sources. Pour l’homme politique, l’objectif est de séduire un électorat ou appâter un auditoire, il n’hésite pas à user de la démagogie.

Comme disait Thucydide il faut séparer nettement le merveilleux mythique de la réalité historique, vérifier avec soin ses sources (écrites ou orales) pour démêler le vrai du faux, et de ne pas s’embarrasser d’anecdotes. A force de répéter aux quatre coins des journaux qu’il n’y a pas de vérité en histoire mais seulement des interprétations subjectives et relatives, le public va finir par le croire.

 Mohamed IBRAHIM MIHIDJAY

Colères des politiciens maorais après le Conseil des Ministres de la COI à Moroni

Colères des politiciens maorais après le Conseil des Ministres de la COI à Moroni

Daniel Zaïdani, Président du Conseil Général de Mayotte

Daniel Zaïdani, Président du Conseil Général de Mayotte

Pour consolider leurs relations, les îles de l’océan indien membre de la COI se réunissent chaque année pour discuter sur des points sensibles et importants au sujet de l’économie, l’environnement, la coopération régionale… Du 10 au 11 avril, le Conseil des Ministres de la COI s’est tenue à Moroni pour discuter de l’ouverture de l’organisation à d’autres Etats, son autonomie financière ainsi que d’autres sujets jugés stratégiques. Tous les représentants des îles membres présents se disent satisfaits du déroulé de la réunion et de l’accueil chaleureux qui leur a été réservé par les autorités comoriennes. Par ailleurs, Ahmed Attoumani Douchina, désigné par le président du Conseil Général de Mayotte s’est vu interdit de participer à cette réunion. Un geste qui choque profondément les Maorais en général et une honte pour le Conseil Général en particulier. Le plus triste pour les dirigeants politiques maorais, c’est le fait que Douchina a été interdit par ceux qui étaient censés le défendre. A Mayotte c’était la panique générale, les habitants croyant que la décision venait directement des autorités comoriennes. Mais, mardi 16 avril, lors du journal de 19 heures de Télémayotte, l’invité du jour, Daniel Zaïdani, Président du Conseil Général a donné plus de précisions sur la question. Il a dit comprendre la position des autorités comoriennes sur le représentant maorais. Mais ce ne sont pas eux qui l’ont interdit de prendre part à la réunion selon le président du Conseil Général. C’est plutôt Claudine Ledoux, ambassadrice déléguée à la coopération régionale dans l’Océan Indien. Daniel Zaïdani trouve ce geste très dangereux pour l’avenir et le devenir de Mayotte. « C’est dangereux pour notre département et une honte pour les responsables de la République française qui n’osent pas défendre à haute voix et beaucoup de fermeté le statut de Mayotte à l’extérieur des territoires français, surtout à Moroni » a-t-il déclaré. Le président du Conseil Général a appris aux Maorais qu’il a désigné Attoumani Douchina parce que le Préfet lui avait dit que Mayotte pouvait participer à ce Conseil des ministres de la COI. Ce refus de Claudine Ledoux de la participation d’Attoumani Douchina à cette réunion de la COI s’est produit quelques semaines avant le quatrième anniversaire de la départementalisation de l’île de Mayotte. Il faut également noter que les dirigeants politiques maorais ne sont pas indifférents à ce qui se passe en ce moment en Europe de l’Est, notamment en Crimée, l’annexion de celle-ci par la Russie étant jugée par l’État comorien et dans le monde comme comparable au cas maorais.

Abdourahim Bacari (Papadjo)

BUDGET DE L’UNIVERSITE DES COMORES : L’INSTITUTION EST EN FAILLITE

BUDGET DE L’UNIVERSITE DES COMORES : L’INSTITUTION EST EN FAILLITE

 

UDC

Université des Comores

L’Université des Comores (UDC) a réuni, ce samedi 29 mars 2014, son Conseil d’Administration en vue de l’adoption de son budget 2014. Les 27 administrateurs de l’UDC se sont penchés, toute au long de la journée, à la discussion du budget 2014 après les présentations du rapport d’activités de l’année 2013 par le secrétaire général de l’institution et celui de l’exécution du budget 2013 par l’agent comptable supérieur.

Ce fut l’occasion aussi pour le président Mohamed Rachad Ibrahim de présenter les quatre nouveaux élus du Conseil : Dr Said Hassane, Dr Achmet Said Mohamed, Dr Abdou elwahab Moussa et M. Ramadhoini Djoubeir.

Quant au budget, il faut reconnaitre que la situation est alarmante. Seuls les salaires ont englouti plus de 81% du budget 2013. Et la situation va s’aggraver en 2014, puisque les prévisions font ressortir que le budget de fonctionnement représente 84,25% et la rubrique « Charges du personnel » absorbe 91,40% de recettes prévisionnelles.

Afin de tirer la sonnette d’alarme et prouver que l’université n’a aucune marge de manœuvre en matière financière, l’agent comptable n’a pas fait l’économie des mots et ceux-ci sont déversés, tel un déluge de boue : budget de récession, insuffisance d’autofinancement, goulot d’étranglement pour l’institution… Sauf que, et cela n’a pas échappé à la vigilance des nouveaux élus, aucune mesure n’a été prévue pour réduire ce déficit record qui est de l’ordre de 477 097 789 KMF. D’où l’idée, qui a émergé un moment, de renvoyer l’étude du budget sine die. Un compromis fut trouvé in extremis. On allait soumettre le budget au vote sous réserve des modifications devant réduire le déficit. C’est ainsi que le budget fut adopté avec une légère majorité de 14 voix sur 25, car sept membres du conseil l’ont rejeté et 4 autres se sont abstenus.

Le budget 2014 de l’UDC est constitué d’un budget de fonctionnement de 2 053 613 309 avec de recettes estimées à 1 730 237 724. Pour les investissements, les prévisions en dépenses s’élèvent à 1 814 570 000 avec de recettes de l’ordre de 1 599 200 585 constituées exclusivement d’aides de pays et organismes partenaires, tels le japon, le Qatar, le PNUD et le Service d’Action Culturelle de l’Ambassade de France(SCAC). L’Etat comorien verse 63 millions de subvention d’exploitation par mois sous forme de salaires. Une somme qui s’avère largement insuffisante, car pour payer le salaire mensuel de son personnel, l’université ajoute à la subvention une somme presque équivalente à celle-ci qu’elle puise sur ses fonds propres. Tout le souhait de l’administration de l’UDC est que les autorités étatiques acceptent de verser la subvention sans attendre les moments de versements de salaires des fonctionnaires pour le faire. Il faut savoir que si l’Etat n’apporte pas rapidement son concours financier à l’UDC, celle-ci risque d’appliquer la mesure qui consiste à doubler les frais d’inscription. Ce qui risque d’intensifier la grogne des étudiants, comme celle déclenchée la semaine dernière sur le campus de Nvouni.

MLIMENGU

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Manifestations des lycéens à Moroni

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Un millier de manifestants

 Au troisième jour des manifestations des élèves des lycées et collèges de Ngazidja, un événement exceptionnel est arrivé puisque le Ministre de l’Education, Mohamed Abdoulkarim a été retenu en otage dans le lycée par les élèves pendant près de 5 heures de temps avant d’être relâché après signature par un Secrétaire Général d’un engagement à résoudre les problèmes actuels.

Il semble que ce soit à la suite d’une demande des élèves que le Ministre s’est rendu au Lycée pour discuter avec eux. Suite à un malentendu, cet acte de courage de la part de ce jeune ministre a été suivi par une prise d’aotage.

On rappelle que lundi, alors que les enseignants avaient décidé de mettre fin à leur sit-in commencé devant le lycée depuis vendredi, ce sont les élèves qui ont soudainement pris la relève pour demander que le gouvernement et les enseignants trouvent une solution pour mettre fin aux arrêts de cours trop fréquents. Les élèves étaient très nombreux dans les rues de Moroni, appelant à la démission du Ministre des Finances, Mohamed Ali Saïd alias Mamadou.

La manifestation, au départ pacifique, s’est poursuivie en fin de matinée par des affrontements avec les gendarmes. Selon de nombreux témoignages, les militaires ont fait un usage disproportionné de la force. Les images diffusées aussitôt sur les réseaux sociaux montraient des gendarmes coursant des enfants dans les rues de Moroni, et obligeant certains d’entre eux à sauter dans la mer. Cela a failli coûter la vie à une jeune fille actuellement hospitalisée à l’hôpital Al-Maaruf.

 

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Un gendarme poursuivant un enfant ©Oustadh Padre

Selon, le commandant de la gendarmerie, Abdallah Rafick, cité par l’agence HZK, il y aurait eu une trentaine d’élèves interpellés et près de 120 qui se sont rendus spontanément à la gendarmerie en signe de solidarité avec leurs camarades. Aujourd’hui, seulement sept élèves seraient susceptibles de passer devant un juge, mais sans que la police n’explique pourquoi ces sept là sont plus coupables que le millier qui manifestait.

C’est véritablement un coup de semonce que le gouvernement vient de recevoir, mais le comprendra-t-il ? Au-delà de la prise d’otage que personne ne peut valider comme moyen de négociation, nous avons le sentiment que le gouvernement est dans une bulle et pense que la paix dans la société comorienne est un acquis inébranlable. Or il existe trop de motifs de révolte et certains adultes opportunistes et embusqués sont prêts à faire feu de tout bois.

Mahmoud Ibrahime