presidentielles

La réponse du Ministre de l’Intérieur a été claire : la paix et la stabilité du pays seront préservées

La réponse du Ministre de l’Intérieur a été claire : la paix et la stabilité du pays seront préservées

Le Ministre de l’Intérieur, en charge des élections et Porte-parole du Gouvernement, Houmed Msaidie a tenu une conférence de presse pour répondre à l’ultimatum lancé par le parti JUWA dans une conférence organisée plus tôt ce vendredi matin.

Houmed Msaïdié, ancien Ministre

Houmed Msaïdié, ancien Ministre

Le Ministre de l’Intérieure a réaffirmé la position du Gouvernement : les prochaines élections présidentielles se dérouleront dans le respect de la tournante et des principes appliqués en 2002, en 2006 et en 2010.

Le parti JUWA évoque l’organisation d’un référendum comme en 2009 et affirme que c’est le seul moyen d’éviter une « guerre civile », en d’autres termes il se dit prêt, par tous les moyens, à imposer la candidature de l’ancien président de l’Union des Comores, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Le Parti Juwa et ses alliés font semblant d’ignorer les limites financières du pays mais aussi les multiples problèmes d’ordre social auxquels le peuple comorien doit faire face.

De son côté, le Gouvernement prendra toutes les dispositions nécessaires afin de garantir la stabilité et la sécurité des citoyens. Il ne s’agit pas d’influencer la Cour Constitutionnelle, mais plutôt de prendre des mesures préventives, sachant que c’est aussi le rôle de l’Etat de préserver la paix et la stabilité du pays.

Le porte parole du Gouvernement a révélé aux partis politiques que la tournante revient à l’île de Ngazidja. Il a ajouté que l’Etat prendra toutes les dispositions nécessaires pour maintenir la stabilité du pays.

Moroni, le 3 juillet 2015

Yasmina Mohamed Chaihane

Service Presse du Ministère de l’Intérieur

Comores. Les élections présidentielles de 2016. Première partie : des appétits de pouvoir du président Sambi

Présidentielles 2016. Première partie. Des appétits de pouvoir du président Sambi

 

Photo officielle du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (2006-2011)

Photo officielle du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (2006-2011)

Au fil des ans, la Constitution de 2001, comme toutes les constitutions depuis l’avènement de la démocratie en 1990 continue à poser des problèmes. Pourtant, il apparaît que ce ne sont pas les textes qui sont mal rédigés, mais les hommes qui crient « Démocratie ! Démocratie ! » mais qui ne veulent pas les appliquer dès qu’ils ne satisfont pas leur soif de pouvoir.

A cela il faut ajouter le fait que nos textes fondamentaux sont rédigés dans une langue que peu de nos juristes et hommes politiques manient correctement, ce qui rajoute des incompréhensions et des contradictions inutiles.

Donc, après le débat pour savoir quand devaient se tenir les élections législatives, débat conclu assez rapidement par un arrêt de la Cour Constitutionnelle, mais qui a continué à se répandre, comme si cette Haute Cour n’avait pas parlé, nous en sommes maintenant à nous demander si la loi autorise ou non le Président Sambi à se présenter aux prochaines élections présidentielles qui doivent se tenir à Ngazidja, après Anjouan et Mohéli.

Les Sambistes, les meilleurs juristes que nous avons depuis une dizaine d’années (ce sont eux qui ont pensé qu’une Assemblée pouvait prolonger le mandat d’un président élu par exemple) ont déjà tranché. Pour eux, la Constitution ne se prononce pas et donc tout comorien peut se présenter au premier tour des élections présidentielles, et encore plus celui qui a déjà été président : Ahmed Sambi.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le premier à avoir développé cette idée est leur ennemi le plus intime : Hamada Madi Boléro, actuel directeur de cabinet du président Ikililou. Il en avait parlé il y a de cela quelques années, donc bien avant le débat actuel. Ce juriste, qui était dans les négociations avec les séparatistes au moment de la rédaction de cette constitution, était clair lui aussi : tout comorien, quelle que soit son île d’origine peut participer au premier tour des élections présidentielles. Il s’appuie pour cela sur l’article 13 de la Constitution. Soit.

C’est sur ce genre de déclarations que se sont appuyés les Sambistes pour fonder leur volonté d’un retour en politique de l’ancien président, après ce qu’il considère comme une trahison. Mais, en réalité, le président Sambi reste un amoureux du pouvoir, il ne peut plus s’en passer et (cela n’arrange pas les choses) il est imbu de lui même, persuadé que personne dans l’archipel ne le vaut.

On se rappelle qu’à la fin de son mandat en 2010, il a refusé de quitter la présidence, a réclamé 18 mois supplémentaires, a fait changer la constitution pour pouvoir se maintenir et a reçu un désaveu cinglant de la Cour Constitutionnelle qui lui a rappelé qu’il était élu pour quatre ans et qu’il devait partir au bout de ces quatre années. Qu’à cela ne tienne ! Il a trouvé les mécanismes notabilaires, hors de tout processus légal donc, pour prolonger quand même son mandat d’un an.

Ses partisans n’avaient à cette époque aucune honte à dire à qui voulait bien les entendre que dans l’île de Mwali, il n’y avait personne qui était capable de diriger les Comores. C’est avec le même mépris qu’il pensait qu’en faisant campagne pour le candidat Ikililou Dhoinine, il pourrait par la suite en faire une marionnette et continuer à diriger le pays en attendant d’être réélu. Après avoir fait patienter le président élu pendant un an, avant de lui transmettre le pouvoir, l’ex-président Sambi ne s’en remet toujours pas du fait que le Président Ikililou a décidé d’exercer véritablement, en son nom propre, le mandat que lui a confié le peuple comorien.

Cette fois les partisans de l’ex président n’iront pas jusqu’à dire qu’il n’y a personne à Ngazidja qui soit capable de diriger le pays, mais c’est avec la même avidité et le même mépris qu’ils pensent qu’au sein du parti Juwa, aucun Comorien de Ngazidja ne peut être un représentant valable face au « chef ».

Mahmoud Ibrahime