UPDC

Ouverture de la campagne du 2e tour. Le camp de Mamadou a fait une démonstration de force

Les campagnes du deuxième tour pour le double scrutin du 10 avril  ont été ouvertes ce jeudi 17. Pour l’occasion l’UPDC,  les candidats et  les partis alliés se trouvaient à Anjouan pour leur premier grand meeting. Organisé à Mutsamudu au Gymnase de Misiri,  ce meeting a été un réconfort pour Mohamed Ali Soilihi et ses colistiers et sans conteste un moment de désespoir pour leurs adversaires.

C’es dans une atmosphère très chaleureuse que le camp au pouvoir a été reçu à Mutsamudu à l’occasion de l’organisation de son premier grand meeting. Avec un stade plein de monde,  les organisateurs estiment à 5000 personnes les participants. Mamadou et ses colistiers ont découvert leur popularité dans l’île. On trouvait entre autres les jeunes, les mamans, les grands notables et en  grande partie, les cadres et les candidats malheureux anjouanais ou autres,  tous mobilisés derrière Mamadou, ses colistiers et Anissi Chamsidine, candidat de l’UPDC au gouvernorat d’Anjouan.

Le message a été clairement reçu : le camp de Mamadou a aussi sa grande place auprès des Anjouanais. Il faut savoir que cette accueil chaleureux n’était qu’une suite de la journée du mercredi qui était le jour d’arrivée des délégations spéciales sur l’Ile d’Anjouan.
Cette atmosphère  n’a pas plu aux deux autres candidats en concurrence avec Mamadou.  La preuve en  est que lorsque les gens ont commencé à se rendre sur le lieu du meeting, ils ont trouvé des arbres coupés et des cailloux jetés dans les rues, en particulier près de Sima ville.

Ces actes barbares sont aussi des actes de désespoir et de faiblesse. Et ce parce qu’un accord protocolaire a été signé le 15 mars par les candidats eux-mêmes
visant à assurer la sécurisation du processus électoral. Ce qui a permis l’ouverture des campagnes. On parle de désespoir  car au lieu de se contenter d’ouvrir eux aussi leurs meetings, ils tentent de saboter celui de leur adversaire. Mais, ils n’ont pas réussi à nuire parce que ces actes de nuisance ne se sont produits que dans la circonscription des vices présidents Moustadrane et Mohamed Djaffar, respectivement  VP d’Azali Assoumani et de Mouigni Baraka Saïd Soilih.

Après le meeting, une conférence de presse entre les candidats  et les étudiants d’Anjouan a été organisée dans le centre universitaire de Patsy. Bien qu’elle soit politique, par cette conférence le candidat Mamadou voulait encore une fois faire une démonstration envers les étudiants après celle qu’il a faite en 2013 dans ce même endroit, sachant que la jeunesse demeure son souci numéro un.

Dhouria Abdou

 

Elections aux Comores : La Cour Constitutionnelle a parlé

MamadAnjLa plus haute juridiction du pays a parlé. Aucun recours n’est possible. La Cour Constitutionnelle des Comores a confirmé l’ordre des candidats arrivés en tête des primaires des élections présidentielles aux Comores : Mohamed Ali Soilihi (Mamadou), Mouigni Baraka et Azali Assoumani. Elle a également confirmé les deux candidats arrivés en tête du premier tour des élections des gouverneurs  dans chaque île : Ahamada Moussa (Aby) et Hassani Ahamada à la Grande-Comore, Abdou Salami Abdou et Anissi Chamsidine à Anjouan et Mohamed Said Fazul et Mme Hadidja Aboubacar à Mwali.

Les partisans du candidat arrivé en quatrième position, Fahmi Saïd Ibrahim, demeurent donc dans la déception et l’expectative depuis l’annonce des résultats provisoires par la CENI.

La question qui reste maintenant pour eux est celle-ci : vont-ils continuer à défier l’autorité de l’Etat dans les rues ou après que toutes les instances électorales (CEI, CENI, Cour Constitutionnelle) se soient prononcées, ils vont se rallier à l’un des trois candidats encore en lice ?

La tentation est grande pour la mouvance du parti Juwa et les soutiens de dernière heure de l’ex-leader du PEC de prolonger le combat électoral par un combat dans la rue d’autant qu’il a réussi à rallier un nombre important de petits candidats dont l’honneur a été bafouillée par leurs résultats. Mais malheureusement pour lui, le mouvement qui se dit populaire n’arrive pas à prendre forme : une centaine de manifestants au lendemain de l’annonce des résultats provisoires, un appel à un « archipel mort » qui n’a pas rencontré d’écho significatif, y compris dans le fief de Sambi à Moroni, une occupation de la Place Badjanani qui n’a réuni que quelques dizaines de personnes, et même une manifestation au Trocadero qui selon certains témoins n’a réuni au plus qu’une centaine de personnes. Il est donc difficile pour Fahmi Said Ibrahim et ses partisans de mettre la pression sur le gouvernement.

Il se pourrait donc que le parti Juwa prenne conscience d’une possibilité de disparition ou d’éclatement et engage des discussions avec ses adversaires d’hier d’autant que les trois qualifiés pour l’élection présidentielle ont déjà commencé à lorgner sur l’électorat sambiste à Moroni et à Anjouan.

On n’a donc vu les candidats arrivés en seconde et en troisième place suivre le mouvement des candidats contestataires sans vraiment le suivre. Ainsi, il y a quelques jours le candidat Azali Assoumani (arrivé 3e) a suivi la réunion des candidats contestataires au domicile de Saïd Ali Kemal, puis a disparu lors de la manifestation. Il était avec la contestation quelques heures avant l’annonce des résultats par la Cour Constitutionnelle, mais il s’est démarqué des propos belliqueux du candidat de Juwa (« ye sukari yika iheya mbapvi » dit-il de Fahmi Said Ibrahim).

Quant à Mouigni Baraka (arrivé 2e), il a soufflé le chaud et le froid, acceptant les résultats provisoires puis définitifs, mais envoyant quand même son VP, Ibrahim Mzimba dans les réunions des contestataires.

Il est certain que le mouvement de contestation n’a pas pris de l’importance, car outre la fermeté du gouvernement, Mouigni Baraka et Azali Assoumani n’ont pas appelé leurs militants à descendre dans les rues pour contester les résultats des élections.

Qui des deux candidats arrivés second et troisième gagnera dans ce jeu à vouloir ménager le choux et la chèvre pour capter l’électorat sambiste ? Peut-être celui qui est arrivé premier.

En effet, Mohamed Ali Soilihi (Mamadou) qui une différence de deux points avec le deuxième, a refusé d’entrer dans les polémiques, attendant tranquillement les résultats de la Cour Constitutionnelle. Il a profité de ce temps pour négocier surtout avec ceux qui, parmi les perdants, ont montré une capacité à capter les suffrages de leur région (Said Larifou et Hamidou Bourhane, arrivés 5e et 6e). Son allié à Anjouan, Anissi Chamsidine (UPDC), challenger du candidat de Juwa arrivé en tête du premier tour des élections au gouvernorat, est également entré dans les négociations avec ceux qui ont été éliminés. Son objectif étant de profiter du fait que le parti Juwa a toujours des difficultés à rassembler les partis et les candidats au deuxième tour, pour conserver son fauteuil de gouverneur le 10 avril prochain.

Mahmoud Ibrahime

 

A Anjouan, Houmed Msaidié dénonce la volonté de sabotage des élections par les militants de Juwa

MamadAnjCe lundi, une délégation spéciale de l’UPDC s’est rendue à Anjouan. L’objectif était d’apporter un soutien à l’organisation du meeting du candidat Anissi Chamssoudine organisé dans la commune de Mrémani.

A Anjouan, cette délégation a du constater, à partir d’informations fiables, des préparatifs de sabotages contre les élections de 2016. Suite à cela, le candidat VP Houmed Msaidié a organisé ce mardi à l’aéroport de Wani, un point de presse pour dénoncer les organisateurs de ce coup. Il s’agit, selon lui, des militants du parti Juwa de l’ancien chef de l’Etat Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.

« Nous sommes surpris par la situation politique créée par les militants de Juwa à Anjouan. Est-ce qu’ils veulent qu’on revienne aux déstabilisations qui s’étaient en cours dans notre pays il y a plus de 10 ans ? » s’est demandé Houmed Msaidié, avant d’ajouter : « notre engagement est de parvenir à organiser ces élection aux dates prévues. Alors nous ne permettrons à personne de les saboter, qui agit d’ailleurs ». Par ailleurs, le Ministre de l’Intérieur en congé a particulièrement indexé l’ancien gouverneur de l’Ile Moussa Toybou et l’ancien député Abdou Salami. Il a dit regretter que des dits responsables, comme eux, se laissent entrainer dans des actions de sabotage des élections.

Houmed Msaidié a mis en garde ceux qui veulent saboter les élections en leur rappelant que rien ni personne n’a une chance de pouvoir saboter le processus électoral. « Nous comprenons que ces gens là ne veulent pas qu’il y ait une élection de gouvernorat dans cette Ile, et s’il n’y a pas celui du gouvernorat, il n’y aura pas non plus celle de la présidentielle. Et là, nous nous engageons à prendre toutes les mesures nécessaires contre toute personne qui tentera de détruire notre pays pour des petites raisons personnelles. Si on a peur d’être vaincu, mieux vaut se retirer car il n’est pas encore tard, la commission est prête a rembourser les 3 millions, au lieu de chercher à déstabiliser notre nation » a-t-il conclu.

Dhouria Abdou

Les mystères de la politique comorienne

logoRadhinouveauLes mystères de la politique comorienne. Cela fait plusieurs semaines que je m’interroge sur le fait que le parti gouvernemental (UPDC) n’a aucune représentation en France. Avec tous les moyens dont dispose ce parti, il n’a jamais pensé à se structurer. Comment un homme aussi intelligent que Youssouf Boina, son secrétaire Général, a-t-il pu autant minimiser la force de la diaspora pour un parti politique, surtout à l’approche d’élections majeures.

En regardant de plus près, je me suis aperçu qu’aucun des grands partis comoriens n’est vraiment structuré en France, mise à part le parti RADHI de Houmed Msaidie​. Juwa qui était bien parti n’a pas de véritable direction en France (si je ne m’abuse).

Mais, cela n’a pas toujours été ainsi. Je me souviens que dans les années 1990 et au début des années 2000, lorsque nous combattions le séparatisme, nous, associatifs, nous savions que nous pouvions compter sur des responsables de certains partis comme le FD (le mieux organisé et comptant le plus de militants, aguerris), Shuma, PCDP, MDP-NGDC…

L’absence de partis dans la diaspora en France a des conséquences, au moment où nous allons vers la campagne électorale. L’UPDC n’ayant aucune représentation en France, les Comités de soutien à Mamadou se multiplient et s’inventent des liens plus ou moins imaginaires avec le futur président de la République ou la future Première Dame. Chacun de ces comités se prétend être le seul représentatif et celui qui aurait l’aval des quatre candidats, même si, on le sait, aucun n’a vraiment désigné un responsable de la campagne de Mohamed Ali Soilihi en France. Malgré cela, des groupements de gens sérieux se réunissent dans des appartements tous les week-ends pour préparer la campagne de Mamadou. C’est une chance pour ce candidat, mais chacun a pu constater la cacophonie qui existe et qui n’aurait pu s’installer si l’UPDC avait une direction en France.

Au sein de ma propre formation politique (RADHI, au cas où certains l’aurait oublié), j’ai même entendu des militants nous dire : « Laissons le parti pour le moment, faisons la campagne de Mamadou car c’est lui qui sera président et le parti on verra plus tard. » Il y a quelques semaines, les mêmes militants affirmaient, sous les applaudissements de dizaines d’autres, dans les réunions du parti, qu’ils étaient prêts à faire des crédits pour la campagne de leur leader, Houmed Msaidié.

Malgré les gesticulations des uns et des autres, malgré les coups de certains dirigeants d’un certain Comité de soutien qui voudrait soumettre à leurs volontés le parti RADHI, le seul parti comorien structuré en France sera bien présent en tant que parti dans la campagne qui s’annonce. Ses dirigeants et ses cadres n’ont jamais pensé à se fondre dans des comités de soutien alors qu’ils savent pouvoir compter sur une force et une expérience dans la communication : le parti RADHI.

Mahmoud Ibrahime

Elections 2016. La candidature de Mamadou en mauvaise posture

Les déclarations de candidatures à la présidentielle et au gouvernorat de 2016 se précisent dans l’opposition alors que la coalition UPDC/RADHI/ORANGE a du mal à désigner les siennes.

Mohamed Ali Soilihi (détail de l'affiche des présidentielles de 2010)

Mohamed Ali Soilihi (détail de l’affiche des présidentielles de 2010)

L’UPDC qui incarne le leadership de cette coalition n’arrive pas, à ce jour, à se mettre d’accord sur la candidature naturelle et unique de l’actuel vice-président Mamadou à la présidentielle. Sa candidature ne fait pas l’unanimité au sein même du parti comme cela était le cas il y a un an. Le fait de se rallier à d’autres partis politiques pour former une coalition et un groupe parlementaire est vu aujourd’hui pour certains comme une force et une opportunité pour gagner les élections de 2016. Mais, pour d’autres, c’est un cadeau empoisonné, un couteau à double tranchant.

La dégradation de la situation économique du pays ne favorise pas la candidature de Mohamed Ali Soilih alias Mamadou qui est accusé à tort ou à raison par l’opinion de ne pas vouloir payer les salaires des fonctionnaires de l’Etat. Ses liens avec la Banque mondiale ne constituent pas une force pour être élu à la magistrature suprême. Les fonctionnaires ont 6 mois d’arriérés de salaires. En période de vacances et des festivités où la consommation ménagère est de plus en plus importante, les fonctionnaires n’ont pas de revenu pour affronter ces dépenses et la crise est observée dans toute l’économie nationale. Une seule personne est accusée d’être le seul responsable de cette situation« Mamadou », certains oubliant même qu’il fait partie d’une équipe gouvernementale.

Au sein du parti UPDC, cette menace est prise au sérieux par les responsables du parti. Des hommes et des femmes qui sont prêts à jouer toutes les cartes pour ne pas perdre les prochaines élections. Plusieurs d’entre eux se posent des questions sur cette candidature qu’ils jugent déjà comme un échec. « Mamadou n’est plus le candidat idéal pour nous faire gagner en 2016. Sa côte de popularité est de plus en plus en baisse au niveau de l’opinion nationale. Il est la cible de tout le monde même de son propre camp. Je pense que les Comoriens ne lui font plus confiance. Il revient à la coalition de voir quels autres potentiels candidats en son sein peuvent nous faire gagner les élections. On n’a pas droit à l’échec», nous a confié un responsable du parti qui a demandé à garder l’anonymat. Ces militants et responsables du parti sont à la recherche d’une autre solution, d’une personne qui sera capable de rassembler et combattre les autres candidats. L’essentiel c’est de gagner, de conserver le pouvoir qui est très convoité par les deux anciens présidents et d’autres grandes personnalités.

Toutefois du côté des proches collaborateurs de Mamadou, on se veut rassurant. Cette situation n’est que conjoncturelle et peut changer rapidement. « Mamadou est un bon candidat qui a fait ses preuves et nous sommes confiants quant à sa chance de gagner » a déclaré un de ses collaborateurs, rencontré lors de la fête de l’Indépendance, pendant laquelle Mamadou a été hué par la foule à son arrivée.

Cette situation ne laisse pas indifférent les militants des partis RADHI et Orange qui estiment que des primaires doivent être organisées pour désigner les candidats de la coalition. Il ne revient pas à Ikililou ou à un autre de trancher car c’est la responsabilité de nous tous et non d’un seul individu. « Il n’y a pas de candidature naturelle, nous avons au sein de nos partis de la coalition des hommes et des femmes présidentiables. Nous défendons partout ce principe de démocratie. Si nous voulons gagner ces élections, il ne faut pas nous imposer des candidatures. Nous voulons bien rester dans cette dynamique mais dans le respect mutuel tout en préservant notre liberté » a prévenu Charfia Ahmada une militante du RADHI dans le Oichili. « Le scénario officieux qui voyait Mamadou titulaire et Msaidié son colistier à Nagzidja ne tient pas la route aujourd’hui, nous voulons gagner ces élections, nous devons faire table rase de nos préjugés et organiser des primaires » a-t-elle ajouté.

L’UPDC a fait de l’argentier de l’Etat son candidat naturel, sans concurrent apparent au sein du parti, arguant qu’il leur fera gagner 2016 car il a les finances. Mais, cet argument a déjà produit l’effet inverse dans le passé. Combien de candidats, bourrés d’argent, l’ont dépensé dans des élections qu’ils n’ont jamais gagnées ? L’argent n’est pas le seul critère pour gagner des élections. La question est de savoir qui sera le bon candidat de la coalition ? Un responsable de l’UPDC répond en voix off « tout sauf Mamadou, la question mérite d’être examiné ».

Mbaraka Djoumbe

Houmed Msaïdié : de l’Intérieur à la Présidence de la République ?

Houmed Msaidié peut-il passer du Ministère de l’Intérieur à la présidence de la République comme l’a fait Sarkozy ?

Alors que plusieurs personnalités politiques se positionnent pour les présidentielles, la coalition UPDC/RADHI/ORANGE n’a pas encore officialisé la candidature de celle ou celui qui doit porter le flambeau pour 2016. Dans les rangs de cette coalition la question n’est pas tabou. Mais les discussions se poursuivent dans les grandes instances, dans la grande discrétion et le respect mutuel de chaque partie prenante. Ce sont les chefs des différents partis qui sont chargé de faire une proposition sur les présidentiables.

Houmed Msaidié lors du 1er anniversaire du Parti RADHI à Ivembeni

Houmed Msaidié lors du 1er anniversaire du Parti RADHI à Ivembeni

L’UPDC a tenu son congrès le week end dernier pour élire des nouveaux responsables devant affronter une campagne qui s’annonce rude avec plein de surprises. Les nouveaux membres se sont fixés entre autres comme objectifs la préparation du dispositif à la désignation de ses candidats aux prochaines élections.

Choisir le bon candidat parmi plusieurs personnes n’est pas une chose aisée. La qualité du candidat à la présidence de l’Union ne s’improvise pas. Pour être élu il faut une expérience politique de très haut niveau et bénéficier d’un soutien d’une grande coalition. La plupart sont des personnalités qui ont occupé des fonctions de ministres, de directeurs ou de députés et qui connaissent très bien le système. Au-delà de cette considération politique, la personnalité de candidat et sa façon de battre campagne peut booster rapidement ses chances de réussir. La coalition a des personnalités qui peuvent incarner ce personnage. L’actuel ministre de l’intérieur qui a le vent en poupe au pays et dans la diaspora pourrait devenir le candidat de la coalition. A Ndzuani où il a assisté à un pique nique organisé par la fédération RADHI-Anjouan ce dimanche 14 juin, les militants venus de toutes les préfectures ont demandé au ministre de l’intérieur d’annoncer officiellement sa candidature aux prochaines présidentielles. Pour eux, il est la seule personnalité qui soit aujourd’hui capable de rassembler la coalition et les électeurs autour des idées et d’un projet de société pouvant améliorer le quotidien des Comoriens ». Son expérience dans la politique fait de lui un homme d’État disposant d’une vision pour les Comores.

Mbaraka Djoumbe

Les élections législatives aux Comores. Les jeux sont ouverts

Les élections législatives aux Comores

Les jeux sont ouverts

Les Comoriens sont appelés aux urnes ce dimanche pour le deuxième tour des élections législatives et pour l’élection des conseillers des communes qui éliront les Maires dans les différentes villes.

Ce premier tour a vu apparaître trois forces importantes : Juwa de l’ex-président Mohamed Sambi, Rassemblement Démocratique des Comores du Gouverneur Mouigni Baraka et l’UPDC, le parti présidentiel. Entre les trois partis, c’est celui qui réussira à rallier le plus de « perdants » qui l’emportera demain, ensuite, c’est celui qui pourra former une majorité à l’Assemblée qui pourra prétendre être la première force du pays. Le premier parti du pays sera au pouvoir au lendemain de ces élections car même si nous ne sommes pas en régime parlementaire, il est certain qui si l’UPDC n’arrive pas à constituer une majorité, elle sera obligée de faire entrer au gouvernement l’opposition ou à accepter un sabotage systématique de tous les projets qui passeront à l’Assemblée. Et puis, au-delà de la Constitution, il ne serait pas très démocratique qu’une minorité commande la majorité.

Juwa a sans doute fait le plein de ses voix, à quelques exceptions régionales près. Dans pratiquement toutes les circonscriptions, le « Tout sauf Sambi » s’est mis en place, sauf à Moroni où le parti a remporté dès le premier tour la circonscription de Moroni Nord, aux dépens surtout du député sortant, Abdoulfatahou Saïd Mohamed. Même en ballotage favorable, Mohamed Msaidié (Juwa), à Moroni Sud avait très peu de chance de gagner, mais à Moroni le « TSS » semble s’être transformé en « TSK » (« Tout sauf Kiki »), la plupart des candidats malheureux s’étant ralliés à la personnalité consensuelle du candidat de Juwa par opposition au bouillonnant Kiki de la République.

Il est certain que Juwa a déjà perdu son pari d’obtenir la majorité à l’Assemblée et les 2/3 au Congrès pour modifier la Constitution et permettre à leur président d’honneur Mohamed Sambi de briguer de nouveau la présidence pendant le « tour » de Ngazidja. Il lui reste à limiter les dégâts en concrétisant quelques victoires à Anjouan.

Le RDC quant à lui s’est vu soudainement fermer la porte par l’UPDC, le MOUROUA, la CRC, le RADHI, le PEC et d’autres partis qui dénoncent la manière dont le Gouverneur a utilisé les moyens de l’État et de l’Île de Ngazidja pour avantager ses candidats ou le recours abusif au vote par procuration qui prête à confusion. Mais, en réalité, plus que tout, les partis craignent que le Gouverneur Mouigni Baraka ne soit le véritable vainqueur de ces élections dimanche soir et que cela ne lui permette d’apparaître comme un candidat crédible pour les présidentielles de 2016.

Enfin l’UPDC dont plusieurs observateurs ont annoncé la mort dès la fin du premier tour pourrait être la surprise du second tour tant il semble que le gouvernement a décidé de mettre le paquet partout où le parti présidentiel est au second tour. Le débauchage d’un suppléant d’un adversaire à Mohéli en est une preuve. Les résultats de dimanche pourraient conditionner la manière dont le régime du président Ikililou Dhoinine finira. Mené par Mohamed Ali Soilihi, Ministre des Finances, l’UPDC s’éloigne d’un allié de l’avant premier tour : le RDC et semble se rapprocher du parti RADHI.

Quelque soit le parti qui sortira vainqueur dimanche soir, ce qui caractérise le second tour de ces élections, ce sont les alliances à « géographie variable », selon le lieu, selon la circonscription, les alliances sont différentes et les adversaires ne sont pas les mêmes.

Mahmoud Ibrahime