Natidja Hamidou

Coopération décentralisée franco-comorienne

COOPERATION

Au centre de l’image: Abdillah Ibrahim

Interview d’Abdillah Ibrahim, président de la PFAC de Seine-Saint-Denis : «C’était une bonne occasion pour renforcer le processus de mise en place des collectivités territoriales aux Comores».

 

Des assises sur la coopération décentralisée franco-comorienne se sont tenues à Moroni du 28 au 29 juin dernier. Pour en savoir plus, Mlimengu s’est entretenu avec Abdillah Ibrahim, président de la plate-forme des associations comoriennes de la Seine Saint-Denis qui a été dépêché aux Comores pour y prendre part. Interview.

Mlimengu : quels sont les objectifs de votre mission aux Comores ? Quel est le but à atteindre ?

Abdillah Ibrahim : Je suis venu représenter le maire de Sevran en tant que conseiller municipal et la PFAC 93 (Plate-forme des associations comoriennes de la Seine-Saint-Denis) en tant que coordinateur général, à l’invitation de l’ambassade de France et de l’association des maires des Comores, aux assises de la coopération décentralisée franco-comorienne, tenues à Moroni les 28 et 29 juin derniers.

Ces assises rassemblaient les collectivités françaises ayant des partenariats de coopération avec les collectivités comoriennes. La municipalité de Sevran et la PFAC 93 que je représentais, sont impliquées comme beaucoup d’autres structures, dans cette dynamique. C’était une bonne occasion pour renforcer le processus de mise en place des collectivités territoriales aux Comores. A ce stade de la mise en place des institutions territoriales comoriennes, ces rencontres sont productives.

M.L : comment se sont déroulées les assises ? Et combien de temps ont –elles duré ?

A.I: Sur le plan technique, les assises se sont bien déroulées. Elles ont permis aux collectivités françaises engagées dans le cadre de la coopération décentralisée avec les Comores, de faire le déplacement et manifester leur volonté de coopérer avec l’archipel pour des intérêts mutuels.

Les travaux se sont réalisés en ateliers techniques durant les deux jours. Des échanges et des informations très pertinents ont bordé le menu des différentes rencontres.

La coopération décentralisée est un dispositif volontaire de solidarité autorisée par la loi. C’est un aspect qui doit être bien compris par la diaspora et les autorités locales comoriennes.

 C’est en ce sens qu’on doit mesurer le rôle d’une structure comme la PFFAC 93 dans les relations entre Ngazidja et le département de la Seine-Saint-Denis, par exemple. Les partenaires ne peuvent pas mettre en place des dispositifs si nous, originaires de Comores ne sommes pas demandeurs. Ils tiennent compte des préoccupations qui sont les nôtres et des intérêts de chacun.

Je précise que la Seine-Saint-Denis était bien représentée avec l’île de la Réunion, par rapport aux autres collectivités françaises présentes à ces assises. Cela prouve bien que la dynamique nourrie par l’implication de la communauté résidente sur les territoires dont certains d’entre nous avons des responsabilités, a une influence positive.

M.L : quels sont les résultats obtenus ?

A.I : Les résultats attendus de ces assises sont constitués ainsi : d’abord, il y a l’engagement des collectivités françaises présentes à agir pour le renforcement et la consolidation du processus de structuration. Ensuite, vient s’ajouter l’appui à l’administration et la gouvernance locale à travers l’accompagnement des communes et des gouvernorats dans la gestion locale. Enfin, il y a également, l’appui et la valorisation des territoires et l’émergence des dynamiques de développement.

Personnellement, je suis persuadé que si les partenaires comoriens s’en saisissent de l’opportunité, l’impact serait positif.

M.L : Les autorités comoriennes ont refusé la participation des maires de Mayotte à la demande de la France. Le gouvernement a-t-il justifié ce refus ? Pourquoi avez vous accepté de continuer le travail sans les élus Mahorais ?

A.I : Le refus de l’Etat comorien à une délégation française de Mayotte relève de sa souveraineté. Il ne m’importe pas d’en chercher des justificatifs. Il est bien vrai que la partie officielle de la programmation de l’événement est reportée ultérieurement, selon l’expression du président de la République, lors d’une réception qu’il a accordée à notre délégation. Toutefois, je conçois que la poursuite des travaux constitue l’essentiel mais les autres enjeux ne sont pas non plus négligeables.

Il était très utile de remplir notre mission et envisager des mesures qui permettront aux deux parties de continuer à œuvrer ensemble dans la voie de la pérennisation des efforts pouvant rapprocher les territoires et les habitants de nos deux pays pour les intérêts réciproques.

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU

Un festival pour la valorisation des boutres aux Comores.

Djahazi

Peinture:  Abdou MWEWU

 

Du 21 au 23 juillet dernier, a eu lieu à Moroni la première édition du « Festival Djahazi ». Celui-ci a été initié et organisé par l’association Djahazi dans le but de démontrer l’utilité des boutres aux Comores et la place qu’ils occupent dans notre passé commun.

Cet ancien moyen de transport, disparu depuis plusieurs années,  semble être méconnu par la jeunesse comorienne  D’ailleurs, cela fait partie des objectifs de ce festival. Il ne s’agit pas seulement de mettre en valeur la culture comorienne mais aussi de sensibiliser la population sur la disparition de ce patrimoine culturel.

Plusieurs activités étaient au programme notamment des expositions photos, des contes, une projection d’un documentaire sur les boutres… Elles se sont toutes déroulées dans la capitale. Les organisateurs de ce festival ont manifesté leur joie et ont affirmé une réussite de l’événement. Il faut espérer pour la prochaine édition, que les activités soient dispersées dans les autres villes et pourquoi pas dans les autres îles.

Natidja HAMIDOU