separatisme

Hamada Madi Boléro. Au service des Comores. T.2. La Renaissance

Couverture Au service des Comores 2. Hamada Madi Boléro

Hamada Madi Bolero, Au service des Comores. Tome 2. La Renaissance.

Le Directeur de cabinet du chef de l’État comorien, chargé de la Défense, Hamada Madi Boléro vient de sortir aux Éditions Coelacanthe le tome 2 de ses mémoires. Il y aborde la période des négociations avec les séparatistes anjouanais, négociations qui ont abouti à la Constitution de 2001 et à la Renaissance de l’État comorien.

Après des années d’incertitudes politiques et institutionnelles, l’accord de Fomboni est signé le 17 février 2001. Il donne l’espoir de mettre un terme au séparatisme anjouanais qui a mis en danger l’existence même des Comores en tant qu’état-nation.

Afin de consolider le processus de réconciliation nationale, une refonte totale du système politique est lancée. Elle aboutit le 23 décembre 2001 à l’adoption par référendum d’une nouvelle constitution. Elle instaure une présidence tournante et accorde une large autonomie aux îles de l’archipel. La République fédérale islamique des Comores devient l’Union des Comores.

Le tome 2 d’Au service des Comores couvre toute cette période d’organisation des nouvelles institutions. Hamada Madi Boléro prend la tête du gouvernement d’Union nationale de transition en attendant l’élection du premier Président de l’Union nationale. Elle amène au pouvoir, cette fois par les urnes, Azali Assoumani le 26 mai 2002. Ce nouvel ordre n’est pas sans créer de nombreux conflits de compétences, de personnes, et une situation de blocage institutionnel. Etape par étape, le déroulement des opérations ainsi que les tentatives de déstabilisation menées de part et d’autre sont expliqués.

Successivement Conseiller spécial chargé de la sécurité, puis Ministre de la Défense et de la Sûreté du territoire sous Azali, Boléro nous rapporte ses actions à la tête de ces postes à hautes responsabilités, mais aussi son rôle dans le développement économique et la lutte contre la pauvreté aux Comores. Il revient ainsi sur sa participation à la Conférence des donateurs pour la relance économique et à la Conférence des donateurs à l’Ile Maurice, dévoilant dans le détail les stratégies, les objectifs et les réalisations.

L’ouvrage nous fait enfin pénétrer dans les coulisses des élections législatives de l’Union et des îles autonomes de 2004. Après sa défaite, Boléro devient Président-directeur général de l’Office de la Radio et de la Télévision des Comores (ORTC). Il met en place ce nouvel organe et inaugure officiellement la Télévision Nationale des Comores, qui diffuse ses premières émissions en 2006.

Au total, ce sont cinq années d’histoire politique comorienne qui sont passées au crible. L’occasion de revenir sur l’affaire COMORETEL, la mort suspecte de Mohamed Taki Abdoulkarim et l’approche du Président Azali sur l’épineuse question de Mayotte.

La Constitution de l’Union des Comores stipulant que l’île d’origine du président doit changer tous les quatre ans, le 26 mai 2006, le président Azali laisse sa place à un président issu de l’île d’Anjouan. C’est Ahmed Abdallah Sambi qui remporte les élections. Celui-là même qui fera l’objet du tome 3 des mémoires d’Hamada Madi Boléro.

Laurence Mennecart

Le 3 août 1975 : un coup d’Etat pour l’unité et la démocratie

 

Le 3 août 1975 : un coup d’État pour l’unité et la démocratie

 

Ali Soilihi Mtsachiwa, révolutionnaire comorien

Ali Soilihi Mtsachiwa (1937-1978), révolutionnaire comorien, chef d’État de 1976 à 1978.

Le 3 août 1975, moins d’un mois après la déclaration unilatérale d’indépendance des Comores, les leaders de l’opposition comorienne, regroupés au sein du Front National Uni (FNU) s’emparent du pouvoir par les armes et mettent fin à la présidence d’Ahmed Abdallah qui était alors à Anjouan.

Si l’on en croit les principaux acteurs, Ali Soilihi, à la tête d’une dizaine ou d’une vingtaine de militants a pris le contrôle de la caserne de la Garde des Comores à Moroni avec l’accord de son commandant. Le coup d’État aurait été accompli avec « deux voitures R4, quatre fusils de chasse et cinq pistolets » selon Ali Soilihi. La prise de pouvoir se poursuit les jours suivants par le ralliement de l’île de Mohéli le 7 août. Mais des négociations directes à Mayotte n’aboutissent pas au retour de l’île dans le giron comorien. À la Grande-Comore, c’est Ali Soilihi lui-même qui se rend dans le Hamahame avec 12 hommes pour mettre fin à la rébellion takiste, le 2 septembre. Bob Denard arrive dans le pays en septembre et il est chargé, le 21 septembre, d’aller à Anjouan pour capturer Ahmed Abdallah. Après cela, l’île d’Anjouan se rallie au nouveau régime.

Le coup d’État du 3 août 1975 est la conséquence directe de la manière dont l’indépendance des Comores a été préparée depuis 1972 et du mode opératoire qui a finalement prévalu : la déclaration unilatérale.

Il faut d’abord noter que jusqu’à aujourd’hui, aucune étude sérieuse n’a été menée par les historiens sur ce putsch et qu’on se contente souvent soit des explications des acteurs (particulièrement Ali Soilihi) ou des opposants (essentiellement l’ASEC et les chefs du parti Udzima qui avaient besoin de justifier le coup d’État qu’ils ont eux-mêmes commis en 1978).

« Le 3 août » est souvent perçu comme le coup d’État d’Ali Soilihi car c’est lui qui a incarné par la suite la révolution comorienne, par ses actions sur le terrain et ses discours à la radio. Mais, il s’agit d’un raccourci qui n’est pas conforme à la vérité historique. Ce coup d’État a été mené par l’ensemble de l’opposition au pouvoir d’Ahmed Abdallah. En grande majorité, ce sont de jeunes des grandes villes, souvent issus de la notabilité qui est alors au pouvoir depuis le début de l’autonomie interne et mieux formés que leurs prédécesseurs. Ils se sont opposés aux « Accords du 15 juin 1973 », conclus entre l’exécutif français (représenté par B. Stasi, secrétaire d’État aux DOM-TOM) et Ahmed Abdallah (président du Conseil de Gouvernement). Ces accords prévoyaient qu’après l’indépendance tous les pouvoirs seraient entre les mains d’Ahmed Abdallah et du parti vert. Or, l’opposition avait subi les excès de pouvoir des dirigeants du « parti vert » depuis le début de l’autonomie interne (1961) et savait que dans le cadre d’un État indépendant, ces excès qui étaient encore contrôlés par l’État colonial pouvaient se transformer en dictature. A ce propos, elle avait vu juste puisqu’après la restauration, le « parti vert » a mis en place une dictature soutenue par les mercenaires de Bob Denard, payés par le régime de l’Apartheid, de 1978 à 1989.

L’autre danger, soulevé depuis 1958 avec la décision de procéder au transfert du chef lieu de Dzaoudzi (Mayotte) à Moroni (Grande-Comore) était la possible sécession de l’île de Mayotte, dont les habitants avaient subi des vexations pendant toute l’autonomie interne et dont les dirigeants politiques avaient clairement exprimé, pour le moins, leur méfiance envers Ahmed Abdallah. Le Mouvement populaire Mahorais (MPM) avait d’ailleurs rejoint l’opposition pour trouver une « solution comorienne » et éviter la dictature et la sécession.

C’est donc toute l’opposition à Ahmed Abdallah, regroupée au sein du Front National Uni (FNU) qui prépare et  accomplit le putsch du 3 août 1975. Il est probable qu’Ali Soilihi n’a pas eu le rôle le plus important pendant ce putsch, au cours duquel des personnalités comme Abbas Djoussouf, Saïd Bakar Tourqui ou Naçr-Eddine Saïd Ibrahim… se sont illustrées. Malgré ce qu’on peut lire ici et là, souvent repris des slogans de l’ASEC, ce putsch n’a pas pour objectif de donner le pouvoir à Ali Soilihi. Au lendemain du coup d’État, le pouvoir est donné provisoirement au prince Saïd Mohamed Djaffar et de Paris, le prince Saïd Ibrahim se déclare solidaire des putschistes et prêt à assumer le pouvoir.

Prince Saïd Ibrahim (1911-1975), président du Conseil de Gouvernement de 1972 à 1975.

Prince Saïd Ibrahim (1911-1975), président du Conseil de Gouvernement de 1972 à 1975.

Saïd Ibrahim est en fait attendu par la grande majorité de l’opposition pour incarner le nouveau pouvoir. Depuis qu’il a été évincé par une motion de censure menée par Ahmed Abdallah et le parti vert, il cherche les moyens de revenir aux affaires et il travaille ses réseaux en France (c’est un gaulliste véritable et il a été député des Comores à l’Assemblée nationale française). C’est sans doute lui qui met en relation Ali Soilihi, Saïd Bakar Tourqui et Marcel Henry avec certains réseaux français qui vont appuyer ce coup d’État. Il symbolise alors l’unité du pays. Il est soutenu par un parti (UMMA), il peut compter sur le soutien de toute la nébuleuse autour d’Ali Soilihi et son parti (MRANDA) car le révolutionnaire comorien a un profond respect pour cet homme. Mais l’avantage du Prince sur Ahmed Abdallah, c’est qu’il a toujours eu des relations très cordiales avec les Maorais et leurs dirigeants. Après la mort de Saïd Mohamed Cheikh (1970), il a su leur parler et leur faire oublier, pour un moment, les vexations subies. Le MPM, intégré dans l’opposition à Ahmed Abdallah se dit prêt à travailler pour un État comorien dans l’indépendance si Saïd Ibrahim est au pouvoir.

Or, n’en déplaise à ceux qui disent que le coup d’État du 3 août 1975 a provoqué le départ de Mayotte, dès le 9 juillet 1975, trois jours après l’indépendance, Mayotte ne fait plus partie de l’Etat comorien. Le gouvernement français a accepté l’indépendance des Comores formé de trois îles, mais a affirmé que Mayotte restait française. Du coup, le MPM refuse de participer à l’élaboration d’une nouvelle constitution et confirme que Mayotte demeure française. La rupture est faite entre Mayotte et « l’Etat Abdallah » dès ce 9 juillet.

Donc, que l’on croit ou non à la sincérité des putschistes, les objectifs du coup d’État sont clairement affichés : empêcher Ahmed Abdallah de s’emparer de tous les pouvoirs et rétablir l’unité de l’État comorien, en permettant aux Maorais de retrouver leur place dans un État fédéral avec une autonomie large accordée aux îles.

Malheureusement, Saïd Ibrahim décéda sur le chemin du retour en décembre 1975 et le MPM avait ressérré les liens entre Mayotte et la France, contrairement aux engagements pris avant le putsch. Sans parler du fait que les jeunes notables et bourgeois qui avaient fait le coup d’État pensaient pouvoir user des honneurs et des prérogatives de l’État exactement comme ceux qu’ils venaient de renverser. Or, à la sortie de la colonisation, les changements étaient nécessaires, ne serait-ce que du point de vue économique. Ali Soilihi et quelques leaders l’avaient compris, ce sont ceux-là qui allaient transformer « le 3 août » en un geste révolutionnaire, en prenant le pouvoir en janvier 1976, cette fois par une élection régulière.

Mahmoud Ibrahime

Comores. Présidentielles 2016. Deuxième partie. Une tournante qui ne tournerait pas ?

Comores. Présidentielles 2016. Deuxième partie. Une tournante qui ne tournerait pas ?

(première partie : Des appétits de pouvoir du président Sambi)

 

Photo officielle du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (2006-2011)

Photo officielle du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (2006-2011)

Pour les militants du parti Juwa qui pensent honnêtement et sans arrières-pensées qu’il y a dans la Constitution comorienne des éléments qui permettent à l’ex-président Sambi de se représenter pendant le tour de Ngazidja, je les invite à relire l’article 13, qui, à mon humble avis, a été trop souvent lu trop rapidement par certains juristes comoriens, mais surtout à revenir plus attentivement à l’histoire récente des Comores.

L’article 13 de la Constitution

Le premier alinéa du fameux article 13 est à l’origine ainsi rédigé :

« La Présidence est tournante entre les îles. Le Président et les Vice-Présidents sont élus ensemble au suffrage universel direct majoritaire à un tour pour un mandat de quatre (4) ans renouvelable dans le respect de la tournante entre les îles. Une élection primaire est organisée dans l’île à laquelle échoit la présidence et seuls les trois candidats ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages exprimés peuvent se présenter à l’élection présidentielle. »

On rappellera que le Président Sambi a fait modifier cet article en rallongeant la durée du mandat du président de quatre à cinq ans.

Si on analyse cet article, il n’est pas précisé qui doit être président, par contre le législateur dit de quelle île doit être le président. En effet, il me semble que jusqu’à présent tous ceux qui sont intervenus dans ce débat ont oublié ces quelques petits mots : « l’île à laquelle échoit la présidence ». Cette expression veut dire clairement que chaque île doit tour à tour donner un de ses ressortissants à la présidence.

Peut-on imaginer que « l’île à laquelle échoit la présidence » ne soit pas, au final, celle qui exerce la présidence ? Cela n’aurait aucun sens. De même comment comprendre la phrase qui ouvre cet article 13 : « La Présidence est tournante entre les îles » si finalement on donne la possibilité qu’un ressortissant de la même île reste président trois ou quatre fois de suite ? Où serait alors la tournante ? juste dans l’organisation des élections ?

Une revendication anjouanaise

Je pense que ceux qui sont arrivés à cette idée que tout Comorien, quelle que soit son île d’origine peut se présenter au premier tour des élections présidentielles ne respectent pas cette constitution et surtout oublient le contexte dans lequel elle a été élaborée.

Certains membres du Parti Juwa (Ahmed Jaffar, Mohamed Dossar, Ahmed Bourhane…) font semblant d’oublier pourquoi en 2001 nous étions opposés à cette constitution (avant de l’accepter pour mettre fin aux exactions et tortures qui étaient commises à Anjouan). Ils oublient que les séparatistes anjouanais avaient conditionné leur accord pour une constitution à l’acceptation par les Wangazidja qu’après qu’un des leurs ait été élu président, il laisserait la place à un autre ressortissant d’une autre île et ainsi de suite. C’est ainsi qu’Abdallah Mohamed, Abeid et autres définissaient d’une manière claire la « tournante », c’était leur principale revendication, persuadés qu’après la mort d’Ahmed Abdallah, les Wangazidja n’éliraient plus que des Wangazidja et que le président comorien serait toujours issu de l’île la plus grande. Ils ont été soutenus en cela par les délégations mohéliennes, dont l’île n’avait jamais vu un de ses enfants à la tête du pays.

Alors tous ces gens sont soudainement devenus amnésiques et ne savent plus que les patriotes ont perdu face aux revendications séparatistes et que justement cette constitution a été le symbole de leur défaite ? Est-ce qu’à force d’avoir travaillé avec des séparatistes alors qu’ils avaient le pouvoir fait que nos amis sambistes ont oublié les conditions dans lesquelles cette constitution a été élaborée ?

Une citoyenneté de l’île ?

Le seul problème reste à définir qui est Mgazidja, Mdzuani et Mmwali. Là-dessus, il faut d’abord intégrer qu’il n’y a que la constitution d’Anjouan qui définit dans son article 5 qui est Mdzuani (Article 5 : « Est citoyen comorien d’origine anjouanaise toute personne de nationalité Comorienne née au moins d’un parent d’origine Anjouanaise »). Les dirigeants du parti Juwa ferait donc mieux de commencer par modifier cette constitution.

Mais, nous sommes des unionistes et nous pensons que tout comorien a le droit de s’installer où il veut et d’adopter l’île qu’il aime le plus. Autrement dit, puisque la Constitution actuelle l’exige, c’est à chacun de dire au Législateur de quelle origine il est. Mais, une fois qu’il l’a dit, il ne faudrait pas qu’à l’élection suivante, il change d’origine pour des intérêts électoraux.

Or que constate-t-on ? Le président Azali, Saïd Ali Kemal (bien qu’il rentre dans la définition de ce qu’un Anjouanais selon la constitution de cette île) et tous les autres candidats aux présidentielles de 2002 ont déjà dit au Législateur qu’ils sont des Wangazidja. Le président Sambi, Abdouroihamane Mohamed ben Ali (bien qu’il aurait pu se considérer comme MGazidja)  et les autres concurrents de 2006 ont déjà signifié au Législateur qu’ils sont Anjouanais. Le président Ikililou, Hamada Madi Boléro (qui pouvait aussi prétendre qu’il était Mgazidja) et tous leurs concurrents en 2010  ont clairement dit qu’ils étaient des Comoriens de Mohéli.

En 2016, tous ceux qui se considèrent comme Wangazidja peuvent se présenter et le dire clairement au Législateur. Mais, on ne peut comprendre qu’une personne nous dise une fois qu’il est d’origine anjouanaise et qu’aux élections suivantes il devienne soudainement d’origine grand-comorienne ! A moins de vouloir tricher avec la loi.

Maintenant, si la grande majorité des Comoriens a compris qu’il ne fallait plus maintenir un tel système, il faut le changer pour le bien des Comores. Le peuple est souverain. Que les élus Sambistes suivent la procédure pour faire changer la Constitution (comme ils l’ont déjà fait en 2009) mais n’essayent pas de ruser avec les principes législatifs.

Mahmoud Ibrahime

La question de Mayotte et le dérapage de trop de HAMADA MADI BOLERO

La question de Mayotte et le dérapage de trop de HAMADA MADI BOLERO

Hamada Madi Bolero, Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Hamada Madi Bolero, Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Personne ne peut soutenir le directeur de cabinet du Président de la République en cautionnant les propos séparatistes qu’il a tenus à la télévision nationale. Personne ne peut oublier la question de Mayotte quel que soit le contexte. Je ne pense pas non plus que le dérapage de trop de Boléro détournerait le combat de long haleine engagé par les Comoriens pour l’unité et l’intégrité territoriale de notre cher pays. Je pense par contre que ceux qui ont réagi y compris moi-même l’ont fait parce que les circonstances nous y obligeaient. La réflexion faite par le directeur de cabinet du président de la République demeure jusqu’ici inadmissible et inconcevable. Certains parmi les commentateurs pensent que mon précédent article était fait pour soutenir Boléro. Je crois avoir bien dit qu’il a tenu des propos séparatistes et détestables. Que l’histoire le jugera comme elle juge désormais certaines figures importantes de notre pays qui, sans faire exprès peut-être, ont eu un comportement indigne pour le poste qu’ils occupaient. Maintenant, parler de l’histoire contemporaine de notre pays, c’est simplement pour rappeler à tous nos dirigeants politiques que le rattachement de Mayotte à la France depuis 1975 est dû à un dérapage de trop fait par le Président SAÏD MOHAMED CHEIKH qui a décidé de ne plus mettre ses pieds à Mayotte pour les raisons que tout le monde connait. Cela pendant 4 ans, car depuis 1966 jusqu’à sa mort en 1970, il ne s’est pas rendu dans l’île en question. AHMED ABDALLAH ABDEREMANE, père de l’indépendance de notre jeune Etat, était prêt à faire d’Anjouan un nouvel Etat indépendant après le coup d’Etat du 3 août 1975 orchestré par le Mongozi, ALI SOILIHI MTSACHIWA. En 1997 encore, bien que les idées séparatistes existées depuis longtemps chez quelques dirigeants politiques anjouanais comme grands comoriens et mohéliens d’ailleurs ; mais les anjouanais ont avancé comme argument, « le Président MOHAMED TAKI ABDOULKARIM ne veut pas de nous, car cela fait un an en 1997 depuis qu’il est élu et il est venu à Anjouan que deux fois seulement ». Ces rappels ne peuvent servir d’armes pour Boléro comme certains le pensent. Au contraire, c’est pour lui montrer et à ceux qui pensent séparatistes, que de tels propos fragilisent l’UNION DES COMORES et peuvent réveiller les démons du séparatisme. Je l’ai bien montré également qu’au stade où notre pays se trouve, demande très rapidement de rassembleurs et non des diviseurs. Il est normal que des voix s’élèvent contre l’auteur de ces propos, et je partage leur démarche pour que cela soit clair s’agissant de ma position sur cette affaire. Seulement, j’invite certains à penser en républicains. Depuis toujours, la République Comorienne est menacée par le pouvoir traditionnel. Nous tous, le disons souvent avec fermeté via internet, sur les pages Facebook, à travers nos blogs que la mainmise des notables sur le pouvoir politique dans notre pays est démesuré. Le gouverneur de Ngazidja s’est vu contraint par les notables de réaliser son grand mariage. La tradition l’a emporté sur le pouvoir de l’île. MOUIGNI BARAKA SAÏD a effectivement fait son grand mariage pour pouvoir occuper son poste. Le président de la République lui-même s’est vu ostracisé par ces mêmes notables, et pour se faire accepter il leur a payé une somme conséquente. L’argent venait-il de la poche du Président ou bien des caisses de l’Etat ? Les notables de telle ou telle région interviennent avec force et menaces pour acquitter une personne jugée coupable et condamnée par notre justice. L’argument que ces notables avancent souvent demeure régionaliste « mwana hatru » alors qu’il a détourné de deniers publics. Je pense qu’il est temps pour nous tous, cadres, intellectuels et même les étudiants comoriens de réagir pour sauver notre nation. Donnons force à notre République au lieu de laisser des notables faire leur loi dans notre pays. Par là, je veux dire que la démarche pour faire sauter Boléro du poste qu’il occupe doit-être citoyenne. Nous pouvons, entant que peuple indigné par des propos régionalistes et séparatistes, demander la tête de toutes personnes quel que soit son statut social, sa région, son île d’origine, ou le poste qu’il occupe. En laissant les notables réagir de la sorte dans tous les domaines, cela n’avantage pas l’Etat de droit chez nous. Réagissons en optant une démarche citoyenne. Ce sera bénéfique pour les comoriens et les Comores. Supposons que les notables de Ngazidja arrivent à couper la tête de Boléro qui s’est identifié de Mohéli, et que demain, les notables d’Anjouan ou de Mohéli demandent la tête d’un tel ou tel dirigeant originaire de la Grande comore. Les notables grands-comoriens ne s’opposeront-ils pas aux notables des autres îles ? Que deviendra l’Etat comorien ? Ne nous trouverons pas pris en otage par une guerre de notables qui risquerait de plonger notre pays dans une crise sans précédente ? Restons vigilants et raisonnables. Ne renforçons pas ce qui peut être utilisé par les séparatistes pour plonger notre pays dans le chaos.

Abdounrahim Bacari

Le séparatisme gangrène toujours le pays

presidents

Les présidents comoriens depuis l’autonomie interne

En 1997, certains de nos dirigeants politiques ont déclenché un nouveau séparatisme. Après Mayotte, ce fut le tour d’Anjouan. Tout pour se partager le pouvoir. Les uns sont partis piller Anjouan tandis que d’autres sont restés en Grande-Comore et à Mohéli.

Une crise qui va durer dix ans. Dix ans de mensonges, dix ans de corruptions, dix ans de détournements des deniers publics aussi bien à Anjouan, en Grande-Comore, qu’à Mohéli.

Le séparatisme ! Le séparatisme est resté dix ans la vache à lait pour nos politiciens. Beaucoup se sont enrichis au moment où le peuple entier souffrait de misères sans nom.

Pourquoi le séparatisme ? Est-il vrai que la Grande-Comore était mieux servie s’agissant de la gouvernance de l’archipel, mieux qu’Anjouan comme disaient les séparatistes ? Les séparatistes disaient toujours que seuls les Grands-Comoriens ont été à la tête du pays et ils ne faisaient que développer leur île et se désintéressaient des autres.

Cet argument ne tient pas la route car, si on observe les diverses présidences pendant les 39 années d’indépendance, on peut constater que chaque île a dirigé l’archipel.  On constate qu’Anjouan occupe la première place grâce aux 12 ans de règne d’AHMED ABDALLAH ABDEREMANE plus les 5 années d’AHMED ABDALLAH SAMBI plus 1 ans de TADJIDINE BEN MASOUND soit au total 18 années pour Anjouan.

La Grande-Comore se place en deuxième position avec les deux années et demi de règne d’ALI SOILIHI MTSACHIWA plus les 5 ans de son grand frère SAÏD MOHAMED DJOHAR, plus les 2 années et demi de MOHAMED TAKI ABDOULKARIM et les 7 années d’AZALI ASSOUMANI soit au total de 17 années pour Ngazidja.

Mohéli est loin derrière, suivi par Mayotte, toujours sous administration française. Même dans cette situation, l’île a occupé pendant longtemps les affaires étrangères mais jamais la primature. Ce n’est pas fini, depuis le 7 janvier 1976 au 15 avril 2002, les Comores ont connu 16 premiers ministres (chefs de gouvernement) dont 3 originaires de la Grande comore, 2 originaires de Mohéli et 11 originaires de l’île d’Anjouan dont les séparatistes disait qu’elle était victime du système.

Cette démonstration limpide met en porte à faux les dirigeants corrompus qui utilisent l’argument selon lequel, « Anjouan est victime » s’agissant du partage du pouvoir depuis 1975.

En 2001, le peuple comorien a suivi ses dirigeants politiques et a voté par référendum une nouvelle constitution. La constitution devait mettre fin au séparatisme, elle fit naître des conflits de compétences. Le gouvernement de l’Union, sous AZALI ASSOUMANI n’arrivait toujours pas à exercer son pouvoir à Anjouan alors qu’en Grande-Comore et à Mohéli il faisait la pluie et le bon temps. Les dirigeants des îles autonomes de Ngazidja et Mwali ne bénéficiaient pas des mêmes prérogatives que leur homologue anjouanais.

En 2008, les forces de l’Union Africaine nous est venue en aide pour chasser MOHAMED BACAR du pouvoir de l’île. Ce dernier a fui le pays sous MOHAMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI. Le pays semble alors retrouver la paix. Mais, SAMBI décide de se récompenser en prolongeant son mandat d’un an, réveillant les démons du séparatisme à Mwali.

ABDOURAHIM BACARI  Papadjo