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« SIN-DNI I FET SON 20 DESAMB ! »

Comme chaque année et dans les quatre coins de l’île Bourbon, la ville de Saint-Denis a organisé le 20 Décembre de nombreuses manifestations en la mémoire de la date officielle de l’abolition de l’esclavage à La Réunion (20 Décembre 1848).

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Nombreuses festivités ont été organisées dans les villes et gros bourgs de l’île. On peut citer les manifestations à vocations scientifiques, les défilés, les feux d’artifices, les concerts et le « Village Métisse » qui est une nouvelle forme d’art mettant en relief les connaissances, les valeurs et la richesse culturelles.

   A Saint Denis, « le début du mois de Décembre signe le clap de fin sur la Semaine de l’Histoire, où différents intervenants se sont succédés lors de multiples conférences sur l’Indiaocéanie depuis le XVIIème siècle, depuis le XVIIIème siècle et enfin les nouvelles approches de l’esclavage », rapporte le site de la capitale de l’île. D’ajouter aussi sur cette même approche : « le festival du film historique reste dans la continuité de l’histoire coloniale […] avec différents films documentaires auxquels la ville de Saint Denis et l’association Protea vous convient cette année ». Les associations ont animé les quartiers par les différents « Kabars ».

   Les Ambassadeurs « Salif Keita, Amadou Bagayoko, Cheick Tidiane Seck » et, Mayra Andrade, Rajery Françoise Guimbert furent selon ce même site, les invités d’honneur à Barachois le ‘’20 Desamb’’, la place des grandes festivités culturelles de la Ville. La journée du ‘’20 Desamb’’ a débuté par l’hommage aux ancêtres à 11h, le Grand Défilé à 18h, la nuit de la liberté à partir de 19h et s’est terminée aux alentours de 2h du matin.

Cette fête est la seule qui mobilise toute la communauté réunionnaise. D’aucuns s’accordent à dire que cette fête a une ampleur prépondérante au détriment des autres manifestations culturelles, sociologiques, religieuse, scientifiques ou même nationales.

                                                                                     Amir MOHAMED

Un nouveau bureau pour l’association des étudiants comoriens à Paris 8

Un nouveau bureau pour l’association des étudiants comoriens à Paris 8

 

L’association des étudiants comoriens à l’université Paris 8, connu sous le nom d’ « Arc-en-ciel » a désormais un nouveau bureau après avoir été dirigée pedant longtemps uniquement par Ibrahim Barwane. Le Vendredi 28 mars, une soixantaine d’étudiants ont procédé aux élections des nouveaux responsables de ce groupement. « Il était temps. Cette association était inactive. Personnellement j’ignorais son existence jusqu’au 5 décembre 2013 lors du forum des associations au sein de l’université alors que je suis inscrite depuis 2012  », confirme, à la sortie des élections, Feyrouz Ahmed, étudiante en Licence 2 de Géographie.

Mahamoud Said, étudiant en Master 2 Histoire et Civilisation, est élu président de « l’Arc-en-ciel » avec 73% de voix contre 27% pour son adversaire Mahamoud Ali, ancien enseignant aux Comores et actuel étudiant en Master 2 Mathématique et Informatique. Wardat Youssouf, étudiante en Master 1 en Science et Economie devient la secrétaire générale après avoir battu Abidine, étudiant en Licence 3 de Sociologie. Le troisième élu, Abdourahim Ahamed, étudiant en Master 1 d’Economie occupe la trésorerie.

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Au centre, Mahamoud Saïd, nouveau président d’Arc-en-Ciel

 

« Nous allons restructurer et redynamiser l’association. Car elle était méconnue par beaucoup d’étudiants comoriens. C’est comme si elle n’existait pas. Il n’y avait qu’une seule personne qui occupait tous les postes. D’ailleurs, c’est ce qui m’a motivé à présenter ma candidature. Les étudiants comoriens notamment les nouveaux arrivants ont besoin d’être aidés sur l’intégration, l’orientation et sur les démarches administratives  », a déclaré le nouveau président avant d’ajouter que « certes la tâche n’est pas facile, mais j’estime avoir les capacités requises pour faire fonctionner l’association. J’ai déjà travaillé avec l’administration de l’université et je connais les recoins ainsi que les démarches à opter afin d’aider les étudiants comoriens à régler leurs problèmes car c’est le but essentiel de ce groupement  ».

Toutefois, Mahamoud Said regrette une absence massive des étudiants lors des élections. « Avec plus de 228 étudiants comoriens inscrits à Paris 8, une soixantaine s’est présentées pour voter. C’est déplorant. Je pense qu’il est temps de changer ces mentalités », dit-il.

S’agissant des autres postes, les nouveaux élus ont affirmé qu’ils sont en train de réfléchir aux personnes qui doivent les occuper. Interrogé sur l’Etat actuel de « L’arc-en-ciel », le président affirme « nous n’avons hérité que d’un nom et de statuts, ainsi que le local. Nous espérons la reformer ».

Le nouveau bureau espère prendre contact avec la coopérative de l’Université Des Comores et sensibiliser les étudiants de l’université des Comores sur les études en France, et informer les étudiants sur les contacts à connaître une fois l’inscription faite à Paris 8.

Quant à Ibrahim Barwane, ancien président de la structure depuis 2007, et membre fondateur, il se réjouit des réalisations qu’il a pu concrétiser. « De nombreux étudiants ont pu obtenir leurs inscriptions ou démarches administratives grâce à mon dévouement et mon soutien. Je me suis bataillé pour avoir le local de l’association au près de la présidence de l’université », dit il tout en précisant que « j’ai créé le concept vendredi de l’arc-en-ciel. Il s’agit des conférences qui se tenaient à l’université Paris 8 qui abordaient tous les sujets et qui ont permis aux étudiants d’échanger avec des chercheurs, des politiciens, des économistes ainsi que des artistes ». Ce doctorant en anthropologie avance que « j’ai réalisé ce travail bénévolement et je n’ai jamais sollicité de l’argent à quiconque et donc je n’ai pas de comptes à rendre à personne ».

Notons que parmi les universités françaises, Paris 8 est celle qui accueille le plus d’étudiants d’origine comorienne chaque année, elle a donc été rebaptisée Nvouni-sur-seine par les Comoriens, en référence au site de Nvouni de l’Université des Comores.

 

Cependant, ces étudiants regrettent le fait qu’ils ne reçoivent aucune aide de la part du consulat des Comores à Paris. « Nous sommes livrés à nous même. Certes le consul nous délivre des attestations boursières qui nous permettent de pouvoir régler nos problèmes à la préfecture, mais rien de plus. La preuve il y a eu la mort d’une étudiante comorienne qui était à Paris 8 en juillet dernier, et aucun responsable du consulat n’était présent lors de la prière à la défunte et aucun communiqué de condoléances n’a été diffusé », déclare avec désolation Ibrahim Saandi Kemba, étudiant en Master 2 en Sciences politiques.

Fondée le 14 février 1998, selon les statuts, l’Arc-en-ciel a comme principal but de préserver l’unité et la solidarité des tous les étudiants comoriens de Paris 8 et de défendre les intérêts communs et personnels de ses membres au sein de l’université.

Natidja Hamidou