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Un nouveau bureau pour l’association des étudiants comoriens à Paris 8

Un nouveau bureau pour l’association des étudiants comoriens à Paris 8

 

L’association des étudiants comoriens à l’université Paris 8, connu sous le nom d’ « Arc-en-ciel » a désormais un nouveau bureau après avoir été dirigée pedant longtemps uniquement par Ibrahim Barwane. Le Vendredi 28 mars, une soixantaine d’étudiants ont procédé aux élections des nouveaux responsables de ce groupement. « Il était temps. Cette association était inactive. Personnellement j’ignorais son existence jusqu’au 5 décembre 2013 lors du forum des associations au sein de l’université alors que je suis inscrite depuis 2012  », confirme, à la sortie des élections, Feyrouz Ahmed, étudiante en Licence 2 de Géographie.

Mahamoud Said, étudiant en Master 2 Histoire et Civilisation, est élu président de « l’Arc-en-ciel » avec 73% de voix contre 27% pour son adversaire Mahamoud Ali, ancien enseignant aux Comores et actuel étudiant en Master 2 Mathématique et Informatique. Wardat Youssouf, étudiante en Master 1 en Science et Economie devient la secrétaire générale après avoir battu Abidine, étudiant en Licence 3 de Sociologie. Le troisième élu, Abdourahim Ahamed, étudiant en Master 1 d’Economie occupe la trésorerie.

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Au centre, Mahamoud Saïd, nouveau président d’Arc-en-Ciel

 

« Nous allons restructurer et redynamiser l’association. Car elle était méconnue par beaucoup d’étudiants comoriens. C’est comme si elle n’existait pas. Il n’y avait qu’une seule personne qui occupait tous les postes. D’ailleurs, c’est ce qui m’a motivé à présenter ma candidature. Les étudiants comoriens notamment les nouveaux arrivants ont besoin d’être aidés sur l’intégration, l’orientation et sur les démarches administratives  », a déclaré le nouveau président avant d’ajouter que « certes la tâche n’est pas facile, mais j’estime avoir les capacités requises pour faire fonctionner l’association. J’ai déjà travaillé avec l’administration de l’université et je connais les recoins ainsi que les démarches à opter afin d’aider les étudiants comoriens à régler leurs problèmes car c’est le but essentiel de ce groupement  ».

Toutefois, Mahamoud Said regrette une absence massive des étudiants lors des élections. « Avec plus de 228 étudiants comoriens inscrits à Paris 8, une soixantaine s’est présentées pour voter. C’est déplorant. Je pense qu’il est temps de changer ces mentalités », dit-il.

S’agissant des autres postes, les nouveaux élus ont affirmé qu’ils sont en train de réfléchir aux personnes qui doivent les occuper. Interrogé sur l’Etat actuel de « L’arc-en-ciel », le président affirme « nous n’avons hérité que d’un nom et de statuts, ainsi que le local. Nous espérons la reformer ».

Le nouveau bureau espère prendre contact avec la coopérative de l’Université Des Comores et sensibiliser les étudiants de l’université des Comores sur les études en France, et informer les étudiants sur les contacts à connaître une fois l’inscription faite à Paris 8.

Quant à Ibrahim Barwane, ancien président de la structure depuis 2007, et membre fondateur, il se réjouit des réalisations qu’il a pu concrétiser. « De nombreux étudiants ont pu obtenir leurs inscriptions ou démarches administratives grâce à mon dévouement et mon soutien. Je me suis bataillé pour avoir le local de l’association au près de la présidence de l’université », dit il tout en précisant que « j’ai créé le concept vendredi de l’arc-en-ciel. Il s’agit des conférences qui se tenaient à l’université Paris 8 qui abordaient tous les sujets et qui ont permis aux étudiants d’échanger avec des chercheurs, des politiciens, des économistes ainsi que des artistes ». Ce doctorant en anthropologie avance que « j’ai réalisé ce travail bénévolement et je n’ai jamais sollicité de l’argent à quiconque et donc je n’ai pas de comptes à rendre à personne ».

Notons que parmi les universités françaises, Paris 8 est celle qui accueille le plus d’étudiants d’origine comorienne chaque année, elle a donc été rebaptisée Nvouni-sur-seine par les Comoriens, en référence au site de Nvouni de l’Université des Comores.

 

Cependant, ces étudiants regrettent le fait qu’ils ne reçoivent aucune aide de la part du consulat des Comores à Paris. « Nous sommes livrés à nous même. Certes le consul nous délivre des attestations boursières qui nous permettent de pouvoir régler nos problèmes à la préfecture, mais rien de plus. La preuve il y a eu la mort d’une étudiante comorienne qui était à Paris 8 en juillet dernier, et aucun responsable du consulat n’était présent lors de la prière à la défunte et aucun communiqué de condoléances n’a été diffusé », déclare avec désolation Ibrahim Saandi Kemba, étudiant en Master 2 en Sciences politiques.

Fondée le 14 février 1998, selon les statuts, l’Arc-en-ciel a comme principal but de préserver l’unité et la solidarité des tous les étudiants comoriens de Paris 8 et de défendre les intérêts communs et personnels de ses membres au sein de l’université.

Natidja Hamidou

BUDGET DE L’UNIVERSITE DES COMORES : L’INSTITUTION EST EN FAILLITE

BUDGET DE L’UNIVERSITE DES COMORES : L’INSTITUTION EST EN FAILLITE

 

UDC

Université des Comores

L’Université des Comores (UDC) a réuni, ce samedi 29 mars 2014, son Conseil d’Administration en vue de l’adoption de son budget 2014. Les 27 administrateurs de l’UDC se sont penchés, toute au long de la journée, à la discussion du budget 2014 après les présentations du rapport d’activités de l’année 2013 par le secrétaire général de l’institution et celui de l’exécution du budget 2013 par l’agent comptable supérieur.

Ce fut l’occasion aussi pour le président Mohamed Rachad Ibrahim de présenter les quatre nouveaux élus du Conseil : Dr Said Hassane, Dr Achmet Said Mohamed, Dr Abdou elwahab Moussa et M. Ramadhoini Djoubeir.

Quant au budget, il faut reconnaitre que la situation est alarmante. Seuls les salaires ont englouti plus de 81% du budget 2013. Et la situation va s’aggraver en 2014, puisque les prévisions font ressortir que le budget de fonctionnement représente 84,25% et la rubrique « Charges du personnel » absorbe 91,40% de recettes prévisionnelles.

Afin de tirer la sonnette d’alarme et prouver que l’université n’a aucune marge de manœuvre en matière financière, l’agent comptable n’a pas fait l’économie des mots et ceux-ci sont déversés, tel un déluge de boue : budget de récession, insuffisance d’autofinancement, goulot d’étranglement pour l’institution… Sauf que, et cela n’a pas échappé à la vigilance des nouveaux élus, aucune mesure n’a été prévue pour réduire ce déficit record qui est de l’ordre de 477 097 789 KMF. D’où l’idée, qui a émergé un moment, de renvoyer l’étude du budget sine die. Un compromis fut trouvé in extremis. On allait soumettre le budget au vote sous réserve des modifications devant réduire le déficit. C’est ainsi que le budget fut adopté avec une légère majorité de 14 voix sur 25, car sept membres du conseil l’ont rejeté et 4 autres se sont abstenus.

Le budget 2014 de l’UDC est constitué d’un budget de fonctionnement de 2 053 613 309 avec de recettes estimées à 1 730 237 724. Pour les investissements, les prévisions en dépenses s’élèvent à 1 814 570 000 avec de recettes de l’ordre de 1 599 200 585 constituées exclusivement d’aides de pays et organismes partenaires, tels le japon, le Qatar, le PNUD et le Service d’Action Culturelle de l’Ambassade de France(SCAC). L’Etat comorien verse 63 millions de subvention d’exploitation par mois sous forme de salaires. Une somme qui s’avère largement insuffisante, car pour payer le salaire mensuel de son personnel, l’université ajoute à la subvention une somme presque équivalente à celle-ci qu’elle puise sur ses fonds propres. Tout le souhait de l’administration de l’UDC est que les autorités étatiques acceptent de verser la subvention sans attendre les moments de versements de salaires des fonctionnaires pour le faire. Il faut savoir que si l’Etat n’apporte pas rapidement son concours financier à l’UDC, celle-ci risque d’appliquer la mesure qui consiste à doubler les frais d’inscription. Ce qui risque d’intensifier la grogne des étudiants, comme celle déclenchée la semaine dernière sur le campus de Nvouni.

MLIMENGU

https://mlimengu.wordpress.com/

 

LA GREVE DES ETUDIANTS DE L’UNIVERSITE DES COMORES CONTINUE

LA GREVE DES ETUDIANTS DE L’UNIVERSITE DES COMORES CONTINUE

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Face à l’armée

Malgré le terrain d’entente trouvé hier entre les responsables de l’université des Comores et les étudiants, les cours n’ont pas pu reprendre ce matin sur le campus de Nvouni. Les étudiants et les professeurs qui se sont présentés en classe ont été jetés dehors par un groupe d’étudiants décidés à empêcher la reprise des cours. Ils contestaient la représentativité des étudiants ayant participé à la rencontre avec l’administration universitaire tout en exigeant l’exécution illico des revendications.

Ces étudiants récalcitrants attendaient la résolution immédiate du problème lié à la délivrance des relevés de notes et des attestations de réussite et se disaient déçus du début timide de l’exécution de leurs revendications.

Il faut noter que plusieurs factions d’étudiants se disputent le leadership de la grève et leur mouvement est miné par des divisions internes. Ce qui ne facilite pas les discussions avec l’administration de l’université. On a d’un coté les responsables de la coopérative et de l’autre les instigateurs de la grève réunis au sein de l’Union des étudiants de l’université des Comores, un groupement hétéroclite et inconnu de l’administration universitaire.

Après un remue-ménage, les étudiants ont finalement été reçus par les doyens des facultés de droit et de lettres, en présence du chef du site, des chefs de départements et du directeur de l’enseignement supérieur. Les discussions ont porté essentiellement sur l’exécution effective des engagements pris par l’administration de l’université pour satisfaire la plate-forme revendicative des étudiants. Ces derniers réclament, entre autres revendications, la délivrance des relevés de notes, les attestations de réussite, ainsi que les diplômes dans des délais raisonnables, de l’électricité sur le site, le raccordement du site à l’internet et des moyens de transport et des sanitaires dignes. Il a été décidé de la mise en place, dans un bref délai, d’un Comité de Suivi composé des représentants des étudiants et des représentants de l’administration afin de s’assurer de la réalisation des revendications et surtout de la reprise des cours dés demain jeudi 27 mars.

Mais au moment même où une entente était trouvée, des étudiants, mécontents de ne pas avoir été conviés à la rencontre, ont envahi le bureau qui abritait la réunion pour verrouiller la porte et confisquer le trousseau de clefs des bureaux de la faculté de droit. Cet incident malheureux a conduit les enseignants à prendre la décision de ne reprendre les cours qu’une fois que ces clés seront rendues.

Toujours est-il que rien ne garantit la reprise des cours. L’éventualité que la grève continue encore demain n’est pas exclue. Cette menace plane comme une épée de Damoclès au dessus des têtes des responsables universitaires. Affaire à suivre…

MLIMENGU

https://mlimengu.wordpress.com/

Ibouroi Ali Tabibou a soutenu sa thèse

 Ibouroi Ali Tabibou a soutenu sa thèse

Les enseignants chercheurs poursuivent leur formation à travers les quatre coins de la planète et soutiennent leurs thèses suivant un programme de coopération mis en place entre cette jeune institution et une grande partie des universités du monde surtout francophones.

Ce fut le cas par exemple de Mhoussine el Barwane, Ben Iman, Abdillah Youssouf (Charbon), Mohamed Ibrahim (Jésus), Maoulana Charif, etc.

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Après la soutenance avec les membres du Jury. Au centre Yvan Combeau et Iain Walker. © Amir Mohamed

Ce 26 mars ce   fut le tour de l’ancien militant syndicaliste, IBOUROI ALI TOIBIBOU, enseignant chercheur à la faculté des lettres et sciences humaines de l’UDC, de valider son diplôme de troisième cycle de recherches à l’Université de la Réunion. Son thème de recherche était « Des Makua et leurs descendants aux Comores » et il a été bien abordé selon les membres du Jury. L’enseignant a finalement décroché son diplôme de Doctorat d’Etat avec la mention  « Très honorable ».

Pendant environ trois heures de temps de communication l’ancien syndicaliste a su convaincre l’assistance tant bien que mal en s’appuyant sur des arguments fondés essentiellement sur le fruit de ses recherches tout en précisant, à la fin, que son travail est loin d’être fini  : « les enquêtes pourraient être poursuivies sur la dynamique des vrais réseaux sociaux en complémentarité avec l’apport des sociologues, des anthropologues, des linguistes et des historiens »,martèle-t-il.

Apres avoir surmonté les rafales d’interrogations de part et d’autre des membres de jury, nous l’avons détourné quelques minutes pour lui poser certaines questions après nos félicitations.

Mlimengu – Quel sentiment éprouvez-vous après cette soutenance ?

Ibouroi Ali Toibibou – un sentiment de fierté, de réussite, sachant que l’essentiel de ma carrière est derrière moi.

Mlimengu – Que pensez-vous de la politique de recherche mise en place par l’UDC ?

Ibouroi Ali Toibibou – Il faudrait renforcer et dynamiser, et surtout s’ouvrir aux jeunes qui ne sont pas jusqu’à maintenant concernés par cette politique de soutien.

Mlimengu – Quel mot pouvez-vous adresser aux étudiants et enseignants chercheurs d’origine comorien de la Réunion ou d’ailleurs ?

Ibouroi Ali Toibibou – Le goût de la recherche, la ténacité et le travail en symbiose avec les spécialistes restent à prioriser.

AMIR Mohamed

Étudiant M2, Université de la Réunion

Grève des étudiants à l’Université des Comores

Grève des étudiants à l’Université des Comores

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Les étudiants manifestent à Mvoun. © Ali Abdallah

Deux semaines après la grève des lycéens, les étudiants du campus universitaire de Nvouni ont observé ce mardi 25 mars un arrêt de cours, suivi d’une marche vers la capitale. Mais la force publique s’est interposée en s’employant à stopper cette marée humaine qui allait déferler vers Moroni. Des heurts ont eu lieu entre la police et les étudiants et sont soldés par l’arrestation de plusieurs étudiants.

Il faut savoir que le site de Nvouni abrite près de 3000 étudiants, soit la moitié de l’effectif des étudiants de l’université des Comores. C’est l’Union des étudiants de l’université des Comores, un groupement alors inconnu de l’administration, qui a été à l’origine du mouvement. Il a fait savoir ses revendications en adressant un courrier en date du 19 mars à certains responsables du site de Nvouni, ainsi qu’à la présidence de l’université en déplorant « l’aliénation » des droits des étudiants. Ce collectif exigeait que « les maux dont sont victimes les étudiants soient endiguées » et énumérait une liste de revendications dont il « implorait la réalisation » avant le lundi 24 mars, sinon les étudiants allaient exprimer leurs « mécontentements en arrêtant les cours jusqu’à nouvel ordre ». Les revendications sont axées sur les conditions de transports, l’absence de sanitaires dans le campus, le dysfonctionnement de la mutuelle de santé et surtout l’incapacité de l’université à délivrer les relevés de notes et les diplômes.

Il faut reconnaitre que les autorités universitaires ont fait preuve d’une négligence en n’ayant pas daigné recevoir ces étudiants avant la date butoire. Situé dans les hauteurs de l’île, le site de Nvouni n’est pas facilement accessible pour des étudiants dépourvus de moyens financiers conséquents et qui ne bénéficient d’aucune assistance financière de la part de l’Etat. Aucune disposition n’est prise pour assurer leur transport vers le campus. Les conditions de vie dans le site sont ardues. Outre le fait que l’électricité manque toujours aux heures de cours, le site n’est pas raccordé à l’internet et ne dispose pas de restaurant universitaire.

Le campus de Nvouni connait une surpopulation étudiantine à tous les niveaux, avec des salles exigües dépourvus de sonorisation.

Les responsables des étudiants ont fini par être reçus dans la journée par les responsables de l’université en présence du directeur de cabinet du ministre de l’enseignement supérieur. Après des heures de négociation, les responsables de l’université se sont engagés à honorer toutes les revendications des étudiants, même si aucun protocole d’accord n’est établi. Les étudiants ont exigé avant toute reprise des cours la libération de leurs camarades détenus dans les locaux de la gendarmerie. Il faut dire que toutes les conditions sont réunies pour qu’un jour cette cocote minute explose. Et nos autorités ne diront pas qu’elles n’auront pas été averties.

Mlimengu

https://mlimengu.wordpress.com/

Les étudiants comoriens manifestent pour leurs droits

Les étudiants comoriens manifestent pour leurs droits

 

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Les étudiants manifestent à l’UDC ©Ali Abdallah

Les forces de l’ordre sont intervenues à l’université des Comores (campus de Mvuni) ce matin pour réprimer une manifestation des étudiants, cela quelques semaines après les manifestations des élèves des lycées de la Grande-Comore.

Les étudiants ont avancé plusieurs revendications, notamment sur un tableau noir sur lequel on pouvait lire écrit en gros : « Irresponsabilité ». L’irresponsabilité dénoncée est celle de l’administration de l’Université. Les dysfonctionnements dont se plaignent les étudiants existent depuis de nombreuses années. A tel point qu’on se demande pourquoi ce n’est que maintenant qu’ils se soulèvent. En tout cas, si on en croit l’un d’eux, joint par la rédaction de Mlimengu ce matin, l’intervention de la gendarmerie ne risque pas de les décourager car ils sont déterminés à obtenir satisfaction.

D’abord les étudiants réclament leurs diplômes car, aussi incroyable que cela puisse paraître, depuis la création de l’Université en 2003, les diplômes obtenus n’ont jamais été délivrés. Depuis plus de dix ans les étudiants quittent l’université ou partent à l’extérieur parfaire leur formation avec des attestations.

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Face aux forces de l’ordre ©Ali Abdallah

Ensuite, ils veulent plus de transparence dans leur notation. En effet, ils ne peuvent avoir accès aux copies de leurs épreuves pour constater, au moins, que la note qui y est portée est celle introduite dans l’ordinateur. L’enseignant chargé de cette tâche peut donc mettre ce qu’il veut. C’est une des explications qui avaient été données lors de l’affaire des « Notes Sexuellement Transmissibles », par laquelle les Comoriens apprenaient que certains enseignants « sortaient » avec leurs étudiantes en échange de bonnes notes. Malheureusement, au lieu de rendre plus transparentes les notes des élèves, la direction a préféré employer toute son énergie à défendre les professeurs mis en cause (entachant ainsi la réputation de tous), alors qu’elle avait puni sévèrement les étudiants concernés en les excluant et en leur interdisant de passer des examens. Comme s’il pouvait y avoir des corrupteurs sans corrompus.

Les étudiants réclament également une cantine car ils sont obligés de descendre en ville à Moroni pour pouvoir manger. Pourtant, un projet de restaurant pour les étudiants avaient été proposé par un originaire de Mayotte, il y a quelque temps. On ne sait plus ce qu’il est devenu. De même, il a été prévu des possibilités de logement sur place, mais le bâtiment qui devait servir aux chambres universitaires a été transformé en hôtel.

Les étudiants demandent donc que l’État prévoit au moins une réduction au niveau des transports pour aller jusqu’à Mvuni. On se rappelle qu’au début, il y avait des bus spéciaux pour les y amener. Que sont-ils devenus ?

C’est après s’être rassemblés dans la matinée et avoir pris la décision de marcher pacifiquement jusqu’à Moroni que les étudiants ont été bloqués au niveau de Mavinguni par les forces de l’ordre. Les gendarmes ont lancé des grenades lacrymogènes et auraient même fait feu avec leurs armes.

Trois étudiants ont reçu des coups de matraques et ont été amenés à l’hôpital. Un gendarme a été également blessé.

Avec ce nouveau mouvement social qui, arrive un jour après le départ du président Ikililou Dhoinine vers le Koweit, c’est encore une fois la cocotte minute comorienne, longtemps maintenue fermée qui s’ouvre. Quand le gouvernement comprendra-t-il qu’il faut agir avant qu’il ne soit trop tard ?

Mahmoud Ibrahime

DR ABOUBACAR AMIRI A ANIME UNE CONFERENCE A l’UNIVERSITE DES COMORES

DR ABOUBACAR AMIRI A ANIMÉ UNE CONFÉRENCE A l’UNIVERSITÉ DES COMORES

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Dr Aboubacar Amiri

L’Unité de Recherche sur « la décentralisation et la cohésion sociale » de l’Université des Comores, vient de débuter un cycle de conférences ou de séminaires, à raison de deux par mois. Ces rencontres scientifiques et pédagogiques sont organisées à l’initiative du Dr Maoulana Charifou, responsable de cette Unité de Recherche, au profit des enseignants inscrits en doctorat et des étudiants, principalement ceux du Master d’Administration publique et gestion des collectivités. Ce mercredi 19 mars, c’est M. Aboubacar Amiri qui a donné le coup d’envoi en animant une conférence sur la recherche. Ce séminaire, prévu initialement au profit des doctorants et des étudiants du Master de la faculté de droit, s’est transformé en méga-conférence au profit de tous les étudiants du campus de Nvouni. C’est dans une salle archicomble que le docteur Aboubacar Amiri a fait sa conférence dont l’intitulé exacte est « Introduction à la recherche ». En trente minutes, l’hôte de l’UDC a réussi à capter l’attention des étudiants et à vulgariser la recherche en leur parlant, avec un ton posé et didactique, du métier de l’enseignant-chercheur, de publication et de communication scientifique avec une illustration d’un problème statique à la fin. La recherche Les questions posées par les étudiants ont prouvé que tous les aspects de la conférence, à commencer par les organismes, le financement publique et l’évaluation de la recherche, les missions d’un enseignant-chercheur et l’évolution de sa carrière, les différents types de publication et le circuit de publication, ainsi que l’exemple d’illustration de résolution des problèmes statiques ont été bien compris par l’auditoire. Par ailleurs, cette première conférence a été honorée par la présence du président de l’UDC, M. Mohamed Rachadi Ibrahim, ainsi que le Secrétaire général du syndicat des enseignants de l’UDC, M. Abdillah Said Amana, docteur en mathématique et chef de département de Statistiques de l’Institut Universitaire de technologie (l’IUT). Maitre de conférences à l’Université de Lille 3 Il faut rappeler que M. Aboubacar Amiri, natif de Ndroudé à la Grande-Comores, est l’auteur d’une thèse de doctorat de Mathématiques, spécialité statistique, préparée à l’Université d’Avignon, intitulée « Estimateurs fonctionnels récursifs et leur application à la prévision », soutenue le 06 décembre 2010 et ayant eu la mention très honorable. Maitre de conférence de l’Université de Lille 3, il est membre du laboratoire EQUIPPE – Economie Quantitative Intégration Politiques Econométrie et il a écrit et publié plus d’une douzaine d’articles scientifiques. Sa mission aux Comores s’inscrit dans le cadre du programme franco-comorien de codéveloppement, volet « mobilisation de la diaspora hautement qualifiée en vue du développement de leur pays d’origine » Parallèlement à ses interventions à l’IUT, il travaille pour la mise en place d’une Unité de Recherche en mathématiques statistique et applications et un diplôme de mathématiques codirigé par l’Université de Lille 3 et l’UDC.

Abdou elwahab Msa Bacar