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Les funérailles de l’historien Sudel FUMA

Les funérailles de l’historien Sudel FUMA

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Sudel Fuma après la soutenance de thèse d’Ibouroi Ali Toibibou (le 2e, à partir de la gauche, en chemise blanche).

Les funérailles officielles de l’historien Sudel Fuma ont eu lieu aujourd’hui, 17 juillet 2014 à Saint Denis (la Réunion), dans le quartier de « COMMUNE-PRIMA » de 11h à 14h, heure locale.

De nombreuses personnalités et amis y ont participé pour lui rendre un dernier hommage et présentér leurs condoléances à la famille du défunt. Des autorités politiques, des chercheurs, des cadres et administrateurs d’une part ont montré leur compassion envers cette personnalité sympathique, souriante, humble, d’une humeur rayonnante…. D’autre part des amis, des artistes, des étudiants et associations ont eu l’amabilité d’y assister pour partager la tristesse de sa famille.

Les médias réunionnais n’ont pas manquée de faire redécouvrir ce chercheur en diffusant les témoignages d’intervenants qui mettaient en avant sa carrière et sa personnalité. Il est une « lune qui ne s’éteint jamais » martèle l’une des personnes présentes à cette cérémonie d’adieu. « Son sourire est toujours là, je le vois », dit une autre, ajoutant : « Sudel, tu n’es pas parti, tu es parti en voyage au paradis ». « Ce Grand Homme, ce Grand Créole », ce chercheur infatigable et historien de rang magistral a reçu de nombreux saluts, en parallèle aux adieux de sa famille et de ses amis, plus particulièrement ceux des autorités, des universités et universitaires, de la communauté des historiens de Madagascar qui ont consacré un article spécial pour lui dans un journal malgache L’express n°14105.

L’Association des étudiants comoriens à la Réunion (ACER) a pris part à ces funérailles pour présenter les sincères condoléances les plus attristées à la famille du défunt, à l’Université et à la communauté scientifique.

Des chants, des poèmes, des anecdotes humours et narrations se sont succédés pour raviver la mémoire de Sudel FUMA. C’est dans ce contexte qu’Ismael Aboudou d’origine comorienne, un des candidats malheureux des dernières élections municipales du Nord présenta avec ferveur un texte humoristique qui n’avait d’autre point à retenir que la valorisation de la recherche historique entreprise par le regretté chercheur. A la fin de cette tradition festive, le cercueil a été amené par ses proches au Sud de l’île pour y reposer en paix.  

Qui était Sudel Fuma ?

Né à Saint Pierre (à l’île de la Réunion) en 1952, il est décédé au large du port (Réunion) le 12/07/ 2014. Il était historien spécialiste de la Réunion et ses recherches s’élargissent à l’Océan Indien.

Il a travaillé beaucoup sur l’histoire de l’esclavage. Parmi ses publications on distingue :

– Esclaves et citoyens, le destin de 62 000 Réunionnais : Histoire de l’insertion des affranchis de 1848 dans la société réunionnaise », 1982.

– Réflexions sur quelques aspects du racisme dans la société coloniale réunionnaise au XIXe siècle », 1983. « Sport et départementalisation » : 1946-1970, 1996.

– Un exemple d’impérialisme économique dans une colonie française au XIXe siècle : L’Île de La Réunion et la société du Crédit Foncier Colonial, Éditions L’Harmattan et l’Université de La Réunion, 2003… ainsi que nombreux articles.

-Il a aussi été un homme politique, un militant engagé et élu de gauche. Il était un militant des Droits de l’Homme

Sportif, il a représenté la Réunion dans les Jeux des îles de l’Océan Indien en tant que athlète en 1979 aux 800 et 3 000 mètres. Puis il était devenu président de la Ligue réunionnaise d’athlétisme.

Il était à l’origine de la renaissance du Morring à la Réunion.

Les fouilles archéologiques effectuées sur l’île lui ont permis de créer une association des archéologues à la Réunion. Il était membre de l’AIHOI (l’Association internationale pour l’histoire de l’océan indien).

Amir MOHAMED

 

Sudel Fuma n’est plus, les étudiants comoriens à la Réunion sont en deuil

Sudel Fuma n’est plus, les étudiants comoriens à la Réunion sont en deuil

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Sudel Fuma (2e à partir de la gauche) lors de la soutenance d’Ibouroi Ali Tabibou

Sudel FUMA, Professeur de l’Université de la Réunion, a subitement disparu hier en fin d’après midi au Port, suite à une sortie en mer.

L’historien de la Réunion et de la région de l’Océan Indien occidental a fortement contribué à la valorisation de la culture réunionnaise. Nombre de ses recherches étaient focalisées sur l’esclavage, l’histoire de l’art et de la culture, la mémoire, l’histoire économique, la colonisation… Il a mené des recherches sur la région de l’Océan Indien et même sur d’autres régions. Les contributions aux colloques et les articles scientifiques innombrables s’ajoutent aux nombreux ouvrages qu’il a publiés durant presque trois décennies. Il a été également un des piliers de la recherche en archéologie à la Réunion. Il était membre de jury et directeur de mémoires de masters et de thèses à l’Université de la Réunion. Parmi ses étudiants, se trouvent de nombreux comoriens qu’il a dirigés dans leurs recherches, comme ce fut le cas récemment pour Ibouroi Ali Tabibou (voir ici ou ). Ils sont tous en deuil aujourd’hui.

Sudel Fuma occupait également des fonctions administratives à l’université de la Réunion. Il était membre de différentes associations notamment l’Association Historique et Internationale de l’Océan Indien (AHIOI).

L’historien était un homme engagé et il ne cachait pas ses idées de gauche. Il était d’ailleurs élu sur la liste de Gilbert Annette à la municipalité de Saint-Denis depuis 1989. Il occupait la fonction d’adjoint au Maire, de Conseiller Général jusqu’au milieu des années 1990.

Il était attiré par la mer, elle l’a pris hier soir, alors qu’il était dans un bateau de pêche, son autre passion.

L’historien laisse une image inoubliable aux étudiants d’origine comorienne à la Réunion. Il était conscient des soucis qu’ils rencontraient et était toujours près d’eux pour les encadrer, les soutenir moralement et scientifiquement. C’est aussi un homme de grand cœur que perd la communauté scientifique.

 Amir Mohamed