UDC

Editorial. Il faut mettre fin aux Notes sexuellement transmissibles (NST)

L’année scolaire traine. Alors que dans d’autres pays les élèves se préparent à reprendre le chemin des cours, aux Comores, ils sont encore dans les examens. S’il fallait une preuve de la négligence de l’éducation nationale dans ce pays, celle-là pourrait suffire.

Mais, il y en a une plus grave. Elle est liée aux relations sexuelles que certains professeurs entretiennent avec leurs élèves de sexe féminin du collège jusqu’à l’université. Ces relations sont depuis quelques années résumées par les termes « Notes sexuellement transmissibles » (NST) car elles naissent dans les textos que certains professeurs envoient à leurs élèves ou étudiantes, mais elles prolifèrent bien avant la démocratisation du téléphone portable. « NST » est donc l’acronyme pour désigner cette vieille maladie. Elle est dénoncée régulièrement par les élèves eux-mêmes et quelques professeurs, mais cela reste sans effet.

Aucun Ministre de l’Éducation, aucun président de la République n’ose s’attaquer à ce phénomène. Aucune politique n’a jamais été entreprise pour lutter contre la pédophilie à l’école et tous les abus du genre dont tout le monde parle ouvertement. C’est comme si ces hommes se tenaient par la queue, aucun n’osant dénoncer l’autre de peur d’être dénoncé à son tour. Et ceux qui ne sont pas mêlés à ces histoires, ceux qui les réprouvent, y compris les enseignantes, comme les femmes ayant un peu de pouvoir dans ce pays, continuent de se taire tandis que des enfant ou des jeunes adultes sont quotidiennement harcelées.

Qu’il soit bien clair, il ne s’agit pas ici de dire que tous les professeurs aux Comores sont des prédateurs pour les enfants. C’est un phénomène qui existe ailleurs. La différence c’est qu’ailleurs des mesures existent pour lutter contre, des sanctions sont prises contre les professeurs qui se livrent à ces pratiques. Aux Comores, nous en sommes encore à la politique du « Nari sitiriyane ». Il s’agit ici de dénoncer un silence complice, un silence qui salit tout le corps enseignant et toute la hiérarchie administrative dans l’Education Nationale. Un silence qui a des répercussions dans les autres administrations où les femmes continuent à être harcelées par leurs chefs de service. Ce n’est pas normal et nous ne sommes pas dans la normalité.

Certains professeurs ont tenté de dénoncer ces dérives et je voudrais ici rendre hommage à l’ancien Secrétaire Général de l’Université, le philosophe Djaffar Mmadi et à l’ancien Directeur des Ressources Humaines, Saïd Omar Saïd Hassane qui, en 2013, ont osé porter plainte contre des collègues qui s’étaient livrés à ces pratiques et contre lesquels il y avait des preuves (la lettre d’une étudiante prise avec un sujet corrigé pendant un examen et des échanges de textos). Malheureusement, leur plainte s’est égarée dans les méandres de la justice comorienne et l’Université n’ayant pas le temps d’examiner les accusations de l’étudiante (voir PV de l’Université du 20 mars 2013), s’est contenté d’exclure pour 5 ans la victime pour fraude et suspendre les deux enseignants mis en cause (tout en continuant à les payer).

Aujourd’hui, c’est un nouvel appel au nouveau Ministre de l’Éducation et au Président Azali qui ne peut être insensible à cette question. Il faut rompre le silence et agir. Des solutions peuvent être immédiatement envisagées. Il faut spécialiser des inspectrices et des psychologues qui ne soient pas déjà de l’Éducation Nationale pour qu’elles aillent écouter les enfants du collège jusqu’à l’Université et proposer des solutions pour éradiquer ce mal. Il faut faire entrer les parents à l’École et associer les associations de parents d’élèves à la lutte contre la pédophilie. À l’Université, une mesure immédiate et sans incidence financière serait de faire en sorte que les copies des partiels soient redonnées aux élèves une fois corrigées ou du moins permettre à tout étudiant de pouvoir consulter ses copies d’examen sur simple demande. Cela permettrait d’éviter bien des injustices.

En effet, aux Comores, nous sommes dans le seul pays au monde où les étudiants n’ont pas accès à leurs copies d’examen une fois qu’ils les ont remises aux professeurs qui corrigent. Cela permet aux professeurs d’y mettre les notes qu’ils veulent sans aucun contrôle de qui que ce soit ou de les faire disparaître quand ils veulent (comme ce fut le cas en 2013 dans le département d’AES). Cela permet aussi de faire pression sur les jeunes filles, et même sur leurs petits copains qui ne pourront jamais vérifier si la mauvaise note qu’on leur a donnée était justifiée ou non.

Nous sommes dans un pays qui a inscrit sur sa Constitution que l’action de l’État doit être guidée par les principes de l’Islam et sur cette la question des NST, l’Etat, l’Éducation et les divers gouvernements depuis longtemps semblent ignorer complètement quelques principes de cette religion et en particulier le sort qui est fait aux enfants à l’École.

MI

Chamanga : « Le recueil d’El Mahad : c’est un régal ! »

Mohamed Ahmed-Chamanga, linguiste

Mohamed Ahmed-Chamanga, linguiste

 

Interview/Mohamed Ahmed-Chamanga, linguiste

« Le recueil d’Elmahad me semble bien écrit, avec quelques mots recherchés, c’est un régal ».

 

 

« Roho Itangao » est le titre d’un recueil de poèmes paru aux Editions Cœlacanthe le mois de mai dernier. C’est le premier recueil de poèmes en Shikomori. L’auteur est Ibrahim Abdou El Mahad, un étudiant comorien. À cette occasion, la rédaction de Mlimengu a interviewé Mohamed Ahmed-Chamanga, linguiste qui se bat depuis quelques années pour l’adoption d’une seule graphie du shikomori et l’introduction de cette langue nationale dans l’enseignement.

  

Mlimengu – Un recueil de poèmes écrit en shikomori a été publié aux éditions Cœlacanthe au mois de mai dernier par un étudiant comorien, Ibrahim Elmahad. En tant que linguiste spécialiste de la langue comorienne, quelle est votre impression ?

 

Mohamed Ahmed-Chamanga (MAC) – Je pense que c’est une bonne chose. Cela prouve qu’il y a des gens qui se soucient de l’avenir de notre langue. Ce recueil de poèmes, écrit dans un langage simple et agréable, dans une assez bonne orthographe, confirme chez les jeunes comoriens une prise de conscience de la valeur intrinsèque de leur langue maternelle. Pour promouvoir et sauvegarder sa langue, quoi de plus évident que de développer aussi une littérature écrite. Signalons qu’il ne s’agit pas de la seule publication en comorien. Rappelons le premier roman écrit en shiKomori de Mohamed Nabhane (Mtsamdu kashkazi, kusi Misri, Komedit 2011), les histoires bouffonnes de Djoha traduites en comorien par Ibrahim Foumdjimba (Djoha n’empundra, Komedit, février 2014). D’autres titres vont bientôt paraître (poésie : Kaulu mshindji de Zalfata Mouhalide, Komedit ; roman : E nambe ! de Bourhane Hassane, Komedit). D’autres encore sont en gestation.

Ceci dit, le recueil d’El Mahad me semble très bien écrit, avec quelques mots recherchés. C’est un régal…

Tous ces ouvrages seront très utiles quand l’introduction du comorien dans le système éducatif sera effective, et ils serviront dans toutes les études et les recherches sur le comorien.

Mlimengu – L’auteur de ce recueil de poèmes a affirmé dans une interview, parue sur le site des Éditions Coelacanthe (« Le shikomori est un choix naturel ») , que la langue comorienne « tend à disparaître », une des raisons qui l’a motivé à écrire en Shikomori. Et dans un Article paru dans Al-Watwan, Touhfat Mouhtar, une écrivaine parle d’une langue « oubliée ». Partagez vous ces avis ?

 MAC – Dans le monde, de nombreuses « petites »[1] langues disparaissent chaque année. Pour la langue comorienne, la situation n’est pas encore désespérée. Je ne vois donc pas ce qui amène cet auteur à tirer cette conclusion. La langue comorienne est bien vivante. Comme toute langue vivante, elle voit un certain nombre de mots naître ou disparaître et/ou remplacés par de nouveaux mots. Cela fait partie de l’évolution normale de toute langue.

Lorsque les Arabes sont arrivés dans notre pays, ils nous ont transmis une partie de leur vocabulaire. Avec le développement de l’Islam et l’enseignement coranique, beaucoup de mots d’origine arabe se sont imposés.

Lorsqu’au XIXe siècle les waMakua du Mozambique sont arrivés en assez grand nombre aux Comores, ils nous ont légué beaucoup de mots de la vie quotidienne comme le mataba ou madaba, putu ou budu, etc. Depuis le XIXe siècle, avec la colonisation française, l’enseignement publique et l’administration en français, il est tout à fait normal que le comorien s’enrichit de vocabulaire d’origine française. Or on a tendance aux Comores à penser qu’on ne parle pas bien comorien lorsque dans une phrase on emploie un mot d’origine française. Et on parle de « créolisation » du comorien. Or on ne porte pas le même jugement, lorsqu’on utilise des mots d’origine arabe. Pourtant, l’arabe a beaucoup plus perturbé la structure bantoue du comorien que le français…

Maintenant, que faire pour éviter l’intrusion peut-être trop anarchique et massive de mots d’origine étrangère qu’on observe aujourd’hui ? Il n’y a pas mille solutions : il faut intégrer le comorien dans le système éducatif, l’utiliser dans l’administration – même partiellement – et encourager le développement d’une littérature écrite dans cette langue. Cela contribuera grandement à enrichir la langue et à mieux conserver des mots qui risquent d’être « oubliés » si je peux répondre à Touhfat Mouhtar. Pour y arriver, il est nécessaire de définir une politique linguistique claire et réaliste, en faisant les choses étape par étape.

Mlimengu – Ibrahim Elmahad, le poète dont il s’agit, parle d’une langue « très riche ». Quelle est donc la richesse de la langue comorienne ? A-t-elle une particularité comparée à d’autres langues bantoues comme le Swahili ?

MAC – En linguistique, il n’y a pas de langues « pauvres » et de langues « riches ». Toutes les langues se valent, s’adaptent à leur environnement et répondent au besoin des populations qui les parlent. Il est évident que lorsqu’une langue est utilisée dans le système éducatif et dans l’administration, son vocabulaire sera beaucoup plus riche qu’une langue qui reste confinée à son usage strictement oral. Lorsque celle-ci change de statut ou s’ouvre à d’autres domaines, son vocabulaire s’enrichit inévitablement. Pour le cas de la langue comorienne, la politique linguistique du régime d’Ali Soilihi de 1975-1978 nous le rappelle. Lorsque le besoin de vouloir exprimer des notions nouvelles se fait sentir, la langue dispose de plusieurs moyens pour y faire face ou pour trouver la solution. Cela peut être par « emprunt » ou par « création », etc.

Si on compare le swahili au comorien, on peut dire que le swahili est plus « riche » car il est parlé dans une zone beaucoup plus vaste et, en plus, il est enseigné à l’école, utilisé dans l’administration et dans beaucoup de journaux qui sont lus…

Mlimengu – A l’université des Comores, dans le département des lettres, particulièrement en troisième année de licence, est dispensé un module intitulé « linguistique comorienne », alors qu’en réalité c’est l’histoire de la langue qui est enseignée et non l’écriture et la langue en question. Pourquoi ce choix unique dans ce département ? Et pourquoi il faut attendre jusqu’à l’université pour dispenser l’enseignement de cette langue ?

 MAC – N’ayant aucune responsabilité et n’exerçant pas dans cette institution, je ne saurai vous répondre. Je sais seulement que j’ai déjà eu l’occasion de déplorer cette situation depuis sa création. Il est très malheureux en effet de constater que l’Université comorienne n’attache pas beaucoup d’intérêt à ce qui constitue pourtant le fondement de notre identité et notre culture. Sur ce plan, l’ENES de Mvuni (école Nationale d’Enseignement Supérieure), dans les années 80-90, avait fait beaucoup mieux que l’Université actuelle.

Suite à l’étude réalisée en 2007-2008, à la demande du ministre Abdourahim Saïd Bacar du gouvernement Sambi, j’avais établi un calendrier pour l’introduction progressive de l’enseignement de la langue comorienne dans les collèges, les lycées et l’université, avec au préalable bien évidemment, la formation des enseignants et la préparation des manuels. Après la mandature du Président Sambi, le projet n’a pas intéressé le gouvernement Ikililou, ou du moins n’a pas reçu l’appui nécessaire du ministre de l’éducation nationale, Mohamed Ismail.

 

Propos recueillis par Natidja Hamidou

 

[1] Numériquement parlant bien sûr.

Le Gouvernement comorien veut-il renoncer aux élections de 2014 ?

Le Gouvernement comorien veut-il renoncer aux élections de 2014 ?

Palais du peuple, siège de l'Assemblée de l'Union

Palais du peuple, siège de l’Assemblée de l’Union

S’il y a un sujet sur lequel l’Assemblée de l’Union et le gouvernement comorien pourraient parvenir rapidement à une entente, c’est bien celui du report des élections législatives et communales prévues à la fin de cette année.

Pourtant, la Cour constitutionnelle a été claire. Elle a dit que le mandat des députés de l’Union se terminait au mois d’avril 2014 et celui des conseillers des îles en décembre 2014. Dans son arrêt, la Cour ajoutait : « il appartient au Président de l’Union et aux organes en charge des élections, chacun en qui le concerne de prendre les mesures propres à garantir l’organisation des élections des Députes de l’Union des Comores, des Conseillers des Iles, du Président de l’Union et des Gouverneurs des iles autonome dans les délais requis et suivant les conditions prévues par la constitution et la loi électorale » (article 5).

A la suite de cet arrêt de la Cour constitutionnelle le président Ikililou Dhoinine avait réuni, le 12 février 2014, une conférence des grands élus composée du Président de l’Union, des Vice-Présidents, des gouverneurs et des présidents des Assemblées. Cette conférence avait conclu que les élections législatives et communales pouvaient être organisées en novembre et décembre 2014.

La prolongation des mandats et le précédent Sambi

Or, il semble qu’au sein du parlement, comme au sein du gouvernement certains se satisfont de la situation actuelle. Sans vraiment avoir une majorité à l’Assemblée de l’Union, le gouvernement est plutôt préservé et aimerait certainement conserver ce consensus mou jusqu’à la fin du mandat du président Ikililou Dhoinine.

Cela présente plusieurs avantages pour le gouvernement. Le premier est de ne pas créer une effervescence dans une société déjà bousculée par plusieurs mouvements de contestation menés par des catégories diverses dont les jeunes qui ont manifesté trois fois en quelques mois (les lycéens contre la grèves des professeurs, les étudiants de l’université pour dénoncer leurs conditions, et dernièrement plusieurs jeunes ont suivi la manifestation pour réclamer de l’eau et de l’électricité).

Le deuxième avantage qui pourrait pousser le gouvernement à remettre à plus tard les élections législatives et communales c’est la possibilité d’éviter de renforcer l’opposition en se créant une majorité véritablement hostile à l’Assemblée, une majorité qui pourrait imposer au Président de mettre en place un gouvernement avec l’opposition. Une sorte de cohabitation à la française. Les deux dernières années du président Ikililou risqueraient ainsi d’être difficiles pour lui.

La situation actuelle semble également arranger les gouverneurs, y compris Mouigni Baraka qui n’a pas vraiment de majorité au Conseil de Ngazidja et qui a dû faire face à deux motions de censure dirigées contre ses commissaires en l’espace de quelques mois. Il se console en se disant qu’au moins il contrôle l’ensemble des communes puisque c’est lui qui a désigné les maires, sans aucune forme d’élection.

Il est d’ailleurs difficile de prévoir des élections municipales alors qu’après la loi électorale, les députés ont bloqué la loi sur la commune de Moroni sous la pression de groupes de notables. La multiplication des gestes qui peuvent retarder les élections montrent que les députés ne veulent pas quitter leurs fauteuils et les nombreux avantages, et cela ils le prévoient depuis plus d’un an, si l’on en croit les confidences de certains d’entre eux, qui n’hésitent pas à mettre en avant une entente avec l’exécutif pour regrouper toutes les élections en 2016. Mais, les députés pourraient déchanter puisque la Constitution ne prévoit pas un mandat de sept ans pour eux. Donc, à moins de s’inspirer du « cas Sambi » qui a réussi, malgré un arrêt de la Cour constitutionnelle, à faire passer son mandat de 4 à 5 ans en 2010, ils devront quitter leurs postes si les élections ne sont plus programmées en novembre et décembre 2014. Il est d’ailleurs remarquable que malgré l’arrêt de la Cour disant que leur mandat est terminé en avril, l’opposition les laisse encore siéger. Sans doute que celle-ci juge que tout le monde peut attendre les élections prévues à la fin de l’année.

Les bonnes vieilles recettes

Si l’on en croit le compte rendu fait par Beit-Salam.km après la rencontre du président avec une partie de l’opposition ce 9 juin, le président leur a indiqué qu’il fait tout pour que les élections aient lieu aux dates prévues par la conférence des grands élus. Mais, il n’a pas vraiment rassuré ces leaders de l’opposition lorsqu’il a tenu à leur apprendre d’une part que le recensement n’a pas encore atteint 80% des électeurs et d’autre part que les habituels bailleurs de fonds ne se précipitent pas.

On peut être étonné et se demander quand l’Etat comorien pourra intégrer dans son budget le coût des élections prévues des années à l’avance. Mais, on peut aussi craindre que cet argument ne soit utilisé dans quelques mois pour repousser les élections à plus tard et peut-être à 2016. Le financement reste l’argument le plus utilisé ces derniers temps quand un gouvernement veut repousser des élections.

On voit donc que tous les éléments sont réunis pour faire accepter à l’opinion publique un éventuel report des élections prévues en 2014, malgré l’arrêt de la Cour constitutionnelle et malgré le consensus établi par le président de la République lui-même. Mais, c’est un risque que prendrait le président.

D’abord parce qu’à partir de la fin de cette année, le pays s’enfoncerait un peu plus dans l’illégalité, les députés ne pouvant plus prétendre représenter les Comoriens. Les partis de l’opposition pourraient ainsi se radicaliser. Dans cette situation toute forme d’action des partis politiques ou de la société civile afin de mettre fin à cette illégalité serait légitime.

Ensuite, le pays ne pourrait pas vivre deux ans sans parlement national et sans conseil des Iles. C’est une situation qui compromettrait le fonctionnement démocratique, l’équilibre et la séparation des pouvoirs.

Enfin, il serait inconcevable de regrouper cinq élections majeurs en une seule fois en 2016. On court alors le risque de déboussoler l’électeur comorien, qui pourrait être sollicité pour des meetings pour sa commune, des meetings pour l’élection de son conseiller et de son député, des meetings pour l’élection de son gouverneur et enfin pour les deux tours de l’élection du Président de l’Union. Et l’on ne parle pas des erreurs qui pourraient survenir le jour des élections, notamment en ce qui concerne l’élaboration et la compréhension du ou des bulletins de vote.

Il serait tellement plus simple pour le gouvernement actuel de mettre tous les moyens de son côté pour respecter et faire respecter les échéances, tout en se préparant à mener le combat sur le terrain pour remporter les élections, au lieu de prendre le risque de plonger le pays dans l’incertitude et dans une nouvelle crise électorale. Mais pourquoi faire simple quand on peut faire plus compliqué ?

Mahmoud Ibrahime

Ainoudine Sidi a quitté le CNDRS

Ainoudine Sidi a quitté le CNDRS

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Mme Lacoste, chercheuse affectée à l’UDC et femme de l’Ambassadeur de France et Ainoudine Sidi ex-Directeur du CNDRS

Ils étaient nombreux au Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS) samedi 17 mai pour rendre hommage au Docteur Ainoudine Sidi, remplacé à la tête de cette institution par  Nourdine Abdallah par un décret du Président de la République.

Les personnels du CNDRS étaient présents à la cérémonie. Les différentes personnalités de l’institution ont rappelé à tour de rôle les travaux réalisés par le directeur sortant. Ainsi, Toiwilou a prononcé un grand discours en français pour honorer Ainoudine en rappelant toutes les bonnes choses qu’il a réalisées pendant ses quinze ans de directions du CNDRS. Il a indiqué, entre autres, qu’Ainoudine n’a jamais renvoyé un employé du CNDRS durant sa période de direction. Au contraire, il a tissé des liens avec tous les personnels. C’est pourquoi, à la fin de son propos, il a conseillé à Ainoudine de rester pour toujours un enfant du CNDRS car l’institution aura toujours besoin de lui.

Ensuite madame Lacoste, chercheuse affectée à l’Université des Comores et femme de l’Ambassadeur de France aux Comores, a pris la parole pour parler largement de l’oeuvre de Ainoudine sur le plan national et international, ainsi que ses multiples occupations. Elle a aussi souligné que Ainoudine était la première personne qu’elle a rencontrée à son arrivée aux Comores grâce à ses écrits précieux et parfois sévères. Elle a ajouté la réalisation de la revue scientifique Ya mkobé.

Après Mme Lacoste, la parole est passée à Ainoudine Sidi. Il a longuement remercié tous les gens avec lesquels il a travaillé pendant ces quinze ans de fonction. « Vous étiez mes collègues, aujourd’hui vous êtes tous mes amis, wanama, wadzani » a-t-il souligné,  » et maintenant, je m’engage à l’université et sur les travaux de terrain avec mes étudiants ». A la fin de la cérémonie, Damir Ben Ali, est revenu sur la publication de la revue scientifique Ya mkobé en précisant qu’Ainoudine ne cessait de le consulter avant chaque publication. Enfin, il a souhaité la bienvenue à Nourdine Abdallah, nouveau directeur général, présent dans la salle, mais qui n’a pas pris la parole.

Abdillah Ali

UDC. INVESTITURE DU NOUVEAU BUREAU DE LA COOPERATIVE DES ETUDIANTS

UDC. INVESTITURE DU NOUVEAU BUREAU DE LA COOPERATIVE DES ETUDIANTS

Le nouveau bureau de la coopérative des étudiants de l’Université des Comores(UDC) a été  investi ce jeudi 10 mars sur le Campus de Nvouni. Ce bureau est composé de 7 personnes et il est présidé par Mhadji Ahmada, un étudiant de deuxième année de licence d’Administration Economique et Sociale(AES). Les autres membres du bureau sont : MM. Said Hassane (L2 Droit, Vice-president), Nourdine M’madi (L2 Droit, Secrétaire Général),Moindjié Absoir (L2 Sciences Economiques,Trésorier Général),Ali Soulé (L2 AES, Porte parole), Ahmada Saïd(L2 AES, Trésorier-adjoint) et Mlle Nadia Ali Bacar (L2 AES Coordinatrice Générale).

AbouMoussa

Abdou elwaheb Msa

La cérémonie d’investiture a été honorée par la présence du Gouverneur de l’île de Ngazidja, le commissaire à la production de l’île, celle de l’éducation, ainsi que plusieurs personnalités gouvernementales, politiques, diplomatiques, religieuses et une frange importante de la notabilité. Il faut cependant noter l’absence remarquée du ministre de l’éducation.

Plusieurs danses folkloriques ont été exécutées pour égayer la cérémonie. Plusieurs discours ont été également prononcés, à commencer par le mot de bienvenue du maire de la commune de Bambao Yadjou. Celui-ci n’a pas manqué de louer la magnificence du site de l’UDC de Nvouni et a exhorté les étudiants à persévérer dans leur travail s’ils veulent garantir la réussite de leurs études.

Le président sortant de la coopérative, M. Nadhuf Attoumani Ibrahim, a dressé un bilan sommaire de ses deux ans de mandat. Son successeur a, quant à lui, repris à son compte les revendications portées par les étudiants lors de la dernière grogne sur le campus. Sa priorité est d’œuvrer pour l’ouverture d’un restaurant universitaire, le raccordement du site au réseau internet et la résolution des difficultés sur l’électricité, ainsi que le transport. Préoccupé par la dispersion des organisations étudiantes, le nouveau président de la coopérative du campus de NVouni compte s’investir pour la réunification de toutes les coopératives universitaires pour en faire une seule et unique organisation étudiante. Il est vrai que chaque campus de l’UDC dispose de sa propre coopérative étudiante.

Quant au doyen de la faculté de lettres, vice-président de l’Université et président de son Conseil Scientifique, Dr Mbaraka Abdallah Charif, il a passé en revue toutes les difficultés que rencontre le campus de Nvouni et a sollicité solennellement le soutien des autorités étatiques. En bon père de famille, M. Hassaani Hamada alias Labrosse a, en sa qualité de chef du site de Nvouni, imploré les étudiants de se comporter en étudiants modèles et a demandé qu’on reconnaisse que depuis dix ans beaucoup a été fait à l’UDC, même si beaucoup reste à faire.

La cérémonie a pris fin avec le discours du Gouverneur de l’Île, M. Mouigni Baraka Said Soilih. Dans son allocution celui-ci a, d’emblée, annoncé que le gouvernement de l’Union a débloqué un financement pour la réfection rapide du tronçon routier reliant le carrefour de Mdé au campus de Nvouni. Il s’est, par ailleurs engagé à faire un plaidoyer pour une véritable prise en compte des légitimes doléances des étudiants par les autorités gouvernementales.

Abdou elwahab Msa Bacar

Ibouroi Ali Tabibou fait entrer les Makua dans l’histoire des Comores

Soutenance de thèse

Ibouroi Ali Tabibou fait entrer les Makua dans l’histoire des Comores

 

L’historien Ibouroi Ali Tabibou est rentré à Moroni ce lundi 7 avril après avoir soutenu sa thèse à l’Université de la Réunion le 26 mars dernier. Dirigé par le spécialiste de l’esclavage et du servilisme dans l’Océan Indien, Sudel Fuma, Ibouroi Ali Tabibou a mené à terme une étude intitulée « Des Makua et de leurs descendants aux Comores ». Après trois heures d’exposé et de questions-réponses, le jury lui a accordé la mention Très honorable.

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Après la soutenance

À 50 ans passés, c’est à un sujet fastidieux auquel s’est confronté cet enseignant-chercheur de l’Université des Comores. Cela fait un bon moment qu’il a entrepris cette thèse sur l’esclavage. Il en était devenu le spécialiste avant même d’avoir soutenu. Malheureusement, ses moyens ne lui permettaient pas de se déplacer dans l’océan indien ou en Europe pour consulter des archives. Le programme de coopération et de soutien des enseignants de l’Université des Comores lui a permis de faire les déplacements nécessaires.

La thèse décrit le système d’esclavage tel qu’il a été mis en place aux Comores surtout après l’introduction de l’agriculture de rente. L’auteur aborde donc une période qui s’étend de 1870 à 1970. Les esclaves prélevés sur la côte mozambicaine viennent servir dans les plantations des étrangers installés dans l’archipel ou des sultans. Parfois, ils ne font que transiter aux Comores avant de se retrouver ailleurs. Malgré l’abolition officielle de l’esclavage, il se continue sous d’autres formes jusqu’à l’esclavage moderne que décrit Ibouroi Ali Tabibou.

Dans un tel travail la difficulté première qui a rebuté beaucoup de chercheurs c’est le manque d’archives et le silence de ceux qui pourraient témoigner, mais qui préfèrent souvent se confier à des chercheurs étrangers. C’est donc à cela que s’est heurté le chercheur comorien.

Quelques minutes après sa soutenance, il confiait à la rédaction du blog Mlimengu sa fierté d’avoir mené à terme ce projet et déclarait : « Ma carrière est derrière moi ».

Ibouroi Ali Tabibou est un de ces hommes rares dans ce pays, ces hommes qui ont sacrifié leur vie pour le bien du plus grand nombre, sans jamais dévier et sans jamais rien demander en retour. Il est le véritable père du syndicalisme comorien qu’il a porté de ses bras pendant tant d’années, à tel point qu’il est plus connu sous le nom de « Ibouroi Syndica ».

Formé au msomo wa nyumeni, membre discret du Front Démocratique, il a passé tout son temps dans les luttes syndicales, à défendre ses collègues et même l’ensemble des travailleurs comoriens, mais aussi à se faire des ennemis dans la classe politique. Une classe politique qui a fini par reconnaître ses mérites puisqu’il a été élevé au rang de Chevalier du Croissant Vert en 2012. Le moment venu, Ibouroi a su passer la main à une nouvelle génération de syndicalistes et se consacrer un peu à sa vie familiale et à la recherche. C’est ainsi qu’il y a 4 ans, sa femme et lui ont eu la joie d’accueillir leur premier enfant.

Parmi les historiens d’aujourd’hui, il est sans doute celui qui pouvait le mieux porter une telle recherche qui demande certes de connaître et de vivre au jour le jour la société comorienne, mais aussi une certaine opiniâtreté et de l’audace dans un milieu où la grande majorité donnerait tout pour qu’on lui invente un ancêtre esclavagiste plutôt qu’un esclave. Dans un pays où les diverses exigences poussent chacun à s’inventer un ancêtre arabe, et si possible descendant du prophète.

Avec cette thèse, Ibouroi, le syndicaliste, non seulement ouvre des horizons pour les jeunes qui se lancent dans la recherche historique aux Comores, mais il rend aussi leur dignité aux Makua, une composante essentielle de la population comorienne, jusqu’ici refoulée dans les parties obscures de l’histoire nationale. Par le regard qu’il a posé sur cette population jusque-là ignorée et même méprisée, il nous dit : Eux aussi, comme les sultans ou les notables politiciens méritent tout autant qu’on y consacre des études et des recherches car plus que les autres, ils ont construit ce pays avec leurs bras, leur sueur et leur sang. Les historiens du futur ne pourront que le remercier. Puissent-ils avoir autant d’audace.

Mahmoud Ibrahime

Alwatwan du 11 avril 2014

 

BUDGET DE L’UNIVERSITE DES COMORES : L’INSTITUTION EST EN FAILLITE

BUDGET DE L’UNIVERSITE DES COMORES : L’INSTITUTION EST EN FAILLITE

 

UDC

Université des Comores

L’Université des Comores (UDC) a réuni, ce samedi 29 mars 2014, son Conseil d’Administration en vue de l’adoption de son budget 2014. Les 27 administrateurs de l’UDC se sont penchés, toute au long de la journée, à la discussion du budget 2014 après les présentations du rapport d’activités de l’année 2013 par le secrétaire général de l’institution et celui de l’exécution du budget 2013 par l’agent comptable supérieur.

Ce fut l’occasion aussi pour le président Mohamed Rachad Ibrahim de présenter les quatre nouveaux élus du Conseil : Dr Said Hassane, Dr Achmet Said Mohamed, Dr Abdou elwahab Moussa et M. Ramadhoini Djoubeir.

Quant au budget, il faut reconnaitre que la situation est alarmante. Seuls les salaires ont englouti plus de 81% du budget 2013. Et la situation va s’aggraver en 2014, puisque les prévisions font ressortir que le budget de fonctionnement représente 84,25% et la rubrique « Charges du personnel » absorbe 91,40% de recettes prévisionnelles.

Afin de tirer la sonnette d’alarme et prouver que l’université n’a aucune marge de manœuvre en matière financière, l’agent comptable n’a pas fait l’économie des mots et ceux-ci sont déversés, tel un déluge de boue : budget de récession, insuffisance d’autofinancement, goulot d’étranglement pour l’institution… Sauf que, et cela n’a pas échappé à la vigilance des nouveaux élus, aucune mesure n’a été prévue pour réduire ce déficit record qui est de l’ordre de 477 097 789 KMF. D’où l’idée, qui a émergé un moment, de renvoyer l’étude du budget sine die. Un compromis fut trouvé in extremis. On allait soumettre le budget au vote sous réserve des modifications devant réduire le déficit. C’est ainsi que le budget fut adopté avec une légère majorité de 14 voix sur 25, car sept membres du conseil l’ont rejeté et 4 autres se sont abstenus.

Le budget 2014 de l’UDC est constitué d’un budget de fonctionnement de 2 053 613 309 avec de recettes estimées à 1 730 237 724. Pour les investissements, les prévisions en dépenses s’élèvent à 1 814 570 000 avec de recettes de l’ordre de 1 599 200 585 constituées exclusivement d’aides de pays et organismes partenaires, tels le japon, le Qatar, le PNUD et le Service d’Action Culturelle de l’Ambassade de France(SCAC). L’Etat comorien verse 63 millions de subvention d’exploitation par mois sous forme de salaires. Une somme qui s’avère largement insuffisante, car pour payer le salaire mensuel de son personnel, l’université ajoute à la subvention une somme presque équivalente à celle-ci qu’elle puise sur ses fonds propres. Tout le souhait de l’administration de l’UDC est que les autorités étatiques acceptent de verser la subvention sans attendre les moments de versements de salaires des fonctionnaires pour le faire. Il faut savoir que si l’Etat n’apporte pas rapidement son concours financier à l’UDC, celle-ci risque d’appliquer la mesure qui consiste à doubler les frais d’inscription. Ce qui risque d’intensifier la grogne des étudiants, comme celle déclenchée la semaine dernière sur le campus de Nvouni.

MLIMENGU

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