Sambi

Le retour de Mohamed El-Amine Souef au Mirex. Portrait d’un professionnel de la diplomatie

Azali-Souef

Entrevue ce matin entre le Ministre des Affaires Étrangères et le Président de la République

Le nouveau Ministre des Affaires Étrangères est enfin arrivé aux Comores ce lundi pour prendre ses fonctions, vingt jours après la mise en place du deuxième gouvernement du président Azali Assoumani. Fonctionnaire de ce Ministère, il y retourne après 10 ans à l’extérieur.

Une polémique était née suite à la nomination de Mohamed El-Amine Souef à ce poste, du fait qu’il est du même village que le président, qu’il est un proche et fidèle, ayant exercé le pouvoir avec lui depuis le coup d’État de 1999.

Un diplomate de formation

Mais en réalité, quel meilleur profil peut-on trouver aux Comores aujourd’hui à ce poste ? Le président Azali a fait de nombreuses erreurs de casting en cherchant absolument à remercier les militants qui ont fait sa campagne, souvent au détriment des compétences. Cette fois avec El-Amine Souef, il est certain de ne pas se tromper en mettant un vrai diplomate de formation, un homme expérimenté et dont les qualités sont reconnues même sur le plan international.

Pourtant, El-Amine Souef a connu la traversée du désert après l’arrivée au pouvoir du président Sambi et suite à la chasse aux anciens collaborateurs du président Azali à laquelle s’est livrée une justice aux ordres à partir de la fin 2006. Il a été sur la liste des chefs de la CRC (Convention pour le Renouveau des Comores) recherchés par la Justice de Sambi. Les dossiers mal montés, instruits uniquement à charge se sont tous effondrés et tous ont été libérés sauf un. Pourtant, ce n’est qu’à la fin du régime d’Ahmed Sambi qu’El-Amine Souef a terminé sa traversée du désert et a intégré l’ONU. Il est nommé Chef du Bureau Régional de la MINUAD au Soudan (à Nyala, Elfasher et Karthoum) de 2011 à 2015, puis depuis 2015 jusqu’à aujourd’hui, il exerçait à Gao (Mali) en tant que Chef du Bureau Régional de la MINUSMA. Ces deux postes lui ont permis de rencontrer de nombreuses personnalités diplomatiques et d’enrichir un carnet d’adresses qui était déjà plein. On dit qu’il aurait beaucoup hésité à quitter son poste et à interrompre sa carrière au sein de l’ONU. Le président Azali a beaucoup insisté pour avoir ce joker dans un gouvernement dont les observateurs ont dit qu’il était sans envergure.

Une carrière au MIREX

Mohamed El-Amine Souef n’a pas attendu l’arrivée au pouvoir du colonel Azali pour se faire remarquer en tant que diplomate. Il a auparavant servi trois présidents de la République avant de s’engager auprès du colonel Azali Assoumani, à partir d’avril 1999.

En effet, après un DEA de Lettres Modernes à Fez et une année d’Anglais à Tanger, il a poursuivi des études à l’Institut diplomatique d’Islamabad (Pakistan). Il est ensuite rentré au pays et après une courte période en tant que chercheur au Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS), il intègre le Ministère des Affaires Étrangères en 1991 en tant que Chef de la Division de la coopération bilatérale Afrique/Asie. En 1993, il est nommé par le Président Djohar Conseiller Technique. En 1994, le même président Djohar le nomme Ambassadeur en Égypte et Représentant des Comores auprès de la Ligue Arabe. Malgré le coup d’État de Bob Denard déposant le président Djohar et l’arrivée au pouvoir du président Taki, il demeure en place. Il est même nommé Secrétaire d’État auprès du Président de la République chargé du monde arabe en juillet 1998. La mort prématurée de Mohamed Taki en novembre 1998 a interrompu cette expérience. Il devient alors Conseiller du président par interim,  Tadjiddine Ben Massound.

Le fidèle du Président de la République

Nommé Ministre des Relations Extérieures en 1999, il le restera sans discontinuité jusqu’en juillet 2005. Il quitte alors momentanément la diplomatie pour devenir Directeur Général de la Société des Hydrocarbures. Puis, en février 2006, le Président Azali le nomme Ambassadeur des Comores aux Etats-Unis et Représentant Permanent des Comores à l’ONU. Deux mois après l’élection du président Sambi, il est contraint de quitter son poste à New York. Il entame alors sa traversée du désert.

Le nouveau Ministre des Affaires Étrangères est souvent perçu comme un technicien, comme un homme des dossiers. Pourtant, c’est aussi un homme politique, certes discret mais efficace. Il allie l’action politique à la réflexion à travers ses nombreux livres. Aux élections législatives de 2004, il est un des rares élus de la CRC. Il a également joué un rôle central dans la tentative vaine de réconcilier les deux parties de la CRC en guerre, avant et après la rupture. Mohamed El-Amine est également un homme de principes qui considère que l’amitié n’est pas un vain mot. Cela ne l’empêche pas, en privé, de dire ce qu’il pense à ses amis et notamment au président de la République.

C’est une bonne nouvelle pour les Comores car dans la Cour des flatteurs qui entourent le président Azali, il sera sans doute le seul à pouvoir lui dire quelques vérités. En mettant un homme de l’envergure de Souef El-Amine aux Affaires étrangères, c’est sans doute pour le chef de l’État une manière de se libérer des affaires extérieures et se concentrer sur les affaires intérieures notamment l’émergence et les réformes institutionnelles qui sont prévues après les Assises Nationales.

MI

Discours du président Azali à Voidjou

Azali_Voidjou_050817Dans le cadre de la célébration des 20 ans de l’Armée Nationale de Développement (AND), ce 5 août 2017, le président Azali Assoumani a rendu un vibrant hommage à l’armée et a rappelé aux soldats leurs devoirs dans la défense de la nation comorienne. Il a également affirmé que l’armée a connu, durant ces dernières années, une modernisation que tous souhaitaient quand il était chef d’Eta-major. Elle est aujourd’hui, pour lui, « la colonne vertébrale » et « le pilier essentiel » pour le développement du pays.

Le président Azali a aussi tenu à rappeler aux militaires et au-delà à tous les Comoriens et aux partenaires extérieurs la tenue prochaine des Assises Nationales. Il les a appelés à soutenir ces Assises qui doivent faire le bilan de 42 ans d’indépendance et tracer des perspectives pour l’avenir. Il a dit avec fermeté que son gouvernement n’acceptera aucun débordement lors de ces Assises et notamment le retour de toute forme de séparatisme.

Et comme depuis quelques mois, il ne peut finir un discours sans évoquer le mot « émergence », il a qualifié l’AND par les termes « Armée de l’Émergence », appelant celle-ci à participer à la production nationale et à la formation à des métiers porteurs pour les civils.

Le Président Azali est également revenu sur l’histoire contemporaine de l’Armée comorienne qui a dû faire face au séparatisme et au risque d’éclatement du pays. Il a évoqué une période ou l’Armée a « supporté… la subordination injustifiée à des forces de pays étrangers ». Il parle là sans doute du débarquement à Anjouan pour déloger Mohamed Bacar, débarquement pour lequel le président Sambi a fait appel à des forces de pays africains, notamment la Tanzanie. Il est d’ailleurs à remarquer que le Président de la République n’a pas participé aux festivités de commémoration de ce débarquement comme le faisaient ses deux prédécesseurs, signe qu’il n’a toujours pas accepté ce débarquement. Il pourrait également faire référence aux mercenaires étrangers qui formaient une sorte de garde présidentielle pour la protection du même président Sambi. Et ce n’est sans doute pas sans raison qu’immédiatement, il revient, pour la première fois, sur l’assassinat du lieutenant-colonel Combo Ayouba, sous la présidence du même Sambi et promet que la lumière sera faite sur sa mort, pour sa famille mais aussi pour l’armée.

À Voidjou, siège de l’École Nationale des Forces Armées et de la Gendarmerie (ENFAG), le président Azali a donné un discours dans lequel domine la fonction émotive notamment quand il félicite l’AND pour sa mutation ou quand il rappelle la mort du Lieutenant-Colonel Combo, mais c’est aussi un discours assez décousu, qui va dans tous les sens, qui manque d’unité et d’ordre, comme s’il n’avait pas été écrit, et comme s’il n’avait pas été prononcé par un militaire pour des militaires.

MI


Officiers,

Sous-officiers,

Militaires du rang de l’AND,

Honorable assistance

Il y a vingt ans, la Force Comorienne de Défense (FCD), la Gendarmerie Nationale, l’Ecole Nationale des Forces Armées et de Gendarmerie (ENFAG), le Service de Santé Militaire (SSM) et le Groupement de Sécurité des Hautes Personnalités (GSHP), ont fusionné pour devenir ce que nous appelons aujourd’hui Armée Nationale de Développement (AND). En mai 2012 l’Unité des Garde-côtes est venue compléter ces corps de l’AND.

L’ENFAG où nous trouvons, qui assure des formations de toutes sortes mais aussi en matière de police judiciaire et de de police administrative, est le cadre idéal pour cet événement et je suis heureux de me trouver parmi vous aujourd’hui, pour fêter ce vingtième anniversaire et saisir cette opportunité pour célébrer avec vous cet événement : la création de l’AND.

Je suis là comme Chef de l’État et chef Suprême des armées mais aussi comme frère d’arme, et c’est avec une grande émotion que  l’ancien chef d’État major que je suis, s’adresse à vous également aujourd’hui.

C’est avec une immense fierté, que je constate votre loyauté et votre engagement envers les institutions de notre pays.

En 1996, nous avions souhaité une armée moderne, moderne dans sa mission, moderne dans son engagement  et en phase avec son temps. Cette armée est là devant moi.

Vous avez su vous hisser  au-dessus du jeu politique pour protéger les institutions et les autorités légitimes du pays.

Aujourd’hui vous êtes les garants de la stabilité de notre pays, et Dieu sait que nous venons de très loin.

Pour tout cela, et pour tout ce que vous avez accompli et accomplissez au service de notre pays, je vous remercie, au nom de toute la Nation. Merci pour votre loyauté. Merci pour votre engagement.

C’est parce que je sais votre loyauté  et votre engagement envers votre pays et ses représentants, que ma confiance en vous est inébranlable et que je reste serein dans ma mission qui, au delà du symbole de l’Unité nationale, du garant de l’intangibilité des frontières et de la souveraineté nationale, d’arbitre et de modérateur du fonctionnement régulier de nos institutions, me donne le devoir d’amorcer et de réussir le développement du pays.

Je me dois de rappeler aux Soldats que vous êtes, que vous êtes la colonne vertébrale de notre pays, que vous constituez le pilier essentiel de son développement et qu’au  delà de vos différents corps d’origine, de votre diversité, de vos particularités, de vos missions respectives et des spécificités qui vous distinguent, vous constituez une et une seule force : l’Armée Nationale de Développement (AND).

Vous avez la noble mission de défendre l’Intégrité Territoriale, l’unité nationale, la paix et la sécurité du pays, de protéger les personnes et les biens et de veiller sur le respect des Institutions Républicaines et des mécanismes qui les régissent.

Notre pays est encore fragile. Il faut donc que nous restions vigilants et fermes quant à son unité et sa stabilité car les risques de déstabilisation sont malheureusement réels et nombreux à nos jours.

Elles sont à la fois internes et externes : le terrorisme, la piraterie, l’extrémisme de toute sorte, le séparatisme, le régionalisme. Nous ne laisserons pas notre pays se déliter.

Ainsi, dans le cadre des Assises Nationales qui doivent faire le bilan de nos années d’indépendance, j’appelle à resserrer nos rangs, à nous rassembler et à échanger pour le bien de notre pays. Ces assises sont cruciales pour la cohésion nationale et je reste optimiste quant-à son succès et à ses résultats.

J’appelle ainsi nos partenaires bi et multilatéraux ainsi que la communauté internationale, qui ont joué un rôle primordial dans la réconciliation nationale et les Accords de Fomboni de 2001, à nous appuyer pour réussir ces assises, afin que notre pays puisse se doter des moyens nécessaires à son décollage socio-économique et social.

Toutefois, nous devons rester très attentifs et vigilants.

C’est pourquoi je voudrais dire ici très solennellement que je ne tolérerai aucun dérapage et ainsi, mettre en garde contre toute velléité de faire de ses moments importants pour le pays et la Nation, une tribune pour la division et la haine, un tremplin pour les ambitions égoïstes et personnelles.

Mon gouvernement et moi-même, serons intransigeants et ne ferons aucune concession devant toute velléité sécessionniste. Nous avons bel et bien tourné la page du séparatisme.

Mes chers  frères d’armes

Vos missions qui vous ont été dévolues par la Loi, vous donnent le devoir de préparer et d’assurer en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes formes d’agression, la sécurité, la défense de la patrie et des intérêts supérieurs de la Nation ainsi que la sauvegarde de la population, le maintien de la paix et la sûreté publique, le maintien de l’ordre, l’exécution des lois, l’édification du processus démocratique et à la consolidation de l’état de droit.

Pour réussir ces missions, votre statut de militaire exige de vous, en en toutes circonstances, discipline, loyalisme et esprit de sacrifice.

Ces devoirs impliquent également des sujétions auxquelles les autres citoyens ne sont pas soumis mais qui vous incombent ainsi qu’aux Officiers et agents des Services de la Police nationale qui complètent vos missions et à qui je voudrais dire ici, toute notre estime et notre considération.

A ce titre, vous méritez le respect et la considération de la Nation toute entière, qui doit assurer des garanties et des compensations aux contraintes et exigences qui vous sont imposées.

Mais comme votre nom l’indique, vous participez également au développement économique et social de notre pays.

Ainsi, vous devez prendre part à la production nationale et la protection de l’environnement ainsi qu’à l’effort que déploie le Gouvernement pour créer les conditions de réussite de l’ambition qui est le nôtre aujourd’hui, d’inscrire notre pays parmi les pays émergents à l’horizon 2030.

En plus de l’Armée Nationale de Développement, vous êtes aussi aujourd’hui avec la Police Nationale ce que j’appelle, l’Armée de l’Emergence.

Dans un pays où le développement de la pêche, de l’agriculture, du tourisme et de l’artisanat, constituent les bases de cet ambition, l’AND, à travers l’ENFAG doit être en mesure d’assurer des formations dans ces domaines, à ses recrus mais aussi aux autres jeunes comoriens, afin qu’ils soient, une fois formés, beaucoup plus productifs et que, tout en assurant la sécurité du pays, pour les uns, ils puissent tous apporter leur contribution aux efforts en cours.

Officiers,

Sous-Officiers,

Militaires du rang

Votre unité est sacrée tout comme est sacrée la préservation de l’Unité du pays qui est votre mission principale et essentielle.

Certes, au cours de ces dernières années, nos compatriotes se sont interrogés à un moment ou un autre, sur l’utilité de nos forces, notamment avec les déviations des missions qui ont pu parfois être constatées.

Certes, vous avez pu, à certains moments, relever vous-mêmes des dysfonctionnements, redouté l’éclatement, la dislocation de l’Etat et la disparition des Comores en tant que pays.

Vous avez affronté l’hydre  du séparatisme et de ses conséquences, c’est-à-dire la division.

Vous avez supporté malgré vous, la subordination injustifiée à des forces de pays étrangers, subi l’odieux assassinat du Lieutenant-colonel Combo Ayouba (Paix à son âme).

Je voudrais dire aujourd’hui que dans cette affaire, restée à ce jour sans réponse, tout sera fait pour la manifestation de la vérité.

Nous le devons pour ce grand officier qui a tant servi l’Etat ; nous le devons pour sa famille ; nous le devons pour vous, ses frères d’armes et nous le  devons pour ce pays car il l’a servi durant toute sa carrière.

Vous qui avez résisté aux manipulations, pour rester une institution républicaine, vous avez su rester le dernier rempart de notre pays.

C’est pourquoi en ma qualité de Chef Suprême des Armées, je veillerai pour que l’AND et les Services de la Police, restent des Institution respectables, respectées, dignes et capables d’assurer les missions régaliennes qui sont les leurs.

Les Comoriennes et les Comoriens ont droit au respect et à la dignité qui commencent par la paix, la sécurité, la protection de leur personne et de leurs biens ainsi qu’une vie décente et c’est vous, en première ligne, qui en avez la charge.

C’est la loi qui définit vos devoirs, qui garantit vos droits civils et politiques et qui, simultanément, vous fixe des limites au-delà desquels vous ne pouvez pas franchir, pour préserver l’honneur qui est le vôtre, qui est de servir votre pays sous l’emblème national, sous notre drapeau.

Mais vous devez rester l’exemple aussi bien dans le respect que dans l’application de la Loi.

Ainsi, vous devez mettre fin aux abus et aux dérapages.

La population apprécie son armée quand elle se montre digne de sa mission. C’est ainsi qu’elle a bien accueilli les mesures disciplinaires prises ces derniers temps à l’encontre de ceux d’entre vous, qui ont abusé de leurs missions. J’espère que de la part de tous, toutes les leçons seront tirées.

Vous devez vous montrer dignes et forcer le respect ; tout comme je ne tolérerai aucun manque de respect à votre institution, je ne permettrai à personne, de troubler l’ordre public, ou mener des actions susceptibles de mettre en péril, la paix civile, l’unité et la cohésion nationales.

Je reste donc très attentif et le Gouvernement de la République restera à votre écoute et mettra à votre disposition tout ce qui peut vous permettre de travailler pour la défense de notre pays, le maintien de l’ordre public et de la paix civile, dans la confiance retrouvée de nos citoyens.

Vous êtes emmenés à travailler en étroite collaboration avec le Gouvernement et ses Ministères, notamment ceux de l’Intérieur, de la justice, et, au niveau des Iles, avec les Gouverneurs par l’intermédiaire des Commandements Régionaux, mises à leur disposition et qui sont les gardiens de la République et des Entités insulaires.

Officiers,

Sous-officiers,

Militaires du rang de l’AND,

Vous avez su montrer que vous êtes capables de suivre les profondes mutations intervenues dans le monde ces 20 dernières années.

C’est ainsi, que vous participez activement et brillamment aux missions de l’EASBRIG sur le continent africain et dans la région, pour faire face et apporter leur contribution et leur savoir-faire à résoudre les conflits régionaux et les conflits internes aux Etats.

Cette évolution positive a été illustré hier encore, avec la nomination du Colonel Chaharane Mouigni de l’AND, qui a déjà servi à l’EASBRIG, comme Commandant du Centre de Formation et de Logistique de la Brigade de la Force en Attente de l’Afrique de l’Est à l’issue de la dernière réunion des Ministres de la Défense des pays membres.

C’est une preuve de plus dont nous sommes fiers, de votre capacité à vous adapter à la donne dans le monde et sur notre continent.

Honorable assistance,

Je voudrais, avant de terminer vous renouveler, chers frères d’armes, toute ma confiance et réitérer notre gratitude aux partenaires et pays amis qui ces dernières années, ont contribué à la formation nos et au soutien logistique de nos Forces Armées. Je veux nommer la France, la Chine, les pays frères du monde arabe, du continent africain, les Etats-Unis d’Amérique et du système des Nations Unies.

Je leur renouvèle ici notre appel pour qu’ils continuent à nous accompagner activement dans l’élan nouveau  qui nous voulons imprimer à notre coopération militaire qui s’inscrit dans la politique de paix et d’amitié avec les peuples, une politique qui constitue l’axe principal de l’action diplomatique de l’Union des Comores avec laquelle nous comptons beaucoup pour créer les conditions de l’émergence de notre pays.

Je vous remercie tous pour votre présence à cette occasion et, en votre nom à tous, je souhaite un Joyeux anniversaire à l’AND, à ses Officiers, Sous-officiers, Militaires du rang, Personnels civils et militaires.

Vive l’AND et la Police Nationale

Vive la République,

Vive l’Union des Comores,

Je vous remercie

Dr Sounhadj a remporté son procès contre Juwa

SounhadjLe conseiller Santé et cohésion sociale du Président Azali, Dr Sounhadj, récemment exclu du parti Juwa a remporté une première bataille dans la guerre qui l’oppose au Président d’honneur Ahmed Sambi et certains cadres qu’il avait attaqués dans des termes assez durs.

En effet, le Tribunal de Première Instance de Moroni a ordonné la réintégration et le rétablissement du Dr Sounhadj dans ses fonctions de Secrétaire Général Adjoint du parti Juwa et de président de la Commission d’organisation du Congrès prévu les 16 et 17 septembre 2017.

Sounhadj Attoumane avait saisi le Tribunal après son exclusion et celui-ci avait convoqué le Secrétaire Général, Ibrahim Mohamed Soulé pour avoir des explications. L’argumentation du parti semblait simple : Dr Sounhadj n’avait pas été élu, mais désigné par le Secrétaire Général. Il était donc simple de le destituer.

Mais, voilà ! Son exclusion n’avait pas été faite conformément aux statuts mais par la seule volonté du Président d’honneur et cela fait un moment qu’il est reconnu comme Secrétaire Général Adjoint du parti.

Ce jugement place Sounhadj comme une épine au talon d’un parti qui veut devenir central dans l’opposition au président Azali. Mais, une question se pose : puisque le président Azali a rompu avec Juwa et ses ministres, pourra-t-il laisser en place Dr Sounhadj comme conseiller ? Le Dr Sounhadj pourra-t-il lui-même  être à la fois conseiller du président et Secrétaire Général Adjoint d’un parti résolument dans l’opposition ? Curieuse situation qui explique, en partie, cette assertion du Directeur de Cabinet du président de la République, rapporté par La Gazette des Comores, au lendemain de l’exclusion des Ministres Juwa du gouvernement :  » c’est une rupture temporaire ».

MI.

Juwa dénonce un gouvernement « clanique »


ComJuwa180717

Le parti Juwa n’a pas tardé à réagir après son éviction du gouvernement du président Azali. Dans un communiqué publié le 18 juillet, soit un jour après l’annonce du nouveau gouvernement, le parti d’Abdallah Mohamed Ahmed Sambi se place résolument et sans tergiversation dans l’opposition et se pose en rassembleur de « toutes les forces vives patriotiques » (partis et société civile), « au-delà des clivages partisans ou insulaires ».

Le nouveau gouvernement du président Azali est qualifié de « gouvernement clanique » dans ce communiqué. Le parti Juwa fait ainsi expressément référence aux critiques qui ont suivi après l’annonce de ce gouvernement dans lequel, le président a imposé son ancien Ministre des Affaires étrangères, Souef El-Amine qui est également un co-villageois. Il y avait déjà le puissant Secrétaire Général, Idaroussi, son neveu qui est aujourd’hui, pour la première fois de l’histoire de l’Union des Comores, l’équivalent d’un Premier Ministre qui donne des directives aux Ministres et même aux Vice-Présidents. Du coup, les internautes font des décomptes des postes de direction (Douanes, Plan…) qui sont occupés par des proches du Président ou du village de Mitsudje dont le président est originaire.

Le communiqué du Parti Juwa marque la rupture avec le Président Azali, mais il dénonce également la mise en danger de la stabilité et des valeurs démocratiques du pays. Juwa appelle donc à la formation d’un « front républicain ». Reste à savoir si les nombreux partis de l’opposition qui sont depuis six mois dans l’expectative vont suivre ou se maintenir dans une position d’attente qu’Azali veuille bien discuter avec eux, ou encore renforcer celui-ci dans dans sa volonté de réformer la Constitution en utilisant les prochaines Assises Nationales.

Mahmoud Ibrahime

Du serment en politique. La fin de l’idylle entre Azali et Sambi

Éditorial

Du serment en politique

La fin de l’idylle entre Azali et Sambi

 

Au cours de la courte histoire parlementaire des Comores (elle n’a commencé qu’en 1945), il y a eu de nombreux serments sur le Coran, souvent en cachette et souvent trahis.

Le plus célèbre fut le Serment de Sada en 1967 par lequel cinq élus maorais (et derrière eux tout le Mouvement Populaire Mahorais) ont juré de ne jamais se séparer avant d’obtenir la départementalisation. Et chose curieuse, on vit un chrétien, Marcel Henri, à qui le cadi apprenait sur l’instant comment faire les ablutions avant d’entrer dans la Mosquée de Sada et jurer sur le Coran de tenir sa promesse, lui aussi. Et bien sûr, le serment a été rompu puisque le MPM s’est divisé en plusieurs partis avant la départementalisation.

AccordMissiriCes derniers mois, face au spectacle des humiliations subies par les membres du parti Juwa dans le gouvernement du président Azali et leur persistance à demeurer dans une alliance dans laquelle on leur signifiait qu’ils n’avaient rien à y faire, il m’est arrivé de me demander s’il n’y avait pas eu un serment sur le Coran entre le candidat Azali Assoumani et les candidats du parti Juwa, avec le soutien d’Ahmed Sambi. Ma conviction a été confortée après la fameuse interview du Ministre de la Justice, Fahmi Saïd Ibrahim qui déclarait : « Un ministre la boucle ou il part, j’ai décidé de la boucler. » (Al-Watwan n°3073 du 16/12/2016). Ces quelques mots disaient clairement l’impossibilité pour FSI de quitter le gouvernement et donc sa résolution à tout accepter sans broncher.

La confirmation de notre pressentiment est venue d’une interview du journaliste Ortega sur Facebook. Le Coordinateur du parti Juwa à Anjouan, Mahamoud Elarif lui a révélé qu’effectivement l’alliance entre Azali et les candidats de Juwa a été scellée par une lecture du Coran. Cette hésitation, des deux côtés, à assumer l’initiative de rompre prenait enfin un sens. Pourtant chacun sait qu’Azali et FSI (vrai aussi pour Sambi) ont toujours eu des idées diamétralement opposées, la CRC et Juwa n’ont rien en commun, et il faut se rappeler qu’il y a au Palais de Justice une plainte de la CRC contre Sambi et Juwa à propos de la « citoyenneté économique ».

Tout indiquait bien qu’il y avait d’autres raisons que la politique qui faisaient que les ministres Juwa acceptaient de « la boucler ». Fahmi Said Ibrahim qui promettait pendant sa campagne de replacer la justice au centre des préoccupations de l’Etat et de la rendre indépendante a non seulement fermé la bouche, mais aussi les yeux et les oreilles sur des arrestations arbitraires, des libérations sans jugement, des appels d’offre irréguliers et des nominations complaisantes. Le Ministre Dossar a accepté, entre autres, d’assumer la rupture diplomatique avec le Qatar alors que tout le monde sait qu’il est fermement opposé à cette décision, comme son mentor, Sambi.

Sambi, c’est peut-être le seul soutien de l’alliance qui a gardé sa dignité en refusant et en disant à haute voix qu’il n’était pas de l’intérêt des Comores de rompre ses relations diplomatiques si rapidement et si facilement, à la demande d’un pays ami certes, comme s’il s’agissait d’un jeu pour la deuxième fois en une année. Mais, cette franchise a été la goutte de trop dans l’alliance entre Sambi et Azali.

Le discours du président de la République le 6 juillet dernier semble avoir marqué la fin de cette alliance. Dans un paragraphe clef Azali a dit qu’il tirait les conséquences de la sortie médiatique de son allié. Cela indique deux choses, la première c’est qu’après son élection, Azali ne considérait l’alliance avec Juwa ou Sambi que comme la soumission de ceux-ci à sa politique et à sa volonté. Et donc les ministres Juwa n’auraient jamais dû accepter de la boucler et subir des humiliations. La deuxième c’est qu’il considère que si les « partenaires » ne suivent pas ses décisions unilatérales c’est qu’ils rompent l’alliance.

Le Président Azali cherchait l’occasion de bouter les ministres Juwa hors du gouvernement, avec la déclaration de Sambi sur le Qatar, il s’est senti libéré du serment fait sur le Coran.

Tout serment en politique, même sur le Coran, même sur la tombe des ancêtres (qu’on devrait laisser en paix, au lieu de les mêler aux combinazione politiques) est voué à être rompu par les aléas et les stratégies.

Mahmoud Ibrahime

L’honneur perdu du colonel Azali

Azali-Assoumani_0Puisque pendant cette période électorale, certains patriotes, semblent être devenus amnésiques et prétendent que tout patriote devrait être aujourd’hui derrière la candidature du colonel Azali Assoumani, il paraît important de rappeler quelques faits qui montrent que cet homme a déjà été jugé et condamné par l’histoire. Le colonel Azali Assoumani a définitivement perdu son honneur en tant que militaire, en tant que musulman, en tant que chef de parti et en tant que Président de la République.

  1. L’exposition du cadavre d’Apache (1992)

En septembre 1992, c’est le chef de bataillon Azali Assoumani qui donne l’ordre d’attaquer au lance rocket un ancien militaire français d’origine comorienne, Ahmed Abdallah dit Apache, originaire de Foumbouni, accusé de tentative de coup d’État, réfugié dans une maison. Après l’assaut, le corps d’Apache est sorti des décombres, posé sur le capot d’un véhicule militaire pour faire le tour de Moroni. Passons sur les aspects militaires de cette affaire, bien que certains aient affirmé que l’homme était pris et qu’il n’y avait pas besoin de le tuer. Mais, comment un musulman peut-il accepter l’exposition du cadavre d’un être humain ? Le chef de bataillon Azali Assoumani l’a accepté. Pourtant, même Bob Denard après l’assassinat d’Ali Soilihi a enveloppé le corps de celui-ci et est allé personnellement le remettre à sa famille.

  1. La fuite à l’Ambassade de France (1995)

Trois ans plus tard, le colonel Azali, alors chef d’Etat-major devait montrer ses capacités physiques lors d’un coup d’État contre les Comores. Au lieu de cela, il a fuit laissant des lieutenants sous le feu des mercenaires.

En effet, en septembre 1995, la France a décidé de se débarrasser du Président Djohar et elle envoie Bob Denard et ses hommes. Tandis que des jeunes lieutenants résistent au débarquement des mercenaires, le colonel Azali n’a rien trouvé de mieux que d’aller se cacher à l’Ambassade de France, c’est-à-dire le pays qui a envoyé les mercenaires. Et c’est cet homme, qui a montré à ce moment là où étaient ses intérêts que certains veulent donner le titre de patriote. On aura tout vu dans ce pays.

  1. Les exactions contre les Anjouanais

En avril 1999, des éléments contrôlés poussent des Anjouanais (certains jouent le jeu parfaitement préparé) vers le port de Moroni pour un départ vers Anjouan. D’autres sont pris à partie, humiliés dans la capitale. Dans quel but ? Celui de créer les conditions pour une prise du pouvoir par le colonel Azali. Le Premier Ministre, feu Abbas Djoussouf a raconté après le coup d’État de 1999 qu’il a appelé le chef d’Etat-major Azali Assoumani devant l’Ambassadeur de France pour lui demander de faire cesser ces exactions. Il a tout simplement refusé. Plus tard, ses partisans développeront la thèse de l’interposition de l’armée pour éviter la catastrophe, mais tout indique que le chahut a été crée contre les Anjouanais afin de justifier le coup d’État.

  1. Le putschiste

Le 29 avril 1999, c’est le même colonel Azali Assoumani qui prend les armes contre la République, déjà affaiblie par le séparatisme. Il n’hésite pas à marcher sur la Constitution du pays et à suspendre toutes les institutions. Il promet qu’au bout d’un an, il remet tout en place et retourne dans sa caserne. Mensonge ! Au bout d’un an, il a amplifié la crise séparatiste et n’a pas voulu quitter le pouvoir, mais au contraire a tout organisé pour y rester.

  1. La collaboration avec les séparatistes

Alors qu’il a présenté son coup d’État comme la solution qui devait résoudre la crise séparatiste, le colonel Azali l’a renforcée en appuyant à coup de mallettes d’argent le régime de Mohamed Bacar qui était moribond après plusieurs mois d’un embargo décidé par l’Union africaine.

  1. Le déni de justice

Le régime du colonel Azali s’est caractérisé par l’absence de justice. Un exemple reste dans la mémoire collective : la destruction des maisons de certains particuliers (alors que celles des proches du régime n’étaient pas touchées) sans aucune forme de jugement.

  1. Le déni du droit de vote de la diaspora

Dès le coup d’État de 1999, la diaspora dans sa grande majorité a rejeté le régime du colonel Azali. Lorsque celui-ci s’est rendu en France pour une opération de séduction, les Marseillais l’ont chassé de la salle et il a dû se contenter des notables pour s’adresser aux Parisiens. Le colonel a fait payer à la diaspora cette recherche de la démocratie puisqu’il va s’opposer à la mise en place concrète du vote de la diaspora telle qu’il se trouvait inscrit dans la loi électorale de 2005.

  1. La question de Mayotte

Pour qui suit l’évolution de la question de Mayotte, la période de la présidence Azali est celle qui a posé les bases de la départementalisation qui allait se réaliser sous la présidence d’Ahmed Sambi en 2009. Le pacte fait avec la diplomatie française de ne plus évoquer la question de Mayotte a permis à celle-ci de préparer tranquillement le référendum sur Mayotte dès 2002.

  1. La trahison de ces lieutenants

Le colonel Azali a également perdu son honneur en faisant un pacte avec Sambi pour se protéger alors que ce dernier envoyait en prison tous les collaborateurs du colonel pour décapiter l’opposition en 2007. Et effectivement, pendant toute la période de la présidence Sambi, Azali restera silencieux et n’aura aucune compassion pour aucun de ses compagnons arrêtés par Sambi.

  1. Le putsch dans son propre parti par refus de la démocratie

Alors qu’il avait disparu de la scène politique, laissant Houmed Msaidié structurer et maintenir le parti comme principal parti d’opposition à Sambi, à l’approche des primaires de Ngazidja, le colonel Azali revient dans le parti, fait un putsch (il n’a pas perdu ses mauvaises habitudes) et s’impose comme candidat naturel car il savait qu’il allait perdre dans des primaires organisées d’une manière démocratique comme l’avait prévu le SG de l’époque.

 

Et c’est cet homme là que certains voudraient nous présenter comme un Républicain, un homme qui a déjà pris les armes contre la République, un homme qui a perdu son honneur en fuyant alors que son pays était attaqué. Ce sera sans moi. Que chacun défende son poulain mais que certains n’essayent pas de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Mahmoud Ibrahime

 

Que reste-t-il du parti Juwa ?

Depuis l’alliance entre les candidats de Juwa (Mohamed Dossar au nom de Fahmi Saïd Ibrahim et Abdou Salam, candidat Juwa au gouvernorat d’Anjouan) et le candidat CRC à la présidence (Azali Assoumani), le processus de décomposition du parti d’Ahmed Sambi s’est accéléré.

Avant même cette signature, vingt coordinateurs communaux avaient annoncé leur ralliement à la candidature de Mouigni Baraka. L’ancien Ministre des Affaires étrangères, Ahmed Jaffar lui aussi avait annoncé qu’il quittait le parti pour rejoindre l’équipe de Mohamed Ali Soilihi (Mamadou).

Quelques heures après cette signature, une partie du Bureau National, conduit par le Secrétaire Général du parti, le député de Moroni Ibrahim Mohamed Soulé et Ahmed Barwane (tête de liste Juwa à Moroni aux dernières élections) rejoignaient le candidat Mouigni Baraka.

Après l’annonce de Sambi de son alliance avec Azali, le processus a pris la vitesse supérieure, passant des états majors à la rue. Dans des réunions spontanées à Moroni, la communauté anjouanaise, qui est la base de l’électorat sambiste dans la capitale, a annoncé que cette fois elle ne suivrait pas Sambi dans l’alliance avec Azali, après l’avoir suivi dans l’intronisation sans discussion de Fahmi Saïd Ibrahim comme candidat du parti Juwa. Pour cette communauté, Azali est l’homme qui a provoqué les exactions contre les Anjouanais de Moroni en 1999 pour justifier sa prise du pouvoir par un coup d’Etat.

Ce dimanche 3 avril, deux autres ténors du parti ont officialisé leur ralliement à la candidature de Mamadou : Ibrahima Sidi, membre du Bureau National, qui était le Vice-Président de Sambi dans sa tentative malheureuse de se présenter aux présidentielles de 2016 et Mohamed Djaffar, ancien Ministre de la Justice de Sambi et ancien député de la région Mbude-Mitsamihuli.

Que reste-t-il encore du Juwa ? Face à cette décomposition, les fidèles de Sambi (comme les proches d’Azali) ont deux explications toutes faites qu’ils répètent sur les réseaux sociaux depuis une semaine, tels les disciples de Coué ou des personnages de Kassovitz (« Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l’important n’est pas la chute, c’est l’atterrissage »). L’une c’est que tous ces gens ne valent rien dans le parti, il n’y a que Sambi qui est important. L’autre, résumé par un des fidèles de Sambi, Paul-Charles Delapeyre, qui n’est arrivé auprès de Sambi qu’il y a un an, après l’avoir vilipendé pendant des années, c’est qu’il faut couper les branches « pourries » pour que l’arbre pousse mieux et donne de plus beaux fruits. Les intéressés apprécieront, mais il faut tout de même comprendre que d’une part, ce n’est pas Sambi qui fait le ménage dans son arbre mais ses lieutenants qui le quittent et d’autre part, si Barwane, Sidi ou même Ibrahim Soulé, comme Paul-Charles Delapeyre, ne sont que des branches, dans le sens où ils ont tous rejoint l’arbre sambiste bien après sa plantation, Ahmed Jaffar (Mutsamudu) ou Mohamed Djaffar (Mitsamihuli), tous deux cousins de Sambi, ne sont pas des branches, ce sont des racines du sambisme. Ils étaient avec lui avant sa candidature en 2006, ils ont préparé cette candidature, ont fait campagne et ont gagné avec le chef. Ils ont été récompensés par des postes prestigieux (MIREX et Justice).

Au rythme où vont les choses, il se pourrait que le candidat Azali Assoumani se réveille le 11 avril en s’aperçevant qu’on lui a vendu un arbre qui ne pouvait plus donner de fruits car il n’avait plus ni ses racines ni ses branches les plus solides. Juste un tronc vide.

Certains membres de la CRC avaient donné le parti Juwa comme mort après les dernières législatives et les dissensions qui commençaient à apparaître. La désignation, de par le bon vouloir du chef, d’un candidat en dehors du parti, Fahmi Saïd Ibrahim avait accéléré la crise, l’alliance avec Azali pourrait bien achever Juwa.

Mais, la CRC elle-même n’est pas épargnée par un début de décomposition. Il se murmure que le Secrétaire Général, Karihila, qui a parcouru de nombreux pays arabes pour chercher des fonds pour la campagne d’Azali en disant qu’il était le seul à pouvoir combattre le shi’isme, voit d’un mauvais oeil l’alliance entre Sambi et Azali. Il se pourrait qu’il quitte le bateau avant la fin de la campagne, d’autant que Azali n’a pas soutenu comme il fallait sa candidature au gouvernorat de Ngazidja, acceptant la concurrence d’un autre membre du parti, Maoulana, qui l’a privé de l’accès au deuxième tour.

Mahmoud Ibrahime