municipales

VOUS AVEZ DIT ELECTIONS COMMUNALES ?

VOUS AVEZ DIT ELECTIONS COMMUNALES ?

Archipel des Comores

Archipel des Comores

Le chef de l’Etat a fixé au 2 novembre prochain les élections des députés de l’Union, des conseillers des Iles et des conseillers municipaux. Mais tout observateur avisé du contexte politico-social comorien ne peut s’empêcher de s’interroger sérieusement sur l’opportunité d’organiser des élections locales.

Il est vrai que les comoriens ont expérimenté la gouvernance locale à travers des mairies dites pilotes implantées ça et là sur le territoire, des lois sur la décentralisation, sur l’organisation territoriale et sur le scrutin communal ont été adoptées par l’Assemblée de l’Union en 2011 et des délégations spéciales ont été installées par les autorités insulaires afin de gérer les communes en attendant l’organisation des élections locales. Sauf que nombreuses sont les difficultés qui jalonnent le processus de communalisation aux Comores. Des questions fondamentales liées à l’instauration et au fonctionnement des communes restent encore en suspens.

D’abord, la délimitation des territoires communaux reste une épine dans le pied pour les autorités étatiques. Nombreuses sont les communes dont le territoire n’est pas connu et les conflits liés aux découpages territoriaux sont légion. Nul n’ignore le conflit frontalier qui oppose la Commune de Moroni et la ville d’Itsandra au Nord et celle d’Ikoni au sud, pour ne citer que cet exemple. En dépit des efforts fournis par le gouvernement avec le concours du programme de coopération décentralisée (PDC) financé par l’Union Européenne à travers une étude menée par l’université des Comores, la cartographie de l’île de Ngazidja n’a jamais été finalisée et 11 des 28 communes de Ngazidja n’ont pas de territoire défini.

La multiplication des conflits inter-villageois engendrés par les différends frontaliers et les dégâts matériels et humains que cela a causés plaide pour une prise en considération sérieuse et attentive de la question de délimitation des communes. Le traitement de celle-ci constitue un pré-requis à toute élection communale.

Se posent ensuite les difficultés relatives aux choix des lieux d’installation des Hôtels de ville. La question des sièges des communes se pose avec acuité d’autant plus qu’on a assisté à un embrasement de plusieurs localités de Ngazidja, provoqué par les fortes contestations de choix de certains sièges des délégations spéciales. De nombreux contentieux empoisonnent plusieurs régions de l’île de Ngazidja (Itsandra yadjou, Itsanra Mbagani, Hamahamet Nyumamro, Hambou djoumoipanga, Bamabao yadjou… et nombreuses sont les délégations spéciales installées au forceps par le gouvernorat de l’île.

Vient enfin la question du financement des communes. Jusque-là il n’y a eu aucune étude sérieuse faite par l’Etat sur la mobilisation des ressources devant financer les futures communes. La loi sur la décentralisation a prévu différentes pistes de ressources qui vont des impôts locaux (taxes foncières, taxes d’habitation, patentes) à des dotations étatiques. Reste que les impôts prévus sont en totale décalage avec la réalité économique et sociale comorienne. Il est difficilement envisageable qu’une mairie puisse demander à ses habitants de payer des impôts sur leurs lopins arides ou sur leurs abris en brique, en tôle ondulée ou en paille. Et l’on se demande, à juste titre, où l’Etat va trouver l’argent pour doter les communes alors que lui-même a du mal à joindre les deux bouts. Il ne faut pas perdre de vue que si l’Etat se révèle incapable de financer les communes, il aura du mal à exercer une autorité sur celles-ci. Ce qui constituerait une source supplémentaire d’instabilité de la République en plus des velléités sécessionnistes.

Il faut s’empêcher de jouer l’oiseau de mauvaise augure, mais rien qu’au vu des déchirements causés par l’installation de délégations spéciales à Ngazidja, on ne peut que craindre le pire avec les élections locales à venir.

Abdou elwahab Msa Bacar

Le Gouvernement comorien veut-il renoncer aux élections de 2014 ?

Le Gouvernement comorien veut-il renoncer aux élections de 2014 ?

Palais du peuple, siège de l'Assemblée de l'Union

Palais du peuple, siège de l’Assemblée de l’Union

S’il y a un sujet sur lequel l’Assemblée de l’Union et le gouvernement comorien pourraient parvenir rapidement à une entente, c’est bien celui du report des élections législatives et communales prévues à la fin de cette année.

Pourtant, la Cour constitutionnelle a été claire. Elle a dit que le mandat des députés de l’Union se terminait au mois d’avril 2014 et celui des conseillers des îles en décembre 2014. Dans son arrêt, la Cour ajoutait : « il appartient au Président de l’Union et aux organes en charge des élections, chacun en qui le concerne de prendre les mesures propres à garantir l’organisation des élections des Députes de l’Union des Comores, des Conseillers des Iles, du Président de l’Union et des Gouverneurs des iles autonome dans les délais requis et suivant les conditions prévues par la constitution et la loi électorale » (article 5).

A la suite de cet arrêt de la Cour constitutionnelle le président Ikililou Dhoinine avait réuni, le 12 février 2014, une conférence des grands élus composée du Président de l’Union, des Vice-Présidents, des gouverneurs et des présidents des Assemblées. Cette conférence avait conclu que les élections législatives et communales pouvaient être organisées en novembre et décembre 2014.

La prolongation des mandats et le précédent Sambi

Or, il semble qu’au sein du parlement, comme au sein du gouvernement certains se satisfont de la situation actuelle. Sans vraiment avoir une majorité à l’Assemblée de l’Union, le gouvernement est plutôt préservé et aimerait certainement conserver ce consensus mou jusqu’à la fin du mandat du président Ikililou Dhoinine.

Cela présente plusieurs avantages pour le gouvernement. Le premier est de ne pas créer une effervescence dans une société déjà bousculée par plusieurs mouvements de contestation menés par des catégories diverses dont les jeunes qui ont manifesté trois fois en quelques mois (les lycéens contre la grèves des professeurs, les étudiants de l’université pour dénoncer leurs conditions, et dernièrement plusieurs jeunes ont suivi la manifestation pour réclamer de l’eau et de l’électricité).

Le deuxième avantage qui pourrait pousser le gouvernement à remettre à plus tard les élections législatives et communales c’est la possibilité d’éviter de renforcer l’opposition en se créant une majorité véritablement hostile à l’Assemblée, une majorité qui pourrait imposer au Président de mettre en place un gouvernement avec l’opposition. Une sorte de cohabitation à la française. Les deux dernières années du président Ikililou risqueraient ainsi d’être difficiles pour lui.

La situation actuelle semble également arranger les gouverneurs, y compris Mouigni Baraka qui n’a pas vraiment de majorité au Conseil de Ngazidja et qui a dû faire face à deux motions de censure dirigées contre ses commissaires en l’espace de quelques mois. Il se console en se disant qu’au moins il contrôle l’ensemble des communes puisque c’est lui qui a désigné les maires, sans aucune forme d’élection.

Il est d’ailleurs difficile de prévoir des élections municipales alors qu’après la loi électorale, les députés ont bloqué la loi sur la commune de Moroni sous la pression de groupes de notables. La multiplication des gestes qui peuvent retarder les élections montrent que les députés ne veulent pas quitter leurs fauteuils et les nombreux avantages, et cela ils le prévoient depuis plus d’un an, si l’on en croit les confidences de certains d’entre eux, qui n’hésitent pas à mettre en avant une entente avec l’exécutif pour regrouper toutes les élections en 2016. Mais, les députés pourraient déchanter puisque la Constitution ne prévoit pas un mandat de sept ans pour eux. Donc, à moins de s’inspirer du « cas Sambi » qui a réussi, malgré un arrêt de la Cour constitutionnelle, à faire passer son mandat de 4 à 5 ans en 2010, ils devront quitter leurs postes si les élections ne sont plus programmées en novembre et décembre 2014. Il est d’ailleurs remarquable que malgré l’arrêt de la Cour disant que leur mandat est terminé en avril, l’opposition les laisse encore siéger. Sans doute que celle-ci juge que tout le monde peut attendre les élections prévues à la fin de l’année.

Les bonnes vieilles recettes

Si l’on en croit le compte rendu fait par Beit-Salam.km après la rencontre du président avec une partie de l’opposition ce 9 juin, le président leur a indiqué qu’il fait tout pour que les élections aient lieu aux dates prévues par la conférence des grands élus. Mais, il n’a pas vraiment rassuré ces leaders de l’opposition lorsqu’il a tenu à leur apprendre d’une part que le recensement n’a pas encore atteint 80% des électeurs et d’autre part que les habituels bailleurs de fonds ne se précipitent pas.

On peut être étonné et se demander quand l’Etat comorien pourra intégrer dans son budget le coût des élections prévues des années à l’avance. Mais, on peut aussi craindre que cet argument ne soit utilisé dans quelques mois pour repousser les élections à plus tard et peut-être à 2016. Le financement reste l’argument le plus utilisé ces derniers temps quand un gouvernement veut repousser des élections.

On voit donc que tous les éléments sont réunis pour faire accepter à l’opinion publique un éventuel report des élections prévues en 2014, malgré l’arrêt de la Cour constitutionnelle et malgré le consensus établi par le président de la République lui-même. Mais, c’est un risque que prendrait le président.

D’abord parce qu’à partir de la fin de cette année, le pays s’enfoncerait un peu plus dans l’illégalité, les députés ne pouvant plus prétendre représenter les Comoriens. Les partis de l’opposition pourraient ainsi se radicaliser. Dans cette situation toute forme d’action des partis politiques ou de la société civile afin de mettre fin à cette illégalité serait légitime.

Ensuite, le pays ne pourrait pas vivre deux ans sans parlement national et sans conseil des Iles. C’est une situation qui compromettrait le fonctionnement démocratique, l’équilibre et la séparation des pouvoirs.

Enfin, il serait inconcevable de regrouper cinq élections majeurs en une seule fois en 2016. On court alors le risque de déboussoler l’électeur comorien, qui pourrait être sollicité pour des meetings pour sa commune, des meetings pour l’élection de son conseiller et de son député, des meetings pour l’élection de son gouverneur et enfin pour les deux tours de l’élection du Président de l’Union. Et l’on ne parle pas des erreurs qui pourraient survenir le jour des élections, notamment en ce qui concerne l’élaboration et la compréhension du ou des bulletins de vote.

Il serait tellement plus simple pour le gouvernement actuel de mettre tous les moyens de son côté pour respecter et faire respecter les échéances, tout en se préparant à mener le combat sur le terrain pour remporter les élections, au lieu de prendre le risque de plonger le pays dans l’incertitude et dans une nouvelle crise électorale. Mais pourquoi faire simple quand on peut faire plus compliqué ?

Mahmoud Ibrahime

Le retour de Soimadou à Alwatwan

Le retour de Soimadou à Alwatwan

 

Par le décret n°14-55 du président de la République, Mohamed Abdou Soimadou, actuel maire de Gnoumassirou-Mbeni, et président des Maires de Ngazidja, a été nommé Directeur Général d’Alwatwan en remplacement de Hassane Moindjié, qui avait pris ses fonctions en avril 2012.

Soimadou

Mohamed Abdou Soimadou, nouveau DG d’Alwatwan

Lundi 21 avril, en milieu d’après-midi l’ex-Directeur a annoncé son départ et c’est dans un silence de mort que le nouveau Directeur a dit quelques mots sans entendre une seule voix lui souhaiter la bienvenue.

La nouvelle a créé un certain émoi dans le milieu des facebookers comoriens qui a toujours tendance à refuser ou à se méfier de toute nomination venant du pouvoir actuel. La nouveauté, c’est que cette fois l’inquiétude a atteint la rédaction du journal de l’État, à l’image du jeune journaliste Toyb Ahmed qui a annoncé dès le début un « lundi noir ».

Mohamed Abdou Soimadou n’est pas un inconnu dans la maison puisqu’il l’a dirigée en tant que Ministre de l’information, puis en tant que DG sous la présidence du colonel Azali Assoumani.

Mais pour les jeunes journalistes d’Alwatwan, le nom de Soimadou est synonyme d’attaques en règle contre eux. C’est en tant que Conseiller du Vice-Président chargé des Finances, Mohamed Soilihi alias Mamadou, originaire de Mbeni comme lui, que dans Alwatwan-mag n°15 (mai 2012), il mène l’attaque contre les journalistes qui ont osé remettre en cause certaines pratiques de l’administration financière depuis des années et connues de tous. Le Ministère des Finances fait un droit de réponse sur cinq pages. Mohamed Abdou Soimadou n’y va pas de main morte avec les journalistes d’Al-Watwan qu’il accuse de vouloir nuire à son patron direct et au Président de la République. Il les accuse aussi d’« abus de confiance » (les mots veulent dire ce qu’ils veulent dire, surtout pour l’ancien professeur de français qu’est Soimadou), de « perfidie », de « propagande », de « désinformation », l’intention de « porter une si grave atteinte aux intérêts du pays », de « malhonnêteté », « de mauvaise foi ». Avec autant et d’aussi gentils qualificatifs, on comprend l’inquiétude des journalistes, mais surtout on se demande comment l’auteur de cette missive peut travailler avec de tels journalistes.

Mohamed Abdou Soimadou c’est, pour les anciens journalistes, le théoricien du journalisme d’État. C’est lui qui la première fois, en tant que Ministre de l’information du colonel Azali, a dit ce que devait être un journaliste travaillant pour un organe de l’État : un serviteur, non pas du peuple, ni de l’État, mais du gouvernement, étant entendu que pour lui, ce n’est pas le peuple qui par ses impôts paye les fonctionnaires, mais le gouvernement. Visant notamment Ahmed Ali Amir, il avait déclaré qu’un journaliste d’Alwatwan devait uniquement véhiculer les idées du gouvernement et qu’autrement, il devait aller chercher du travail dans un journal privé. Cette thèse a été remarquablement reprise par le Ministre de l’intérieur et de l’Information Hamada Abdallah récemment, dans une phrase qui restera longtemps dans les Annales du journalisme aux Comores : « Tout journaliste d’un média d’Etat qui veut avoir la liberté d’écrire ou de parler, a l’obligation de se mettre dans le moule du gouvernement, ou bien il doit avoir l’honnêteté intellectuelle d’aller travailler dans un organe privé ».

Contrairement à ce qu’on peut penser Mohamed Abdou Soimadou a eu une longue expérience de journaliste, au sein de l’ASEC. Il a même été Directeur de publication de l’organe de cette association marxiste, Usoni en 1977. C’était le temps des articles glorifiant le camarade Mao et attaquant avec virulence la révolution soilihiste. Le temps où il était de bon ton de chérir le centralisme démocratique et où les militants étaient « cordialement invités » à l’autocritique permanente. Un autre monde.

Depuis, Mohamed Abdou Soimadou a fait du chemin, passant entre les gouvernements et les partis politiques, presque toujours au premier plan. Du Front Démocratique au parti du président Ikililou, en passant par l’UNDC du président Taki. On le croyait Secrétaire Général du RIDJA, il est un des fondateurs de l’UPDC ! À donner le tournis.

Cette nomination est d’autant plus inquiétante qu’elle intervient à l’approche d’élections législatives et municipales que le pouvoir en place craint fortement de perdre. De plus, le parti du président a déclaré récemment sa volonté de devenir le relais de la communication du gouvernement.

Mais, c’est ici que le gouvernement du président Ikililou montre ses faiblesses, il n’a pas pris en compte les changements intervenus dans les médias. Si la télévision et la radio sont encore suivies par beaucoup de Comoriens, la diffusion d’Alwatwan reste symbolique. La censure d’un tel journal ne rapporte qu’une mauvaise image au gouvernement et n’a aucune efficacité. On l’a vu récemment lorsque le Ministre Hamada Abdallah a fait retirer Alwatwan-mag n° 14 des kiosques, il a été lu au delà des lecteurs habituels par la diffusion sur internet. Mais, il est facile de comprendre que les journalistes sont dans la blogosphère et qu’ils peuvent publier ce qu’ils veulent sous des pseudonymes ou par des intermédiaires qui sont de véritables leaders d’opinion. C’est ce qui manque au gouvernement actuel, obligé d’aller chercher dans le passé des médias comoriens Mohamed Abdou Soimadou.

Mahmoud Ibrahime

 

Mohamed Itrisso : MILITANT UN JOUR, MILITANT POUR TOUJOURS !

Itw Mohamed Itrisso :

MILITANT UN JOUR, MILITANT POUR TOUJOURS !

Mohamed Itrisso a 38 ans et déjà une longue vie de militant derrière lui. Il est responsable associatif et dirigeant départemental du PCF13. Il a été désigné par le PCF comme candidat aux prochaines élections municipales sur la liste du Front de Gauche dans le 13e et le 14e arrondissements de Marseille (secteur 7). 

DrapItrisso

Mohamed Itrisso, candidat du 7e secteur à Marseille

Mlimengu. Mohamed Itrisso, vous êtes candidat du Front de Gauche dans le 7e secteur de Marseille, qu’est-ce qui vous motive dans ces élections ?

J’ai fais le choix de m’engager car ceux qui sont actuellement en poste, ont tendance à nous oublier au lendemain des élections et cela ne peut pas durer éternellement. J’aspire à ce que les choses changent vraiment et que nos mots et maux soient pris en compte, mais pour cela nous nous devons d’être au cœur des instances décisionnaires pour que les oubliés d’hier ne le soient plus.

Mlimengu. Comment avez-vous été désigné ?

J’ai été désigné chef de file par mes camarades de la section PCF du 14e arrondissement pour être candidat sur la liste Front de Gauche conduite par Samy Joshua, une grande responsabilité que j’ai accepté d’assumer en me rendant sur le terrain chaque jour.

Mlimengu. Depuis quand militez-vous dans le PCF ? Pourquoi avoir adhéré à ce parti ?

Je milite depuis plus de 20 ans au sein de structures humanistes et des droits de l’homme, contre les inégalités et injustices sociales. Mon adhésion a ce parti s’est fait très naturellement par rapport aux luttes, les valeurs de solidarité et surtout pour la proximité avec des personnes en difficulté.

Mlimengu. On ne vous a pas vu sur la scène des Docks lors de la Grande Messe de certains candidats d’origine comorienne. Pourquoi ?

Je n’ai pas adhéré au projet du collectif qui en réalité n’existe pas.  J’ai participé à quelques réunions ou aucune projection sur l’avenir n’était proposée malgré mes relances à ce sujet. Seule réponse :  » Nous voulons des élus d’origine comorienne pour défendre les intérêts de la communauté, pour dénoncer et combattre ceux qui la dénigre ».

Je n’ai pas attendu ce collectif pour militer, dénoncer et lutter contre tous ceux qui stigmatisent la communauté  comorienne et toutes les autres.

Mlimengu. Que pensez-vous des candidats sans parti qui se baladent entre la gauche et la droite selon leurs intérêts ? ou ceux qui changent de parti parce qu’ils n’ont pas eu des satisfactions personnelles ?Pour moi c’est un vrai problème de convictions et de légitimité. Cela va à l’encontre des vrais militants, qui œuvrent pour l’intérêt générale et non pour une place ou des intérêts carriéristes.

Je ne conçois pas la politique comme un métier ou une source de revenu mais un devoir citoyen au service du bien commun.

Mlimengu. Que pensez-vous pouvoir apporter à votre ville Marseille et au 13e et 14e arrondissement ?

J’espère répondre à la confiance de celles et ceux qui feront que demain je sois élu, pour porter la voix des invisibles, ceux qui vivent au quotidien la précarité, la misère sociale et qui subissent toutes les formes de discriminations de tous genres au plus haut niveau de la municipalité. Faire bouger les lignes au sein des instances décisionnaires pour que les citoyens soient consultés et décident aussi de leur devenir. Car nous sommes riches de femmes et d’hommes compétents dans nos quartiers mais certains, comme le maire sortant au pouvoir depuis 18 ans, ont fait le choix de nous oublier, en nous sacrifiant pour satisfaire leurs amis du privé et de la finance.

Je veux et serai un élu de terrain  pour que le peuple se réapproprie la politique et le pouvoir qui doit être le sien, afin que le vivre ensemble soit le fondement du nouveau Marseille. Il faut que l’on mette en lumière la richesse multiculturelle de Marseille, cette belle mosaïque qui n’existe nulle part ailleurs.

Propos recueillis par Mahmoud Ibrahime

Ibrahim Mze : La fidélité à ses convictions est quelque chose de fondamental pour moi

Ibrahim Mze : La fidélité à ses convictions est quelque chose de fondamental pour moi

Ibrahim Mze candidat du Front de Gauche dans le 8e secteur de Marseille

Ibrahim Mze candidat du Front de Gauche dans le 8e secteur de Marseille

Mlimengu. Ibrahim Mze, vous êtes candidat du FG dans le 8e secteur de Marseille, qu’est-ce qui vous motive dans ces élections ?

Ibrahim Mze. La politique menée à Marseille depuis dix neuf ans n’a fait qu’accentuer les inégalités sociales, économiques et territoriales. Et bien entendu, cela a profondément précarisé bon nombre de Marseillais dont ceux qui vivent dans certains quartiers. Alors, pour un réel changement, il faut qu’on s’engage, qu’on soit acteur et non spectateur. Agir et non subir, voilà ce qui me motive.

Mlimengu. Comment avez-vous été désigné ?

Ibrahim Mze. Je suis Secrétaire de la section 15e Nord du Parti Communiste,  Parti dans lequel j’ai toujours milité. Alors, j’ai été désigné par ma section pour être  candidat sur la liste du Front de Gauche, co-listier de notre tête de liste Jean-Marc Coppola. Et je suis en 3e position.

Mlimengu. Depuis quand militez-vous dans le Front de Gauche/PCF ? Pourquoi avoir adhéré dans ce parti ?

Ibrahim Mze. J’ai d’abord milité au Mouvement des Jeunes Communiste depuis 1990. Ensuite, après l’assassinat de notre petit frère Ibrahim Ali par des colleurs d’affiches du Front National en 1995, j’ai rejoint le Parti communiste parce que j’ai été frappé par la forte implication et la mobilisation sans faille de ces hommes et ces femmes appartenant à ce Parti. La lutte contre le racisme et les inégalités a été un moteur essentiel pour mon engagement au sein du PCF.

Mlimengu. On ne vous a pas vu sur la scène des Docks lors de la Grande Messe de certains candidats d’origine comorienne. Pourquoi ?

Ibrahim Mze. Sur cette question, je n’ai pas de leçons à donner parce que chacun agit selon sa conscience, sa perception de l’engagement politique. Je sais seulement que dans les Partis politiques dont nous sommes issus, chacun doit être évalué sur ses compétences, son engagement, son implication. En aucun moment, l’origine sociale ou ethnique ne doit être un faire-valoir pour accéder à une liste, sinon c’est se faire injure soi-même et mettre en gage auprès des politiques la communauté dont on est issu, comme on mettrait un bijou de famille au Crédit Municipal. Voilà comment je conçois l’engagement en politique.

Mlimengu. Que pensez-vous des candidats sans parti qui se baladent entre la gauche et la droite selon leurs intérêts ? ou ceux qui changent de parti parce qu’ils n’ont pas eu des satisfactions personnelles ?

Ibrahim Mze. La fidélité à ses convictions est quelque chose de fondamental pour moi. On ne doit pas se renier. Mais, encore une fois, chacun doit interroger sa conscience.

Mlimengu. Que pensez-vous pouvoir apporter à votre ville Marseille et au 15e et 16e arrondissement ?

Ibrahim Mze. Comme je vous disais, les inégalités se sont creusées. Prenez l’exemple du logement. Nous savons que le logement est un facteur essentiel pour une meilleure intégration sociale, pour préparer l’avenir de ses enfants, or, à Marseille, comme l’emploi d’ailleurs, c’est une véritable catastrophe. La ville a un parc de 60.000 logements sociaux et 30.000 demandes non satisfaites. Devant cette situation grave et urgente, au Front de Gauche, nous disons qu’il faut impérativement repartir la construction des logements locatifs sociaux de façon équitable. Nous pouvons ainsi atteindre un objectif de 25%  dans chaque arrondissement. Nos quartiers souffrent d’autres problèmes notamment celui du transport. Il y a un manque de moyens de transport digne de la deuxième ville de France, pas de Métro ni Tramway pour desservir ces arrondissements. Nous voulons que Marseille change, que cette ville soit à gauche et ce sont les élus du Front de Gauche au Conseil municipal qui pourront influer fortement pour avoir une réelle politique de gauche. Et nous nous battrons bec et ongles contre toutes les inégalités pour apporter des réponses justes aux Marseillais.

Propos recueillis par Mahmoud Ibrahime

Aniami Mchangama : « La reconnaissance de mon engagement »

Aniami Mchangama

« La reconnaissance de mon engagement »

DrapAniami

Aniami Mchangama, conseillère municipale d’Argenteuil (95)

 

A 49 ans, Aniami est une maman comblée, assistante de Direction et Présidente de la Fondation des Étudiants comorien à l’Étranger (FEC). Elle est engagée dans le parti socialiste depuis une dizaine d’années. Elu conseillère municipale d’Argenteuil dans la précédente législature, elle est de nouveau sur la liste de son parti pour les prochaines élections municipales.

 

Mlimengu – Mme Aniami Mchangama, quel sens donnez-vous à votre présence  au sein de la liste du Parti Socialiste à Argenteuil ?

Aniami Mchangama – C’est une reconnaissance du travail que j’ai fourni depuis six ans, la reconnaissance de mon engagement et surtout le résultat de mes convictions qui n’ont jamais vacillées.

Mlimengu – Êtes-vous en position éligible dans cette liste ?

Aniami Mchangama – Il s’agit de la liste sortante, sur 55 colistiers, je suis à la 30e place, donc éligible.

Mlimengu – De quelles activités, réalisés durant le  mandat qui s’est écoulé, êtes-vous le plus fière ?

Aniami Mchangama – Après avoir eu une délégation sur un quartier au début du mandat, je me suis vu confier le développement de la vie associative et le bénévolat.

Argenteuil a un tissu associatif très important. Sur plus de 1 600 associations déclarées près d’un quart est très active.

Je suis particulièrement très fière de l’évolution du Téléthon sur ma ville. En effet, lorsque j’ai eu la charge de cette délégation, en 2010, nous étions à une récolte de dons s’élevant à 24 000€. Nous n’avons jamais cessé d’évoluer positivement, malgré la crise, pour atteindre trois ans plus tard (décembre 2013) plus de 40 000 € sur la ville.

Je pense avoir accompli ma mission en développant un certain dynamisme au sein du tissu associatif qui a donné ce bon résultat au téléthon.

J’en profite pour remercier ces bénévoles qui donnent de leur temps, de leur énergie et de leur savoir pour le bien être des autres.

Aniami

En pleine campagne

Mlimengu – Vous êtes depuis longtemps très active au sein du Parti Socialiste, de quand date cet engagement et pourquoi ?

Aniami Mchangama – Je n’avais que 17 ans lors de la première élection de François MITTERRAND, et je me souviens de l’euphorie de cette époque. Ce sont des périodes qui marquent la vie d’un(e) jeune. Je suis donc naturellement devenue une femme de gauche.

C’est au PS et dans ses valeurs que je me retrouve.

J’ai d’abord œuvré dans le monde associatif, tout en étant sympathisant au PS. J’y suis complétement engagée depuis 2004.

Mlimengu – Vous êtes très active au sein de la communauté comorienne et dans les actions en direction des Comores, pensez-vous comme certains qu’il y a contradiction entre vos activités politiques en France et les actions avec votre pays d’origine ?

Aniami Mchangama – Pourquoi y en aurait-il ? Cette question on ne la pose pas à un Français de souche (blanc de peau). On ne la poserait pas non plus à une personne d’une autre origine qui s’engagerait à apporter son aide aux Comores.

Je suis une élue Française au même titre que Daniel Goldberg, président de l’amitié France-Comores à l’Assemblée Nationale, tous les deux au PS. À lui, on ne lui pose jamais la question sur son engagement envers les Comores.

Les Comores ce sont  mes racines, et comme je le dis souvent, je suis un arbre qui a besoin de ses racines pour tenir debout.

Propos recueillis par Mahmoud Ibrahime

Aboudou Zaabay : je souhaite mettre mon expérience professionnelle au service de la commune

Zaabay AboudouABOUDOU ZAABAY est le candidat du Parti Socialiste aux municipales dans la ville de Nemours, en Seine et Marne.
Ingénieur, Chef de projet, il a pour ambition de prendre la ville à la candidate de l’UMP.
MLIMENGU. Aboudou Zaabay, vous êtes candidat socialiste à la Mairie de Nemours (77), qu’est-ce qui vous motive dans cette candidature ?
Beaucoup de choses vont mal à Nemours. Je souhaite mettre mon expérience et mon énergie au service des Nemouriens, pour faire bouger les choses, notamment en direction des jeunes.
MLIMENGU. Comment avez-vous été désigné ?
J’ai été désigné le 10 octobre dernier, par les adhérents Nemouriens de la section socialiste Nemours-Gâtinais. J’étais le seul candidat.
MLIMENGU. Depuis quand êtes-vous au Parti Socialiste ? Pourquoi dans ce parti ?
Je me suis engagé au Parti Socialiste depuis 1993 au moment de la défaite historique subie par ce parti aux législatives. Depuis 2010, je suis le secrétaire de la section Nemours-Gâtinais. Pour moi, c’est le parti où je peux lutter contre les injustices et réduire les inégalités.
MLIMENGU. Depuis quand vivez-vous à Nemours ? Connaissez-vous suffisamment la ville ?
J’habite Nemours depuis 2002 et je suis très impliqué dans différentes associations de la commune et des environs. Je suis aussi de près la vie municipale en assistant à tous les conseils municipaux. Je connais donc bien la ville.
MLIMENGU. Que pensez-vous pouvoir apporter à votre ville ?
En tant que chef de projet, je souhaite mettre mon expérience professionnelle au service de la commune notamment sur le sujet de l’emploi à Nemours. Mon implication dans la politique m’a permis aussi de découvrir beaucoup de choses et de connaître des personnes qui peuvent nous aider.
MLIMENGU. Vous venez de sortir une autobiographie*, pourquoi maintenant ?
Beaucoup de mes amis français notamment Nemouriens ne connaissent pas forcément les Comores et mon parcours. Cette autobiographie leur est destinée. Je l’ai écrite aussi pour les  jeunes comoriens qui ne me connaissent que de nom.
MLIMENGU. Votre adversaire est sur le poste depuis longtemps, comment évaluez vous vos chances de la détrôner ?
Ce n’est pas parce qu’on est sur le poste de maire depuis longtemps qu’on gagne forcément l’élection.
Je connais cette ville et j’ai un projet pour Nemours. Par ailleurs, depuis les élections régionales de 2010, la gauche à toujours gagné sur la commune de Nemours. Donc nous avons toutes nos chances pour gagner le 30 mars.
Propos recueillis par Mahmoud Ibrahime
*Aboudou Zaabay, Du pays d’où je suis au pays dont je suis, Coelacanthe, mars 2014, 70p. Plus de renseignement ici : http://www.editions-coelacanthe.com/PBSCCatalog.asp?ItmID=13832455