ramadan

Anjouan vit au rythme du ramadan

Archipel des Comores

Archipel des Comores

La population anjounaise comme celle des autres îles de l’archipel des Comores observe le jeûne du mois sacré du ramadan. Cette année le climat est favorable dans toute l’île : il n’y a pas trop de chaleur ni de soleil. Dans le Nyumakele c’est plutôt le froid qui domine actuellement. On ne sent vraiment pas d’affaiblissement physique dans la journée.

Nyumakele, une région riche en agriculture

Les habitants du Nyulakele ne se plaignent pas de la nourriture pour rompre le jeûne le soir. La région a une auto-suffisante alimentaire qui permet à ces populations de vivre le ramadan sans crainte. Des marchés occasionnels dans les quartiers sont installés partout pour l’occasion. On peut trouver dans ces marchés des patates douces, des tarots, du manioc, de la banane et des légumes. Les prix sont dans la plupart estimé à 500 KMF le tas qui peut nourrir au moins deux bouches. Les revendeuses n’hésitent pas à descendre jusqu’à Domoni ou Mutsamudu pour revendre ces produits vivriers en vue d’engranger beaucoup plus de bénéfices. « L’abondance des tubercules et des légumes dans cette région est le fruit de travail de certaines ONG qui sont venues nous apprendre des nouvelles techniques pour l’agriculture. De même des nouvelles espèces venant d’autres pays ont été injectées et la production se fait plus rapidement que dans les espère d’avant » déclare Moussa Houmadi un habitant de Mrémani. Malgré la pauvreté dans cette région, les familles arrivent à joindre les deux bouts avec des produits locaux. Madame Hadija Bouchrane originaire de Adda agricultrice et vendeur au carrefour KOHANI (Rond point qui mène vers Domoni, Mrémani et Moya) se dit fière de son métier d’agricultrice car elle arrive à subvenir aux besoins de ses enfants « Si nous vendons nos récoltes c’est pour pouvoir acheter du poisson, des habits pour nos enfants et assurer leur scolarité. Aujourd’hui, nous sommes capables de nourrir toute la population comorienne sans que cela nous affecte. Par jour je peux faire un chiffre d’affaires allant jusqu’à 50000 KMF contrairement aux autres mois où on est entre 5000 et 25000 KMF ». Le même constat se fait sentir chez ses collègues qui voient le ramadan comme une opportunité pour réduire un peu leurs produits en abondance dans les champs.

Bazimini ou les bonnes affaires

A quelques kilomètres du Nyumakelé l’on trouve la localité de Bazimini communément appelée Dubai, un surnom dû à ses commerces à bas prix. Cette année on a noté une présence très remarquée de jeunes hommes et femmes venus de la Grande-Comores pour acheter des habits et chaussures pour aller les revendre à Moroni. « Dès la première semaine du mois de ramadan, nous avons constaté l’arrivée des gens venus de la Grande-Comore pour acheter nos marchandises. C’est une bonne chose pour nous. En une journée on reçoit une centaine de clients venus d’Anjouan et des autres îles notamment à Ngazidja. Il est facile de faire un chiffre d’affaires avoisinant les 2 000 000 KMF par jour et cela augmente de jour en jour » a affirmé Anli Saindou, un commerçant de Bazimini. La présence des jeunes dans le commerce peut s’expliquer par plusieurs facteurs notamment le chômage, le coût de transport Dar-Salam –Moroni, l’affaiblissement de l’euro au niveau international. « Nous préférons venir à Anjouan à Dar –salam car nous trouvons des articles moins chers ou aux mêmes prix qu’à Dar-Salam. Nous achetons en gros comme en détail. En plus de cela on se comprend très bien il n’y a pas de problème de langues. Le retour sur investissement est très significatif. Nos fournisseurs achètent en Chine comme ceux de Dar-Salam donc pas besoin de se casser la tête » a expliqué un jeune de Ntsaweni rencontré à Bazimini le vendredi dernier. C’est aussi un habitué du lieu depuis 2013. Malgré le bras de fer entre la mairie de Moroni et les marchands ambulants, ces jeunes espèrent écouler toutes leurs marchandises dans les meilleurs délais. La concurrence se fera au niveau des prix où chaque personne voudra faire valoir ses techniques marketing afin de persuader les familles à acheter leurs produits.

Il faut souligner aussi que la circulation routière a été perturbée en fin de semaine dernière pendant deux jours à Mutsamudu. Les bus ne sont pas autorisés à circuler dans Mutsamudu à partir de 9H, ainsi en a décidé le maire de Mutsamudu. Mécontents, les transporteurs du Nyumakele et des autres régions ont décidé d’observer deux jours de grève ce qui a amené un compromis entre le maire et les transporteurs. Désormais les bus sont à nouveau de retour dans les stations habituelles.

Mbaraka Djoumbé

Ramadan 1453 : enjeu et pratique religieuse

Ramadan 1435 : enjeu et pratique religieuse.

Lune

L’apparition de la lune détermine le début du mois de ramadan

Le mois de Ramadan est arrivé. Il s’agit de jeuner dès le crépuscule (entre 5h26… 28) jusqu’au coucher du soleil (17h 50… 18h 01) à la Réunion, selon le calendrier publié par la communauté musulmane.

Des bienfaits d’ordre religieux et scientifique :

D’abord selon les théologiens et en s’appuyant sur des témoignages, jeûner répond à plusieurs critères. Cet acte témoigne de la soumission du fidèle envers Dieu. Il justifie le degré de piété de celui-ci devant Dieu. Il met en relief l’égalité entre les fidèles devant Dieu (riche, pauvre, noir, blanc, du nord, du sud, ….). Il facilite également une prise de conscience de la vie quotidienne.

Le plus important suivant les actes d’adoration, c’est que les points des fidèles montent en flèche par rapport aux autres mois. Les péchés sont pardonnés sans limite. Les spécificités du mois de ramadan dans les actes d’adoration sont le Suhur et le Tarawèh, respectivement un « petit grignotage »avant le début de chaque jeûne et des prières nuptiales qui suivent, si l’on veut, la dernière prière de la journée. Ces deux actes ne sont pas obligatoires, mais ils sont fortement recommandés.

Pour ce qui concerne les valeurs scientifiques. « Jeûnez, vous acquerrez la santé ! » selon le prophète. En s’appuyant sur la publication du ministère de la santé du Royaume de Maroc, on enregistre plusieurs biens faits : il lutte contre les pathologies métaboliques (excès de cholestérol, triglycérides, diabète, gras…), améliore la forme physique et intellectuelle. Le jeûne permet également de rajeunir la peau, fortifier les dents, renforcer la chevelure, apaiser les sens, accroitre la concentration, etc.

Pour le site web d’‘’IslamHouse’’, les avantages sont : « purification du corps des toxines, réduction du poids, pureté du cerveau, régénération du corps et du sang, qualité de vie plus grande ». 

Un sujet qui divise

En France, à la Réunion, en Arabie Saoudite, en Egypte, en Belgique et en Indonésie, les Musulmans dans leur majorité commenceront le jeûne le 29 juin. Tandis que d’autres pays ne savent pas encore s’ils le feront à partir de demain ou pas. C’est le cas pour les Comores.

On assiste ces derniers temps à des débats parfois houleux sur le début et la fin de ce mois sacré. Les uns s’appuient sur les traductions littérales des versets coraniques et les Hadiths du prophète (paix à son âme). Ils prétendent que chaque pays doit jeûner à condition que « la lune soit vue dans son environnement géographique avec des témoignages surs et fiables ». Cependant d’autres spécialistes de la théologie avancent que quel que soit l’endroit où est vue la lune avec précision, toute la planète doit jeûner.

Leur point commun est que la lune doit être vue. Leurs divergences reposent sur la vue et l’espace.

Les derniers montrent bien que grâce à la technologie qui n’est pas bannie par la religion, on peut se fier sur les observatoires mécaniques (les radars par exemple), mais aussi sur les systèmes d’information car, l’information circule vite. Ce qui facilite les échanges, le rapprochement, la rapidité de la communication… Ensuite, ils se réfèrent à toutes les sciences surtout géographique et astronomique. Sur ce, ils réaffirment qu’il n’existe pas dans cette planète un décalage horaire entre deux pays qui dépasse 24h00. D’où aucun pays ne doit jeûner ou finir à un jour d’avance ou de retard par rapport aux autres.

Amir MOHAMED