Ngazidja

Interview Hassani Hamadi. « La révision de la constitution n’est pas nécessairement obligatoire si la vie de chaque île est réellement meilleure ».

Les Candidat aux élections présidentielles de 2016 aux Comores et de gouverneur de Ngazidja respectivement Mze Abdou Soule Elbak et Hassani Hamadi, ont tenu un meeting l’après midi du samedi 30 janvier à Pierrefitte sur seine en région parisienne devant la diaspora comorienne de France. Mlimengu s’est entretenu avec Hassani Hamadi pour en savoir davantage sur leurs projets. 

HassaneHamadiMlimengu : Pourquoi tenir un meeting en France tout en sachant que la diaspora comorienne ne votera pas le mois prochain ?

Hassani Hamadi : Malheureusement la diaspora comorienne n’a pas le droit de voter. Mais ce sont des Comoriens qui contribuent au développement des Comores. Ils ont une influence significative au développement national. J’ai été élevé en France, ce sont mes parents, mes amis, il est normal que je vienne les informer, leur demander leur appui, afin que demain les élections se passent dans de bonnes conditions, et que je sois élu. Après, j’aurai besoin de leur appui pour gouverner et développer le pays mais aussi les aider. Je voudrai les aider à voyager convenablement avec des conditions significatives et réellement accessible à tous, et enfin de pouvoir contribuer comme ils le font tous les jours à la croissance économique du pays en envoyant des devises mais aussi au développement national en venant chaque année organiser des activités sociales, culturelles, etc.

ML : Pourquoi une alliance de votre parti et celui de Mze Abdou Soule Elbak ?

H.H : Pour moi Mze Soule Elbak est une référence. Il a pu créer ce qu’on appelle « Mdjidjengo ». C’est une institution de l’île insulaire de Ngazidja qui a pu réellement vivre malgré les difficultés qu’il a connues durant cinq ans. Il est un candidat crédible puisqu’il se met toujours à la disposition de la population et il est toujours à l’écoute de la population. Il a contribué énergiquement à réaliser pas mal d’œuvres aux Comores notamment des routes, des écoles, des postes de santé, et même des hôpitaux. Quand on a besoin de lui, il est toujours là. Et il respecte tout ce qu’il dit et le réalise contre vents et marées. C’est un homme crédible. J’ai confiance en lui et j’espère construire le pays avec lui.

ML : quelles sont vos priorités pour l’île de Ngazidja pendant le quinquennat si vous êtes élus ?

H.H : J’ai cinq priorités. La première est de pouvoir assurer la survie des Comoriens de la Grande-Comores. La survie, cela veut dire les aider à se nourrir convenablement, les aider à se soigner, pouvoir éduquer et insérer les jeunes qui seront réellement natifs de cette population. J’espère pouvoir également créer les conditions significatives et suffisantes pour qu’il y ait des communes compétitives complémentaires, et solidaires, pour qu’ensemble ces communes puissent assurer le bien être de la population locale. Dans chaque village je vais essayer de faire en sorte que la commune puisse être représentée et leur donner l’autonomie, notamment la ville de Moroni avec un statut spécial. Essayer de faire en sorte que les régions, villes et villages puissent être gérés avec un représentant de l’île autonome de Ngazidja qui sera élu sous la base de condition légale et qui s’appellera maire de la municipalité ou maire de la commune.

ML : L’opinion pense que Ngazidja est privé de ses droits au profit des deux autres îles, est ce le cas ?

H.H : En général chaque île est autonome suivant la loi. Chaque île est autorisée à négocier suivant la coopération décentralisée. Chaque île peut créer une structure économique ou sociale qui n’existe pas au niveau de l’Etat. Donc je ne vois pas comment on peut m’empêcher d’aider la population, les représentants des Comores ayant les possibilités de créer des conditions pour leur propre avenir notamment dans le domaine de l’emploi, la qualification, l’accès aux technologies et au crédit. J’espère mettre des structures économiques, des entreprises publiques ou semi-publiques qui accompagneront chaque citoyen dans la prise en main de son avenir. C’est-à-dire créer des conditions pour que chaque enfant des Comores puisse accéder à une école spécialisée, une école normale mais qui intègre l’arabe, l’anglais, l’informatique et le français comme matières obligatoires pour l’enseignement primaire et secondaire.

ML : la population estime que la constitution est séparatiste, selon vous, faut-il la réviser ?

H.H : La révision de la constitution n’est pas nécessairement obligatoire si la vie de chaque île est réellement meilleure. Si chaque île vivait convenablement et que les habitants ont de meilleures conditions pour vivre sereinement et en sécurité, je pense que la révision de la constitution n’est pas obligatoire. Réellement le problème n’est pas la constitution, le problème ce sont les hommes qui ne veulent pas appliquer la constitution. Au lieu de changer la constitution, il faut changer les hommes, raison pour laquelle je me porte candidat au poste de gouverneur et j’appuie Mze Soule Elbak au poste de président de la République. Et ensemble, noud espérons rassembler tous les Comoriens pour que nous agissions dans le bon sens afin d’aider les Comores.

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU

Le Ministre Houmed Msaidié a remis des écharpes aux couleurs nationales aux Maires

C’est l’un de résultats du premier congrès des Maires des Comores qui s’est tenu à Mutsamudu en juin dernier en présence du Ministre de l’Intérieur. Les écharpes des élus municipaux seront maintenant uniquement aux couleurs du drapeau national et non aux couleurs des îles.

Un Maire de Ngazidja avec la nouvelle écharpe

Le Ministre Houmed Msaidié remettant la nouvelle écharpe aux élus maires de Ngazidja

Ce samedi le Ministre de la Décentralisation, Houmed Msaidié, a remis un lot des nouvelles écharpes aux maires des différentes communes de l’île de Ngazidja. Cette remise a fait l’objet d’une réception organisée ce samedi au Ministère de l’Intérieur.

Ce geste a été très apprécié par les élus. Il s’agissait pour le Ministre d’honorer ces dignitaires qui se sont engagés à travailler en harmonie pour l’intérêt public.

Les Maires avec la nouvelle écharpe

Les Maires avec la nouvelle écharpe

Le Ministre a saisi cette occasion pour informer les magistrats communaux des travaux en cours. Très prochainement des documents facilitant le transfert des compétences entre autres l’état-civil et l’harmonisation de la nomenclature budgétaire de l’ensemble des îles comoriennes. Cela devra permettre d’éviter les anomalies administratives dont sont victimes les citoyens.

A leur tour, les élus n’ont pas omis d’énumérer certaines prérogatives favorables à leur bon fonctionnement notamment la mise à leur disposition d’une police municipale. Sur ce point, le Ministre, s’est dit sensible à cette question et a assuré que les élus peuvent compter sur le soutien de la gendarmerie nationale en attendant la mise en place de la police municipale.

Moroni, le 5 juillet 2015

Yasmina Mohamed Chaihane

Service de presse du Ministère de l’Intérieur

La réponse du Ministre de l’Intérieur a été claire : la paix et la stabilité du pays seront préservées

La réponse du Ministre de l’Intérieur a été claire : la paix et la stabilité du pays seront préservées

Le Ministre de l’Intérieur, en charge des élections et Porte-parole du Gouvernement, Houmed Msaidie a tenu une conférence de presse pour répondre à l’ultimatum lancé par le parti JUWA dans une conférence organisée plus tôt ce vendredi matin.

Houmed Msaïdié, ancien Ministre

Houmed Msaïdié, ancien Ministre

Le Ministre de l’Intérieure a réaffirmé la position du Gouvernement : les prochaines élections présidentielles se dérouleront dans le respect de la tournante et des principes appliqués en 2002, en 2006 et en 2010.

Le parti JUWA évoque l’organisation d’un référendum comme en 2009 et affirme que c’est le seul moyen d’éviter une « guerre civile », en d’autres termes il se dit prêt, par tous les moyens, à imposer la candidature de l’ancien président de l’Union des Comores, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Le Parti Juwa et ses alliés font semblant d’ignorer les limites financières du pays mais aussi les multiples problèmes d’ordre social auxquels le peuple comorien doit faire face.

De son côté, le Gouvernement prendra toutes les dispositions nécessaires afin de garantir la stabilité et la sécurité des citoyens. Il ne s’agit pas d’influencer la Cour Constitutionnelle, mais plutôt de prendre des mesures préventives, sachant que c’est aussi le rôle de l’Etat de préserver la paix et la stabilité du pays.

Le porte parole du Gouvernement a révélé aux partis politiques que la tournante revient à l’île de Ngazidja. Il a ajouté que l’Etat prendra toutes les dispositions nécessaires pour maintenir la stabilité du pays.

Moroni, le 3 juillet 2015

Yasmina Mohamed Chaihane

Service Presse du Ministère de l’Intérieur

VOUS AVEZ DIT ELECTIONS COMMUNALES ?

VOUS AVEZ DIT ELECTIONS COMMUNALES ?

Archipel des Comores

Archipel des Comores

Le chef de l’Etat a fixé au 2 novembre prochain les élections des députés de l’Union, des conseillers des Iles et des conseillers municipaux. Mais tout observateur avisé du contexte politico-social comorien ne peut s’empêcher de s’interroger sérieusement sur l’opportunité d’organiser des élections locales.

Il est vrai que les comoriens ont expérimenté la gouvernance locale à travers des mairies dites pilotes implantées ça et là sur le territoire, des lois sur la décentralisation, sur l’organisation territoriale et sur le scrutin communal ont été adoptées par l’Assemblée de l’Union en 2011 et des délégations spéciales ont été installées par les autorités insulaires afin de gérer les communes en attendant l’organisation des élections locales. Sauf que nombreuses sont les difficultés qui jalonnent le processus de communalisation aux Comores. Des questions fondamentales liées à l’instauration et au fonctionnement des communes restent encore en suspens.

D’abord, la délimitation des territoires communaux reste une épine dans le pied pour les autorités étatiques. Nombreuses sont les communes dont le territoire n’est pas connu et les conflits liés aux découpages territoriaux sont légion. Nul n’ignore le conflit frontalier qui oppose la Commune de Moroni et la ville d’Itsandra au Nord et celle d’Ikoni au sud, pour ne citer que cet exemple. En dépit des efforts fournis par le gouvernement avec le concours du programme de coopération décentralisée (PDC) financé par l’Union Européenne à travers une étude menée par l’université des Comores, la cartographie de l’île de Ngazidja n’a jamais été finalisée et 11 des 28 communes de Ngazidja n’ont pas de territoire défini.

La multiplication des conflits inter-villageois engendrés par les différends frontaliers et les dégâts matériels et humains que cela a causés plaide pour une prise en considération sérieuse et attentive de la question de délimitation des communes. Le traitement de celle-ci constitue un pré-requis à toute élection communale.

Se posent ensuite les difficultés relatives aux choix des lieux d’installation des Hôtels de ville. La question des sièges des communes se pose avec acuité d’autant plus qu’on a assisté à un embrasement de plusieurs localités de Ngazidja, provoqué par les fortes contestations de choix de certains sièges des délégations spéciales. De nombreux contentieux empoisonnent plusieurs régions de l’île de Ngazidja (Itsandra yadjou, Itsanra Mbagani, Hamahamet Nyumamro, Hambou djoumoipanga, Bamabao yadjou… et nombreuses sont les délégations spéciales installées au forceps par le gouvernorat de l’île.

Vient enfin la question du financement des communes. Jusque-là il n’y a eu aucune étude sérieuse faite par l’Etat sur la mobilisation des ressources devant financer les futures communes. La loi sur la décentralisation a prévu différentes pistes de ressources qui vont des impôts locaux (taxes foncières, taxes d’habitation, patentes) à des dotations étatiques. Reste que les impôts prévus sont en totale décalage avec la réalité économique et sociale comorienne. Il est difficilement envisageable qu’une mairie puisse demander à ses habitants de payer des impôts sur leurs lopins arides ou sur leurs abris en brique, en tôle ondulée ou en paille. Et l’on se demande, à juste titre, où l’Etat va trouver l’argent pour doter les communes alors que lui-même a du mal à joindre les deux bouts. Il ne faut pas perdre de vue que si l’Etat se révèle incapable de financer les communes, il aura du mal à exercer une autorité sur celles-ci. Ce qui constituerait une source supplémentaire d’instabilité de la République en plus des velléités sécessionnistes.

Il faut s’empêcher de jouer l’oiseau de mauvaise augure, mais rien qu’au vu des déchirements causés par l’installation de délégations spéciales à Ngazidja, on ne peut que craindre le pire avec les élections locales à venir.

Abdou elwahab Msa Bacar

Conseil de l’île de Ngazidja : la motion de censure est invalidée

Conseil de l’île de Ngazidja : la motion de censure est invalidée

Le Gouverneur Mouigni Baraka

Le Gouverneur Mouigni Baraka

Après avoir reporté à deux reprises leur décision pour permettre aux avocats des deux parties d’apporter les documents manquant dans leurs dossiers, les sages de la Cour Constitutionnelle de l’Union des Comores ont décidé d’invalider la motion de censure annoncée comme ayant été votée par 17 membres du Conseil de l’Ile de Ngazidja contre les Commissaires de Mouigni Baraka le 10 mai dernier.

Plusieurs observateurs de la vie politique comorienne s’attendaient à ce que celle qu’on avait autrefois surnommée « l’incompétente » se déclare incompétente sur cette affaire de motion de censure au sein du Conseil de l’Ile. Les sages ont réagi autrement, déclarant recevable le recours de deux conseillers qui ont dénoncé des irrégularités dans l’adoption de cette motion de censure. Ils ont  donc décidé de juger cette affaire sur le fond en demandant à l’avocat des conseillers favorables à la motion, Me Mahamoud et celui des deux conseillers à l’origine de la procédure, Me Azad, de constituer leurs dossiers.

Le 19 juin dernier, soit plus d’un mois après, la Cour constitutionnelle a déclaré la deuxième tentative de motion de censure du Conseil de Ngazidja « nulle et de nul effet ». Elle s’est basée sur le fait qu’un conseiller parmi les 16 qui avaient déposé la motion de censure s’était désisté et donc que le quorum pour pouvoir déposer une motion n’avait pas été atteint.

L’avocat des conseillers favorables à cette motion a exprimé sa déception, mais a signifié à ses clients qu’il n’y a pas d’autres recours, rappelant ainsi le respect de la plus haute juridiction du pays.

C’est la deuxième motion de censure qui vise les commissaires du Gouverneur Mouigni et qui n’abouti pas.

Mahmoud Ibrahime

Lire aussi : https://mlimengu.com/2014/05/12/les-commissaires-de-ngazidja-censures/

 

Les Commissaires de Ngazidja censurés

Samedi 10 mai, les Conseillers de l’île de Ngazidja ont voté une motion de censure contre les commissaires de l’île. Selon l’article 57 de la constitution de l’Ile autonome de Ngazidja la motion de censure devait être votée par les 2/3 des conseillers, 17 ont voté pour.

Le Gouverneur Mouigni Baraka

Le Gouverneur Mouigni Baraka

Dans ce cas de figure le même article 57 prévoit que le doyen des commissaires remet, au nom de l’équipe, leur démission au Gouverneur de l’île.

Cette motion avait été déposée au moins 48 heures avant l’intervention du vote et le gouverneur Mouigni Baraka n’avait pas réagi, comme l’ensemble de son équipe. Les 16 conseillers qui l’ont déposée se plaignent du fait que quatre commissaires convoqués pour être entendus par les conseillers n’avaient pas trouvé utile de se déplacer. Ajouter à cela le fait que certains se rendent devant les conseillers sans avoir de réponse à fournir, l’attitude des commissaires et du gouverneur à l’égard de cette institution s’apparente de plus en plus à du mépris. En tout cas, c’est le sentiment de la grande majorité des conseillers qui ont voté cette motion.

Une motion avait déjà été déposée le 26 décembre 2013, mais avait été rejetée in extremis, grâce à l’implication personnelle du gouverneur. Cette fois, nous sommes en droit de nous demander si le Gouverneur avait oublié qu’une motion de censure avait été déposée ou s’il croyait les conseillers incapables de la voter.

Il y a eu très peu de réactions de la part des leaders politiques de l’île.

Ce n’est que quelques heures après le vote de la motion de censure que le cabinet du Gouverneur a réagi en laissant entendre que des irrégularités ont été commises et que l’affaire sera portée devant la cour constitutionnelle. En attendant, les Commissaires sont maintenus en place.

Le député de Moroni, Abdoulfatah Saïd, qui était avec Mouigni Baraka dans le parti Orange avant sa scission, a déclaré soutenir cette motion de censure et menace d’une censure les ministres de l’Union qui eux aussi « ont décliné plusieurs de nos invitations sur les questions orales au gouvernement » a-t-il confié à l’agence HZK.

La gouvernance de l’île de Ngazidja entre ainsi dans une crise, faute de l’avoir désamorcée en amont. Pourtant, en homme avisé, le Gouverneur Mouigni aurait pu profiter de cette motion de censure pour donner un nouveau souffle à sa politique dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle apparaît comme sans direction depuis quelque temps. Pour le moment, il choisit le bras de faire dans des circonstances qui risquent de ne pas lui être favorables à quelques mois des élections législatives et communales.

Mahmoud Ibrahime